nanus
Buisson ardent.
Houx.
Fragon.
Confondus sous le nom d'Ajonc.
Sur ce nombre assez grand d'espèces propres à former des haies, quelques-unes peuvent être souvent employées ; les
autres seulement dans des conditions particulières que je signalerai en les passant successivement en revue.
Cratœgtis oœyacantha. Aubépine, Très-généralement employée pour la formation des haies, l'Aubépine se prête admirablement à la taille. Presque tous les terrains lui conviennent, sauf les sols arides, et elle accepte mèxneles situations ombragées. Mais, dans les terres fortes, elle est peu défen* sive ; elle tend souvent à se dégarnir du pied, ou au moins elle laisse, à sa base, des vides qui deviennent bientôt des passages. A cette espèce, nous devons joindre le Cratœgus monogyna de Jacques^ espèce souvent con|ondue avec le C. oayya' cantHa et dont Temploi est absolument le même. On a voulu, il y a quelques années, préconiser l'emploi d'une variété encore très-épineuse et présentant ses épines réunies en faisceaux, mais il n'est évidemment pas possible de recourir à l'emploi de greffes quand il s'agit de haies. L'Aubépine ou Épine blanche, se plante à 1 0 centimètres de .distance^ sur deux ou trois rangs; le plan d'un an vaut de 6 à 8 francs ,1e mille; celui de 2 ans de 10 à 12 francs.
Prunm spinosa. Prunelier. On pourrait, souvent, en tirer un meilleur emploi que de l'Aubépine, dans les sols très-secs, arides et brûlants. Il ne faut que le tailler souvent, pour le forcer à donner des branches à la base; comme les arbres de nos grandes routes, cet arbuste à le grand avantage de supporter la poussière. Mais le Prunelier trace beaucoup, et il est bien préférable, quand on veut en former des haies, d'avoir recours aux semis de noyaux; cet inconvénient de tracer, très-grand dans bien des cas, devient presque une qualité dans d'autres, en as- .surant dans les très- mauvais sob la perpétuité d'une trèsbonne clôture. L'Épine noire, en plant provenant de semis vaut 25 fr. le cent.
Alph. Lavallée.
(A continuer,)
Pirls. — lap. de B. Doiwiu», rae CsMlte, 9.
CHRONIQUE
Nouvelle inéUiodo de cnlture de ChampigooB; procédé iQCooou; les spores de Champignon ne germent pas; lee agarics d^une eavc de marchand de vin; théorie de )a parthénogenèse ou production de fniHs fertiles sans fécondation; sa conséquence ; ses erreurs; un pied femelle de mercuriale qui porte des fleurs m&les, ce qui détroit Vé^to parthénogénésien; le Cereiis Berlini; un bouquet de fleurs du printemps au mois d'octohro.
Il y a Jeux ans, un médecin-photographe, présenlait à rAcadéinie des sciences de magniGques et vohimineux agarics comestibles^ provenant, disait-il, d'un nouveau mode de culture praliqut^ par lui, et qu'il faisait connaître dans une note, dont qtielques extraits ont été publiés dans les Comptes rendus de l'Académie: Ce nouveau mode consistait à recueillir, sur des plaques de verres, les spores du Champignon, à les faire germer sur ces plaques, et à choisir ensuite les individus les plus propres à la végétation, pour les placer sur un terrain préparé avec du sable-gravier et des plairas, ptiis aies arroser avec de l'eau contenant de Fazotatede potasse.
Cette présentation fît quelque bruit dans le monde agricole et horticole; les journaux politiques mêmes, en enlretinrent leurs lecteurs, et V Harticxilteur franraisj après bien des hésitations, a fini, lui aussi, par mentionner celte importante découverte (1), qui lui paraissait entachée de quelques diflîcullés: la première éiaitla germination des spores sur une plaque de verre; la seconde le choix à faire des individus germes les plus propres à la végétation.
À cette époque nous aurions bien émis un doute sur la possibilité de cetle opération microscopique ; mais le fait avait été porté devant des hommes sérieux ; une cojnmission avait* même été nommée, et on n eût pas manqué de nous traiter d'esprit malfaisant, indiscipliné, etc., etc. Nous avons donc fait
(<) Voir année ««61, page nt.
Novembre 4863« 51
mention de la découverte du D' liabourdette sans réflexions, comptant sur les expériences qui devaient être entreprises, — disait une note insérée aax Bulletins de l'Académie des sciences, — par rinventeur et un chimiste distingué, M. Clofiz, pour jeter la lumière sur les points obscurs de la question.
Deux années &e,S(mt écoulées depuis la présentation dé ces Ghampignobs^ et les Bulletins académiques n*ont fait connaître aucun résultat des expériences tentées.
Plusieurs de nos lecteurs ont essayé cette nouvelle cnlturc^ mais en vain ; ils en ont été pour leurs irais de transport de plâtras, d'achat de microscope pour choisir lesindividus en germination, car jamais ils n'ont vu germer la moindre spor:\ De là les nombreuses lettres qui nous ont été adressées, dans lesquelles ou nous demande des renseignements sur la manière de faire germer ces spores, et de les prendre ensuite sur la plaque de verre; opération assez difficile^ en effet. Voulant répondre H nos honorables correspondants en connaissance de cause, j'ai essayé de faire germer des spores, mais sans le moindre succès; ce qui donnerait raison à quelques cryptogamistes, qui prétendent que les spores de Tagaric comestible ne germent qu'après avoir passé par les intestins de certains animaux. De guerre lasse, et ne voyant rien venir du côté de l'Institut de France, je me suis adressé directement à M. Cloëz, qui m'a déclaré n'avoir jamais vu les cultures de Champignons de M. Labourdetle, et être tout à fait étranger à la découverte du savant docteur.
Les expériences, dont parle la note des compieH rendus de l'Académie des sciences, et pour lesquelles il est cité, n'jnt paseulieu; il lui a été impossible d'obtenir les renseignements nécessaires pour commencer les opérations . M. Labourdette ne pouvait plus les fournir, u-t-il dit, ayant traité avec une compagnie financière, pour l'exploitation de la culture du Champignon sans fumier ni mycélium. Ce refus, qui Tient
apoiès une eooniUfiiDatîûa à F Acadéoûe dea «oî^^Dces, est afitaz aingulier. Qooi qu'il en âoît, le Cbampigiioii de couche peut tfèg-bien croître sans fumier. On le leodootre souveui dans lea allées sableuses des parcs, et, deruièremeut^ ou m'a montré uh groupe de cet agaric, proveDaut de la oave d'un marchaadde ¥În d« quai Vaimy, où il croit naturellement) et dcmt les iodivi* dus peuvent lutter avantageusement arec ceux obtenus par le procédé de spôreSj qu'il faut choisir parmi les individus les plus pro|Mres ù la y^^étation ; je doute que ce procédé puisse produire plus beau. Que nos lecteurs ne s'abusent pas plUa longtemps ; ils n'obtiendront jamais de Chasnpîgnons en faisant les spores sur des plaques de verre.
On prétend que le V Labourdette a mal vu; c'est très* possible ; dans les sciences on se trompe quelquefois.
Ainsi, il \ a qodques années, on S'^est beaucoup oocupé de la vieille théorie de la parthénogenèse ; thé<me en vertu de laquelle on arrivait à conolure : que Dîea aurait pu se dispenser de créer la moins belle partie du genre humain, sans nuire le moÎM du monde à la multiplication de l'espèce humaine. Cette magnifique théorie a commencé à se faire jour, sous le r^gne de saint Louis, au sujet d'un jugament rendu contre un brave croisé, qui, après plus de neuf mois de séjour dans le pays des infidèles, trouva chez lui, au retour, un tout jeune héritier qu'il ne voulait pas reccmnaltre ; le tribunal déclara, en vertu de cotte loi, que la mère était restée fidèle a la foi jurée, et que l'épome restée vertueuse avait droit au respect de son é|)Oux. Cette belle maxime, attestée par les doctes médecins de r^oque, fut appuyée, par eux, d'uue singulière preuve; ils dtèpent, en effet, comme exemple, d'après Hippocrate, je çrois^ des jnments «qui avaient procréé saus les formalités d'usage« ' De nos jours on ne cite pas d'aussi beaux faits à l'appui de cette théone par laquelle la fécondation nesl pas nécessaire i >ur déterminer la formation de l'embryon végétal ; on se
contente de signaler des pieds femelles séque»tréS| de Chanvre, d'Epinard, deBryone, de Mercuriale, et de quelques autres piaules dioiques qui ont fructifié sans fleurs mâles. C'est un nommé Spallanzini qui soutint le premier, très- vigoureusement, cette doctrine. Après lui, vint M. Lecoq, le grand hy brida leur actuel ; dans une thèse qu'il a soutenue à Técole de Phnrmaicie de Paris, en 1827, il développe le même principe, mais sans beaucoup de sudcès. Enfin, un botaniste anglais, JohnSmith, fit connaître une plante dioique de l'Australie, le Cœhbogynej dont un pied, femelle, cultivé dans les serres du jardin de Kew, produit, chaque année, de bonnes graines : selon lui, c'est la preuve la plus irréfutable en faveur du phénomène de production sans fécondation, puisqu'il n'existe aucun pied mâle en Europe.
Ce fait avait pris une certaine consistance, quand M. Seeman fit connaître, à son tour, que les graines de ce fameux Cœlobogyfie ne renferment pas d'embryon, mais un bourgeon d'organes folliaires comme dans certains allium. Avant cette époque, un botaniste avait trouvé un grain de pollen sec sur le stigmate de cette plante, mais sans en tirer conséquence ; plus tard, un autre vit un tube pollinique placé au contact du sac env bryonnaire de la même espèce, et M. Bâillon, le savaut auteur de VAdansoniaf rencontra, en étudiant ce Cœlabogyne, un organe qu'il crut reconnaître pour une étamine anormalement développée dans l'intérieur d'une fleur femelle. Le monument élevé à la glorification de la production virginale commençait à être quelque peu ébranlé; M. Bâillon se mit en recherche, et bientôt il put constater que les Cœlobogyne portent presque toujours des fleurs mâles ; ce fait fut complètement confirmé par M. Karsten, botaniste allemand, et l'éveil ainsi donné fit tomber une avalanche de pieds femelles, portant des fleurs mâles, de Chauvine, de Bryone, d'Epinard, de Mercuriale, etc., sous laquelle s'est engloutie la doctrine parthénogénésienne. Je viens à mon tour
donner un coup de marteau à cette théorie aussi illogique qu'irréligieuse. Dimanche dernier, j'ai trouvé, en efiet, dans ]e parc de Guitrancourty près Mantes, un pied de mercuriale annuelle, espèce dioique (fleurs unisexuelles séparées sur des pieds différents), et sur lequel néanmoins se trouvaient réunies les deux sortes de fleurs^ mâles et femelles, et à peu près dans les mêmes proportions. Si ce pied se fût trouvé renfermé isolément dans une serre, et qu'il eût été aperçu seulement à l'époque de la maturation du fruit, j'aurais crié au miracle, car, à ce moment, les fleurs mâles qui ont opéré la fécondation n'existent plus, et je serais devenu l'admirateur le plus respectueux de la dame du malheureux croisé. Ce pied de mercuriale monoïque m'a donc prouvé que j'aurais eu tort; que les parlbénogénésiens se sont trompés ; qu'il n'y a pas, et ne peut y avoir, de reproduction sans fécondation ; que les pieds femelles producteurs séquestrés, et observés par les partisans de la parthénogenèse ont été mal étudiés, qu'ils portent toujours, dans ce cas, quelques fleurs . mâles qui fécondent les ovaires. Enfin il m'a éclairé sur le danger qu'il y a de formuler trop vite son opinion et sa croyance au sujet des faits surnaturels isolés ; on fait, comme M. Labourdette, et comme j'ai fait moi-même; on se trompe, et souvent on ne veut pas l'avouer.
Telle n'est pas ma manière d'être : quand on me prouve que je me suis trompé, je m'empresse de le reconnaître. Exemple :
Dans ma dernière chronique, je termine mon compte rendu de l'Exposition de Paris, par une phrase non achevée, faute d'espace, qui se rapporte au pied de Cereus Bertini\ dans lequel tous les connaisseurs avaient reconnu, comme moi, tout* autre chose que l'espèce type représentée par un individu desséché.
M . Gels, Texposant, est venu réclamer au sujet de ma phrase, et m'a démontré, théoriquement, que l'individu était bien du Cermis Bertini. « Si vous aviez mis vos lunettes, m'a-t-il dit,
voiTs satiez reconnu ses épîfies oncktées, et tous les antres caractères de cette espèce. » Je n'avais pas de limettes, et la plante était trop éloignée de mes yeox ponr leur laisser voir ses épioes oncinées ; mon erreur est donc pardonnable. Nos lecteurs qui s'intéressent afin plantes de cette famille trouveront la note qui nous a été remise par M. Cels, sur rhistoriqne et les caractères de Cercii^Bertmt, à la page S551.
Terminons par un bouquet. De ce que la nature se dépouille de sa verdoyante parure, ne croyez pas, lecteurs^ que vous êtes condamnés à la privation de fleurs jusqu'au printemps prochain. Si le soleil quitte la scène produetnee, le charbon de terre re* prend son rôle, ponr qn'il n'y ait pas relâche au théâtre de Flore. C'est grâce à loi qu'ont eu lieu, ces jours derniers» les premières présentations de la Violette, des Camellias, et du Lâlas blanc, accompagnés d'Asperges pour petits pc^s. Aussi je te pardonne, 6 homme ! ton excès de vanité. Dieu a créé les plantes, et toi, tu les fais fleurir à contre -saison ! Mais c'est chose si çîmple, après tout, que je n'y vois pas grand mérite !
F. Hérïncq.
GLOXINIA NOUVEAUX (Pl. XXI),
M. Chantin, horticulteur, rouie de Châtillon, Paris, possède une jolie collection de G/oa^mia erecta , composée, en grande partie, de variétés provenant de ses semis. Parmi les nombreuxgains inédits dont nous avons admiré les fleurs Télé dernier, nous avons remarqué, particulièrement, les deux variétés figurées planche XXI, et qui ont un certain mérite.
Gabrielle Delessert est cette charmante fleur rouge carminé vif sur le milieu du limbe^ dont la teinte se dégrade en rose sur les bords, et se condense, au contraire, en rouge carmin foncé autour de la gorge, pour former une sorte d'étoile; l'in-
teneur du tube est violacé, marqué de lignes plus foncées, et délicatement picturé de rose.
Henriette Chantin&^i la fleur bleu pi^lû sur les bords, plua foncé et nuancé de violet, entre les cinq larges macules blan-* ches disposées en étoile à la base des lobes, et autour de Tori fice du tube qui est violette.
Ce sont donc encore deux charmantes variétés à ajouter ti celles qui coptiposent cette grande et belle section des Gloxinia à fleurs dressées