ARBRES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT NOUVEAUX
Rosiers.
L'article nouveauté n'est pas rare sur la place. Les offres arrivent de tous côtés ; les amateurs n'auront que Vembarras du choix.
Parmi les arbres et arbustes d'ornement de pleine terre, MM. Baltet frères annoncent un Frêne à feuille cucntiée, dont la tige droite, peu branchue, porte des feuilles gaufrées, tour- , menlées-cucullées d'une façon bizarre ; le Lilas Ville de Troyes, \ \ à fleurs d'un riche coloris violet purpurin, plus foncé que dans les autres lilas ; puis le Peuplier parasol de Saint-Julien^ arbre très-élégant par 6es nombreux rameaux ténus retombants, couverts de feuilles couleur vert de mer.
Le Scphora pendula microphylla est une variété annoncée au catalogue, M. Morel, de Vaise (Lyon), à feuillage très-fin et très-élégant.
M. Billiard, de Fonlenay-aux-Roses, a obtenu un Lonicera (Chamœceiasus) angusUfolic, les Ribes intermedium et Billardii, le Rhamnus frangula sempervirens, un Coronilla emerus lutescens, et les Spirœa eœpansa nivea alba^Fontenaysii alba} et Fontenaysii rosea .
Les Rosiers ne font pas défaut.
M. Dccher, chemin des Quatre-Maisons (Lyon), en a obtenu * quatre, de graines provenant de fécondations artificielles. Ce sont :
Curé de Charentay, fleurs eu corymbe, très-larges, pleines, pourpre foncé. ,
Enfant (fAmevffriy, fleurs rose très-tendre, striées de blanc.
Jean Brosse, fleurs moyennes en coupe, rose foncé.
Président Willermoz, fleurs grandes, rose vif.
Ern. BoifÀRD.
(À continuer.)
Travaux du mois de Janvier.
ïfcV:
Potager, On doit préparer le terrain pour semer sur ados on . cotières: Pois, Fèves de marais, Ail, Échaloltes, Poireaux» Oignons rouges et pâles. Dans les planches d'oignons, on peut semer quelques choux, soit de Vaugirard où gros Milan» qu'on repique en place ensuite vers le mois de mars» pour être bons à récolter en juin. On peut encore y semer un peu de carottes que l'on tire pendant Tété ; du Persil qui reste pour la consommation d'automme : ees plantes ne nuisent aucunement aux plantsd' oignons. Pendant la gelée, oo couvre ces semis de litiàre sèche. Vers la fin du mois, on plante les pommes de terre hâtives, Comice d'Amiens et Marjolin. Sur couche et sous châssis, on sème^: Poireau, Carottes, Tomates, Pois et Haricots nains, Melons, Concombres, Choufleurs tendres, Chicorée frisée d'Italie ; on continue les semis de Laitues et Romaines hâtives, Radis roses , Navets, Cerfeuil. On pince au-dessus de la quatrième feuille les Pois semés le mois précédent ; la transplantation qu'on leur fait subir en avance la production. On chauffe les châssis de fraisiers en pots; les variétés les plus convenables sont: Queen Seediing, Goliath, Comte de Paris, Princesse royale, Crémone, etc.
Fruitier. On peut commencer la taille des arbres, mais il est préférable d attendre la pousse : on obtient de meilleurs résultats; les cicatrices se recouvrent plus rapidement, et l'on n'a pas â craindre les décollements de l'écorce ou te dessèchement des bourgeons supérieurs voisins de la coupe. On continue les travaux de défoncement et plantations : il faut se bien garder de planter par un temps pluvieux ou par la gelée; la terre doit être très-meuble. On peut placer des panneaux vitrés contre les espaliers de Vignes, Cerisiers, Pêchers, etc.. pour en obtenir des fruits précoces.
Parterre* Couvrir et découvrir les plantes délicates suivant l'état de l'atmosphère ; il est bon de couvrir, si le froid est vif, les Pensées au moyen d'un pot renversé; préserver aussi de l'humidité les Œillets et Auricules cultivés en pots. Terreauter les gazons et bordures de fleurs. Tailler les Rosiers et arbres à fleurs, excepté les Rosiers thés qu'on ne doit tailler qu'à la fin de février.
Serres. Maintenir la température nécessaire, la propreté sur les feuillet, arroser suivant le besoin. On doit faire des boutures de Fuchsia, Bouvardia, Pelargonium, Lantana, Sauges, Héliotropes, Cuphea, etc.
Pour conserver les Épacris et les Ericas ou bruyères, il ne faut pas chauffer les serres ; il suffit de couvrir les vitres de paillassons ou de feuilles pendant les froids ; on doit leur donner le plus d'air possible, toutes les fois que le temps le permet; ces plantes peuvent supporter quelques de<çrés de froid sans souffrir.
Paris. — Imprimerie horticole de E. Donraud, rue Cassette, 4.
SOIIMIftS NS AtTWXIS COUTUTOS DA!W GK MltfiO.
f. Huiico, Chrealsjjne. — F. HsfttscQet El. Ciir*, Les itagelfl» (PI. H). — Bonn., Plamfesi a feuillage ornemental seront à la décoration des appartements. — Ern. Bo- ■a», les nlMlera *•«*«•«. — Louvot-Dcpuis, moyen d'obtenir le développement des yetas sur les arbre* fruitiers à pépins. — F. Hiribcq, atnyesMa llesa pour greffer. — L. Guillotiaox, Exatesritleni unlverarelle d'horticulture : fruits et légumes. — I.. Connu», le Marlc«t-A*perffe. — V. Chatil» oonvelles' instructions pratiques sur h cnltnre de U P«sstaae 4e terre. — Catalogues d'horticulture pour 4868. — Trtuix dn mole de février.
CHRONIQUE
Température d'Hyères; établissement horticole des frères Iluber; l'île Port- Cros; sa végétation; les fleurs du mois de janvier à H y ères. Le dîner des cultivateurs; son but et ses avantages. Le» Pissenlits de M. Baron-Charlier. Les 366 Menus du Baron Brisse et le Nouveau jardinier illustré pour 4868. Récompense accordée au livre du Docteur Boisduval : Essai sur V Entomologie horticole. Ce que coûte la transplantation d'un Cèdre à Toulouse, et d'un Magnolia à Bordeaux. La taille des racines de Pêchers. Moyen de régler la fructification des arbres. Exposilion d'horticulture pour 1868.
Depuis la distribution des récompenses accordées à l'horticulture, nous n'entendons que récriminations, plaintes et gémissements; c'est à fuir et à abandonner le sol de notre belle patrie : ce que je ferais, du reste, bien volontiers, par le temps de froid, de pluie, de gel et dégel qui court. Heureux, cent fois heureux, celui qui peut aller passer la saison des frimas dans . les pays où fleurit l'Oranger, et continuer ainsi, à l'air libre, le doux et agréable plaisir de la culture des jardins!
Je me contenterais, à la rigueur, du séjour de la charmante petite ville d'Hyères, sur lès côtes de la Méditerranée, où commence à fleurir aussi la science horticole.
On y trouve, en effet, le riche établissement des frères Huber, dans lequel les amis de l'horticulture peuvent trouver de quoi satisfaire leur innocente passion, pendant la saison des frimas parisiens. Favorisés par ce climat exceptionnel, MM. Hubev cultivent particulièrement des plantes qui exigent chez nous des abris plus ou moins chauffés ; et le nombre en
Février 4868. 3
est grand. D'après le catalogue que nous venons de recevoir, nous avons compté 57 espèces d'Acacia; le genre Eucalyptus, qui dans ce moment jouit des faveurs de la mode, n'en compte pas moins de 38 ; puis ce sontl.es Palmiers : Dattiers, Chaœaerops, Latanier, Corypha, Cocos austral», etc. Nous y voyons que le majestueux Dahlia imper ialis, magnifique espèce introduite il y a quelques années, atteint, daos cette région, en une seule pousse, la hauteur de 4 m. 50, etc.
Mais les cultures des frères Huber sont plus encore affectées à la production des graines d'arbres et d'arbustes de la Nouvelle-Hollande particulièrement; d'espèces herbacées et vivaces, nouvelles et anciennes, aquatiques, grimpantes, etc. Parmi ces dernières se trouve une belle série d'Ipomea dont plusieurs nouveaux. Les graminées ornementales comprennent environ 240 espèces ; nous n'avons pas compté moins de 140 Canna; les Statice, charmantes plantes vivaces à floraison prolongée, figurent pour le chiffre 33 ; les Cucurbitacées, qui ont acquis une certaine renommée par le beau travail de notre collègue, M. Naudin, occupent aussi une large place dans les cultures des frères Huber. Nous n'en finirions pas si nous voulions énumérer toutes les richesses de leur bel établissement.
En parcourant ses catalogues, j'ai compris l'attraction que la petite ville d'Hyères exerce, depuis quelques années, sur les botanistes parisiens. M. Germain de Saint-Pierre nn des auteurs de la Flore parisienne, y est installé depuis longtemps; M. Tulasne, de l'Institut, va s'y reposer, chaque hiver, de ses savantes et minutieuses études cryptogamiques ; non loin de là! M. Thuret, savant algologue, a créé de magnifiques collections d'arbres de la Nouvelle-Hollande ; notre ami Naudin ne rêve qu'un petit ooin de terre à Hyères, pour continuer «es intéressantes études sur l'hybridation des Cucurbitacées; et moi ]« rêve anssi une chaumière et...., un bout.de jardin dans 111e
«Huée en face, — Hle Port-Cros, — séjour des fées; car là on volt des Bruyères de plus de 5 mètres de hauteur, formant des forêts; le Romarin et la Sauge qui mêlent leurs parfums à celui de la mer ; j'y ai laissé des Anthémis frutescens, et des Pelargonium, qui avaient atteint en deux végétations, à l'air libre, plus de deux mètres de diamètre •
Cette année, Hyferes a eu à subir la dure influence de l'hiver qui s'est fait sentir sur tout le littoral méditerranéen ; pendant quatre nuits le thermomètre est descendu à 1 degré au-dessous de *éro, mais il remontait dans le jour à 7 et 8 degrés audessus.
Ces petites gelées n'ont pas été meurtrières; car, le 12 janvier, nous éerit une de nos honorées lectrices, on jouissait, à l'air libre, de la fleuraison des Rosiers Bengale et de la Malmaison, de celle des Jacinthes, Narcisses odorant et de Constantinople, Violette de Parme, Calycanthus prœcox,Sparmannia africana, Habrotamnus,Abutilon,Eupatoire, Polygalacor* data, Salviacoecinea, Mimosa dealbata et Parnesiana, Cassia, Cydamen, Fabiana, Phytolacca dioica, Pittosporum undulatam ; des Magnolia, Cognassier du Japon, (Sillets, Yucca, et naturellement des Orangers et Citronniers.
Mais détournons les yeux de ces lointains et doux rivages; les souvenirs de quelques jours passés au milieu de la splendide végétation de Hle Port-Cros ne font que ranimer mes regrets, et rendre plus lourde la chaîne qui me retient à ce qu'il y à de plus avancé, en fait de civilisation, à la charmante ville de Paris.
À propos de civilisation, nous avons assisté le mois dernier ja . la réunion amicale et fraternelle des agriculteurs et des écrivains de ia presse agricole et horticole. Cest une nouvelle institution qui ne manque ni de charmes ni d'intérêt. Elle $ pour but 4e réunir, dans un dîner mensuel, tous les hommes qm /occupent de eulture, soit comme praticiens, soit comme
publicistes . Nous applaudissons fort à ces réunions libres, qui mettent en rapport tousceux qui travaillent au progrèsdel'agriculture et de l'horticulture ; elles rapprochent des hommes séparés par des idées ; font naître des sympathies et des amitiés, et peuvent arrêter des combats de plumes, qui tournent presque toujours au détriment dès champions et, naturellement, de l'intérêt qu'on prétend défendre. De la discussion libre, au coin du feu, devant des hommes compétents, ou entre la poire et le fromage, les opinions se modifient, et la vérité se fait jour sans le moindre effort, au seul bruit des verres qui se chocfuent et s'entre-choquent à la suite des toasts portés à la bonne confraternité des publicistes agricoles, à l'heureuse influence des dîners des cultivateurs, etc. Puis à la fin, après avoir allumé un cigare, on se presse la main, en se donnant rendez-vous pour le dîner suivant, qui est fixé au 2e mercredi de chaque mois.
Au dîner du mois dejanvier, M. Baron-Chartier avait apporté des Pissenlits obtenus par un procédé particulier de culture, et qu'il a soumis à l'appréciation des amateurs de salades. Dans une Société d'horticulture, le Pissenlit de M. Baron-Chartier aurait obtenu, du Comité de culture maraîchère, une prime de 1" classe. Au dîner des cultivateurs on Ta mangé simplement avec plaisir, en reprochant toutefois, au producteur, de n'en avoir pas fourni suffisamment pour satisfaire tous les convives ; il est vrai que nous étions plus de soixante à table. Ce que M. Baron-Chartier a fait, tous les producteurs peuvent le faire. C'est un moyen de faire connaître un nouveau produit; car, s'il est bon, il est assuré de l'appui des écrivains compétents de toute la presse parisienne. J'espère que cette idée des organisateurs (MM . Jacques Valserre, de Lavalette, L. Hervé,
H. Hamet , etc.) germera dans l'esprit des agriculteurs et horticulteurs, et qu'il « en sortira, comme le dit M. de La-
valette, une grande Société libre d'agriculture et d'horticul-
ture, qui couvrira la France de son réseau bienfaiteur »;
Le dîner mensuel des cultivateurs, n'est pas, qu'on le sache, un repas où Ton va exclusivement pour nourrir son corps de mets succulents et recherchés; on y va surtout pour nourrir son esprit.
Par conséquent, ceux qui tiennent à bien manger, peuvent s'abstenir; ils n'y trouveraient pas ce qu'ils cherchent. A ceux-là, je leur recommande un livre, tout nouveau, que j'ai trouvé à la librairie de notre éditeur, et qui a pour titre : les 566 Menus du Baron Brisse. C'est le livre par excellence, nonseulement pour le gourmet, mais pour la ménagère qui est chaque matin très-embarrassée de savoir ce qu'elle va offrir aux personnes qu'elle admet à sa table. Dans ses 366 menus, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. On n'a que l'embarras du choix. Il va sans dire qu'on trouve aussi, dans ce recueil, les meilleures recettes de cuisine. Je vous recommande donc, aimables lectrices, le livre du Baron Brisse, la célébrité du jour.
Mais,va-t-ondire, quel rapport peut-il y avoir entre la cuisine et le jardin pour en parler dans un journal d'horticulture ? Mais un 'très-grand, il me semble. Ne sont-ils pas liés Tune à l'autre par un trait-d'union : — le légume ! Bel avantage, ma foi, d'avoir de beaux Artichauts dans son jardin, et de ne pas savoir comment on les accommode à la barigoule, à la bonne femme, à la lyonnaise, à l'essence de jambon, à l'italienne, farcis, frits, etc. !
Deux livres me paraissent indispensables dans la bibliothèque de tous les propriétaires de jardin : 1° Le Nouveau Jardinier illustré, édition de 1868, qui indique le meilleur procédé de cultiver les légumes ; 2P les 366 Menus du Baron Brisse, qui donnent les meilleures recettes pour les accommoder. Et je loue notre éditeur M. Donnaud d'avoir eu la bonne idée de joindre à sa librairie horticole le livre du Baron, qui en est le compté-
ment indispensable. Le succès de ce livre est complet, À peine paru d'hier, la première édition tire & sa fin ; et Je puis jurer sans crainte, sup les pointes d'asperges ai» /m, — page 120 des 366 Menus, — que d'ici à quelques jour*, le livre du Baron Brisse tirera sa seconde édition.
Un autre sucoès de la librairie Donna ud, que fcous croyons devoir aussi enregistrer, est celui qu'elle vient d'obtenir pour le livre du Dr Boisduval s Essai sur t entomologie hotlicole. Ge livre, qui est appelé à rendre des service* importants à toi» ceux qui se livrent à la culture des jardine, en leur faisant distinguer» partni les insectes et d'autres petits animaux fort répandus/ leurs amis et leufs ennemis, et en leur faisant connaître les moyens de protéger les uns et de oombattre les autres ; ce livre, dis-je, a été soumis à l'examen d'une ooni* mission de la Société impériale et centrale â'HarlietilMte de France. Sur le Rapport de M. Duchartre» la commission dés récompenses a décente une médaille de vermeil à son auteur, M. le Dr Boisduval.
Si les Sociétés d'horticulture ne récompensaient jamais que de pareilles publications nous applaudirions toujours
Nous n'avons jamais su, ni cherché à savoir, oombifen coûte la transplantation des grands arbres de nos promenades publiques. Mais voici quelques renseignements intéressants sur le prix de transplantation d'un Cèdre à Toulouse, et d'un Magnolia à Bordeaux, qui se trouvent inscrits aux procès* verbaux des séances de la . Société d'horticulture de la H&utè- . Garonne et qui vont nous instruire ; en les reproduisant, l'Ami des champs de Bordeaux les fait précéder de cette réflexion : « Cette communication intéresse à la fois les horticulteurs et jes contribuables bordelais, t>
Le Cèdre de Toulouse était âgé de 30 ans environ ; il a 8m 50 de hauteur ; la motte avait 4* 20 de diamètre et pesait de 34 à 355QOO kilogr. Le parcours dq lieu d'arraohage à la
nouvelle destination représente, dit l'opérateur M. Démouilles me distance de 2,529 mètres et 35 cent. — J'espère qu'il y met de la précision.— Le temps employé pour toute l'opération est de 1 7 jours, c Le travail, dit-il, aurait pu peut-être s'exécuter dans un temps moins long ; mais cette opération, an lieu de coûter 1,000 francs, tous frais compris, serait revenue à des sommet bien plus considérables, comme l'on peut s'en convaincre en se renseignant sur ce que. coûte chaque jour, à Paris, le déplacement d'arbres peut-être moins lourds, fait dans les conditions d'un outillage spécial, et en se rappelant que le transport du Magnolia du jardin des plantes de Bordeaux a coûté, pour un parcours de 2,000 mètres environ, la somme énorme de 30,000 francs. Trente mille francs ! Les Bordelais peuvent s'inquiéter de la santé de leur cher Magnolia ! J'aime à croire que le transport de chaque Marronnier de la place de
la Bourse n'a pas coûté trente mille francs
Voioi une opération de transplantation de Pêchers, qui parait produire de meilleurs résultats, sans exiger de fortes dépenses. Cette opération est la taille des racines avant de planter les arbres. M. Chevalier, de Montreuil, assure qu'en coupant aux Pêchers le pivot de leurs racines à 1 2 centim. de loogeur, et leurs ramifications à peu près dans la même proportion, on détermine la sortie de nombreuses racines près du collet, lesquelles racines s'écartent et s'étendent beaucoup moins que de coutume. M • Chevalier regarde ce procédé comme utile pour les plantations dans une bonne terre, et comme pouvant rendre service lorsqu'on plante dans de mauvais sols. ~- M. Jamin (J.-L.) prétend que ce système n'est bon que pour les plantations priutanières et mauvais dans les terres argileuses et compactes. Je me demande en vertu de quelle loi physiologique, MM. Forest et Forney prétendent que l'extrémité des racines ainsi taillées noircit et meurt. C'est une mauvaise plaisanterie. Est-ce que ces habiles arboriculteurs plantent
leurs arbres sans les habiller, sans couper les extrémités des racines qui sont toujours déchirées ou meurtries dans l'opération de l'arrachage ? Dans ce cas il y a toujours une section ; et quelle soit à 12 ou à 20 centimètres, le résultat de la cicatrisation est le même.
Un autre cultivateur de Montreuil prétend avoir découvert le secret de régler à volonté la fructification annuelle des arbres, de telle sorte que les récoltes seront toujours égales et aussi abondantes et qu'il n'y a plus à craindre les mauvaises années. Joseph qui fut vendu par ses frères, et qui laissa son manteau entre les mains de Madame Putiphar, emmagasinait les grains du roi d'Egypte son maître, pendant les aimées grasses, pour n'en point manquer pendant les maigres. M. Lahaye, de Montreuil, n'emploie pas ce procédé devenu vulgaire. II pince seulement les feuilles qui forment rosace autour des boutons à fleurs destinés à s'ouvrir au printemps suivant ; par là, dit-il, on retarde d'une année l'ouverture des boutons à fleurs. Mais ce fait est encore contesté par M. Forest, qui assure que les boutons à fleurs bien constitués s'ouvrent tout de même, et qu'on nuit seulement à la production du fruit pendant Tannée de l'opération ; c'est aussi mon avis. Du reste cette opération n'est guère applicable. Comment prévoir en effet que la fructification de l'année suivante sera faible pour lui ménager des boutons à fleurs? Je crois devoir soumettre néanmoins ce fait à l'examen des arboriculteurs prudents, qui tiennent beaucoup à se réserver une belle et bonne poire pour la soif.
F. Hbrincq.
P. S. — La Société royale d'agriculture et de botanique de Gand annonce une Exposition internationale d'horticulture qui sera ouverte sous les auspices du gouvernement belge, du 29 mars au 5 avril prochain. Les exposants devront faire par-
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