Lescuyer
Travaux du mois de Septembre.
Potager» On continue de semer en pleine terre, des Radis, Raves, Carottes hâtives, Pimpernelle, Poireau, Cerfeuil, Chicorée fine d'Italie, Laitues diverses, Mâche, Épinard ; Choux pommés hâtifs, Choux-fle rs, etc. — On prépare les meules à Champignons ; ou continue de butter le Céleris ou on l'arrache, ainsi que le Cardon, pour le faire blanchir, en les plantant profondément en rigolles dans du terreau.
Pépinière. On veille toujours à l'équilibration des arbres ou espaliers; pincer long, coucher et palisser les branches vigoureuses; dépalisser et redresser les branches faibles; découvrir les fruits trop ombragés.
Jardin d'agrément. Récolte des graines, et semis d'automne (voir page 444, 4851). Vers la fin du mois, on peut commencer à planter dans des pots ou à mettre en carafes, pour les appartements, les Oignons de Narcisse de Constantiuople, grand Primo et Soleils d'or, les Jacinthes, les Crocus, Tulipes hâtives. — Il faut avoir soin de choisir des Oignons très -réguliers, bien fermes, et la couronne, où naissent les racines, tr6s-saine'. On peut attendre le mois d'octobre pour planter ces oi. nons en pleine terre.
Serres. Les nnits commencent à devenir fraîches; on doit rentrer, dans la deuxième quinzaine, les plantes de serres chaudes ; rempoter, avant, celles qui en auraient besoin; les arrosements doivent être donnés préférablement le matin . On dispose, vers la fin du mois, les panneaux des serres tempérées, châssis, bâches, etc. -
Irris.- Imprimerie bortlcoledeE. DONNAUD,rueCatt«Ue.t.
SOHAEU BIS 1MIGUS COTROTS DAJIS Cl HUl^EO.
F. HiancO) ChrMlqwe. — 0. Lescutih, a?ftl*rgtoaia« ■•■•le-ln4«hi«M a fl. doubles, ?ar. Madafcé Le moine (PI. X). — 0. Liscots», choix de Cauaaui on Batifoler*. F. Hebjico, quelques belles JTMlaUheaV cto Hollam4e. — Erk. Bonaid, Plauale* «Moelle* à semer pendant le moi* d'octobre. — Màic, Preeété avMtasjeu ponr conserver les rameau destinés a la greffe, pendant nne année entière. — L. Couik, Légmaie* ■*«▼**« on pen connus. — Eue. de Mamhasnt, les Bmgrat* perdue. — F. Hebihcq, il s'y a pas de *éve tleaieeaslMte. — Lcaier* do eliamsil ele l'*H- ■aalay». — Catalogne» d'horUcnlinre pour 1868. — Travaux du mois de octobre.
CHRONIQUE
Un communiqué au sujet de l'Exposition de Levallois. Première floraison de VAkebia quinata ; moyen de garantir les petits Pois des mulots , et de garantir les plantes des insectes nuisibles ;v toujours le hanneton , estimation des dommages qu'il cause à l'agriculture» L'Etisie ou nouvelle maladie de la vigne . Cause de la chute prématurée des feuilles des arbres de Paris ; * effets raffratchissants du ratissage et du binage.
Commençons par régler nos comptes avec la Société d'horticulture de Levallois-Perret. Un communiqué a été adressé à notre éditeur pour l'engager à ne rien laisser imprimer de notre chronique ayant d'en avoir pris lecture, parce que, disent les communiqueurs, « avec le ton ironique, trivial et de goût équivoque dont il a le monopole^ votre chroniqueur s'efforce de ridiculiser la nouvelle Société d'horticulture de Levallois-Perret, etc.» ; et la demi-douzaine de signataires en demande l'insertion dans le n° 9 de Y Horticulteur français; ce qui ferait environ 4 pages de réclame gratis en faveur de quelques horticulteurs de cette intéressante localité. Ce n'est ma foi pas bète du tout, trivialement parlant. J'étais toutefois très-disposé à lui donner place dans ce numéro, quand le hasard m'a fait découvrir que son véritable auteur avait négligé une légère formalité : celle de signer! Donc, nous insérerons sa spirituelle lettre, et je me ferai un vrai plaisir d'y ré-* pondre aussitôt que l'honorable président de la Société d'hoi»ticulture de Levallois-Perret aura daigné apposer sa signature
Octobre 1868. 49
à côté de celjes de la demi-douzaine de ses collègues qu'il a fait signer à sa place, afin de ne pas être exposé à la malignité ordinaire des appréciations de son ancien collègue du Comité de rédaction de la Société de la Seine ; car il sait que l'ex-rédacteur principal de cette société n'a jamais pu transiger avec sa conscience, et qu'il a toujours sacrifié «es intérêts et ses amitiés aux intérêts de la science et à la vérité. Et maintenant quand M. le Président voudra , nous sommes à ses ordres.
— L'événement le plus considérable de l'année — après l'exposition de Levallois bien entendu — est la fructification d'un charmant arbrisseau grimpant du Japon, de VAkebia qui* nata. C'était dimanche dernier; je venais de lire une note du savant professeur de Toulouse, M. Clos, président de ta Société d'horticulture de la Haute-Garonne, sur la rusticité de cette plante qui réclame, dit-il, l'orangerie sons le climat de Paris, et qui résiste depuis deux ans, sans le secours d'aucun abri, sous le climat de Toulouse* Je passais devant une belle et majestueuse colonne à'Akebia, établie dans l'école de Segrez, depuis S ou 6 ans, en informant mon excellent ami M. Alphonse Lavallée, que M. Clos constatait , dans sa note, que VAhebia de Toulouse n'avait pas encore fructifié, quand soudain mes yeux aperçurent quelque chose de violet an milieu du feuillage : c'était un fruit aussi bizarre que magnifique, et il n'était pas seul; nons en avons recueilli cinq. C'est la première fois que l'Àkebia fructifie en Europe; personne ne connaissait son fruit. Notre collègue M. Lavallée s'est réservé naturellement d'eir donner la description quand nous en publierons le ravissant dessin; mais nous pouvons dire, dès aujourd'hui, que YAkebia qui résiste parfaitement aux hivers de Paris, acquiert, par ses gros et merveilleux fruits violacés, une nouvelle valeur ornementale.
— Voulez-vous garantir vos prochains semis de petits Pois de la rapacité des Pierrois et de la voracité des Mulots? Oui.
n'est-ce pas? Eh bien! faites tremper, avant de les semer, vos Pois dans de la suie délayée dans de l'eau. Si vous trouvez le procédé malpropre, imitez M. Racouchot, de la Société autunoise d'horticulture. Depuis quatre ans il fait tremper ses Pois dans une dissolution d'Aloès, et il s'en trouve bien * Après avoir séjourné pendant deux heures dans, ce bain, les graines s'imprègnent d'une forte dose d'amertume, qui a le doublé avantage, dit- il, d'en hâter la germination et de les faire respecter par les rats et les moineaux qui n'aiment pas prendre médecine.
— • Autre moyen de se débarrasser des rats et des insectes nuisibles aux plantes* C'est avec le chlorure de chaux; tout le monde connaît le chlorure de chaux; c'est cette poussière blanche que les cantonniers de Paris répandent dans les petits enfoncements de murs et de portes qui sont toujours humides, et d'où s'échappe une odeur plus ou moins ammoniacale * Quand on met de ce chlorure d$ns une pièce habitée par des rats, aussitôt ces rongeurs désertent, par suite de l'odeur du chlore qui les incommode ; on en a fait l'expérience, rapporte le Journal de chimie médicale f dans un vaste hôtel de Nuremberg. Maïs c'est surtout pour préserver les plantes des insectes que nous recommandons ce chlorure* H a suffi, toujours au dire du Journal de chimie, d'en asperger des champs de choux pour mettre en fuite les puces de terre, les chenilles et les papillons . S'il pouvait déterminer aussi la fuite des vers blancs, quel service il rendrait à l'humanité! C'est à essayer.
— On se préoccupe toujours du hanneton. M. Heequet d'Orval a évalué les dommages occasionnés en Picardie par les vers blancs et les vers gris. 11 estime ces dommages de 33 à BO pour 1 00 sur les céréales ; 25 à 80 pour 1 00 sur les prairies et plantes fourragères ; de 49 à 50 pour iOO sur les Betteraves et les Pommes de terre, et il déduit, de tous ces nombres, cette conclusion : que la perte .moyenne générale causée par ces
insectes est de 40 pour 100. Mettant ensuite en balance les dégâtp que produisent les taupes et les, oiseaux, il conclut, tout compte fait, à respecter tous ces auxiliaires. Ce n'est pas l'avis de M. Eugène Robert, qui est l'ennemi de la taupe, nonseulement parce qu'elle bouleverse les champs, mais encore et surtout parce qu'elle fait la guerre aux lombrics ou vers de terre qui sont ses protégés, et qui, selon lui, jouent un rôle trèsimportant à la surface de la terre. Comme chacun à ses préférence ! c'est vraiment curieux»
— Un autre fléau sévit sur la vigne ; c'est un mal plus grave que l'ancienne maladie, car il s'attaque aux racines. Cette nouvelle maladie s'est montrée dès 1865 sur quelques points dans le Midi ; aujourd'hui elle a gagné du terrain en Provence ; des vignobles entiers sont dévastés, on trouve des hectares sur lesquels il ne reste plus un pied vivant. Dans cette maladie, les ceps attaqués par le mal entrent plus tard en végétation au printemps ; leurs bourgeons .poussent sans vigueur, restent faibles, languissants pendant quelques temps et finissent par sécher ; alors la plante est tout à fait morte. La cause de ce mal est à peu près inconnue ; les avis sont très-partages. Les uns l'attribuent à l'influence de circonstances météorologiques défavorables, notamment àla sécheresse suivie d'un hiver long et rigoureux. Pour M. Paul de Gasparin, la vigne, ainsi affaiblie par défaut d'alimentation, succomberait à une sorte d'inanition.
Pour M. Joulie, pharmacien en chef de l'hôpital St-Antoine, ce serait toujours un champignon, dont le mycélium se développe d'abord dans la moelle, puis gagne toute la masse du bois, déterminant par là le dépérissement et la mort des individus envahis. D'un autre côté, la Société d1 agriculture de Mont* pellier a fait étudier la maladie par une commission composée de MM. Planchon, Bazille et Sahut. Ces savants ont constaté que les racines des vignes malades portent des amas de
, corpuscules jaunâtres dans lesquels se trouve niché une sorte - de puceron nouveau, pour lequel M. Planchon a créé le genre Rhizaphis et qu'il a nommé spécifiquement Rhizaphis vastatrho. Cette maladie que Ton désigne maintenant sous le nom d'£ltsie, est très-grave, par la raison que le siège dn mal est sou* terrain, et très-difficile par conséquent à découvrir. On ne reconnaît, en effet, sa présence, que quand le mal est incurable, quand les individus atteints sont à moitié morts. De tous côtés on est à la recherche du remède à opposer à ce terrible fléau ; mais rien jusqu'à présent n'a réussi à entraver sa marche. Décidément notre prestige reçoit un rude échec ; il nous faut bien reconnaître que nous ne sommes pas^aussi puissants que nous avons la vanité de le dire, puisque nous sommes obligés de nous incliner devant un simple puceron I
— Un de nos abonnés nous pose cette question : « La chute prématurée de feuilles des arbres de Paris ne provientelle pas de lo sécheresse excessive du sol, déterminée par le nouveau mode d'entretien des allées et des places publiques? » — C'est très-possible. Autrefois, on avait la sage précaution de ratisser les allées et de les parer au râteau. De cette manière le sol était perméable aussi bien à l'air qu'à la pluie. Aujourd'hui les jardiniers sont devenus de simples balayeurs; ils ont relégué la ratissoire au grenier, et le râteau n'ayant plus sa raison d'être, est allé lui tenir compagnie; c'est le balai qui le remplace très-désavantageusement. Le sol des allées est de* venu, en effet, par la suppression du ratissage, une sorte de macadam impénétrable h la pluie; le sous-sol par conséquent s'est desséché, et n'a plus ou presque rien à fournir aux racines des arbres. Dès lors, les' feuilles ne recevant qu'une faible quantité de liquide, acquièrent plus rapidement leur maturité — car les feuilles mûrissent comme les fruits — et elles tombent, comme tombent les fruits mûrs. Non-seulement le ratissage permet la pénétration de l'eau des pluies; mais
elle pare encore, comme le binage, aux inconvénients de la sécheresse en favorisant l'évaporation qui détermine par l'effet de la capillarité, l'ascension de l'humidité intérieure.
Cette assertion va trouver certainement bien des incrédules, aussi je vais citer mes autorités. Dans un article publié par le bulletin de la Société d'horticulture de Nice, intitulé : Le binage comme moyen de suppléer à rarrosement, l'auteur assure que, pendant deux années de grande sécheresse, il a entretenu la fraîcheur et la vigueur de ses plantes par ce seul moyen, quoique son jardinier, peu convaincu, ait fort mal fait le travail dont, plus tard, il fut le premier à reconnaître l'importance,
A la séance du 17 juin dernier de la Société impériale et centrale d'Agriculture de France, on a soulevé cette question du binage. M* Heuaé dit avoir observé les fâcheux effets de la sécheresse dans le département du Nord, et qu'il a remarqué aussi la beauté exceptionnelle des plantations de betteraves de M. Constant Fievet. Si ces plantes n'ont pas souffert de la sécheresse, M. Heo?é l'attribue aux nombreuses façons qui leur ont été données, et particulièrement à l'usage de la fouilleuse, entre les lignes. M. Becquerel pense qu'il doit exister un réservoir inférieur, et que l'eau remonte par l'effet de la capillarité, favorisée elle-même par l'amoublissement du sol. M. Chevreul admet en partie l'explication de M. Becquerel; mais il croit qu'il faut tenir compte, aussi, des vapeurs fixées par condensation, dans un sol perméable à l'air. M. Je maréchal Vaillant ajoute que, dans l'Aunois, les meilleurs blés sont obtenus dans des terres très-pierreuses et mauvaises en apparence, mais que, sous ces pierres, le sol s'entretient frais par une sorte de transsudation; et M. Mohl cite, à cette occasion, ce qui se passe dans les Alpes, où les paysans accumulent des pierres au pied des oliviers qu'ils ne peuvent ni piocher ni biner, à cause de leur éloignement. Enfin M* Chevreul rappelle également les plaintes élevées par des propriétaires de
la Seine -Inférieure, dont les terres . épierrées, par les agents des ponts et chaussées, avaient perdu leur fertilité à la suite de cette opération.
De tout ceci, il parait résulter : l°que notre correspondant pourrait bien avoir raison, pour ce qui concerne la chute des feuilles ; et 2% que les binages profonds, loin de des* sécher les terres, comme on le croit généralement, entretiennent au contraire la fraîcheur, la conséquence naturelle est donc qu'il faut ratisser profondément les allées et les places publiques, et qu'on ne doit pas craindre de biner trop souvent et profondément son jardin.
F. Herincq.
PELÀRGOXIUM ZONÀLE-INQUINANS A FLEURS DOUBLES var. MADAME LEMOINE (Pl. X.)
Depuis l'introduction, en 1864, des premières variétés à fleurs doubles, Auguste Ferrier et Martial de Champflour, par M. Chaté, ce genre de plantes s'est enrichi de nouveaux gains perfectionnés, soit comme forme, soit comme coloris. Nous avons eu, en 1866, Gloire de Nancy (Lemoine); en 1867, Surpasse-Gloire de Nancy (Crousse), Triomphe de Lorraine (Rendatler), Triomphe (Lemoine), et Triomphe de Thumesnil (Delesalle). Cette année a vu surgir ; Andrew Henderson (Lemoine), à fleur garance; Emile Lemoine, Madame Lemoine (Lemoine) et Tom-Pouce Madame Rose Charmeux (A. Leclerc),
Emile Lemoine est à fleurs couleur incarnat, reflété écarlate au centre et disposées en ombelles très-amples. Cette variété a obtenu une prime de 1" classe à la Société d'horticulture de Paris*
Tom-Pouce Madame Rose Charmeux, est un accident fixé
par M. Leclerc, jardinier à Thomery, qui en a cédé la propriété moitié à M. Lenioine, moitié à MM. Henderson, de Londres. La plante a conservé le port du Tom-Poucc à fleurs simples, c'est-à-dire qu'elle est naine; ses flçurs sont aussi nombreuses mais parfaitement pleines. C'est une excellente variété ; elle a remporté un premier prix à l'Exposition universelle.
Madame Lemoine que nous figurons, planche X, est une plaute hors ligne, très- distincte de toutes celles connues jusqu'ici, par ses fleurs très-grandes, bien faitesf d'un beau rose carné, de la couleur de là rose cent-feuilles, formant des ombelles larges de 10 centimètres de largeur, et presque globu* leuse. La planle est trapue, aussi florifère que les variétés à fleurs simples, et son feuillage d'un beau vert clair est largement zone de brun. Cette merveilleuse variété a remporté le 1* prix, Tannée dernière, au concours du 15 août de l'Exposition universelle, et il était bien mérité.