CLASSIFICATION DES CAMELLIA
Quand un genre de plantes se trouve perfectionné dans un noncibre in« déflni de variétés, et que chaque année, il arrive un contingent de noms nouveaux, de descriptions quasi-différentes pour en grossir la nomea* clature^ un désordre, une confusion en sont la première conséquence; alors le besoin se fait généralement sentir (style de préface) d'un triage et d'une classiQcation. C'est ainsi que les Pelargonium sont divisés en Diadematum, fantaisie, grandes Heurs, Odier, zonale ; les Roses en hybrides, Porllands, thés, Bengale, Ile-Bourbon, etc. Les Rhododeodrum, les Reines-Marguerites, les Glayeuls, ont aussi leurs séries basées sur leur rusticité ou la disposition de leurs fleurs ; pourquoi le Camellia, le prince de nos serres, n'aurait-il pas les siennes?
M. Eude, du Havre, propose, avec l'approbation du cercle d'borticul* turedeson pays, la classification suivante, appliquée au Camellia, d'à* près la forme de sa corolle.
i^ classe. — C. imbriqués. En considérant chacune de ces classes ou coupes générales, ci-après décrites^ on s'aperçoit bientôt que celle-ci est susceptible de divisions secondaires fondées sur la disposition seulement du cœur de la fleur, la périphérie restant toujours imbriquée. Un premier groupe comprend sous le nom de perfections les fleurs imbriquées dans leur totaliié avec régularité, que la disposition des pétales soit opposée et donne h la fleur une forme étoilée comme dans Auguste jDe//bf^0,/itf6^fif, ou qu'elle soit en série spirale alterne comme sou* vent Archiduchesse Augusla. On peut citer comme des modèles de perfection, Isabelle^ mistress Abby WUder^ H. Favre, Fimbriala a/6a. Ce groupe des tmftrigti^^ per/ec/io/i^ comprend encore une disposition florale très remarquable, dans laquelle les pétales imbriqué?
'in —
le reAfem k lenr bord n forme de coupe, romme dans emuilh Bf(» ixnriit ei Général LafnyetU. Après cette premibre caie^frorie des imbri^ fiéi perfeeUcns viennent les Cawel'ia dont le cour nlTocle les formes f astres fleui*s. Ainsi : |o (7ar«rr rotifotvie les pé aies «ont imiiriqiiés k la cJrcoorérence, ceux du centre se relèvent en fornii* de Roso; exemple: M(mti, prineipessa Botptgliosij Motea speciabitis^ Général Watkin§^ (m ; ^ Cœur anémoniforme composé de petits pétales serrés, recoar* bés yers le centre, comme dans Stmoênir d$ Francfort; 3» Cmur pŒtmiforme otTrant une disposition confuse de pétales entourés de beaucoup plus grands et imbriqués ; exemple : Général Colletta.
ifi classe. — C. rosi/ormes. La fleur offre dans son ensemble la dis* position et l'apparence d'une Rose ; exemple : Caun/es$ of Orkney^ Adèle Torry, Souvenir de Delio, Général Boccalari^ RomolOy Pisani.
3* classe. — C. anémoniformee, se rapprochant de la fleur de raaé- Qooe comme : Jaune de Fortune, anémone flora.
i« classe. — C. pcMmiformes^ se rapprochant de la fleur des Pivoines loit herbacées comme C deMediei, Btnilia, Lady Henriette, arborées comme Impératrice Eugénie^ Beticuiata (double). On sait que les Pi- Tonies herbacées se distinguent des arborées aux caractères suivants: to premières ont au centre un grand nombre de petits pétales serrés et AifoBDés, tandis que les seconds ont de petits pétales amples^ arrondis, bien étalés, concaves, cucuilés et régulièrement insérés en une spirale imbriquée ; les Camellia affectent ces différences.
&• classe. — C. mésentéri formes ^ disposition dans Inquelle les pétaies sont tourmentés absolument comme les sinuosités d'un méseatère(4), par exemple : M^ Piccolomini, Brunellesca.
6* classe. — C. renoneuli formes ^ dont les caractères sont d*avoir de9 pétales nombreux, amples, concaves, redressés et serrés; exemple: Mogdalena.
7* dasse. ^ C. fantaisie. Enfin viennent les Camellia dont les fairs ne sauraient i entrer dans aucune des catégories ci-dessus établies, soit parce quMl serait difficile de leur assigner une forme dé< terminée, soit à cause de Tinconstance même de celle quUls offrent; ces nriètés ont un mérite tout spécial dans leur originalité.
Nous soumettons à nos lecteurs cette idée développée et proposée par le eercle horticole du Havre. Nous effaçons notre opinion personnelle
(t)LieB nemhraaeutd'ane forme irrégnlière. anqael lea ùiMkvii «oui sW
en attendant les observations des hommes spéciaux qui se livrent à la culture de ce beau genre de plantes. Et avant de signer cet article constatons que la richesse florale des Cameliia, déployée cet hiver chez nos horticulteurs Parisiens, Yersaillais et des environs, ne laissait rien à désirer .
Une foule de curieux s'est précipitée au Palais des fleurs de MM. Lemichez, au Boudoir de Flore de M. Courtois, et dans les établissements de Bertin, Margat, etc., de Versailles.
THÉBAT*LARCBi.
UN MOT SUR LA CULTURE DES SCfflZANTHUS.
Depuis plusieurs années» je cultive une plante très curieuse par la forme de ses fleurs, très méritante et de beaucoup d'effet pour corbeilles, et qui pourtant n*est pas encore très répandue dans les jardins ; Je veux parier du Schizanthus. J'attribue sa rareté dans les parterres à ce que sa culture n'est pas bien connue.
Cette culture est des plus simples. Je fais le semis au mois d'août, dans du terreau mélangé de bonne terre légère. Lorsque le plant a quatre centimètres environ de hauteur, je le repique dans des pots de dix centimètres de diamètre, isolément, ou par deux, selon la force des plantes, et toujours dans le compost indiqué ci-dessus. Quand vient la mauvaise saison^ je rentre mes Schizanthus sous châssis froid,et j*ai soin , pendant Thiver, de les garantir de la gelée et de Thumidité, qu'ils crai* gnent beaucoup. Je donne de l'air toutes les fois que le temps le permet, et un peu d'eau au besoin.
Au mois d'avril suivant Je plante mes Schizanthus en corbeilles dans une terre bien ameublie et amendée par le terreau; dans les beaux jours j'arrose souvent. Cette plante, ainsi cultivée, fleurit abondamment, et devient très forte; elle atteint souvent jusqu'à un mètre et plus de hauteur; ce qui est peut-être un peu trop élevé pour plantes dé corbeilles. C'est pourquoi je les pince, quelque temps après la mise en place, lorsque la tige a dix centimètres de haut ; elles se ramifient et prennent moins d'élévation; si ce pincement était fait sur des tiges plus élevées^ le résul tat serait moins bon ; les plantes ne seraient pas aussi florifères.
Je cultive quatre espèces ou variétés de Schizanthus, très distinctes : une à fleurs rouge vif, une autre à fleurs roses, la troisième à fleurs lilas, et la quatrième à fleurs blanches; toutes ont la lèvre supérieure d'un
beaa]aaiie. Ces quatre variétés réanies dans une même corbeille sont dn pias ravissant effet. — V Horticulteur français a figuré, eu 1854 deux espèces de ce charmant genre, sur lequel j'ai cru devoir appeler de HoaTeao raUention des amateurs.
Bazin,
Jardinier diei M. Duroir, à LiiMMrt ((Nm).
poltulre), e«BiBie tm^ptmîm^ par M. Bernard, 4e measM (0*
Tout ce qui toucbe à la culture des Orcbidées a droit à rintérét des horticulteurs, surtout de ceux dont les efforts tendent à propager ces belles plantes d'ornement. Sous ce rapport, le Sphagnum mérite une attention particulière. Son emploi, d*introduction assez récente dans le eompost des épiphytes, a produit de si remarquables résultats qu'on s'est mis à rétudier de tous côtés. Cette étude a démontré qu'il était soscep* tible de nombreuses applicntions. Aussi, dans ces derniers temps, a-t*on 8io{;QlièremeDt étendu remploi de cet agent puissant, et le succès a toujoars couronné les essais dant il a ëié l'objet. Ceux qui n'en ont point encore fait usage seront émerveillés de son innuence sur la végétation. Quant à ceux qui le connaissent, ils ne regretteront pas , j'aime à le croire, une publicité si utile aux intérêts généraux de l'borticulture , dossent-ils voir haus.ser le prix de cet engrais, à mesure qu'on le connattramieux et qu'on s'en servira davantage.
La Sphaigne, de la famille des Sphagnacées, tribu des 3fou8se$^ est on type facile à distinguer par ses feuilles bhmcbes, empreintes d'une légère teinte rouss&tre et verdâtre. Ces Mousses habitent les lieux marécageux, et constituent la Vi^ritable base des tourbes, ou plulAt elles transforment les marais en tourbières. Leur végétation e>st si vigoureuse et elles croissent avec une telle riipldité que, malgré leur extrême ténuité, il ne leur faut qu un petit nombre d'annt'es pour couvrir un terrain con« sidérable. Le froid, même intense, n'arrête pas leur végétation. On les renconire dans la partie la plus élevi^ du Jura , où lègne une gelée constante.
Je n'ai rien trouvé qui indiquât comment, ni h quelle époque, on imagina de faire usage de celte Mousse et de l'introduite dans l'horticulture.
0) Extrait des tablettes de l'hortioaltoro TersailUise.
Oq peutcoajecturer raisonnablement qu'ayant servi j^r hasard à embal» 1er quelque plante vivante, on fut frappé de Finfluence exercée par cette enveloppe sur Ja plante enveloppée.
On n'appliqua d'abord le Sphagnum qu'à la culture des Orcbidées,qai ne pouvaient assurénaeat rencontrer un auxiliaire plus favorable à leur incesMinA besoin d^bunoidilé. Celte Mousse possède, en effet, la propriété de conserver presque indéfiniment l'eau dont on a soin de l'arroser de temps en temps. On se contenta donc, dans les premiers essais, de mêler le Sphagnum au charbon et aux écorces de bois qu'on dispose avec des tessotis dans les pots ou paniers destinés aux Épipbytes; mais, comme on reconnut qu'elle communiquait à ces plantes une vigueur inaoeoéuméc, on étendit peu à peu son usage, et on la fit entrer dans le compost des filantes delà Nouvelle-Hollande et de rAmérique du Nord^ des Sarraceê^aj des Cypripedmm et de tous les sujets de la famille des Prinmlêoées et de celle des Memncnlacées.
Le fésultat fut le même. Ces végétaux acquirent, sons rinflitmce delà Sphaigne, une force et une fraîcheur inconnues jusqu'alors.
fien succès fut surtout remarquable sur les plantes alpines, qui exigettt unœrtaîA de^ré d'humidité permanente; plantes chaman tes, d'ailleurs, dansieur petite taille> €t auxquelles la nature a largement départi le nonobre des fleurs et Téclat des coloris, en retour de Tamplenr des formes qnt leur refuse r«riditèdn sol natal. En Allemagne, dans le courant de l'année dernière, tnftt une autre épreuve de laSphaigne sur une plante fort à la «kode depuis quelque temps, je veux parler des Fougères arbe* rescentes, au port si élégant et si léger, et qii naguère èneope étatont reléguées dans les jardins botaniques.
On sait fue les Fougères veulent un terrain profbnd et frais,une atmosphère saturée d*humidité et une demi^mbre protectrice* Le succès de cette culture tient surtout au développement des racines. Plus les Fougères émetient de racines et plus oa voit naître de nouvelles frondes, et pins la plante prend de volume et de beauté. On peut, sans doute, en recourant à de fréquents et copieux arrosages, suppléer au défaut d*boniidité du terrain, mais on y parvient plus sûrement encore en donnait i la plante une«nveloppe de Sphagnum. Sous cette enveloppe, les ra^ cines se développent, et la Fougère pousse comme par enchantement.
Nous trouvons cette recette dans un journal allemand (Alljfemeine GœrttMeUmig) du mois de février 1856, qui prend la peine de décriie minutieusement le procédé à suivre pour entourer les racines, de Sphagnum, recommandant surtout d'emptoyer le fil de lîn, et ien>letl de t^^
tes aetla ipératiot, etde fértfler soigMvstnett il ta SphaigM m doue pu asile à quelque naleneoiilreiise linace.
L'auifior de eette instruciiOD afOriae l'efleaciié de sa niêthode, coa» fessant d^ailleurs qu*il ignore si le succès doit être attribué uniqueneat à ta propriété de la Spbalgoe,dd conserverson huDsidilé^ouai cette Mousse agit diredeaieDt sur la plante.
Ce doute m'a paru bumiliaiit. Voilà un agent qui se révèle eomne ciereant vatte influence certaine sur la végétatioa, et Ton ne connaît pas las causes de cette influence! on ne sait pas si son action est purenMnt Biécanlque et due à rbumidité qu'il conserve et qu'il eommunique au sol, an s'il contient en lui-même quelque propriété de nature )t exciter la végétation ! Je résolus d*éclaircir cette question.
Je savais que M. Pelé faisait une assez graad« eonsenmation de Sphaguum ; le lui soumis mes doutes et lui demandai son avis.
M. Pelé n'béslta pas à me répondre que te Spbagnum agissait à la fois môme conducteur de rbumidité et comme engrais. A ses yeux c'est «n excitant très puissant et qui , mélangé dans une certaine proportion à 4'aQlres matières, produit des eflèts merveilleux sur la v^tation. 11 se maiatiCQt plus longtemps que la terre de bruyère, qui se ditruit rapidement et perd toute vertu en deux ou trois mois, tandis que le Spbagoum se transforme leoiemeot en humus fertilisant» On Tutilise de plusieurs manières, soit en le soumettant i Taction du soleil, qui le dessècbe au peint de le rendre friable, et alors Qn mêle sa poussière à la terre de bruyère, soit en le brisant, sans le faire sécher, en morceaux de 3 à 3 eentimèires, pour participer, dans cet état, à la formation de divers composts; soit enfin en l'employant dans son état naturel, méthode qai convient particulièrement à certaines plantes, et notamment aux Primolacées .
Maïs le mode le p:us efficace, dans l'opinion de M. Pelé, consiste à l'exposer d'abord au soleil, et, quand il est sec, à le briser pour remployer comme terreau, en le mélangeant à la terre de bruyère, ou à la terre franche, ou au terreau de ieuiiles.
Une autre propriété du Sphaguum a été observée et constatée par M. Pelé : il a observé que le lombric montrait une répugnance manifeste pour cette Mousse, et comme cet annélide est Tagent le plus direct de la destruction delà terre de bruyère, on en prolonge le principe végétal en écartant d'elle les vers qui se nourrissent de sa substance. M. Pelé propose doue de déposer une couche de 15 à 20 centimiîtres de S^gnum au fond des massifs ou corbeilles de plantes de terre de
bruyère. Le même procédé doit élre suivi pour les plantes cnltiTées en caisse ou dans des vases. On place un peu de Sphagnuro sur Touverture destinée à l'écoulemeni des eaux d*arrosage, et ou empêche ainsi l'in* troduclion des lombrics.
Après H. Pelé, je m'adressai à M. Auguste Rivière, qui a été Tun des premiers horiiculieurs à iaire,en France, usage du Spliagnuin. Lui aussi est convaincu de la double action de ce nouvel auxiliaire sur la culture des plantes délicates, auxquelles il rend le serviccsimuiiané de conserver rbumîditë nécessaire à leurs lacines et d'en lavoriser le dévcloppemeat. H a remarqué Tinfluence pins directe de cet agent sur les Aroïdées^ sur les Maranta^ qui ne se plaisent que mi^diocrement dans la terre de bruyère, tandis qu'elles vivent splendidement dans le Sphagnum. Toutes les Fougères, toutes les Broméliacées, les Bru\ères,eten général toutes lesplanit-sde terre de bruyère sont dans le même cas et se tiouvent fort bien de ce traitement. M. Rivière a été confirmé dans la bonne opinion qu'il a conçue de la Spbaigne par des faits qui méritent d'être cités:
H. Marins Porte, voyageur et introducteur de plantes exotiques établi au * Brésil, vinten Franceen 4B55, et se trouva naturellement en rapport avec le directeurdu Jardin botanique de l'école de raédecine.M. Rivièrelui parla du Sphagnum qu il ne connaissait pas et lui en expliqua les nombreuses propriétés. Un point surtout frappa le collecteur : la vertu qu'on attribuait à cette Mousse de préserver les plantes des énormes inconvénients des longues traversées, et il résolut d'en faire l'épreuve. S'étant procuré une certaine quantité de Spbagnum, il en enveloppa des Camellia et des Orchidées pour les transporter au Brésil- Parti du Havre dans les premiers jours d'octobre 1855, il écrivait à M. Rivière le 2 décembre: « Mes Camellia sont arrivés à Bahiasans avoir perdu une feuille. J'avais secoué la terre des racines et je l'avais remplacée par le Sphagnum. Les Orchidées aussi sont parvenues en très bon éiat.i Au mois de mai 4856, il demanda à M. Rivière un envoi de la précieuse Mousse, qu'il ne pourrait se procurer, dit-il, au Brésil qu'à un prix très élevé. Il annonce une expérience qu'il veut tenter sur une grande échelle : « Et puisque c'est à vous eontinuet-il, que je dois cette idée, je vous en ferai connaître le résultat ; » et, en effet, il écrit le ^^'août suivant qu'il va adressera M. Linden qualre énormes caisses vitrées contenant plus de mille plantes. «Vous vous étonnerez sans doute de mon courage, dit-il, mais j'ai confiance dans le Sphagnum. J'ai bien compris vos conseils et je ne crains pas d*avoir àme repentir.» Sa confiance fut justifiée, et sa lettre du 45
mtembre en Cril foi : «JTat itçu de M. Lieden, écrit-fl, la nevfeik de rarrirée de mes pbutes en parfait étal, même les plus déiicales, mAme ia Foogère Schysaea palmaîa^ très htWt espèce, mais d'une euHure très difficile,! C'est dans la même lettre que se trouvecet éloge du Spha* (Dum, si remarquable sous la plume d*un collecteur : « 11 y a cependant, dit-il, on grave inconvénient, c'est que, lorsque j*en serai privé, j'aurai une si grande répugnance à emballer mes plantes suivant rancieone métbode que le plus souvent je n'enverrai rien.»
Je borne ici les extraits de cette correspondance qv m*a vivement intéressé, et je reviens à mon sujet.
M. Rivière ne conseille pas, comme M. Pelé, la dessiccation duSphagnom au soleil ni sa réduction en poussière. Il suffit, selon lui, de le briser par petits morceaux et de le mélanger par moitié à la terre de bruyère, qui désagrège assez rapidement ses molécules et le réduit à Tétat d*ba* mus. Il remploie d'ailleurs sans mélange et dans son état naturel, après l'avoir préalablement mouilé, pour les Orchidées^ les MarmUa, les Foktires twùtiqua^ les Gulliffèrei et noumment les Gardnia mmifOi^ tona.
n recommande an surplus de presser fortement etde/itm^tfrleSphagttun quand on remploie seul, et de manière à sentir à la main une certaine résistance.
Après des renseignements si précis, après ces denx opinions fondées sur une pratique de plusieurs années et sur des expériences nombreuses, f aurais pu me tenir pour suffisamment éclairé et borner là mon enquête; mais je n'ai pas cm devoir m'arréter en si beau cbemin, et, pour acquérir ane conviction plus entière encore, j*ai eu recours aux lumières supérieures d'un habile chimiste, qui, à ma prière, a bien voulu soumettre le Sphaguum à une analyse régulière et méthodique.
Voici le résumé de l'opinion de M. Garnier, opinion qui a été partagée par deux savants bien connus, MM. Boucbardat, professeur à la faculté de médecine, etCbatin, professeur à l'école de pharmacie.
Le Sphaguum, on Muscus iquamosus palus tris, nediffère en rîendans «sa constitution physique des autres végétaux du même genre.
« Soumise à une décoction prolongée, cette Mousse n'a produit qu'un « principe extractif insensible. Traitée par l'alcool, elle l'a à peine co-
« lorè, et dans ce véhicule le principe extractif n'a pas été plus pro-
« nonce'; enfin, son incinération n'a donné qu'une cendre bleuâtre,
« semblable du reste à la cendre de bois. Ce n'est donc pas dans les
< élémens chimiques de la l^haigne qu'il faut chercher Texplication
à iè iM impfttlês fertiUMiiteSt nuA ûsùè $m eoiisttlitidii ifitfriqm.
€ Cette MoQsse des tntrais est formée de tiges garnies de pettts ra- « Meau à féoilles poreuses, participant de la nature de Tépooge. Une « de œs tiges, préalablement sécbée sur un calorifère, ayant été intro^ « duiie daBs un flacon rempli de la décoction refroidie de la plante, et « plongeant à peine de quelques miliimèlrei dans le liquide, a été « humidifiée dans toute sa longueur et presque instantanén^nt. Deux « heures après, la partie qui trempait dans la décoction avait reverdi € comme si elle avait encore été vivante. Cette plante est donc éminem- « ment hygrométrique, et à ce point qu'elle soutire et oonceotre les « vapeurs humides de l'atmosphère, Tacide carbonique et le gaa anmoa ulacalt et en transmet les principes vivifiants aux végétaux dont elle f enveloppe les racines.»
Cette solution explique d*une manière sétisfiiisante la cause de l'influence censtatéeduSphagnumsurla végétation. Ainsi, d'un c6té,il agit comane réservoir d'humidité» et^ de l'autre, soutirant lesgaxqui facilitent la déeamposiiioB des matières oiganiques, il provoque autour des racines un dégagement d'acide carbonique qui contribue puissamment à la nourriture et au développement de la plante.
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Dans beaucoup de localités , on éprouve de très grandes difficultés pour se procurer de la terre de bruyère ou en avoir de bonne. Ce fait étant un obstacle à la culture des Rhododendrons et des Azalées, nous croyons utile de faire connatire les moyens d'en fabriquer d'artificielle. Cette terre n'aura certainement pas les avantages d'uue bonne terre naturelle; mais elle y suppléera très avantageusement , soit que Ton cultive ces plantes en pots ou en pleine terre.
Pour fabriquer cette terre de bruyère artificielle, il faut : 40 ramasser des feuilles de Cbéne ou de Châtaignier ; 99 les faire sécher ; 3<» les pulvériser ; i<» mêler leurs di^bris à une certaine quantité de sable.
Pour pulvériser les feuilles, voici comment 00 procède. On le^ étend le veille d'une gelée sur un endroit propre, et, après les avoir mouillées, on les abandon ne à elles-mêmes. Quand elles sont gelées, on les bat au moyen d'un fléau ordinaire ; alors elles se réduisent promptencient en poudre.
On mêle ensuite cette poussière avec du sablon pur.
i dèhftt de é«Me prifé po«r aiosi dire de pertlei terreniet , oé ^èit asployer du ssUe fin de rivière.
La preportiM de saMe varie SQtvant les plantes que Ton doit ealtinr» Toici la quantité qu'il (aul noftieraux débris de feuilles.
Pour Rbod^endrens , 4/3 de sable et ^3 de feaiUes difiséee.
— AxAiées d* Amérique, 4/3 ^ ^1 «.
^ GameUia, 4/1 ~ 4f9 ^
^ âzaièes de rinde, 4fi ~ 3/4 ~
Le pcAnt imyortaRt pour réussir dans cette fabriealtett eoMisle à m pu laisser fermenler ai les feniUes entières, ni leurs débris, Lorsqoecie l«ties enlreat en fernoemalion, dlesperdcnt leur caractère acide et na peavent foraaer, associées au saUe, une terre ayaai du rap^t k U terre de braybre aatarelle. Chacua sait que cette terre se compose de able et de terreau acide résultant de la décompositioa imparbita des Mes Yégétaiea : feaîUes d'arbres, tifes et feaiUes de firu)*ras.
BtaTOl^
lltrtkiillMC. à VmmUIm.