A NOS ABONNÉS
Douze années se sont écoulées depuis la fondation de Y Horticulteur français, et, malgré ses inexactitudes, ses retards, chaque année a toujours été couronnée d'un nouveau et important succès. Ce résultat est une preuve incontestable, sinon de son mérite, — car ce n'est pas à nous de prononcer sur cette question, — mais du moins de son importance, comme revue dliorliculture.
Pendant ces douze années, j'ai fait tous mes efforts pour raincre les difficultés inhérentes à Texécution d'un journal illustré de planches coloriées, qui exige le concours d'un personnel varié, et qiii, en outre, a besoin, comme toute publication périodique, d'avoir une administration active et intelligente pour diriger la partie matérielle et commerciale; mais presque toujours mes efforts ont été vains, pour ce qui regarde la partie administrative.
Fatigué de combattre sans vaincre, et forcé de reconnaître mon iiacapacité comme .'»dministrateur, j*ai pris — dans l'intérêt du journal, comme dans celui de mes fidèles abonnés — la rés«3lution qui, je l'avoue, m'a beaucouj) coûté, de céder la propriété de VHorticulteur français à un ami dévoué à la science horticole, M. Donnaud, imprimeur de la Société impériale et centrale d'horticulture de France.
Sous la vigoureuse direction du nouveau propriétaire, administrateur aussi habile que désintéressé, la partie matérielle et commerciale a déjà reçu une puissante organibu-
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tion qui va permettre de faire cesser, eu peu de temps^ tout retard, et qai amènera la régularité dans la piiWieation de chaque numéro : ce que je n'ai jamais pu obtenir.
De mon côté^ débarrassé des tracas d'une gérance pour laquelle ^e n'ai jamais eu la moindre aptitude, je puis consacrer tout mon temps et apporter plus de soins à la direction scientifique et artistique du journal, auquel je reste attaché en qualité de rédacteur en chef.
Dans ces nouvelles conditionip, ['Horticulteur français est appelé a de nouveaujc succès ; il gagnera an importance par sa régularité ; quant à son mérite, je ne le laisserai pas faiblir.
La rédaction conserve son indépendance ; eUe appréciera toujours avec la même impartialité les produits nouveaux de riiorticulture, ainsi que les œuvres des auteurs et des horticulteurs qui consacrent leur talent et leur expérience à la science si justement aimée des jardins. Tout fait qui pourrait soulever une polémique de personnalités sera rigoureuseui^ent évité.
Nous continuerons à recevoir et à publier les articles d'un intérêt général, qui nous seront adressés par nos honorables ccf-r respondantS; et toutes autres personnes ayant des faits nouveaux ou intéressants à faire connaître ; nous ne pourrions accepter ce qui ne servirait que des intérêts privés.
Les bureaux du journal, étant transjTérés au siège de la nouvelle administration, tout ce qui concerne la rédaction (journaux, bulletins d'échanges et raanusciûts), toutes demandes d'abonnement et réclamations, tout envoi de mandats, etc., doivent être adressés, rue Cassette, n*9, àM. Donnaud, imprimeur-éditeur, auquel appartient désormais la sign^^ture des quittances.
Paris, le S5 mars i 863.
F. Hérincq.
C\MPANUMiE\ JAPONICA, Sièboldt. (PL. I).
Les CampanuimvasontdessoHes^de Campanules grimpanie)») et appartiennent à la famille des CampaiiaUcées. Ils sont laiteiuL et gUbres sur toutes les parties* Les racines sont tul)érouses, çi émettent des tiges cylindriques^ garnies de feuilles opposées, qui sont verticillées» quelquefois, sur les rameaux raccourcis au sommet desquels naissent las fleurs. Ces fleiirs présentent un involucre à cinq lobes foliacés , qui simule un calice. Le vrai calice à le tube sondé avec l'ovaire, et son limbe est tronqué, c'est-à-dire qu'il n^offre pas de divisions calicinales. La coroUe, insérée au sommet du tube du calice, est monopélale, en cloche, à cinq lobes. Les étamines au nombre de cinq, insérées sur la corolle^ sont opposées aux lobes de rinvolucre. L'ovaire est infère (au* dessous de la corolle), à trois loges, surmonté d'un style qui pe dépasse pas la longueur du tube de la corolle, et qui esl terminé par trois stigmates ovales épais. Enfin, le fruit est une capsule à trois loges qui contiennent chacune plusieurs graines ovoïdes, légèrement alvéolées ou ponctuées.
Le Campanumœa japonica est une plante grimpante à racine tubéreuse qui ressemble à celle de Panaœ quinquefolhim. Sa lige est grimpante et peut atteindre 70 c. à 1 mètre de longueur ; elle est assez tenue, rameuse, glabre et de couleur pourprée. Ses feuilles sont alternes, distantes, et brièvement pétiolées, ovales^lancéolées, longues de 6 à 8 cent., irrégulièrement et obscurément crénelés, glabres sur les deux faces, un peu glauques en dessus. Les fleurs qui naissent au sommet de petits rameaux raccourcis, sont un peu plus petites que les fleurs de la Campanule aile viotette marine ; elles sont lilacé pâle en dehors, violeft hépatique ou plutôt rouge-brun et veiné en dedans, surtout à la face interne des lobes qui sont anguleux etétalés*
Le genre GampanumâBa a été créé par M. Blume pour des plantes originaires de Java. Celle que nous figurons d'après un individu qui a fleuri chez M. Gustave Morlet, horticulteur, à Avon, près Fontainebleau, serait originaire du Japon d'après son nom. Mais il paraît probable qu'elle y a été introduite, car M. Siéboldt, qui Ta fait connaître et livrée au commerce Tannée dernière, dit au sujet du Campanurhœa lanceolata, figuré dans sa Flora japonica^ qu'il ne Ta jamais trouvée que cultivée dans les jardins du Japon, et il est porté à croire qu'elle est originaire de la Chine.
Cette espèce est encore trop nouvelle pour connaître son degré de rusticité et sa culture. On doit donc l'abriter en serre froide et la placer en pleine terre, à l'air libre, pendant la belle saison au pied d'un treillage qu'elle garnira de ses gracieuses fleurs rouge-brun. Elle est cotée dans le catalogue de M. Morlet au prix de 8 francs.