Chomatella; 2. Mme Paul Boutez; 3. Mme Van Hoidte
Ce que nous appelons aujourd'hui Nœgelia était autrefois, il y a seulement dix ans, tout simplement un Gesneria zebrina. M. Hanstein,dans sa monographie des Gesneria ces, publiée de 1855 à 1859, a cru devoir séparer cette espèce du genre Gesneria, pour en créer un nouveau. Mais les caractères sur lesquels il repose, nous paraissent assez vagues, et même trèsincertains. « La corolle est, dit-il, ventrue, à limbe court, presque bilabiée ; les anthères sont à peine saillantes et le disque annulaire, qui entoure la base de l'ovaire, est à cinq crénelures. ■
Si de pareils caractères sont suffisants pour troubler l'ordre générique précédemment établi, il faut s'attendre à voir bientôt autant de genres qu'il y aura d'espèces, et même de variétés ou simples formes. Quoi qu'on puisse dire, il nous est impossible de considérer comme des hommes sérieux, les bota-
listes qui se livrent à l'exercice immodéré de la division des genres d'après de si pauvres caractères.
Quoi qu'il en soit* acceptons le nom de Nmgetia , puisqu'eu horticulture oè nom est adopté» et que c'est sous cette désignation générique que les jolies plantes figurées dans ce numéro ont été inscrites au grand-livre de Flore*
Le Nœgelia type, ou ancien Gemeria zebrina de Patfton, est originaire de l'Amérique du Sud ; on en doit l'introduotioit en Angleterre à M. Low, de Clapton, vers 1840* C'est une plante vivace, herbacée, velue, pubesoente^à rhizome écaillera, d'où naissent des tiges hautes de KO à 60 centimètres, dressées , garnies de larges feuilles opposées, en cœur arrondi, faiblement crénelées en leur bord, fortement nervées et vert pâle teinté de rouge en dessous, d'un beau vert foncé en dessus.
Les fleurs forment une splendide grappe paniculée au sommet de la tige ; elles ont chacune un pédicelle dressé, de 7 à 8 centimètres de longueur, au sommet duquel est suspendue une belle corolle renversée, de couleur rouge en dessus, jaune en dessous, c'est-à-dire la partie renflée regardant la tige, qui est, en outre , parsemée de petits points rouges comme les trois lobes inférieurs du limbe.
Ce type a produit, dans la oulture, un assez bon nombre de variétés, qu'on attribue, naturellement, à l'influence de la fécondation croisée ; je le veux bien, mais franchement je ne vois en elle que des variations pures et simples du type primitif.
M. VanHoutte a obtenu et mis au commerce, dans ces dernières années, plusieurs variétés qui sont trèi-ecnrieuses et jolies par le coloris; nous les avons admirées à l'Exposition universelle, et chez notre collaborateur Emile Chaté où notre dessinateur a pu les peindre.
Dans le Nœgelia chromatella (fig. 1 ) la couleur rouge a disparu , le jaune a tout envahi ; il n'y a pas la moindre ponctua* tion,
Dans Mme Paul Boutez (fig. 2.) le rouge est affaibli* et est passé au rose ; les ponctuations existent comme dans le type»
On retrouve dans Mme Van Houtte la riche couleur rouge vermillon du type > mais les ponctuations n'existent plus sur les lobes qui sont d'un joli rose, comme dans Mm$ Paul Boutez ; quelques points rouges seulement forment une ligne centrale qui s'avance jusque sur le lobe du milieu.
Quant à la forme de la corolle» elle ne diffère pas essentiellement de celle du Gesneria zebrina.
Tout le monde horticole connaît et apprécie* aujourd'hui, le mérite ornemental de ces piaules qui unissent à la beauté de leur feuillage une longue et d'abondantes floraison, et fleurs aux coloris éclatants variant du rouge-feu au jaune* et du rose tendre au blanc pur. Mais ce qu'on ne sait pas assez» o'est que ces jolies plantes ne sont de serre chaude qu'autant qu'on veut les avoir fleuries de très-bonne heure au printemps, ou pendant l'hiver ; car autrement une bonne serre tempérée, -*- la serre aux Pelargonium par exemple* — suffit à leur végétation.
En effet, dans la plupart des cas, les serres restent vides pendant l'été. On pourrait donc, en rabattant les châssis, y placer des Gesneria, Naegelia, Gloxinia, Aohimenes, etc., desquels on obtiendrait facilement une végétation et une floraison des plus luxueuses. Et voici comment on peut obtenir oe résultat,
A partir de la dernière quinzaine d'avril on peut mettre les tubercules ou rhizomes en végétation, dans des pots de grandeur moyenne plaoés ensuite sur une bonne couche pouvant donner de 25 à 30 degrés de chaleur. Quand les plantes sont bien poussées, on les rempbte dans des vases de grandeur proportionnée à leur force et au nombre de leurs rhisomes*
La terre de bruyère grossièrement concassée convient tout particulièrement à rempotage de ces plantes.
Une serre basse dans laquelle on tient les chemins dans un état constant d'humidité, est préférable à une serre élevée, dans laquelle les plantes se trouvent trop éloignées des vitres.
Les seriqgages ne doivent être donnés qu'avec de l'eau qui a chauffé au soleil ; car l'eau froide sortant des puits ou des réservoirs tache le feuillage.'
L'emploi de quelques engrais liquides favorise lej développement de la végétation ; du purin de fumier de vache, ajouté à l'eau d'arrosement, dans la proportion d'un dixième, donne de très-beaux résultats. De la sciure d'os ou de la corne de cheval employée en petite quantité dans l'eau (soit un 1 kil. pour un tonneau de 500 litres) provoque aussi une exubérante végétation. Mais il est important de cesser les arrosements aux engrais dès l'apparition ou la formation des boulons à fleurs ; car l'excès de végétation qu'on provoquerait à ce moment se ferait au détriment des fleurs dont une partie coulerait.
Ces plantes ont besoin d'être tenues constamment humides, surtout pendant la période active de végétation. Pour jouir plus longtemps de la floraison, on ouvre quelques panneaux de la serre, pour y faire pénétrer un peu d'air frais, qui atténue le trop grand effet de la chaleur concentrée.
Toutes ces Gesnériacées peuvent demeurer pendant la période de repos dans la terre dans laquelle elles ont végété et fleuri. Dans ce cas, aussitôt après la floraison, on doit diminuer graduellement les arrosements ; et, lorsque les tiges sont desséchées, on cesse tout à fait de les arroser. On place alors les pots qui contiennent les rhizomes ou souches, sur des tablettes dans un endroit où la chaleur est tempérée, et où l'humidité n'est pas à craindre. Au printemps, ou plus tard, — selon qu'on veut avoir une floraison précoce ou tardive — on procède au rempotage. On retire avec soin, pourne point les casser,
tous les rhizomes, — qui ressemblent àde certains chatons de Noisetiers au d'Aulne, — en les débarrassant de leurs vieilles racines, et on les rempote en terre neuve, comme nous l'avons dit plus haut. À mesure que les jeunes pousses sortent de terre, il faut avoir bien soin d'ombrer pendant le milieu du jour, pour les garantir des coups de soleil.
On multiplie les Gesnériacées herbacées de quatre manières : 1° par division des rhizomes qui fournissent autant de plantes qu'on a fait de fragments ; 2° de boutures de rameaux ; mais ce procédé retarde la floraison des plantes coupées qui, d'un autre côté, se trouvent plus ramifiées ; 3° de boutures de feuilles, qui produisent des plantes qui ne fleurissent que la seconde année; pour faire ces boutures il faut prendre des feuilles adultes, c'est-à-dire celles qui sont bien aoûtées, si on peut employer cette expression ; 4° enfin par la graine. Ce mode de multiplication est surtout employé pour obtenir de nouvelles variétés. Dans ce cas, il est bon de croiser, entre elles, toutes celles qu'on possède ; on est plus certain d'acquérir un plus grand nombre de variations.
Le semis se fait en terrine remplie de terre de bruyère tamisée. Les graines, qui sont très -fines, ne doivent pas être recouvertes ; on les sème sur la terre humide, et, au lieu de placer la terrine sous une cloche, on pose simplement dessus une feuille de verre qui comprime mieux l'air, et maintient mieux l'humidité de la terre qui doit, en outre, recevoir une bonne chaleur de fond.
Tel est le meilleur et le plus simple mode de semis.
Emile Chaté.
PLANTES A FEUILLAGE ORNEMENTAL SERVANT À LA DÉCORATION DES APPARTEMENTS.
Broméliacée?.
Les Broméliacées sont des plantes qui supportent généralement bien le séjour des appartements ; aussi sont-elles fort recherchées pour servir à leur décoration.
Le genre jEchmea comprend des espèces qui sont tout à la fois des plantes à fleurs, et à feuillage; mais leur principal attrait réside dans les fleurs , qui ressemblent à des grains de corail et forment des grappes d'un bel effet et d'une longue durée.
Les plus belles sont : fulgens, fulgens-discolor , miniata discolor, Weilbachii et Luddemanii ; elles sont très-rusiiques.
Le genre Billbergiç, ne doit fournir que des espèce? florales, qui ne doivent entrer dans les appartements que pendant leur floraison. A ce moment ce sont de très-belles plantes. Privées de leurs charmantes fleurs, les Bilbergia n'ont rien de gracieux ; car leurs feuilles, disposées en vase, sont généralement roides et ressemblent à' des petites gouttières en fer blanc. Les espèces les plus estimées et les plus belles sont : thyrsoïdea, zonata, Lcopoldii, Croyana, splendida, rhodocyanea ou fasciata, Moreliana et pyramidalis; ce dernier, par exception, est plutôt ornemental par ses feuilles que par ses fleurs.
Les Tillandsia et Pholidophyllum sont des plantes purement à feuillage; leurs feuilles sont, en effet, bizarrement zonées, panachées de diverses couleurs; les fleurs sont insignifiantes. Les T.undulata, zonato-viridis, zonata-fuscâ , zonata-zebrina, et le splendmê ou Vriesia speciosa, sont les plus employés ; le dernier est curieux et joli par la forme aplatie de son épi à bractées rouges.
Le Gwmannia tricolor est une bonne plante par ses feuilles, étatisai par ses fleurs blanches disposées en épis garnis de bractées de deux sortes : Les inférieures maaquées d'une bande violette, et les supérieures rouge-ponceau.
Le Vriesia ptiUacina est intéressant également par son feuillage léger et par ses épis aplatis de fleurs et de bractées rouge et jaune.
ht genre Ueetia comprend des espèces extrêmement rastiques et qui, par leur feuillage touffu dont les feuilles (Centrales se colorent en rouge, conviennent parfaitement pour la décoration des appartements. On emploie à cet usage les : pitcairniœfolia, Joinvillei, carneaf et brevifolia. Ce genre est assez mal défini; les espèces sont mai dénommées et peu connues ; elles appartiennent à la serre froide.
Les Nidularia sont de jolies plantes à feuillage, surtout lorsque les feuilles du centre ont pris leur teinte rouge; les meilleures espèces sont les N. Innocenté, fulgens, et âplmtkns, (maintenant Bromelia Carolinœ).
VBohmbergia erytknutachis a de jolies fie nu, et le strobilacea est une plante très-propre aux vases suspension'.
Le Portea kermesma ne doit être employé qu'en fleurs.
Le Bromelia discolor peut être «cherché feulement pour son feuillage.
Ou trouve encore quelques belles plantes à fleurs, dans les genres Pitcairnia, Pourretia ou Puya, mais elles sont trop disgracieuses par leur port, pour être employées k la décoration des appartements . Quant aux Ananas, ils n'ont iknâ'é*
IkJRfijL,
ROSIERS NOUVEAUX (suite).
M. Liabaud, montée de la Boucle (Lyon), annonce :
Elie Morel (hybride remontant), fleurs extra-grandes, trèspleines, d'un roselilacé, blanches à la circonférence.
Tournefort (hybr.), fleurs très-grandes, pleines, d'un beau rouge coquelicot.
Souvenir de Ponsard (hybr.), fleurs grandes, pleines, d'un rose métallique éclairé de feu.
Madame Luizet, lie Bourbon, issue de Louise Odier; fleurs grandes, très-pleines, rose vif mêlé de couleur orange et de saumon.
Ernest Boncenne, hybride issu de Madame Laffay ; fleurs globuleuses, d'un rose brillant à l'intérieur.
A la Rose Prince Humbert, de M. Margottin, à Bourg-la- Reine (Seine), qui a été figurée dans ce recueil, il faut ajouter :
Duchesse d'Aoste (hybr.), fleurs très-grandes, pleines, plates, d'un beau rose vif glacé.
M. Charles Verdier fils, successeur de Vict. Verdier père, rue Duméril, 12, Paris, met au commerce»:
Madame Marie Cirodde (hybr.), fleurs grandes, pleines, bien imbriquées, d'un beau rose très-frais.
Madame Adèle Huzard (hybr.), fleurs moyennes, pleines, globuleuses, rose vif, avec liséré blanchâtre sur le bord des pétales.
Jules Bourgeois (hybr.), fleurs moyennes, pleines, rouge foncé velouté.
M.Ehgène Verdier fils aîné, 3, rue Dunois, Paris, outre ses gains marqués (E. V.), s'est rendu acquéreur des variétés suivantes :
Thés.
Clotilde (R.), ayant quelque analogie avec le Thé Bougbre ; fleurs très-grandes, pleines, de coloris variable rose hor-
tensia transparent ou rose violacé, ou rouge-brique nuancé. taure Fontaine (F.), fleurs grandes, pleines, bien faites, blanc crème à centre plus vif, très-florifère.
Hybrides remontants.
Aristide Dupuis (T.), fleurs grandes, pleines, ardoisé flammé ou rubâné feu.
Aurore du matin (R.), fleurs très-grandes, pleines, d'un joli coloris aurore, revers des pétales argentés.
Champ-de-Mars (E.V.), fleurs grandes, pleines, en corymbes, cramoisi vif ombré de violet, très-odorante.
Charles Turner (E. V.), fleurs grandes, pleines, beau rouge vif très-brillant.
Clotilde Rolland (R .), fleurs grandes, pleines, ayant la forme de la rose Madame Furtado, beau rose-cerise tendre, superbe.'
Comte Raimbaud (R.), fleurs grandes, pleines, cerise foncé carminé.
Comtesse de Fallouœ (T.), fleurs très-grandes, très-pleines, rose nuancé mauve.
Impératrice Charlotte (E . V.)f très-florifère; fleurs grandes, .pleines, imbriquées, en corymbes, beau rose tendre vif et très-frais.
Madame Rolland (R.) , très-florifère ; fleurs très-grandes, pleines, forme de la Baronne Prévost dont cette variété est issue, superbe coloris de la rose Cuisse de Nymphe, trèstranché et imitant, à distance, le Souvenir de la Malmaison.
Merveille d'Anjou (T.), fleurs très-grandes, très-pleines, trèsodorantes, beau coloris rouge pourpre éclatant, superbe.
Meyerbeer (E. V.), fleurs très-grandes, pleines, à pétajes ondulés, rouge pourpre nuancé feu brillant.
Reine du Midi (R.), très-florifère, ayant quelque analogie avec la Rose dé la Reine; fleurs grandes, pleines, bien faites, beau rose tendre, superbe en toute saison •
février 4868. 4 .
Saphiede ta Villeboinet (T.), fleurs très-»grandes, trèa-pleinea, beau rose glacé de blanc.
Souvenir de Caillai (E, V.), fleura grandes, pleines, m Wrymbes, pourpre et feu.
Souvenir de François Ponsard (T.), de floraison continuelle; fleurs grandes, pleines, globuleuses, à pétales larges, beau rose très- vif, trèsrodorante.
Souvenir f de Redouté (F.) , fleurs grandes, pleines, rouge pourpre ombré de vermillon et d'écariate.
Souvenir du Champ-de-Mars (F*), fleurs grandes, pleines, bien faites, rouge pourpre ombré de brun.
Surprise [¥.), fleura grandes, pleines, rose clair satiné et reflété de blanc.
Thunberg (E. V.), fleurs très-grandes, pleines, rouge pourpre •violaoé.
Vousseux remontant.
Madame Charles Salleron (F.), fleurs grandes, pleines, rouge cramoisi éblouissant illuminé de feu, ayant quelque analogie, par son coloris, avec ï hybride remontant Monte-Christo.
Dans le catalogue de M. Guillot père, rue du Repos, 43, à Lypn, nous trouvons :
Abbé Venibre (hybride remontant) à floraison perpétuelle ; fleur moyenne, pleine, d'un superbe rose vif.
Deuil de l'Empereur du Mexique (hybride), fleur grande pleine, rouge pourpre noirâtre nuancé et éclairé de feu vif.
Madame Noman (hybride), fleur moyenne ou grande pleine, blanc pur.
Ces deux dernières variétés sont signalées comme propres à faire des bordures de massif.
Eru. Bonard*