LES OUVRAGES D'HORTICULTURE
L'horticulture est intimement liée, on ne saurait le nier, à la botanique, dont elle dépend à beaucoup de titres; mais plus restreinte tjae cette science^ elle peut avoir pour son usage des ouvrages moins complets et plus faciles à consulter : malheoreusement ces ouvrages n'existent pas toujours, et l'on est souvent forcé, de recourir aux travaux purement scientifiques ; cela est d'autant plus regrettable que les végétaux soumis à la cultare, exploités en outre pour donner des variétés jardinières, reçoivent des noms en grand nombre. Les uns sont
appliqués à une espèce déjà botaniquement nommée, les autres indiquent une variété; mais au lieu de suivre le nom spécifique ils sont souvent rais à sa place et en tiennent désormais lieu. Je m'explique; le Magnolia grandiflora^ parexemple, donne une variété à feuille étroite lancéolée-aiguë. On baptise cette variété laurifolia. Jusque-là rien de mieux; mais bientôtle nom spécifique de grandi flora est supprimé, et Ton se contente de nommer cet arbre Magnolia laurifolia. Aussi bientôt le considère-t-on confusément comme une espèce distincte. Ce cas est fréquent et est assurément la cause première de la confusion qui règne dans la nomenclature botanico-horticole. Les botanistes eux-mêmes s'en préoccupent quelquefois, car ils ne savent plus ce que signifient ces noms, et ilsn'ont que difficilement les échantillons nécessaires avec fleurs et fruits pour réplacer convenablement la variété à la place qui lui convient. Les hybrides, qui forment en quelque sorte de nouvelles espèces, ajoutent beaucoup à cette confusion regrettable. Enfin la mauvaise foi de quelques horticulteurs, qui en baptisant de nouveau une vieille espèce en tire parfois des profits considérables, met le comble à la confusion qui existe dans les plantes de nos jardins, d'autant plus facile à comprendre que la botanique, elle-même, a parfois à souflrir d'une nomenclature semblablement embrouillée ; car le même végétal, étudié par divers auteurs, reçoit des noms différents, etsouvent l'un considère comme une simple variété ce qu un autre regardç comme' digne d'être appelé espèce. Mais les botanistes , grâce à beaucoup d'ordre , à des ouvrages scrupuleux , à leurs herbiers et surtout à leurs études spéciales, se tirent de cette . synonymie. Ils ont d'ailleurs un livre spécial qui^ s'il n'est point parfait, est du moins fort, utile, le Nomenclator botanicus de Steddel. L'horticulteur peut souvent s'en servir avec fruit, mais outre que l'ouvrage est considérable, il n'est point spécial. Je regrettais depuis longtemps qu'il n'existât point un
Evre semblable spécialement horticole, -lorsque j'ai su depoièremént que cet ouvrage existait, et je suis parvenu à me le procurer. Malheureusement ce Nomenclator botanicus hortensis foit en Allemagne (les Allemands oat seuls la patience de faire de semblables ouvrages) y est rare; il est déjà ancien, puisqu'il date de 1840. L'auteur a donné, il est vrai, un supplément considérable en 1846; mais les 2 volumes réunis sont anjonrd^hiri bien arriérés, et une nouvelle édition serait une précieuse acquisition ; elle exigerait, il est vrai, un travail considérable. J'ai cru pourtant être utile en signalant en France cet ouvrage de Gustave Heynhold.
Je dois ajouter qu'il a été revu (moins le supplément) par leD' LuDWiG Reighenbach. Je he critique que son format singnlier, qui rappelle celui des anciens dispensaires des pharmaciens , long et très-étroit. Cet ouvrage a 888 pages, et son supplément 774. Il a été publié à Dresde et Leipzig.
Si le Steddel est un ouvrage fort commode pour ly botamsies, le Pritzel (Thésaurus littérature botanicœ) est aussi bien riile en donnant Ténumération de tous les ouvrages botaniques existant jusqu'à Tépoque de sa publication, ce qui épargne parfois de nombreuses recherches.
Aussi, ai-je vu avec plaisir un petit volume publié à Nurnberg en 1861 [BiblioLheca hortensis) qui est au Pritzel ce que le Heynhold était au Steddel ; c'est-à-dire qu'il donne, non la liste des ouvrages de botanique, maiî* simplement celle de tous ceux traitant d'horticulture de 17S0 à 1860. Malheureusement ce petit volume de 199 pages, dont l'auteur est M. Friediu Jakh DocBNAOL^ ue comprend queles ouvrages allemands ou traduits en celte langue; aussi je ne le cite que comme exemple, dans l'espoir que l'on en fera«un général, comme le Thésaurus de Pritzel, bu tout au moins spécial à nos auteurs français.