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Paris. — Imprimerie horticole de E. Dokhaud, rue Cassette, 4,
moulu bis articles connues sus ci nurtao.
F. Bnuct, Cferemleiee. — F. Hstnca, le LMlaatra meereetbe (PI. III). — 0» Uscvtu, te Freweetl* CalUeralea. — A. »■ Talot, Rem de* Jeereees
aeflals i (Jonr**l of tafmf , Gardentr'ê ckroniclc, Botêniul mêQêtiné). — L. Cotoiii, LégMica »eer?eewx.— ?. Ckatbl, noorêllM instroetion» prttiqnet sur lt cfJtare (te te Nmm 4e terre (mite). — F. Hckihcq, Précédé AJelfcert pour obteair les dm préfères Iruchft d*n arbre fruitier. — L. Goillotiaox, le Preltler de l'flwik*Uewr ftê*ç*i$. -- F. Hbiincq, de PAelele eeéelejee ei horticulture. — Ctttlogoes d'bortieulttre poer 1968. — TriYtox du mois de mers.
CHRONIQUE
L'hirer a foi décidément, emporté sur les ailes de la rustique Hellébore hivernale (Eranthis hyemalis) et pourchassé par les printaniers Crocus, la galante Perce-neige, la brillante Épatique et l'humble Violette, toujours messagers et messagères fidèles du doux et vert printemps. % Mais si nous sommes à peu près certains d'être débarrassés des neiges, nous aurions^rand tort de nous croire délivrés de toute gelée. Imprudent serait celui qui dormirait maintenant sur ses deux oreilles ; c'est au contraire à cette époque qu'il ne faut dormir que d'un œil, et qu'il faut avoir l'autre toujours au vent, pour voir venir les gelées blanches et les coups de soleil qui se font un malin plaisir, de griller Vignes, Pèches et Abricots. Pour prévenir leur effet désastreux, on a essayé d! garantir ces végétaux avec de la toile, des auvents; ou en produisant, le matin , une épaisse fumée dans laquelle se noient les rayons brûlants du soleil ; mais ce sont des opérations dispendieuses ou très-ennuyeuses, et, en France, les choses ennuyeuses n'ont aucune chance de succès. H. Pro, horticulteur à Melun, prétend garantir ses Vignes
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des gelées printanières en les saupoudrant simplement avec de la tendre de bois, bien sèche et passée au tamis. Il recommande de répandre ces cendres sur les Vignes, le soir, vers Tentrée de la nuit où la gelée est à craindre, ou le matin de très-bonne heure, avant l'apparition du soleil, c La bourre ou la jeune pousse, dit-il, ainsi couverte de cendres, n'est ni atteinte par la gelée, ni brûlée par le sokil qui vient à la frapper. »
Il est un fait certain, c'est que la poussière des routes paraît produire le même effet. Depuis 15 ans, j'admire chaque année, à Limay, village situé sur la rive droite de la Seine, en face de Mantes, des Abricotiers plantés sur le bord de la route, et qui produisent annueltement, envers et contre toutes les gelées blanches du printemps, qui détruisent les jeunes fruits des Abricotiers de l'intérieur du village. Cette poussière agit, dans celte circonstance mécaniquement, c'est-à-dire qu'elle sert de couverture contre le .froid, et d'écran contre le soleil. C'est à essayer. Un bon Abricot et une belle grappe de Raisin valent bien la peine qu'on pourra prendre, en saupoudrant d'une poussière quelconque, quelques Abricotiers ou un espalier de Vigne. *
Les arbres fruitiers n'ont pas seulement à craindre les gelées et le soleil, ils ont encore des ennemis terribles et d'autant plus redoutables, que ces ennemis travaillent dans l'ombre : ce sont les Mycélium de Champignons qui s'attaquent aux racines, pendant les mois d'été, de juin à septembre, et qui, en très-peu de temps, détruisent les arbres les plus beaux et les plus vigoureux, si l'on n'y apporte un prompt etfénergique remède. M. Rondeau, membre de la Société d'horticulture d'Angers, ayant eu à souffrir de la présence de ces Champignons dans son jardin, s'est demandé si ces parasites ne seraient pas très-proches parents de Y Oïdium de la Vigne. S'étant répondu affirmativement, il s'est dit : « Le soufre doit par
conséquent les détruire, » et le résultat a confirmé la justesse de ce raisonnement. Aussitôt donc que l'existence du Champignon sera bien constatée, M. Rondeau conseille de découvrir les racines atteintes par ce mycélium, et de couvrir abondamment toute la partie malade d'une couche assez épaisse de fleur de soufre, sur laquelle on étendra ensuite la terre végétale. La guérison suit de près» dit- il, l'application du remède.
Ce qui me parait le plus redoutable, pour cette année, c'est le hanneton. Depuis quinze jours, je ne puis pas retourner une bêchée de terre sans mettre «à jour un ou deux hannetons, sans compter des petits vers blancs, la réserve de la providence pour l'année prochaine. Il est temps et grandement temps d'essayer l'engrais Baron-Chartier, qui détruit les uns et n'épargne pas les autres. Cet engrais jouit du double privilège de tuer ces ravageurs et de fournir aux sols un élément puissant de fertilisation que rien n'égale. Les expériences les plus concluantes ont été faites, devant une Commission de la Société impériale et centrale d'horticulture en ft65, et l'année dernière k Billancourt pendant l'Exposition. La découverte de M. Baron-Chartier, de Pantin (Seine), touche aux plus hauts intérêts de l'agriculture et de l'horticulture ; elle mérite d'être signalée, pour que chacun puisse en faire l'application, à titre, au moins, d'expériences.
Et puisque nous parlons insectes, disons un mot des travaux de la Société dUnsectologie agricole , qui s'affirme aujourd'hui, en organisant une Exposition pour le mois d'août prochain, du 1er au 30, au Palais de l'Industrie. Le but que se propose cette nouvelle Société, qui compte parmi ses membres MM. Guérin»Méneville, Boisduval, Guezou-Duval, Mégnin, Deyrolles, Hamet, Personnat, etc., entomologistes distingués, est, d'une • part, de préconiser les meilleures méthodes pour propager les insectes utiles, de les préserver de toutes maladies épidémiques, de tirer le plus grand profit de leurs produits; et, d'autre part,
d'étudier les insectes destructeurs de nos cultures et de chercher les moyens de destructions, ou, tout au moins, d'atténuer leurs ravages. C'est un grand et noble but, que cette nouvelle Société atteindra très-certainement, grâce au zèle et aux connaissances pratiques de ses membres. Elle a, comme auxiliaire, le Journal d'Insectologie agricole, édité par M/ Donnaud, dans lequel sont publiés le résultat de ses travaux et les communications importantes qui lui sont adressées. Les horticulteurs et amateurs de jardinage trouveront gain et profit à faire connaissance avec ce Journal, qui parait une fois par mois en livraison de 32 pages et d'une planche coloriée.
Dans une des dernières livraisons, se trouve une très-intéressante étude de M.Mégnin sur le pou du Laurier* rose; une note de M. Goureau sur l'insecte qui attaque les Echalotes; puis des articles sur la destruction de TEumolpe de la Vigne ; sur la larve rouge qui détruit les racines des plantes cultivées en pots ; sur les avantages et inconvénients de la taupe ; sur les kermès ou pucerons des plantes de serre, etc.
C'est dans ce recueil que M. Jacques Valserre se livre à sa Turlutaine, qui consiste à vouloir n<?us faire prendre la Truffe en horreur, en la-considérant comme un nid de jeunes chenilles. Nous avons dit, il y a quelque 10 ans, au sujet de la fameuse mouche truffière, ce que nous pensions de cette plaisante théorie. Cette fois, c'est un .collègue de M. Jacques Valserre, M. Mégnin, qui se charge de lui montrer son erreur. Mais M. Valserre tient à son idée, et il vient de partir pour le Périgord afin d'en rapporter la mouche ( t ses petits, pour convaincre tous ses collègues de la Société d Insectologie, qui ne partagent nullement son avis.
Voilà une assez longue excursion dans le domaine des insectes — j'en éprouve même des démangeaisons, — il est temps de rentrer dans celui des plantes.
On parle beaucoup, en ce moment, de la Résurrection plant
des Américains, autrement dit, en français, de la plante qui ressuscite. Un de mes amis, qui passe pour un grand philosophe, me soutenait, hier, que c est un acheminement vers la résurrection des hommes en ce monde, et il y croit aussi sincèrement que M. de Valserre croit à sa mouche truffière/ Respectons sa croyance ; elle le rend heureux.
Donc, la Résurrection plant et un petit végétal très-curieux,
et qui serait resté inconnu de nous sans l'expédition —
j'allais faire de la politique sans m'en douter, — Je yeux tout simplement dire que c'est une plante du Mexique, de la famille des Lycopodes, voisine des Fougères, et dont une espèce est très-communément employée pour faire ces jolies et délicates bordures dans les serres et jardins d'hiver. On l'a d'abord appelée Lycopodium lepidophyllum, puis Selaginella lepidophylla, et M. Galeotti a cru devoir lui appliquer le nom de Lycopodium circinale, à cause des petites branches qui, naturellement étendues sur le sol, se redressent sous l'influence de la sécheresse, se courbent en cerceau et forment toutes ensemble comme une boule de la grosseur d'un œuf de poule bu d'oie. Cette plante étant arrachée, reste ainsi en boule et peut y rester pendant des années sans perdre sa vitalité ; elle parait morte , mais elle n'est que tombée en syncope ou en léthargie. En effet, aussitôt qu'on vient à son secours et qu'on lui offre quelques gouttes d'eau, elle se ranime ; ses branches se redressent, s'étalent, redeviennent vertes et forment une jolie petite plaque de gazon. Cette résurrection est tout simplement un phénomène hygrométrique, comme celui de la Rose de Jéricho. Par la sécheresse, les tissus se contractent et les branches se replient en dedans : l'humidité qui pénètre ensuite dans les cellules, les fait au contraire gonfler, et par cette dilatation des tissus, ces branches se redressent, et reprennent leur position étalée.
Cette plante, que les Mexicains appellent Dolabello, jouit
d'une sorte de vénération parmi les compatriotes de Juarez. Un industriel, de la Vera-Cruz, a pensé que les Français auraient pour elle la même respectueuse estime, et il vient d'en envoyer, parait-il, d'énormes caisses à la maison Vilmorin, qui en est, dit-on, fort embarrassée . Elle a tort. On aime assez en France, comme partout du reste, tout ce qui a quelque chose de plus ou moins mystique. Et si ce„ Lycopadium lepidophyllum s'appelait simplement, comme à New-York, Plante resuscitable, on ferait queue au quai de la Mégisserie. Je connais déjà maintes personnes qui en ont deux ou trois sur leur cheminée, et qui passent leur temps à les faire revivre et remourir, comme d'autres s'occupent à débrouiller les ques- * lion romaine, mexicaine et consorts. Le fait est que c'est très-curieux, devoir tous ces mille petits bras fourchus qui se redressent par petits .sauts saccadés et qui se déroulent. J'ai là sous les yeux une de cqs petites merveilles qui provient de l'exposition delà commission mexicaine; je l'ai placée sur une carafe à jacinthe remplie d'eau, et je prends réellement plaisir à suivre l'évolution de toutes ces petites branches enroulées en crosses. On peut parfaitement croire qu'on opère une vraie résurrection ; et c'est une croyance qui n'est pas plus absurde que la croyance en la parthénogenèse, ou autrement dit de la production virginale des végétaux et de certains petits animaux.
En fait de parthénogenèse, j'en ai découvert un nouveau cas, qui s«i. produira bientôt partout.
Il y a 20 ou 30 ans qu'on possède à Segrez d'assez nombreux pieds d' Aucuba qui n'ont jamais produit la moindre graine, bien que ces Aucuba soient tous femelles. Le fait n'avait rien d'extraordinaire, puisque partout les Aucuba se trouvaient stériles. Mais, Tannée dernière, grand fut notre étonnement de voir certains sujets couverts de jolis fruits rouges. Il n'y avait pas à douter, tous ces Aucuba femelles avaient virginalement
produit, puisque pas un seul mâle n'existait parmi eux. Malheureusement tous ces fruits étaient vides : les graines n'avaient pas été fécondées!
Cette année, ces mêmes Àucuba, déplantés. et dispersés dans tous les coins du parc, portent à nouveau des fruits actuellement d'un beau rouge cerise ; et cette fois, ils contiennent des graines parfaites! C'est qu'aussi, je dois dire qu'il existe, dans Péeole des arbustes créée par M. Alphonse Lavallée, un jeune sujet mâle qui a parfaitement fleuri l'année dernière, et qui; bien qu'éloigné de plus de quatre cents mètres de certains sujets femelles, ne leur a pas moins fait perdre leur virginité. La fécondation des Àucuba, à Pair libre, est donc possible sans le secours de l'homme, et elle s'est opérée, à Segrez, à une distance assez grande- pour que les partisans de la parthénogenèse cessent de mettre en doute l'affirmation cP Antoine-Laurent de Jussieu, concernant la fécondation du Pistachier femelle du Jardin des plantes de Paris, par le Pistachier mâle du Jardin des Chartreux ou du Luxembourg. Comment a pu s'opérer cette fécondation des Aucuba? Mystère ! qu'il ne m'appartient pas de dévoiler dans une simple chronique, et que. . .je serais ma foi bien embarrassé d'expliquer dans un livre sérieux de la science ; car il me faudrait admettre que le vent et les insectes sont bien plus intelligents que les hommes en général et que certains individus en particulier.
Je crois devoir prévenir que les fruits d' Aucuba sont un poison assez violent ; les journaux anglais ont déjà enregistré plusieurs cas d'empoisonnement par ces fruits. Qu'on se le dise.
F. Heringq.
P. S. La Société impériale et centrale d'horticulture de France vient de décider qu'elle ouvrira, en mai prochain, une Exposition dans le grand Palais de l'Industrie, en même temps
que l'Exposition des Beaux- Arts ; c'est se décider un peu tardivement.
C'est le 28 de ce mois qu'ouvrira celle de Gand.
Le mois suivant, le 26, la Belgique en aura une autre à Bruxelles.
A la même date, et jusqu'au 3 mai, s'ouvrira celle de Mu-* nich. ^
En France nous en aurons :
A Montpellier, dans la première quinzaine de mai ;
Orléans, du 6 au 1 0 mai ;
Rennes, du 14 au 17 mai;
Mulhouse, du 4-8 juin;
Coulommiers, du 14-15-juin;
Nemours, du 24-25 juin ; .
Caen, les 17 et 18 octobre.
LASJANDRA MACRANTHA (Linden) (Pl. III).
Le genre Lasiandra appartient à la belle et curieuse famille des Mélastomacées, qui comprend aussi toute cette série de magnifiques plantes à feuillage qu'on appelle Sotierilla, Cyanophyllum, etc. Les espèces qu'il renferme sont presque toutes des arbrisseaux ou des sous-arbrisseaux — - rarement des herbes — qui croissent spontanément dans l'Amérique méridionale» tout particulièrement au Brésil, et dans des situations très-variables. Les feuilles sont toujours opposées, et les fleurs, assez grandes dans le plus grand nombre d'espèces, sont pourpre violacé ou blanches. "Chacune d'elles est constituée par un calice tubuleux à 5 dents ou 5 longues lanières ; 5 pétales obovales souvent plus développés d'un côté, et insérés au sommet du tube du calice; 10 et ami nés de deux grandeurs, alterna* tivement petite et grande, avec des anthères plus ou moins
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arquées Couvrant par un pore au sommet; un ovaire soudé avec le tube du calice, divisé intérieurement en 5 loges,, et surmonté d'un long style filiforme arqué en G, qui est terminé par un petit stigmate.
La plus belle espèce de ce genre, est, sans nul doute, éelle que M. Linden, de Bruxelles, a présentée à l'Exposition universelle de Paris, sous le nom de Lasiandra macrantha, à cause de la grandeur extraordinaire de ses fleurs, comme on le voit dans la figure que nous donnons dans- ce numéro, et qui a été exécutée d'après un assez mauvais croquis que j'ai fait sur place, mais qui donne exactement l'ampleur exceptionnelle de la corolle.
Le Lasiandra macrantha de M. Linden est un arbrisseau tout poilu, à feuilles lancéolées ou ovales-lancéolées, aiguës, comme denticulées, par les poils réunis en faisceaux sur les bords, à 5 nervures très-saillantes en dessous, dont trois principales, et deux marginales prenant naissance sur les deux • intermédiaires, un peu au-dessus de la base du limbe qui est auguleuse cunéiforme ; le pétiole est de couleur rose ; les rameaux sont relevés de 4 angles.
Les fleurs, qui mesurent de 10 à 12 centimètres de diamètre, sont solitaires au sommet de courts rameaux qui ne portent généralement que deux, rarement quatre feuilles. Le calice, de forme ovoïde et à 5 lobes lancéolés acuminés, est tout couvert de poils couchés, et enveloppé, avant l'épanouissement, par 4t bractées concaves, opposées en croix, entières aiguës, ou divisées en plusieurs lanières inégales. 5 pétales très-larges cunéiformes tronqués au sommet, longs de S à 6 centimètres, et d'une belle couleur pourpre violet, forment une splendide corolle étalée, qui n'a pas son égale dans tout ce genre ; les i 0 étamines sont ascendantes, à filet poilu et d'un rose violet; le style est également de couleur violacée, et renversé.
Cette magnifique plante, qui fleurit très -facilement, puisque des boutures de 15 à 20 centim. portaient déjà fleur, va figurer dans les collections horticoles sous le nom de La* siandra macrantha ; elle ne parait pas différer cependant du LaJlandra macrocarpa, décrit par M. Naudin, dans sa monographie des Mélastomacées. Si j'avais à faire un travail botanique sur ces plantes, je n'hésiterais pas à réunir la plante de M. Linden à celle de M. Naudin.
Je ne sais de quel pays est le L. macrantha, de Linden ; mais il est très-supposable qu'il n'a pas été découvert très* loin du Brésil» qui est la patrie du L. macrocarpa, trouvé par Auguste de Saint-Hilaire dans les montagnes de la Sierra do Po* pogayo (province de Minas-Geraes), à une altitude de 2,000 mètres.
Mais, quoi qu'il en soit, L»macrantha ou macrocarpa, cette nouvelle introduction de M. Linden sera très-recherchée par les amateurs de belles plantes à fleurs. Elle ne parait pas trèsdélicate, et je crois qu'elle pourra se contenter d'une bonne
serre tempérée.
. F. Herincq.
LE FREMONTIA CALIFORNICA.
Pendant son expédition aventureuse aux Montagnes-Rocheuses, dans les Etats-Unis, le colonel Frémont a fait quelques bonnes récoltes . de plantes, qui ont profité à l'horticulture. Parmi ces plantes, il en est une qui a constitué un genre nouveau, auquel M. Torrey a donné le nom de l'intrépide explorateur, et qui est une bonne et véritable fortune pour les jardins ; elle est rustique et fleurit parfaitement à l'air libre, du moins en Angleterre. La floraison de cet arbuste n*a eu lieu jusqu'à présent — que nous sachions du moins — que chez les introducteurs en Europe, MM. Veitch, ce qui a permis à M. Hooker fils d'en publier, en 1866, dans le Botanical
magazine, une splendide image qui a été reproduite par presque tous les journaux d'horticulture de l'Europe. D'après cette figure, c'est bien en effet, comme le dit M. Hooker, le plus remarquable arbrisseau qui ait été importé dans ces dernières années, et qui surpasse sous beaucoup de rapports les Forsythia.
Le Fremontia californica a été découvert près des sources du.Sacramento, dans la* partie boréale des montagnes de la Sierra-Nevada, non loin des fouilles des terrains aurifères de la Compagnie Merced. Il constitue un bel et grand arbrisseau de 3 mètres de hauteur environ, et qui rappelle, par son port et son feuillage, ceux d'un Mespilus ou d'un Figuier, quand il est couvert — au mois de mai — de ses gros boutons à fleurs. Les feuilles n'occupent que l'extrémité des ramules ; elles sont pétiolées, presque rondes (de 3 à 8 centim. cLe largeur) , mais à 3 ou 7 lobes, couvertes en dessus d'un duvet à poils étoiles ; en dessous elles sont glauques d'abord, et prennent ensuite une teinte ferrugineuse. Les fleurs se sont montrées, en Angleterre, an mois de juin ; elles sont nombreuses» d'une belle couleur jaune d?or, de S à 7 centim. de diamètre, et portées par un gros et robuste pédoncule. Les caractères botaniques sont très -anormaux, et ne permettent pas de placer ce nouveau genre dans aucune des familles naturelles telles qu'elles sont établies actuellement. MM. Bentham et Hooker pensent toutefois qu'il doit constituer une nouvelle tribu de la famille des Malvacées, ou une nouvelle famille à côté des Sterculiacée*. Mais pour nous peu importe. Nous ne voyons dans le Fremontia californica qu'un magnifique arbrisseau d'ornement, dont la place est assignée dans tous les jardins. Malheureusement, il est une chose qui s'oppose à sa vulgarisation ; c'est la difficulté de multiplication, ce qui maintient le prix de vente toujours
très-élevé;15 et 20fir.