‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 98 sur 162 · KM · texte numérisé non relu

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A quelques rares exceptions près, les concours ont été remplis, ce qui montre avec quel empressement l'appel de la Société a été entendu. En peut- il être autrement dans cette ville où le goût de la culture est si répandu, où chacun fait de sa fenêtre une Exposition florale? En effet, de quelque côté que vous vous dirigiez dans la ville, vos yeux sont agréa* blement éblouis par les couleurs attrayantes des Azalées indiennes, des Jacinthes, etc., rangées aux fenêtres avec le goût le plus parfait.

Le Jury, composé de 120 membres, comptait dans ses rangs les étoiles horticoles de l'Angleterre, de l'Autriche, de la Belgique, de la France, de la Hollande, de la Prusse, de la Russie et du Wurtemberg.

Cette Exposition, qui ne justifie guère son titre d'internationale que sous le rapport des plantes exposées, peu d'étrangers s'étant mis en concurrence avec les horticulteurs belges (1), n'en est pas moins la plus belle qu'on ait vue en Belgique.

Le Casino, qui est le lieu habituel des Expositions depuis 1837, appartient à la Société de botanique et vient d'être augmenté d'un nouveau local, l'ancien étant insuffisant pour contenir la grande quantité de végétaux que nous avons admirés à la dernière Exposition.

N'ayant à m'occuper que de la partie techuique de l'Exposition/ je ne parlerai point de son ouverture officielle par, S. M. le roi Léopold II, ni de la réception que lui a faite le public gantois, ni du banquet offert aux membres du Jury dans les salons du grand théâtre ; le menu en était cependant fort séduisant, si je m'en rapporte à quelques-uns qui en ont usé.

Passons d'abord en revue les plantes d'agrément. M. Amb.

(4) Sur 243 exposants, 408 sont de Gand; même la France n'était représentée que par 49, dont 6 de Paris et 5 de Troyes.

Verschaffelt, le héros de l'Exposition, le marquis de Carabasdu royaume de Flore, ainsi que le qualifie un journal local, a prie part à 57 concours et a remporté, outre la médaille d'honneur de S. M. le roi, 55 médailles dont 11 en or, 1 5 en vermeil et 24 en argent.

Parmi les plantes nouvellement in trod lûtes par M. Ambr. Verschaffelt, citons l'OdontoglosÊum Alexandre et le Pitoairnia aphelaudraflora (Mexique, 1868) présentés fleuris par l'exposant; deux autres plantes non fleuries, mais aussi très-remarquables» sont le Passiflora trifasciata (Para, 1868) .et le Cordyline Guilfoylei (Australie, 1867). Le même exposant nous montrait encore une nombreuse collection de plantes nouvelles provenant du Brésil, du Japon, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, etc.

La médaille d'honneur de la reine a été bien justement ac« cordée à MM. Veitch de Londres, et l'horticulture anglaise doit s'enorgueillir de cette haute distinction. Tout le monde admirait les belles fleurs de son Hippeastrum pardinum, nou* velle introduction. Dans les plantes que M. Veitch exposait et qui n'étaient pas encore dans le commerce, je citerai une belle Clématite qu'il nomme Glematis John Gouldt Veitch et un Aphelandra spocies; toutes deux en fleurs.

A M. Jean Verschaffelt est échue la médaille de M. Muller, Président de la Société d'horticulture de Trêves.

Enfin un nom bien connu dans le monde horticole, M. Louis Van Houtle, un des propagateurs zélés de la science horticole, a obtenu la médaille offerte par M. le comte de Kerghove de Denterghem> bourgmestre de la ville de Gand, qui, lui-môme amateur passionné d'horticulture, avait envoyé ses collections de Fougères et de Palmiers à l'Exposition. Voilà un bel et bon exemple ! Je souhaite que nos magistrats, dans l'intérêt de notre horticulture, soient tentés de le suivre.

Dans les Palmiers, dont 40 sujets d'une remarquable beauté étaient exposés par M. Van Houlte, se trouvaient ceux de

MM. Van Geert, A. Verschaffelt et ceux du Jardin botanique de Gand.

Après les Palmiers étaient les Pandanées de M. A. Verschaffelt; ensuite (fêtaient les Fougères, dont les magnifiques exemplaires donnaient à la grande nef du Casino un aspect splendide ; elles provenaient des serres de M. A. Verschaffelt, de M. le bourgmestre de la ville de Gand et de M. Van den flecke de Lambeke. Deux Zamia, dont l'un, dit-on, est phis de dix fois centenaire, appartenait à M. de Ghellinck de Walle, et l'autre, de proportion également colossale, est la propriété de M. Verschaffelt.

On ne pouvait trop admirer ces belles Fougères, ces phénoménales Cycadées ; mais on était soudainement tiré d'admiration par les provocantes couleurs des Azalea indica de MŒ* Teitzweil-Bouqué. Ces plantes, avec les Camellias, garnissaient pour une bonne part la nouvelle annexe du Casino, qui vues du haut de l'escalier de la salle de musique, offraient aux yeux un spectacle qu'il n'est pas donné souvent d'admirer. Cette partie de l'Exposition, où tant de merveilles s'étalaient aux regards éblouis des visiteurs, avait été transformée en jardin d'agrément d'après les plans de M. Van Huile, jardinier en chef du Jardin botanique de Gand. Les allées, dont une bordure de gazon dessinait les contours, n'étaient pas assez spacieuses pour contenir la foule accourue de toutes parts et si avide de voir. Je crois que M. Van Huile, sans beaucoup contrarier son projet, aurait pu donner quelques centimètres de plus aux allées intérieures, et personne ne l'eût contredit. Mentionnons les Bégonia de M. Oswald de Kerghove ; 2 beaux et forts spécimens de Croton pictum dont l'un appartient à M . A. Verschaffelt.

Jetons en passant les yeux sur les Gloxinia de M .Van Houtte et ne nous y arrêtons pas, nous pourrions voir ou plutôt nous pourrions ne pas leur trouver beaucoup de fleurs.

A voir les plantes que M. Linden a introduites directement , on se croit, pour un moment, au Pérou ou au Brésil. Plus loin nous voyons les Uaranta de M. Dallière, les Nepenthes de M. Aug. Van Geert, les Dracaena de M. F. J. Spae et de Roelens et fils.

N'omettons pas les Araliacées de M. le baron Osy d'Anvers et de M. de Kerghove d'Ousselghem ; les Lycopodiacées de M. de Ghcllinck ; les Aroldées de M. de Beucker d'Anvers, ni les Anectochiles du Jardin botanique. Notre compatriote M. Narcisse Gaujard exposait une précieuse collection de Conifères qui lui a valu la médaille d'or de la ville de G and. Le même exposant présentait une collection de plantes japonaises à feuilles panachées .

Je ne dirai qu'un mot des Cinéraires de M . Jules VanLoo qui m'ont paru déplacées sous les belles Fougères qui leur donnaient abri ; la plupart de ces plantes paraissaient étiolées, et leurs fleurs étaient d'une petitesse remarquable.

Parmi les beaux spécimens qui ornaient la grande, serre de l'Exposition, je dois citer le Cibotium princeps, Alsophila excelsa, Cyathœa Beirichiana, un Cycas revoluta de Jean Verschaffelt et un superbe Balantium antarcticum de 5 à 6 m. de hauteur appartenant à M. Ambroise Verschaffelt.

N'uoblions pas non plus de signaler dans la salle de musique, les. Agaves de M. Ambr. Verschaffelt, les Yucca de M. Jean Verschaffelt et les charmants bouquets de bal de M. Saegher. Dans cette même salle, un peu sombre et où les Amaryllis avaient peine à ressortir, se trouvaient les collections de cette plante de MM. Van Houtte et d'Hane de Steeuhuyse.

Les Rhodendodrum étaient exposés dans le jardin sous une tente; quelques collections offraient peu de fleurs et les sujets étaient trop serrés les uns contre les autres. Sous cette même tente malheureusement trop obscure,

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étaient logées en compagnie des Rhododendron, les Azalées de pleine terre» J'ai vu de bien faibles sujets.

Dans deux petites serres exposées» on voyait les Jacinthes de MM. Bernaert, Krelage et fils, de Harlem, et Van Houtte ; celles de MM. Van Waveren et fils, cultivées en carafes, offraient une floraison splendide. Dans la même serre on voyait les Cactées de MM. Démo u lin, Aug. Van Geert et Van Houtte.

Le jardin du Casino était orné d'une grande quantité de spécimens remarquables de Lauriers de MM. Jean Vervaene fils, Debrabauder, etc. ; de Buis de M» de Smet. Le Jardin botanique avait aussi son contingent de fortes plantes : 2 Myrtes communs, 1 Glethra arborea, 1 Thuya aurea, etc.

Passons à la culture potagère ; c'est M, Jules Van Loo qui en est le roi. Il avait apporté un très-joli lot de légumes forcés, des Fraises, des Ananas, des Asperges, etc. N'omettons pas les Fraises et les Ananas de M. Dallière; les Asperges de M. Lhérault, d'Argenteuil, et la collection de graines potagères de M. Van Houtte.

Des projets de parc ou de jardin public étaient exposés par M. Van Huile du Jardin botanique et par M. Constant Smite* Deux jeunes élèves de l'École royale d'horticulture, MM. Eug. Veulemans et Emile Bruno, s'étaient présentés* à ce concours avec des plans de parc public, jardin d'amateur et projet de jardin botanique. Ces plans faits avec goût méritaient bien un encouragemement aussi léger qu'il soit. N'est-ce pas, messieurs du Jury de la 1 0e section?

En somme l'Exposition, internationale de Gand aura une place brillante dans les annales de l'horticulture. Jamais on n'avait vu rassemblés d'aussi beaux spécimens, ni un aussi grand nombre de végétaux. Quelle différence entre l'Exposition du 6 février 1809, où 50 plantes seulement étaient exposées, et celle du 29 mars 1 868 1 Si les Gantois continuent cette marche ascendante, ils feront bien d'agrandir leur local ; car

en 19001e Casino serait bien trop petit pour contenir toutes les merveilles que les dévoués aux intérêts horticoles apporteraient dans ses murs.

J. Jarlot.

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