‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 45 sur 159 · Lescuyer · texte numérisé non relu

Lescuyer

. SUR QUEÏjQUES EtlPHORBIÂGËES ORNEMENTALES.

Les plantes de la famille de& Euphorlnacées neparaisraot pas en général très-favorables à Tomementation des sevrai et des jardins* Il fai^t être amateur et âmataair passionné de ces plantes po^r trouver quelque eharme aux fleurs si cmieuses dont se couvrent certaines Euphorbes caotiformes de l'AâiqQe australe, et dont on nous a mmrtré de si ourienx exemplaires lors de la dernière exposiiâonde la Société d'bortieuliuie. Le« Euphorbia œylophylloides et pereskiœfolia du Muséum^ seront pourtant, je pense^ conaidérés un jour coBùne des plantes ma-^ gnifiques, qui feront un grand effet au milieu des serres à plantes grasses. \J Euphorbia pv^cherrima^ plus connu sous le luimds PoimetUa^ a maintenant une réputation toute faite, dépois qu'(^ en cultive des bouturas peu élevées qui se eonronuent rapidement de ces bractées florales éc^rlates dont le coloris égale celui des plus belles corolles, On ne sait pas assez œ qu'on peut obtenir de VEuphorhia fnlgem^ désigné 1 tort dans nos serres sous le nom d'£« jacquiniflora qui est postérieur, ni des Eu^ phorbes américaiaesà fouilles panachées, telles que les £• ma/h ginata et variegata. Les Phyllanthus à grandes feuilles eties XylophyUa pourraient, par l'analogie de leur port avec^lui de certains Palmiers, rendre de grands services dans la farmslion de massifs dont ils occuperaient le centre; et plusieurs petits genres à feuillage éricoïde, tels que les Caiatta, Micranthea^ Bertya^ RicinocarpuSt etc., devraient être cultivés dans les jardins d'hiver, avec les Diosmées, les Polygaléeset les Tremandrées australiennes. Deux très*belles plantes à feuillage orne* mental ont en outre été, dans ces derniers temps, introduites dans nos serres et méritent une description spéciale.

La première est une espèce du genre Mappa, que M. Porte a rapportée, il y a deux ans, de Manille, et que nous nommerons

provisoirement if. Porteana (1). Cette plante était déjà représentée dans les herbiers par des échantilIoDS autrefois recueillis dans le même pays par MM. Perrottet et Callery. Le pied qui a fleuri dans les serres chaudes du Muséum, il y a deux ou trois mois^ portait des fleurs roâles en très-grand nombre. Situées à Taîsselle des feuilles, elles étaient disposées en petites grappes formées elles-mêmes de cymes et accompagnées de bractées lé-^ gèrement teintées de rouge. Elles présentaient les caractères ordinaires du genre Mappa; c'est-à-dire qu'elles avaient un petit calice de trois sépales peu visibles et un nombre variable d'é- (amines, souvent huit ou dix, à anthères biloculaireS| mais assez souvent aussi uniloculaires, comme celles des Pachystemon. Toutefois le Mappa Porteana ne sera jamais recherché pour ses fleurs qui rappellent assez bien celles de nos Mercuriales indigènes; mais son feuillage est splendide.

Qu'on se figure une tige rigide, dressée, cylindrique, jufr;

(f } M. arborea caale.er«iUo bueiuqQd simpliei (oirc. d -^ m«ti«li) ad I eanl. ensso ; certice glabro griseo lentieellia foscatis prominuUi et cicatrioibui trigOQÎs foliorum delapsorum uotato. FoUa alterna longe petlolata ovato-cordata (a/i^ met.l<>Dga« fi9«€a cent, lata) baii aut rotnndata aut etnarginaia; apioe breriter acuminatoi inaquali-crenata; crenatQri3 apice pallidis gU&duloai» albido-puberulis; membranacea, bas! peltata digitato-8-nervia -, cœteram penoifiervîa venosa; venle transvene retiformibus; «opra glabra dense Tîridia lœvia, sobtus opaca pallidiora tomento brevi molli obteeta; nerris venisque otvmqoa prooiinulîs^ junioribus erubescentibus, moxalbidis; pagina inferna subtus inter vennlae punctatis carnosnlis prominulis nlgrescentibus conspersa. PetioU limbd panie loagiored ([^rumque motrales) aat tetetea aut obsolète S^geni, supra subplani basi incrassati subragioali, janiores embesaentes mox leste virescentes aealeis brevibus obtusis remote armati; stipulis geminis supraazillaribus con- Hiveatibtis primnm ereetis catitique adpressis (ad 4t cent, longis, 6 cent, latis) oblongO'OTalis membranaceis iosqnali^creiiatis ad apioem saepimpurpQraseeii^ tibus, moz exsuccis fuscescentibus caducis et o cicatricibus arcuatis aut ima basi tantum persist^te notatis. Flores maseult axillares racemosi ; racemîs brevibnt stipulis^ l-S-plo loogioribos cymiforis; fiymis muliifioris; calyoe S^par-» tito membranaceo tenuissimo; etaminibvs centralibus ssepiuaS, rarius 5-41; fllamentis ereetis gracilibus divaricaiis ; antberis aut bilocularibus aat(abnor-' mlbvs) 4*locolaribus vimosis glabris.

qu'ici non ramifiéei portant vers son sommet un bouquet de belles feuilles alternes» à limbe pelté et cordiforme, d'un mètre environ de longueur, avec un élégant réseau de nervures que relient entre elles des veinules transversales qui rendent la face inférieure comme gaufrée, avec une foule de petits points noirs dans les mailles de ce singulier réseau. Le pétiole est au moim aussi long que le limbe ; lafeuibe entière a donc environ deux mètres de longueur. Elle est verte à Tâge adulte ; mais son limbe, son pétiole et les grandes stipules caduques qui Faccom* pagnent sont, dans le jeune âge» teintés d'une couleur purpu* rineplus ou moins prononcée.

L'individu cultivé au Muséum a déjà atteint une hauteur de trois mètres environ. Cette superbe plante aurait donc aussi bien mérité Tépithète de fastuosa que TEuphorbiacée à tiges mouchetées, que M. Linden a introduite dans le commerce et que nous avons également vue figurer à la dernière exposition de la Société d'horticulture. Seulement il nous semble que la plante de M. Linden n'est pas un véritable Mappa, et qu'elle devra être rapportée au genre Carumbium de Reînwardt.

On a vu paraître depuis quelques années dans le commerce, une très-belle plante à feuilles allongées et épineuses sur les bords, à laquelle son port et le suc laiteux qu'elle contient en abondance^ donnent l'apparence d'un grand nombre d'Ëuphorbiacées, en même temps que ses stipules intraaxillaires rap* pellent beaucoup celles des Artocarpées. Les feuilles ressemblent ausli à celles de certains Sorocea; de sorte que cette plante tient à la fois par l'aspect aux Morées et aux Euphorbiacées. C'^st à cette dernière famille qu'elle a été rapportée par les horticulteurs, qui lui ont successivement donné les noms à'Hippomane longifolia^ spinosa et ilicifolia. Nous savons, au. jourd'hui que ses fleurs nous sont connues, qu'elle est bien plus semblable aux Sapium qu'aux Mancenilliers, et peut-être répond-elle à une des anciennes espèces attribuées au premier

de cas geores par les batanistes du siècle dernier. Mais Gàudichaud, qui avait récolté cette même plante au Bifésil, ainsi que nous le prouvent des échantillons qui font partie de Therbier du Musétun, et dont la description était destinée au Voyage de la Bonite^ Gaudichaud; disons- nous, a pensé avec assez de rai« squ qu'elle devait être considérée comme le type d'un genre particulier auquel il a donné le nom à' Acanthaloma.. Nous nommons donc cette espèce A . spinosum ( i ).

Ce g^u?e ne saurait être placé bien loin des SHUingia. Il ei;! diS^re principalement^ et par ses stipules d'Artocarpée, et par quelques particularités de son organisation florale. Sa fleur femelle est presque eelUe d'un Sapium. Son ovaire à trois loges, avec un gros ovule allongé, coiffé d'un obturateur en capuchon^ dans chaque loge, est surmonté d'un'style qui se partage bientêt eu trois lanières aiguSs, couvertes intérieurepient de papilles

(h) Acantholoma Gaud., mss.^ in herb. Mus. par., — Hippomane spinosa I» p. (an L.t). — H, longifbîia houtvl. et H, ilidfHHa HORtuL. (an L.t). Arbor humilis (ad 4 m. 4/2 alla) caule oreeto tereti (ad S cent, cfasso); cortice giabro ruguloso (griseo) loogitudine strialo cicalricibusreraote altérais obovaiis orbîeularibasfe àlbescenlibus folioram delapsorum et cicatricibus longe arcualit (faseatis) transvene Uneahbuff stipulamm nolato. Folia, uti planta fere to(a, valde lactescentia, Buperiora adscendentia, inferiora declinaio-reflexa ; intermedia aatem ftobborizontalia bfeyiter pelioiata oblongo-subspalbulata (ad 60 cent. loBga, 4.0 cent, laia) basi longe attenuafa; apice rolondate; subasquali-fissa; lobis acute spinescentiter puogenlibas demum fuscatis -, peanioervia fere avenia; nervis primariis paralleliter obliquis v. ferme transverais; coeta pallidiori snbtns prominula; limbo cteterum glaberrimo, supra lucido Isvi, subtus pallidiori, Petiolus teres glaber robustus (ad S cent, longus) crastitudine penns an» serins»^ Hneis fuscatis circînnalis transverse notatua. Stipulie aupraasiUares gemins inter se connatse ovato-acutœ glaberrimse caducissimœ (eas Artocarpearum roferentes). Flores monmci, aut in sumniLls ramulis brevibtts axillaribos spicat), â&mioeis 4, 2 inferioribns; relîquis mascnlis altemis in àiilla bractées brevi glandalis 2 slipulaceis oblongo-scutatis munilas; androphoro tereti erecto an^ theras eessiles 3 extirorsas cam calycis campanulati dentibns 3 altemantibus gecenle ; braelea femineorum glandnlie 2 carnosis late ovatis complanatis stipata ; calyee crassissimo 3-mero; lobis in alabaslro contortis ovarioque arête adpressi»; ovarlo tenu! eonico 3-loculari 3*ovulato; stylo erecto mox3-fido; lobis sobaliiis rpVolvtia intne dense papilbsis.

stigmatiquoB, et repliées en deho» aprw VéffêomammtBoii Hais le calice qui entoure étroitement Tovaire, s'applique si exactement sur lui par se» trois sépales très-épais et disposés dans le bouton en {Hréfloraison tordue, qu'on croirait d'abord que la fleur est dépourvue de périanthe. Si fraj^nt que smt ce fait, il ne serait pas de natqre à séparer lesAcanthohma des Sapium, si la fleur mâle des premiers n'offmt une organisation plus remarquable encore. Spn calice a la forme d'un sac membraneux, tubuleux, peu profondément divisé à son sommet en trois dents ; et du centre de la fleur s'élève une colonne cylindrique qui porte en haut trois anthèi-es sessiles, collées contre cette colonne et tournant en dehors la face de leuis loges dont la.déhiscence est longitudinale. Quant àTinflores* cence normale de VAcanthoUma spinosum, nous ne saunons au j uste dire ce qu'elle est ; car, sur le pied cultivé qui a fleuri au Muséum, nous avons vu un épi androgyne ayant deux fleurs femelles à sa base, et en haut plusieurs fleurs mâles mal développées. Ailleurs, nous avons observé un assez; long chaton terminant un petit rameau axillaire, et qui n'était composé que de fleurs mâles. Enfin, nous avons renconlré deux fleurs femelles qui se développaient directement sur la tige, à une certaine distance d'une feuille, et qui n^étaient accompagnées d'aucun vestige de fleur mâle. D'ailleurs, chaque fleur avsît . au-dessous d'elle une bractée dont elle occupait Faisselle, et dont les côtés portaient chacun vers la base une très-grosse glande stipulaire, comparable à celle des Sapium* Ces glandes deviennent même très-grandes sur les bractées femelles qui se développent d'autant moins que les glandes prennent plus d'accroissement et cachent davantage la plus grande partie du calice dont elles touchent les côtés. Les fleurs des deux sexes sont articulées sur les axes qui les portent, et elles s'en détachent facilement. Toutefois, deux fleurs femelles qui ont été fécondées artificiellement par M. HouUet, sur le pied cuUivé

au MtHHhttn^ ont donné des fruits qui grosàssent et qui sem* Ueat devoir airiTer à maturité* On pourra savoir alors si le pMcivpe àiàYAcântholama est seci ou s'il devient drupacé à la fa^on^ odtd des Uippomane.

' UAcantholoma spinosim et le Mappa Porteana semblent ôtce des plantes de sare diaude. Le pren;iier se reproduit par boutures, et c'est probablement d'un même pied que proviennent tons les individus qu'on obi&ve chez les principaux horticul* teurs parisiens^ MM. Chantin, Rougier, Kételeéri etc« Il est à espérer que Ton pourra multiplier le dernier par le même procédé, quand Tindividu cultivé au Muséum aura commencé de se ramifier.

H. Bailu>n«

Page 1