‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 46 sur 152 · SUR LA CULTURE DES CRVSEA · texte numérisé non relu

SUR LA CULTURE DES CRVSEA

Les Crusea sont des plantes de la famille des RubiacéeSji qui sont peu répandues dans les cultures. Elles mériteraient cependant de l'être davantage. Leurs organes de végétation présentent ime singulière particularité : leurs feuilles opposées sont reliées Tune à l'autre par une sprte de gatne qui rappelle beaucoup celle des Polygonées, et du bord supérieur de cette gaine se dégage .un certain nombre de dents dressées, sétiformes; ce nombre varie d'une espèce à l'autre.

Ou cultivait autrefois dans les serres, notamment dans celles du Muséum, le Crnsea violaceay espèce assez intéressante q n'y figure plus actuellement ou qui du moins n^y a pas fleuri depuis quelques années. Les fleurs de cette espèce avaient une teinte un peu terae et la plante demandait une température trop élevée pour être fsuoilement cultivée. En Angleterre on a obtenu depuis longtemps une belle floraison du €, ruera plante dont les corolles roses ne sont pas sans éclat^ si du moins l'on s'en rapporte au dessin colorié qu'en donne le Bo* ianiçal Magazine.

Mais la perle de ce genre, sera, sans contredit^ le C\ cocciVtea de De Candolle, plante qui a des fleurs longues de plus de 25 centim., et d'un beau rouge carminé. M. Roezl qui a le premi^ rapporté les graines de cette plante en Europe, a sans doute trouvé à ces fleiurs une grande analogie de forme et de couleur

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avec celles des Qii^ifisia^ csj: la maisou Vilmorio a reçu lesgrai* nés de ce çoUecteur^ avec le nom de Quassia speçiqsa^ La corolle est en effet fubuleuse et allongée. Supérieurement elle se partage en quatre lobes au-dessous desquels elle donne insertion à quatre étamines.. Lors de l'épanouissement, ces éta^ mines s'allongent beaucoup et leurs filets proéminent en de«hors du tube. Chacun d'eux suppoj^te une anthèce dont la teinte tranche agréablement avec celle de la QoroUeu De même qKe le pollen cette anthère est bleue et^ comme elle eslde celles qu'on appelle versatiles, elle se balance légèrement su? le som* met de son support et prend successivement toutea les direc* tions. L'ovaire est situé sous la, fleur et sçs deux lo^es contiens lient chacune un ovule. Le fruit n'a pas encore mûri dans les cultures.

Le port de la plante est assez analogue à celui des SpertnamQcpce • De la base partent des rameaux en assez grand pom^ bre» herbacés dans presque toute leur étendue et soua -ligneux dans la partie inférieure. Là Us sont légèrement carrés, tandis qu'en haut ils s'arrondissent. Ils sont rarement verts, mais plus souvent rougeàtres et recouverts d'un duvet velouté extrêmement délicat. Les feuilles sont opposées et rappellent beau- Qoup celles d'un grand nombre deRuhiacées. ËUes sont ovalç^s* allongées et s'atténuent à leur sommet en une pointe très*aiguë. Leurs nervures très-saillantes h la face inférieurOi sont en petit nombre, car il n'y en a que trois ou quatre de chaque côté de la nervure principale . La base de ces feuilles offre im9 disposition qui est tout à fait caractéristique* Les deux pétioles opposés se dilatent et s nissent en une espèce de gaine formée par la fusion de leurs quatre stipules. La configuration du bord supérieur de cette gaîne est très- utile pour distinguer les espèces les unes des autres. Dans le C. coccinea^ ce bord ne présente en effet que trois saillies aiguës en forme de soies dressées de chaque côté, tandis que dans les autres espèces dont

nous avons parié, il y en a de sept à neuf. Les fleurs sont réunies au sommet des rameaux en petits bouquets formant tête . •

Par tous les caractères qui précèdent, on voit que les Crusea doivent présenter beaucoup de ressemblance avec les Bouvardia. On sait tout le parti que l'horticulture a déjà tiré de ce dernier genre . Mais il est vraisemblable qu'on obtiendra de plus beaux résultats encore avec le Crusea coccinea . Par des pincements convenables et pratiqués dès que la plante com» mence à produire ses branches verticales^ on arrive à multiplier considérablement le nombre des rameaux florifères On peut ainsi faire des pieds chargés d'une vingtaine de bouquets de fleurs s' épanouissant à la fois et arrivant tous au même niveau. La plante est donc admirablement propre à la culture en massifs et sa floraison une fois commencée durera fort longtemps, car de jeunes rameaux s'élèvent sans cesse de la base de la plante et se terminent également par un groupe floral. La seule difficulté que présente la culture de cette plante, c'est qu'il faut la rentrer en serre à Tarrière-saison. Sous ce rapport elle demande les mêmes soins que les Bouvardia et peut-être même exige-t-elle, pour ne pas fondre en hiver, une température un peu plus élevée. En la plaçant pendant Thiver dans une serre chaude, on a observé qu'elle poussait trop rapidement, produisait des rameaux grêles et étiolés, à feuilles rares et à fleurs très-peu nombreuses. Il sera donc préférable de la conserver dans une bonne serre tempérée, pour la sortir et la livrer à la pleine terre au mois de mai. A. Donnas.

MULTIPLICATION ET CULTURE DU MONOOLfeTUM

ENSIFERUM.

La meilleure saison pour la multiplication de cette belle plante est le printemps « Cette reproduction se fait au moyen

de boutures prises aux jeunes pousses , dans un pot bas , ou mieux encore dans une terrine où le fond sera d^abord bien garni de tessons, puis rempli de terreau de couche bien sa^ blonneuse^ et, enfin, comblé avec du sable lavé. Ce dernier garantit les boutures de la pourriture à laquelle elles sont aisément sujettes. Une fois les boutures plantées, on les pousse vivement; on les couvre d*une cloche et o;i enterre le pot dans mie couche à boutures dont le terrain possède une chaleur de 20 à 24 degrés Réaumur. Au bout de quinze jours, les boutures ont pris racine. On leur enlève alors les cloches, on les laisse encore quelques jours dans la couche, et on les place ensuite dans une serre dont la température sera de 1 0 à 1 2 degrés Réaumur ; on les y laissera douze à quinze jours, au bout desquels les boutures seront assez fortes pour être transplantées.

La terre qui leur convient le mieux, est composée d'une partie de détritus de feuiUes, de deux parties de terreau de fumier et d*une partie de sable. On donnera aux jeunes plantes des pots proportionnés à leur taille et on y ménagera un drainage facile. Une fois transplantées, on les placera dans une couche doucement chauffée où elles commenceront bientôt à pousser sans perdre l'habitude de Tair, On devra aussi, pour obtenir plus promptement des plantes touffues, pincer les extrémités des pousses.

Une fréquente transplantation est aussi très-avantageuse ; mais pas après le mois d'août^ parce qu'alors la plante continuerait de pousser et donnerait difficilement des fleurs ; on suspendra aussi le pincement des extrémités. Il est à remarquer qu'il est important, pour la bonne réussite, d'aérer lorsque le temps le permet, et de tenir la plante médiocrement humide. Lors delà deuxième transplantation, la couche chaude ne sera plus nécessaire, et on se contentera de placer la plante dans une couche froide ou dans une serre bien aérée. Les nuits deviennent-elles plus fraîches, on rentre les plantes

dans une serre chauffée à 1 0 ou 1 2 degrés Réaumur, dans un emplacement bien exposé au soleil; elles ne tarderont pas à montrer des boutons et ne cesseront plus de fleurir deptiis novembre jusqu'en avril.

A cause de sa riche floraison , cette plante privilégiée mérite d'être recommandée à tous les amateurs et doit trouver sa place dans toutes les serres. On en peut juger par le M. naudinianum figuré pi. VII, année 1862 de ce recueil.

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