DES VARIATIONS PONCTUÉES
Si despanadiures nous passons aux variétés ponctuées, nous verrons qu'ici encore la nature suit la même marche, à cela près toutefois que ces variations se présentent presque toujours sur un fond jaune uni.
Dans une notice sur Thybridité^ M. L* Vilmorin a émis cette idée que nous partageons entièrement, que le JUimulus rivularis pourrait bien être l'origine de la plupart des variétés de Mimulus cultivées dans les jardins. Voici comment M. Vilmorin a expliqué la formation successive de ces variétés : a L'espèce [M. rivularis) est d*un jaune clair, marqué à la gorge de légères ponctuations; par la culture, ces ponctuations, qui se présentaient d'abord sous forme de petits points^ s'agrandirent et donnèrent alors naissance à la plante cultivée sous lenom de M. guttatus ; dans cette espèce, les ponctuations s'agrandirent
encore et finirent par occuper, sons forme de larges macnles, le bord extérieur du limbe (M. T/èonuoniafms). Enfin, chez ce dernier , udc chlorose partielle de la fleiir s'est présentée, qui a fait disparaître la couleur jaune; la couleur brune s'est transformée par la disparitioD de l'un de ses éléments (violet et jaune)» et il est resté en definitiTe une fleur amarante et blanche '{M. specioÊus Arlequin)^ issu origi* .nairement d'une plante à fleurs jaunes, v
Nous pensons que cette théorie sur la formation successive' de ces • Mimultii est bien fondée. Du reste, cette question est asset intéressante pour que, dans le cas où elle laisserait subsister quelques doutes^ on se livrât à des expériences dans le but d'en démontrer la légitimité. Ces expériences seraient faciles à entreprendre» puisque le M, rimUait type est encore cultivé dans les jardins.
é'est saos doute aussi par le même procédé que la coloration pmv purine qui, dans le CaUiopsh tincioriay se présente à la base des demi* ' fleurons sous la forme de petits points, s'est agrandie peu à peu et a produit ainsi le Calliopsis tinctoria purpurea; à son tour, cette variété, en retournant à son type jaune uni, aura laissé quelques traces de sa coloration sur toute la surface des demî-fleurons en produisant le Co/* liopsislinctoria marmorata. Il a dû en être de même pour la formation du Cosmidium Burridgeanum sorli originairement du C. filifolitm à fleurs jaune uni.
Si les variétés à fleurs panachées sont difficiles à fixer, les variétés ponctuées qui n'en sont qu'une modification se font également remar* quer par leur tendance extrême à retourner à leur type, et, pour les avoir pures autant que possible, la sélection et l'isolement sont d'une absolue nécessité.
On doit encore rattacher à ces variations celle que présentent quelques plantes à fleurs unies ou bicolores qui, par la culture, deviennent bi ou tricolores, leur formation étant identique. Les exemples sont peu nombreux : pour en citer un, nous rappellerons deux remarquables variétés de Chryênnihemum carinntum, qui ont été introduites tout dernièrement dans la culture. Constatons d'abord que le C. carinatum^ type a les ligules blanches, maculées de jaunâtre à la base. Cbeî le C. carinatum venustum^ Tune des variétés en question, les demifieurons sont d'un blanc pur au sommet et ofl'rent une lâche pourpre foncé à 4a base; l'autre variété le Ch. carinatum Burridgeanum avait les demi-fleurons blancs au sommet, pourpres vers la base et jaunes è l'onglet. Ces deux vai i«tés étaient hien caractérisées par la disposition de leurs couleurs qui formaient deux cercles parfaitement délimités autour du disque qui avait conservé la coloration purpurine de la plante typique.
Ge&Cbrysaathèmes, que MM. Vilmorin tenaient à conserver, farent soumis à une sélection rigoureuse^ et cependant leurs graines ne les reproduisirent pas identiquement. L'année suivante, les mêmes soins furent renouvelés et le résultat' fut le même, c'est-à-dire que^la moitié environ des individus appartenant aux deux variétés était retournée au type, le C carinatum pur et simple; enfin à la troisième génération, ces variétés disparurent presque entièrement.
L'impossibilité qu'on a éprouvée à vaincre Tatavismechez ces plantes, qui étaient cultivées non loin Tune de Tautre et non loin aussi du C ecarinatutn ordinaire, pouvait s^xpliquer par le métissage; nous ne nions pas que l'influence de ce dernier soit étrangère au résultat obtenu, mais nous croyons aussi que cet échec provient en partie de ce que ces variétés étaient d'origine toute récente. En e'flet, les jardiniers ont remarqué avec raison qu'une plante nouvellement introduite est trèssusceptible de varier. Ce fait, on le conçoit, n'a rien qui doive surprendre; U confirme ce que nous avons dit précédemment : qu'une variété, quelle qu'elle fût, avait besoin, pour être fixée, d'être cultivée pendant un laps de temps plus ou moins grand, jusqu'à ce qu'on fût parvenu enfin à maintenir chez elle ht tendance à ne pas s'écarter de rètre qui Ta produite. L'exemple suivant, que nous choisissons parmi un très-grand nombre, parce qu'il est relatif à des plantes récemment introduites, confirmera encore ce fait. Lorsque les Diantfms nnen^ù laciniaêis et D. «, Heddewigii firent leur apparition dans les jardins d'Europe (il y a cinq ans à peine) , ils étaient simples et leurs Jeurs présentaient desdimensions vraiment étonnantes avec des coloris dés plus remarquables ; à peine cultivés depuis une année et malgré risolement auquel ils avaient été soumis, MM. Vilmo rin en obtinrent déjà des variétés à fleurs doubles, mais bien moins larges. Depuis lors, ees Œillets ont tellement varié et joué dans ces cultures qu'ils sont devenus méconnaissables, avec des fleurs analogues à celles de nos anciens Œillets de Chine, mais à coloris moins beaux et moins variés. Non-seulement ces belles variétés ne se sont maintenues que pendant peu de temps par le semis, mais encore, cultivées dans le voisinage 4es Œillets de Chine anciens, elles les ont modifiés peu avantageusement et ont apporté dans leur coloris, leur forme et leurs dimensions, des perturbations notables. ^
Nous ajouterons à ces détails que MM. Vilmorin n'ont pu conserver i ees deux variétés leurs caractères originaux qu'en les propageant
de boutures, comme on le fait généralement pour la conservation des
variations qui ne sont pas iixables, ou bien de celles qui, quoique fixées, ne peuvent être soustraites à l'influence du métissage. Il résulte donc de cette observation que les Dianthus sinensis loci"
niatus et D. $. Beddewigii n'étaient encore que des Tariatiôns qu'on aurait pu indubitablemwt axer en lés soumetlant à une cutturê ai hoc. ^
4» Fruiti.
Les variétés de.coloration des fruits sont bien moins nombreuses que celles des fleurs; cette différence provient de ce qu'elles sont moins recherchées. Mais, du moment où les fruits d'une plante offrent un intérêt quelconque^ on en voit bientôt naître des variétés de coloration. Nous en avoua des exemples dans les arbres fruitiers et dans les plantes potagères : tels sont les Melons^ les Courgei^ les Tomates, les Atiier* gines et les Pimenté.
Nous constatons, ici éaoor^ que la coloration blanche existe dans presque tous les fruits qui ont varié de couleur ; on la retrouve même dans quelques-unes 'de nos plantes spontanées; ex. : le Fusain d'Europe» le Fraisier, etc ., et à plus forte raison dans les arbustes cultivés : le Sureau, le Houx, le Troène, etc.
les fruits panachés sont comparativement rares et noua n'eu trou^ vous des exemples que dans les espèces qui ont subi la décoloration, comme dans les Cucurbita Pepo, Solarium Melongena. La formation de ces panachures parait donc être d*accord avec la règle indiquée par H. Vilmorin.
Les couleurs des fruits se fixent aisément, et leur fixation est d'une stabilité plus grande que celle des fleurs. Il y a cependant quelques excep* tions : ainsi, tandis que les Piments, les Aubergines, les Tomates ne se mélangent pas, lors même que les variétés soht cultivées côte à cAe, les Melons et les Ck)urges ne reproduisent leurs caractères qu'à Taide de la sélection la plus rigoureuse.
Nous n'avons aucune indication sur la reproduction par semis des arbustes qui ont produit des variations dans la couleur de leurs fruits; mais les résultats obtenus dans les plantes annuelles nous font siçposer qu'on parviendrait aussi à les fixer.
5« Graines.
La variation de coloration est un caractère tellement répandu^ qu^elle se fait remarquer dans toutes les parties des plantes; 1^ graines n'en sont pas exclues. Quoi de plus varié, en effet, que la coloration des graines de quelques plantes potagères, par exemple des Haricots? Il y en a de blancs, de roses, deviolets, de rouges, de noir9;ilyenaausside panachés, de zébrés , etc.* Cette multitude de couleurs est encore une nouvelle preuve du rôle que la culture a joué dans la production des variétés.
Les plantes depuis longtemps soumises à la culture sontldn de présenter toutes, dansleuis graines, des yax iaticHis aussi nombreuses ; mais il est à remarquer que les couleurs noire et blanche sont fréquentes.
Peut-on connaître la coloration des fleup d'une variété à la simple inspection de ses graines? (yénéralement non; néanmoins il suffît à un œil observateur et exercé d'eiaminer les graines de nos difTérentes variétés de Giroflées quarantaines, pour dire^ affirmer méme^ que telles gndiies donneront des fleurs dételles couleurs: blanche, jaune, violette, etc., etc. On sait antique les graines blanches du Pharbitis pur^ pÊtrea rq>rodui8ent toujours les variétés à fonds blancs, tandis que les graines noires donnent naissance à des fleurs foncées ; que celles des Campanula Médium flore aibo et pyramidalif alba ont les graines blanches, tandis que celles des plantes types les ont brunes; on sait de même que lePhaseolus bicolor'd^ les graines bicolores^ etc. Quelquefois la coloration des graines ne coïncide pas avec celle des fleurs. Ainsi le Lupinta luieus, dont les graines sont grisâtres, a produit une variété i graines blanches, ne difllérant du type que par ce caractère. Le Vida saiiva a produit la même variation, qu'on retrouve du reste dans le Cieer arieitmany etc.
Nous dirons en terminant que la coloration des graines se fixe trës^ aisément et qu'on arrive à ce résultat en pratiquant encore la sélection et risolement.
§ ES.. — Des imrlétés mus eolorfttloH on albintoBie.
4» Albinisme partiel.
Ces variations sont assez fréquemment observées aussi bien dans les Tégétaux spontanés que dans les plantes cultivées. En général, elles atteignent seulement les feuilles, mais, dans quelques cas, elles se généralisent. Ainsi les Poires de Suisse et de Saint-Germain panachées présentent des panachures non-seulement sur les feuilles, mais encore sur les fruits, et les rameaux du dernier oflirent également ce caractère.^
U n'existe aucune plante panachée dont on ne connaisse le type non panaché. U n'y a pas longtemps encore, on aurait pu opposer i cette règle le Farfugium grande; on sait aujourd'hui que ce n'est qu'une variété de l'Ademstyles japonica. Il en est de même d'ailleurs pour les plantes dont le feuillage est coloré en pourpre, et si, dans quelques cas^ nous considérons comme espèces distinctes les plantes qui présentent ce caractère, c'est que nous ne connaissons pas celles dont elles sont sorties. A cet égard nous partageons Topinion de M. Decaisne qui regarde son Pmlla nankinensis comme une variété d'une Pérille à rcuiUes vertes.
11 est généralement admis que la panachure des feuilles est la conséquence d'une maladie; cela peut être vrai pour un certain nombre d'exemples, mais", pour la plupart des cas, l'albinisme partiel se concilie tellemetit avec tous les caractères . de la santé que nous n'attachons pas une importance bien grande à la discussion de celte opinion. Ce quf se passe dans les végétaux nous semble présenter la plus grande analogie avec les cas d'albinisme qu'on rencontre dans le règne animal et que l'on ne considère cependant pascoilime une maladie. Nous croyons plus pratique d'assimiler la panachure des» feuilles aux variations 'analogues que présentent les fleurs et les fruits, et comme elles à formation peu connue.
Lorsqu'on peut reiftonter à l'origine des panachures, on trouve que quelquefois elles s'observent dans les semis; c'est ainsi que M. "Van Houtie aurait obtenu un Weigelia panaché dans un semis de W. amabilis (1); mais le plus souvent, chez lès arbustes surtout, elles se développent sur quelques parties de leurs rameaux; leur formation, dans ce cas, est analogue à celle que nous examinerons plus loin sous l'appellation générale de Polymorphisme.
On a dit que lorsque les pauachures occupent la partie centrale du limbe ou qu'elles sont réparties sur toute sa surface, elles sont moins constantes que lorsqu'elles n'occupent que le bord, ^c'est-à-dire qu'elles sont marginales. Nous ne croyons pas que cette distinction sur la constance ou l'inconstance des panachures soit bien fondée, car, dans les exemples que nous citerons plus bas, les panachures se reproduisent identiquement de semis, se fixent môme, et cette faculté se présente aussi bien dans les panachures centrales que dans les panachures mar« ginales.
Nous savons qu'en semant des graines de Houx panaché, dont la panachure est répartie assez inégalement sur toute la surface du limbe, M. Carrière n'obtint que des individus chétifs et chloroses qui moururent un an ou deux après. C'est là un fait qu'il ne faut pas généraliser. Nous avons à lui opposer celui du Pteris argyj^œa qui n'est qu'une variété du P. pyrophijlla : sa panachure n'occupe que la partie médiane du limbe de la fronde, et cependant on a acquis l'assurance que cette plahte se reproduit exactement par semis. Il en est de même pour le PtfTts aspericaulis var. tricolor. Le Barbarea vulgaris fol. variegatis, chez lequel la panachure est répartie inégalement sur toute la surface des feuilles, non-seulement conserve bien sa panachure dans les terrains argileux et frais, qui sont ceux où le type croit naturellement et où il semble qu'il doive retourner à ce type, mais encore se p ■ ■' *
(^) Journ. Soc. d'hort., 4857, p. 3Î0.
reproduit exactement et constamment par le semis. Combien d'exemples n'aurioDs-nous pas à citer si Ton s'était livré à la propagation de ces végétaux par leur graine !
Un fait curieux a été observé, c'est pour ainsi dire Tantagonisme qni existe enire les viiriations panachées et les variations à fleurs doubles; il semblerait que l'une exclut forcément et absolument l'autre si nous n'avions pas un exemple de leur réunion dans une variété du Ckeiranthui Cheiri à fleurs violette?, qui est à la fois double et à feuilles (anachées. C'est mênje cette exclusion de Tune par l'autre qui avait bit émettre à Ch. Morren, qui la croyait sans exception, celte théorie que nous devons rappeler, que la dupiicature est produite par un excès de santé et raibiuisme partiel par un affaiblissement des fonctioDS vitales.
Comme nous l'avons vu, il y a des panachures qui se perpétuent avec ime exactilu de parfaite; nous sommes donc autorisé à dire qu'elles peuvent se ûxer et former en définitive des variétés parfaitement caractérisées et qui posséderont au plus haut degré la faculté de se reproduire de semis. Telles sont par ex. les suivantes que M. Pépin a déjà i&diqaée« (4).
Cheiranthus Cheiri.
Barbarea vulgaris.
Celtis australis, Alyssum maritimum.
L'anteuT cite en outre un Sophora japonica fol. vnrieg. existant dans Vfarc de Versailles, dont les graines produisent toujours plus d'indiite panachés que de non panachés.
i ces espèces on peut ajouter iQsPteris argyrœa et tricolor dont nous nons parlé.
M. Jacques a dit avoir trouvé et cultivé un Lychnis dioica femelle à feuilles panachées ; il le féconda et deux de ses capsules amenèrent leurs graines i maturité. Dans le nombre des individus qui eu provinrent trois furent aussi bien panachés que leur mère, bien que le père fût inicolore. Un fait semblable a ^é observé par lui sur un pied de Cam"
famUa Médium.
(A continuer,)
(4) Joum. Soc. d'Hort.dei^aris, 4863; p. 453.
Travaux du mois de Juin.
Potager. Le jardinier doit toujoars penser à l'avenir ; si les légumes abondent ce tnois-ci, il n'en est pas de même dans les mois d'automne ; il doit continuer ses semis de choux-fleurs^ brocolis, choux-navets, navets, radis roses et noirS) choux à grosses côles, de Milan^ de Bruxelles^ chicorée, scarole, laitues, haricots, pois de Clamait, etc .
Jardin fruitier. Le pincement, rébburgeonnage»et le palissage sont les principaux travaux du mois. Les branches nouvelles qui s'emportent trop devront être pincées; mais il faut bien se garder de les couper trop court; tous les bourgeons de la base se développeraient, et à la taille prochaine on se trouverait trôs-embarrassé par la présence d'une foule de faux bourgeons. On doit se cod* tenter de pincer seulement l'extrémité, ainsi que le recommande M. Lepère, et si plusieurs bourgeons se développant au sommet faisaient confusion, on les taille en vert au-dessus du bourgeon inférieur qu'on pourra lui-même pincer si son élongation est trop rapide. Pour Tébourgeonnement du pécher, on peut enlever sans inconvénient tous les bourgeons qui se trouvent sur les branches fruitières, au-dessous des fruits, et qui pourraient gêner dans le palissage ; le boup* geon terminal qu'on peut rogner indistinctement, suffit pour appeler la sève nécessaire à la maturation des pèches.
Jardin d'a^ément. Les soins de propreté, placement des tuteurs, palissa^ies des plantes grimpantes, sont à peu près ce que réclament les jardins d'agrément On plante les Dahlias, et met en place les plantes repiquées en pépinières, et pendant la belle saison, telles que Pétunia^ Clirisanthéme frutescent, Fétargonium, Habrotamnus.
Les semis de plantes annuelles du mois dernier peuvent se continuer dans les premiers jours du mois ; mais il est trop tai^ pour les Reines-Marguerite et les grosses Giroflées jaunes. C'est le bon moment de semer les espèces vivaccsct bisannuelles, telles que Primevères, Ancolics, Phiox, Pieds d'Alouettes vlvaces, Croix de Jérusalem, Roses Tremiàres, Œillet de Poètes, Campanules, Digitales, Goquelourdes, etc.
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Paris. ~ Imprimerie horticole de E. Do^KA^), rnc Cassctle.' 9.
WÊMàm DBS AàTiCLES (XKmnOS DANS CI VOMÉRO.
F.HujKo «t Eug. df IUktimt, CkiwaMiMe; Es^ftltiond'llorUeiltare de Ptri«»— 0. Lucffin, I« CSarrr» elUi^Clc» (Pi.Xlil).— F. Cbl8, %m Cerevs BerUnI (PI. XIV). — Etre. DB MoTiticiiT, V»e pr«ai«aAdlc au miireu des vMes. -^ A. db Taloq, ReT«« des loiniauaif lait; piaules iioaTeUes.*- l>DKD»T,DBBot8orUfl«mlai»«ei IsisUle du Rosier.— Bu. Bonakd, M«Uii^llMitl«» dei Konocotylédenei. — X .... •lM6rv«U«tt Sir les Gloiiak Aaèlie fiesatan ei Hirie de It Paierie. — VnMT, Mémoire sar la predaeiioti et It fiiatioo des variétés dans les plantes d'ornement (solte). — Ci. Baltet, Le ▼•rf«r, paz M. A. Mie; — Les meilleors rmits, par M. P. de Mortillet. — P. Ustnct. .le Mealear Brassond et !e <lre0Mr Ri? ière. — Travaoz da mois.
CHRONIQUE
Un Hmev de dents; Une critique dn iVouveou Jordmter illustré; Exposition i'horticnltare de Paris ; H. Vietor Verdîer père, nommé dieValier de la Légion d'hoonettr»
Du de nos confrères se vante, en ce moment^ avec une sor^ d'orgueil, d'être en train de me limer les dents, pour m*empèàer démordre.
Il y a de sa part témérité à avancer un pareil fait; car, pour piquer cette opération, il faut un homme autrement autorisé qu'une production sèche d'une école des arts et manufactures^ ou autrement dit, qu'un élève non diplômé pour cause d'incapacité. — L'honorable limeur en conviendra peut-être un jour,
— Chaque fois, en effet, que la vérité ou l'intérêt de la science le conunandera, je donnerai^ comme par le passé, mon coup dedent^ — pour parler le langage /îeun de l'opérateur; et H. Joigneaux sait, par expérience, que je le donne bel et bon. Celui qu'il s'est plaint d'avoir reçu il y a cinq ou six mois n'est pas encore guéri; sa fureur prouve surabondamment qu'il en ressent encore de cruelles angoisses. Il est vrai de dire que c'était le coup de dent de la vérité — puisque coup de dent il y a,
— et ces morsures-là ne se cicatrisent que très-difficilement.
htUkl 4865. 43
Quant à sa critique àa Nouveau Jardinier illmttéj elle n'esl qu'un prétexte à Tépanchement d'une haine impossible à contenir. Le limeur de dents a laiiMé trop Yoir le bout de son oreîUe ; tout le monde Ta yxk.
M. Joigneaux déclare, en effet, n'avoir rien trouvé de bon dans ce nouveau livre; les meilleores pi^es, d'après lui, ne vaudraient même pas leg plus mauvaises de ses œuvres — et ce n'est pas peu dire. — Pauvres collaborateurs Vérfol, Neumann, etc., qui avez eu le mulhe¥r d'associer votre destinée à
la mienne ! Mais ne vous affligez pas trop. V<^taire a dit
quelque part:
a On peint Tamonr avi^agle, \\ peut Ntre sans doute K Mais la haine Test pins, car elle ne voit goutte, n
Cette critique n'a donc de valeur que pour M. Joig^eaux qui trouve en elle le tristebonheur d'une petite vengeance satîsfiiite.
F. HfiRIMCQ*
La Société impériale et centrale d'Horticulture vient d'ouvnr son exposition . On sait qu'elle a eu lieu au Palais del ^Industrie/ comme il y a quelques années.
L'emplacement est une question très-importante pour une exposition florale. Ces fêtes horticoles doivent être faites, à notre sens^ tout autant en faveur d'un public^ j'oserais dire indifférent» que pour les amateurs et horticulteurSé Ce sont elles surtout^ en effet, qui grossissent les rangs des adeptes^ et donnent à cet art l'élan que nous aimons tant lui voir prendre. Aussi me prononcerai-je en faveur des expositions dans le Pa« lais de l'Industrie , et non pour celles de l^hôtel de la Société. D'ailleurs cette année, l'agencement avait été remarquable^ ment bien entendu, et les exposants sont pour la plupart trèsdignes d'éloges pour les efforts qu*ils ont apportés^ pour donnef tout l'éclat possible à cette solennité.
En général les lots consistaient plutôt cette année en planteâ
debeile culiaiie qu'^i nouTeautés; mais nous avons vu de superbes exemplaires d'espèces que Ton ne connaît ordinaire* ment qu'à l'état jeoae. Les Cactées, par exemple» étaient remarqoaUes ; rien de Jbeau craorne les lots de M. Landry* U avait exposé en outre quelques beaux types d'Euphorbiacéesgrassesi aiviron une quinzaine d'espèces^ très-remarqua<blemeat cultivées. Citons les magnifiques lots deMM. Lierval, Mathiea et Chantin. Celui-ci avait réuni toutes ces belles plantes de seires autour de la colossale statue de Verciogetom^ ce glorieux Gaulois vaincu par César, et qui fut étranglé après avoir omé le triomphe du conquérant. Nous avoas aussi beau^ cotqp admiré les coUectio&s de MSI. Luddemaun et Cbenu»
Les plantes pric^ires zxi grand wnement sont aujourd'hui toè»»jitfteaient recfaecchées* L'Exposition offrait, sous ce point de Tue de quoi contenter les plus difficiles. Les GermUtwi de MM. Ghaté, Duffoy, Mecard, Babouillaid et Mallet étaient vrai* ment «upeibeeu Quant à M« Gauthiar Dubos et à ses œillets^ il est trop bien cosmu pour que nous insistions sur la magnili* caiee de son exhihttionu Nous en dirons autant del|. Tahar^ et de ma excellât choix de Pétunia*
Lea KMÂéristes en vérité se sont dépassés, et aucune nation ne pourrait entrer en ktte avec eux* Honneur aux Margottin at aux VerfHer. Ce dermer nom a du reste gloriettêanent iietenti à la dîstributîcm des jnéccanp^ses; nous applaudissess des deux autms àla décoration ai parfaitaobsutméritéei qui a été donnée à M. Verdier père, un de nos faorticiilteurs les plus distûigoés le plus àiffoe et leplus excellent faosame.
Les plantes a&nueUes et vivaees de plei^ terre ne sont pas iapageasea, mais elles me oharâneait extrôuEienG^Bt. le me suis «rèté avec bot^enr devant les lots bors ligne de MAL Loise, Thibaut-Prudent, Vilmorin, Botanet. M. Pelé a la spécialité des espèces botaaîqiies^ si je p%iis diM : ses exemplaires étaient ^oaistoès'âigneâ'attenUûa. Qo s'arcètait voLontiess de*
vantunlot de Zmnm doubles et devant quelques belles Pensées.
Quant aux fruits et aux légumes, je ne puis en faire un bien grand éloge. Ce n'était pas la saison des primeurs et nous avons une année bien ingrate. Toutefois la culture maraîchère avait eu, malgré les sécheresses, la bonne pensée de se faire représenter : les célèbres ortillons d^ Amiens, par exemple, avaient exposé leurs remarquables produits. J'ai remarqué encore de beaux Ananas, de superbes raisins (du Frankental), des Tomates, etc.
Je n'ai rien dit encore des nouveautés, c'est pourtant en général le plus grand attrait des expositions d'horticulture ; mais elles sont moins nombreuses cette année, et elles ne me paraissent point en général bien remarquables. Sotis ce nom de nouveautés, Ton comprend deux catégories de plantes bien distinctes : les gains obtenus par les horticulteurs au moyen de semis, et les introductions dues aux voyageurs. Nos semeurs sont incontestablement les premiers parmi tous, et Anglais, Belges, Hollandais empruntent largement à cette source de richesse horticole ; mais, en revanche, nous devons leur demander toutes ces nouvelles plantes^ que les Siebold, les Weitch, les Fortune, les Lob, les Parrish, etc., iniportent en si grand nombre depuis quelques années. Nous autres Fran* çais fournissons les nouvelles variétés, tandis que nos voisins fournissent les nouvelles espèces* C'est un échange, comme chacun peut le voir, et un échange fort bien entendu.
MM. Lierval, Linden, Bleu, Lemoine et Grousse étaient presque les seuls qui nous aient présenté de nouvelles plantes.
M. Lierval avait : Vitis amazonica^ espèce à petites feuilles, fort jolies, Maranta paranina, Anthurium spectabile et un sxupevbeBignonia nouveau^ le B. argyrœa.
M. Linderf : Anthurium magnificum, un Sphœrogine et un EchiteSf enfin le Mappa fastuosa. M. Bleu : de belles Arbidées,
qui ont été très-admirées. M. Lemoine avait un arbuste vrai^ ment magnifique dont il a acheté Tédition entière à son introducteur VanSieboldj c'est un Hydrangea cpi'il nomme tf.pamculata . Assurément le nouvel Hydrangea se rapproche beaucoup de l'espèce à laquelle le rapporte Thabile horticulieur de Nancy ; mais Van Siebold, ni dans sa flore, ni dans son catalogue ne cite de variété complètement stérile de VH. paniculata; il en indique seulement une à fleurs doubles. En tout cas, ce remarquable arbuste se rapproche beaucoup, quant à son port et même à son faciès, du H. quercifolia^ mais il est encore plus élevé et son inflorescence allongée est plus longue et plus dense. Le H. paniculata originaire des pentes rocheuses des hautes montagnes du Japon doit être rustique dans nos cultores.
Devons -nous citer les 50 variétés de Lierre de M. Dieuze- FiUion. C'est nouveau, mais nous n'aimons point, nos lecteurs le savent, ces panachures dont le goût déplorable s'en va heureusement aussi vite qu'il était venu.
Tel est le résumé, beaucoup trop sommaire, de nos remarques, à l'intéressante Exposition d'horticulture de 1865. Nous avons omis bien des noms qui mériteraient d'être cités, car il n'y a guère de lots médiocres, mais nous avons dû nous hâter pour donner promptement ce compte rendu à dos* lecteurs. Nous ne pourrions guère, avec toute envie, faille beaucoup de critiques, car si tel exposant a présenté huit arbres ridicules formant chacun ime des lettres de Napoléon^ il avait mis en revanche de très-belles palmettes et de très-jolies pyramides ; si M. Delpôrte^ soumet à notre appréciation un frêne dont le bois contourné de toutes façons est une parfaite inutilité, il est au moins le témoignage d'une patience prodigieuse.
Eug. de Martragny.
GARRYA ELLIPïrCA (Pl. Xffl).
I^ genre Garrya a été créé par Douglas en rhonneur de Nioholas Gairy, secrétaire de la Compagnie de la baie d'Hudson, duquel Tintrépide explorateur anglais a reçu aide et assistance pendant toute la durée de son voyage dans l'Amérique du Nord.
Les Garrya ne sont donc pas des nouveautés. Aussi ce n'est pas conune introduction nouvelle que nous figurons aujourd'hui le Garrya elliptica; c'est un simple rappel, comme on dit dans les distributions de prix et de médailles , et certes nous croyons que jamais rappel ne fut mieux mérité.
Le Garrya elliptica, originaire du nord de la Californie, et introduit en Europe, en 1828, est, enelfet, un de nos plus Jolis et élégants arbustes d'ornement de plein air ; néanmoins il est peu répandu dans les jardins, et on ne le rencontre que chez quelques pépiniéristes.
Dans les cultures européennes, ce Garrya peut atteindre de trois à quatres mètres de hauteur ; il est très^rameux et devient buissonneux. Ses feuilles sont opposées, persistantes, coriaces, sans stipules, oblongues aiguSSj, ondulées, luièvementpétiolées, d'uh vert sombre et glabre en dessus, revêtues de quelques poils simples blanchâtres en dessous. Les fleurs sont disposées en longs chatons pendants, d'une grande élégance; chacune d'elles est assez insignifiante, car elle offre un petit calice à A sépales verts et 4 étamines, pour la fleur mâle ; et un ovaire uniloculaire adhérent à un calice à deux dents pour la fleur femelle. Mais ce qui constitue la beauté de cet arbuste, c'est la grande quantité de ces chatons composés de4)ractées opposées, soudées par paire et desquelles sortent les étamines jaunes des fleurs mâles, qui se montrent pendant les mois de mars et avril.
I^^rtiautetirp'unçaiJ- de lôôi .
i5 oerw. looo . 1 1 • /\tii .
MaitAfr-/^ nùi-r .
//f/ray .rc .
Cet arbuste craint malbeurensement lea gelées; il souffre des hivers rigoureux; on doit le plaça» de préférence au nord.