‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 61 sur 159 · Lesccyer · texte numérisé non relu

Lesccyer

OBSERVATION SUR L'ACHYRANTHES VERSCHAFFEUTO.

Monsieur F. Heringq,

Dans le dermer nunjiérô, votre article sur les plantes à feuilles rouges a spécialement éveillé mon attention; car Je suis très-amateur et je possède une bonne collection de toutes ces belles plantes à vive coloration ou à feuillage majestueux.

Ordonc^ dans Tarticle précité, vous jugez si sévèrement Ykesine herbestii {Achyrafuhes Verschafellii) que je viens près de vous» si vous le permettez, prendre sa défeùse»

M . Nandin, dans un article ayant pour titre « Nouvel essai de culture géothermique en Angleterre » n'est guère plus indul* gent à son égard*^ aussi lui ai* je écrit comme je le fais à vou£^ même»

Vous dites en parlant de Tlresine : « J'ai mis toute la bonne )» volonté possible pour la trouver belle, jolie, etc., mais impos-

)» sible son feuillage difforme, racbitique, n'a pas

» Téclat vodu pour être ornemental.»

Eh bien, Monsieur, je regrette que vous ne puissiez voir chez moi, sur une de mes pelouses, un massif de plantes à feuillages diversement colorés, (ians lequel toutes les personnes, qui

Tlsitent mon établissement (et de ce nombre sont vos abonnés poitevins), admirent les Achyranthes Verschaffeltiij avec leur belles et larges feuilles (0" 09 c. à 0"* 4 Oc. environ de diamètre) au coloris pourpre foncé, relevé de nervures, voire même de macules rose carmin brillant^ transparent, et du plus grand effet quand la lumière du soleil en rehausse encore T éclat ; et «i au commencement de Tété ils fprent un peu moins beaux • que les Coleus^Verschaffeltii^ ils soutiennent maintenant hardiment la comparaison avec ces derniers, dont ils ne sont se- ' parés, dans le massif, que par des Centaurea gymnocaipa, autre . charmante plante à feuillage blanc élégamment découpé.

Que tirer de notre divergence d'opinion : nous sommes pourtant tous les deux dans le vrai ; c'est qu'alors Tlresine n'a pas également bien réussi partout, et voyez jusqu'où va le contraste, vous l'avez, dites-vous, kouvée plus belle à l'ombre qu'au soleil^ tandis que chez moi c'est tout le contraire : les plus beaux résultats ont été obtenus sur des plantes cultivées en plein midi et bien arrosées.

rose espérer, Monsieur, que vous jugerez opportun d'insérer cette lettre dans Y Horticulteur français. Car vous comprendrez, je pense, qu'après ce qu'on a dit d'une plante qui m'a si bki réussi, je vienne parler en sa faveur.

Veuillez agréer, Monsieur, etc.

Georges Bruant, horticulteur à Poitiers.

Les observations de M. Binant ne changent en rien ma manière de voir à l'endroit de Y Achyranthes en question; c'est toujours pour moi une plante d'un médiocre effet ornemental. J'aime mieux cent fois la Betterave à feuilles rouges; au lûoins là, il y a de l'ampleur, de la vigueur daus le feuillage, et le coloris n'est pa^ moins éclatant ; elle ne produit pas moins d'effet dans les plaines, quand cette majestueuse plante couvre plusieurs hectares de terrain que cultivée isolément en pot,

emmoe je Tai vn en Hollande. M. Bruant, je suis ponmadé, n'est pas de mon avia; il est même ]^bal>le que celtes plendide Tariété, du moins à mon point de vue, ne figure pas dans sa collection de plantes à feuillage coloré, tant est vrai Paziome : des goûts et des couleurs il n'y a pas à discuter.

MOYENS D'OBTENIR DES GIROFLÉES A FLEURS DOU- BLES> ET PROCÉDÉ D'ESSIMPLAGE DEM.CHATÉ.

Un jfHmeet intelligent horticulteur deParis^ M. Emile Chaté, a publié, dans ces derniers temps, une série de petites hro* chures (1), sur \& culture pratiqufi des Verveines^ des jjantorui, des Cinéraires et des Giroflées, q^d commencent la Bibliothèque de r Horticulteur et de f amateur de jardinage j que publie notre éditeur^ H. Donnaud*

Nous avons eu déjà occasion de citer la culture des Verveines^ celle des LarUana et de recommander ces petits livres aux amateurs de ces plantes qui, aujourd'hui, sont l'ornement soutenu des parterres pendant toute la belle saison. Nous venons de lire la culture des Giroflées; elle contient les renseignements les plus précieux sur Tessimplage et les moyens d'obtenir des individus à fleurs doubles; afEadre très-importante, comme chacun sait, dans cette culture, et qui a été l'objet de biep des recherches et de bien des expériences de la part des praticiens.

Le procédé d'essimplage et les moyens d'obtenir des fleurs doubles, que fait connaître M. Chaté ûls, sont fondés sur plus de SO années de pratique dans la famille. Ce n'est plus un secret, puisque M. Chaté les a publiés, et qu'il a même donné des leçons sur Tessimplage. Nous profiterons de la liberté qui nous

(4) Voir. aux aDDonees.

est accordée pour révéler à nos lecteurs ces procédés et moyeas.

Dans i*historique des moyens employés pour obtenir de$ fleurs doubles, M. Chaté cile : 4*le mariage des Giroflées doubles et des simples; 2oles époques lunaires des semis; 3* la dégustation des boutons ; 4'' la présence d'un cinquième pétale, et enfin la castration des fleurs.

La méthode du mariage, qui consiste à placer une Giroflée simple auprès d'une double, n'a donné que des résultats inappréciables et a été abandonnée ; en effet, le pollen des fleurs simples ne peut exercer aucune influence sur les fleurs doubles qui ont tous leurs organes sexuels transformés en pétales.

Les époques lunaires des semis avaient, disait-on, une grande influence sur la production des fleurs doubles; certains jardiniers avaient la plus grande confiance dans le dernier quartier de la lune; mais les résultats ont démontré que ces jardiniers avaient mal placé leur confiance ; quelques-uns encorOi néanmoins, tout à fait dévoués au culte de la routine^ continuent à semer pendant le dernier quartier. « Cette méthode, dit M. Chaté, est en opposition avec nos connaissances météorologiques... Mais qui me dira qu'il ne soit pas nécessaire que toute chose passe par la phase des ténèbres et de l'^^ur pour arriver à la lumière et à la vérité? »

La méthode de dégustation des boutons est plus rationnelle; en mâchant les boutons bien formés^ on reconnaît les simples à leur goût sucré et à leur consistance plus ferme. Mais cette méthode présente deux inconvénients : elle oblige à cultiver les Giroflées jusqu'à la formation du bpufon, et, comme pour obtenir des boutons la première année du semis, il faut semer de très-bonne heure au printemps, il résulte que les planés sont sujets à la maladie delà panachure, et qu'ils perdent toute leur valeur.

La présence d'un cinquième pétale dans les fleurs est un indice, pour certains amateurs,^ que les graines qui en provien-

nent donneront des Giroflées à flenrs doublés . La première aibnée ils obtiennent, en effet, de 50 à 60 pour 100 de doubles; mais la seconde, les semis de ces mêmes plantes n'en produisent qu'une faible quantité de doubles, et il parait que les essinipleurs émérites ne peuvent plus séparer les simples des doubles; les caractères ne se retrouvant plus dans ces plantes dégénérées.

La méthode de castration est du EK Messer de Cabo; nos lecteurs la trouveront exposée dans le mémoire de M. Verlot, en voie de publication dans ce journal. Cette méthode, qui consiste à supprimer les étamines à une certaine époque, parait impraticable à H. Ghaté, et il a parfaitement raison. Yoyeasvous un jardinier, qui a 10,000 plantes, pour produire de la graine, faisant Topération à plus de 500, ou 600 mille fleurs, et guettant le moment favorable à cette suppression des étaminesl...

tf Le vrai sens de cette opération, selon moi, dit M. Chaté, est d'arriver à concentrer toute la force et la vitalité d'une plante surim petit nombre de graines, qui, sumourries, produiront, grâce à la faculté de duplicature que possèdent les Giroflées, un grand nombre de doubles. Ma méthode arrive au même but par des voies plus naturelles. »

Les jardiniers d*Erfurt, ont, depuis longtemps comme cm sait, le monopole, pour ainsi dire, des graines de Giroflées. Le but que s'est proposé M. Cbaté, en faisant connaître son procédé pour obtenir des fleurs doubles, est démettre ses confrères dans le cas de produire eux-m^es leurs graines, et d'en obtenir des Giroflées aussi belles que celles des provenances allemandes. Un pareil désintéressement est rare, même en France, et il mérite d*étre signalé.

Pour obtenir leurs graines, les jardiniers d'Erfurt cultivent leurs Giroflées en pot; ils les mettent sur les tablettes, dans de grandes serres, et ne leur donnent que la quantité d'eau nét^es-^

«aire ponr les etnpAeher dô mourir. Aioai cultivées, ees. plaates sont chétives, les siliqœs sont raccourcis; les graines, moins nombreuses, milùîssent mieux, et ces graines produisent réellement de 60 à 70 pour 100 de fleurs doubles*

La méthode de M. Chaté^ qu'il nomme méthode française, donne encore de meilleurs résultats : 80 pour 100 de doubles; et elle est d'une application très-simple.

( Lorsque mes porte-graines, dit-il, ont été choisis avec soin, je les plante au mois d'avril dans un terrain sec exposé au soleil levant; cette exposition est des plus favorables.

« Au moment de la fleuraison, j'exerce des pincements sur les rameaux à fleurs. Je ne laisse que 10 à 12 siliques sur les branches secondaires. J'ai soin d'enlever toutes les petites branches adventives à mesure qu'elles poussent. Je ne laisse absolument que la branche principale et les brancheiâ secondaires portant des siUques. Toute la sève est employée à nourrir ces graines; elles donnent un résultat de 80 pour iOO de fleurs doubles. Les siliques sont plus grosses et la maturité plus parfaite. Au nK)ment d'extraire la graine, je supprime le quart supérieur de la silique, et je le mets à part; les expériences que je vais1*elater expliqueront cette suppression. »

Les expériences dont parle M. Gbaté lui ont démontré, en eflet, que les plants provenant de ces graines éU minées, ou du quart supérieur des siliques, donnent 80 pour 100 de fleurs simples; mais en revanche on obtient, avec elles, plus de variétés qu'avec les autres.

Cette méthode, que j'api^Uerai, moi, la m^tAode Chatéf facilite , comme on voit, Vessimplage, puisqu'il ne reste plus à éliminer dans le semis que de 10 à 15 pour 100 de simples.

Cet essimplage n'est pas une affaire aussi difficile qu'on le croit généralement. Ai. Chàté nous dit : « Les Giroflées simples ont les feuilles d'un vert foncé, luisant dans certaines espèces, arrondies au soomiet ; le cceur est en forme de volant ; la plante

est tràppue et lamas^ dans ison aspect général. — Lésinantes qui donnent des fleurs doubles ont les feuilles très-longues, d'un vert blond, velues et frisées sur les bords ; les feuilles du cœur sont blanchâtres et roulées, elles le ferment coinplétefuent. »

Le secret, le voilà I Maintenant, chers lecteurs, à vous de vous exercer dans le coup d'oeil. Si ces quelques renseignements ne ne vous suffisent pas, la petite brochure est là ; vous y trouverez une foule d'autres opérations pratiques, qui vous permettront de vous délivrer du joug tyrannique des jardiniers erfortiens, et d'avoir d'aussi belles Giroflées que celles dont les graines proviennent d'Erfurt de la Thuring.

Em. im Habtràgnt .

MÉMOIRE

SUR Lk PROPUCnON ET LA HXATION DBS TARIBTÉS DANS LB8

piARTES d'ornement; Par M. B. Vealôt» chef de colture au Jardin des Plantes de Paris.

(Cs Mémoire a remporté le prix dans le concoDrs de 1861, par la Société impériale ê$ centrêU (PHortieulture^)

(suite bt fin.)

» Des expériences analogues furent faites sur d'autres variétés de la même espèce^ et toujours avec des résultats semblables. Des spores prises sur la sommité touffue du Scolopendrium officinale Cristagallt, donnèrent naissance à plusieurs centaines de plantes, qui toutes^ pour ainsi dire sans exception, reproduisirent intégralement, et quelques* unes même à un degr^plus avancé, le caractère propre à cette variété. Mais ce qu'il 7 eut de plus singulier ici, c'est que la plante qui avait fourni les spores avait commencé par être trèsr normale, et que la monstruosité ne s'était déclarée chez elle qu'après la deuxième année, tandis qu'elle se montrait dès les premières feuilles stir sa nombreuse progéniture.

» Lorsqu'on a opéré sur des variétés de Fougères où la fronde entière est atteinte de monstruosité, et, par suite» toute la nervation déformée,

pm 0(H)Siâérable peritteMra la prodQOtio&de nombreuees graines, âesqUdlds nous eftpérons de nouvelles et intéressantes obtentions.

L'impulsion, comme on le voit, est donnée ; il n^ reste plus qu'à continuer ce qui a été si heureusement commencé par feu M. de Chanflourd ; et nul doute que, d'ici à quelques an* néest nous posséderons des Géranium à fleurs doubles aux coloris aussi «variés et aussi florifëres que leurs congénères à

fleurs simples.

Emôle Ghatë.

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