A NOS ABONNÉS
Le succès toujours croissant de V Horticulteur français nous permet, encore une fois, d'augmenter le texte de ce recueil, sans augmentation du prix de l'abonnement. A partir de janvier prochain, chaque numéro sera de 32 pages au lieu de 24 ; soit une augmentation de 8 pages par livraison, et 96 par an .
Nos abonnés peuvent juger par là de notre désir de leur être agréables, en apportant des perfectionnements à notre publication, chaque fois que des circonstances favorables le permettent. Il dépend donc de nos souscripteurs de voir se renouveler ces perfectionnements, en nous aidant de leur concours dans la propagation du journal auprès de leurs amis. En faisant, par exemple, chacun un nouvel abonnement par an à Y Horticulteur français, ils mettraient bien vite l'administration en état d'apporter de nouvelles améliorations, soit dans le texte, soit dans les planches, qui pourraient peut-être aussi un jour être augmentées . Toute notre ambition est en effet de produire, avant tout, un jounral utile aux intérêts de Thorticullure de France et à ses abonnés.
Outre cette augmentation de texte, l'administration du journal offrira gratis en prime, aux anciens souscripteurs et aux 100 premiers nouveaux pour 1864-, le calendrier de Y Horticulteur français^ charmant almanach de cabinet^ encadré de délicieuses vignettes de fleurs coloriées, véritable petit chef d'œuvre de peinture, qui ne sera pas déplacé dans le salon ou le cabinet d'un amateur d'horticulture. Cet almanach sera envoyé /ra/ico avec le numéro de janvier 1864.
E. Don > AID,
propriétaire-éditeur.
ik(xmbre 4863. t3
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Une bonne idée d'un prévôt des marchands ; une nouvelle soeiété d'horticulture à Hyères (Var) ; l'idée du prévôt, mise à exécution par radministra* Uon municipale de Paris; création d'un nouveau marché aux fleurs; une idée à notis; au sujet des marchés aut fleurs à Paris; un petit palais de cristal, pour remplacer les caves du quai Desaix | deux livres nouveaux : Le fraisier^ par M. le comte Léonce de Lambertye, et Le$ Fleurs de pleine terreyi^BT Vilmorin- Andrieux. Rectification : Spallanzani et non Spallaiiiini.
Henri de Mesmes^ prévôt des marchands de Paris, sous le règne du roi Louis XII surnommé le Père du peuple f disait qu'il fallait « favoriser Taffection du Parisien pour les fleurs et la musique^ à cette fin d'émousser ses aspérités de batailleur, i De tous côtés^ on cherche à metti^e aujourd'hui la pensée de de Mesmes à exécution : l'étendard de l'orphéon flotte dans presque toutes les villes et villages de France, et chaque département à, au moins, une Société d'horticulture . Le Yar n'avait pas, jusqu'à présent, de Société horticole proprement dite; le jardinage formait une simple section du Comité agricole de Toulon. Quelques notabilités delà ville d'Hyères viennent d'en constituer une sous la présidence de MM. Germain de Saint- Pierre et Denis ; les membres de cette nouvelle Société d'horcultnre et d'acclimatation végétale d'Hyères ont profité du passage de S. M. l'Impératrice à Toulon, pour lui demander sa haute et puissante protection^ qui a été gracieusement accordée. Nous espérons beaucoup de cette Société. Les deux hommes éminents qui la président sauront, nous n'en doutons pas, donner à ses travaux une direction large et libérale, qui permettra à tous de profiter du résultat* Hyères possède un climat très-doux ; par ses études d'acclimatation végétale, la Société peut rendre d'utiles services à Thorliculture. Une première exposition doit avoir lieu , le 6 jnars prochain, dans le jardin si justement renommé de son vice -président, M. Denis; nous faisons des vœux pour son succès.
L*admiiiistration municipale de Paris paraît aussi s^étre rappelé la pensée du prévôt des marchands ; elle semble vouloir favoriser l'affection du Parisien pour les fleurs . Il serait qnes^ tion, en effet, de créer un nouveau marché aux fleurs sur Favenue Richard Lenoir, près la place de la Bastille. Paris aurait alors cinq marchés : au quai aux Fleurs* à la Madeleine, au Château-d'Eau, place Saint-Sulpice et avenue Richard. Nous applaudissons à cette nouvelle création^ mais nous applaudirions davantage «^ l'érection d'un marché couvert, qui pourrait alors devenir permanent . Bien que n'appartenant pas à l'illustre corporation des ci-devant poissardes, les marchandes de fleurs^ plantes et arbres, méritent cependant d'être protégées contre les intempéries atmosphériques tout aussi bien que mesdames les marchandes de crevettes. Sous Tadministration du comte de Rambuteau, il avait été question de couvrir l'emplacement du marché au quai Lepelletier : il serait digne de Tadministralion qui a créé de si jolis squares de mettre ce projet à exécution. Dans l'état actuel des clioses^ Paris sans halle aux fleurs est une monstruosité sans nom. Les étrangers qui admirent le palais aux poissons, ne pourront jamais comprendre que les fleurs se vendent, pendant Thiver, dans les hideuses caves, des maisons des quais Desaix et Napoléon. Puisqu'il est question d'abattre les maisons comprises entre la rue de la Cité et l'hôtel du tribunal du Commerce, ne pourrait-on pas établir sur ce terrain un marché couvert , une sorte de serre, dont le peu d'élévation ofiriràit un dégagement salutaire au tribunal du Commerce?Paris aurait ainsi son petit palais de cristal, imité de celui de Sydenham ; la capitale de la France est asse» riche, il me semble, pour se donner ce luxe ! Depuis que les fleurs sont devenues rornement indispensable des appartements, un marché couvert est une nécessité; car les plantes qui se vendent pendant l'hiver sont toutes dos plantes de serreii. En créant un pareil marché, l'administration municipale fa-
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voriseraity non-seulement YaffecHon du Parisien poor les fleurs, maïs encore une branche importante de Tindustrie parisienne, dont les intérêts se sont trouvés un peu lésés par la construction du tribunal du Commerce sur une partie de remplacement de l'ancien quai aux Fleurs.
Eq attendant la solution d« cette importante question, annonçons les faits accomplis. Deux livres nouveaux viennent de paraître, et sont signés de noms qui les dispensent de toute recommandation , le premier est intitulé : Les Fleurs de pleine terre^ par Vilmorin -Andrieux, et le second : Le Fraisier , par M. le comle Léonce de Lambertie.
Le livre de M. de Lambertie est divisé en trois parties : la partie botanique, consacrée à la culture et <i la description des espèces types ; à celles de 40 variétés les plus propres à la culture ; à la distribution géographique des Fraisiers. La seconde partie comprend l'histoire de la culture du Fraisier, depuis la fin du xvi* siècle jusqu'à nos jours. Enfin la troisième est relative à la culture à Tair libre et à la culture forcée et hâtée. Le talent éprouvé de Fauteur est trop au-dessus d'éloge pour que nous nous arrêtions à vanter le mérite de son œuvre, qui n'a nul besoin, du reste, de notre recommandation.
Le nouveau volume d'horticulture publié par la maison Vilmorin est un ouvrage fort utile. Nous regrettons qu'un travail de si longue haleine porte une signature , je puis dire, des plus vagues ; car le nom illustre de Vilmorin, sous lequel il est publié, ne peut malheureusement plus être inscrit que comme celui de la raison sociale d'une maison de commerce. Je regrette que les auteurs de ce traité ne soient connus que par l'introduction ; je ne doute pas que le nom de M. Veriot, l'intelligent et laborieux chef de TÉcole de botanique du Muséum, n'eût donné un plus grand prix à l'ouvrage. Relégué dans une préface, il reste dans 1 ombre et dans l'oubli, ainsi que celui de son collaborateur M. Oehlkern, chargé de la' culture.
c Nous nous plaisons, dit cetie préface, à reconnaître la part importante que M. Yei^lot a prise à ce travail; nous lui devons la rédaction générale et particulièrement les descriptions bo^ ianiques. » Cette déclai^ation me parait un peu naïve ; car enfin, après la rédaction générale et les descriptions^ il ne reste guère autre chose que la couverture, Tindroduction et la table; Quoi qu'il en soit, le volume dont la maison Vilmorin s'est faite réditeur, est essentiellement pratique. Quelques pages du commencement du volume sont consacrées aux soins à donner aux plantes annuelles et vivaces, semis en place, en pépinière sous châssis, repiquage, bouturage, etc.; puis viennent les descriptions et cultures des plantes par ordre alphabétique • Enfin des listes destinées au choix des plantes pour Tornement, suivant leurs couleurs, leur port, leur habitat, etc., listes qui ont en tant de succès dans la brochure publiée sous le titre : Instruction» pour les semis de pleine terre. Les dernières pages relatives à la disposition des plantes, pour les harmoniser entre elles et pour les placer dans les conditions les plus capables de les faire valoir, sont en outre accompagnées de plans de quelques parterres. Nous y avons retrouvé une partie de l'enseignement du savant professeur du Muséum^ M. Decaisne, qui a si puissamment contribué à développer ce goût bien supérieur avec lequelon composeaujourd'huiles corbeilles et les plates*bandes.
En résumé, le volume : Les flewrs de pleine terre est un excellent ouvrage (1), pratique avant tout, et dont la vogue ne peut être douteuse. Son format^ celui habituel aux publications de la maison Vilmorin, offre le grand avantage de le rendre très*portatif ; aussi devons-nous le recommander avec assurance à nos lecteurs, et remercier les deux auteurs qui y ont consacré tant de talent.
Bien qu'il n'entre pas dans l'habitude des journaux de rec-
(h) Un Tolumc in-4î, choz Vilmorîn-Andrieux, quai de la Mégisserie. Prix : 7fr.
tifier toutcfs les fautes cT impression qui se glissent si souvent dans leurs pages, je crois cependant devoir en rectifier une, qui se trouve dans ma dernière chronique, à la page 244, ligne 4. Leeompositeur à mis un^pour un a, ce quifaitSpallaozini au lieu de Spallanzani, nom d'un naturaliste du italien, siècle dernier, élève^es Jésuites et qui, outre sa fameuse théorie de là j^oduction saiis féeondition, dont nons avons parlé, a sou^ tenu cette autre non moins fameuse théorie : que les escargots ffuillotinés se refusaient une tête, comme le lézard se refait une queue; mais quel est le savant doué d'une imagination un peu rivcy qui n'a pas enfanté au moins deux hérésies ! F. Hérimcq.
FUCHSIA NOUVEAUX (Pl. XXIII).
• 1 Jean Verschaffelt; 2 Nardy frères; 5 Président Boisduval;
4 Auffuste Zambitz.
L'horticulture naneéenne s'est placée, dans ces dernières années j presque au premier rang dans l'art horticole ; elle est lè siège d'untravailpermanent d'hybridation, qui produit, dans presque tous les genres, une prodigieuse quantité de variétés nouvelles, parmi lesquelles les semeursn'ont que l'embarras du choix. M. Lhuillier est un de ces heureux producteurs ; il nous a envoyé, l'automne dernier, quelques-uns de ses nouveaux Fuchsia, dont les fleurs étaient encore en assez bon état de conservation pour nous permettre de les faire dessiner. Ce sont eux que nous figurons dans ce numéro.
Jean Verschaffelt (fig. 1). Fleur très-pleine; calice rouge trèsvif, à revers des sépales rose tendre: corolle blan cpur à pétales obovales, d'un diamètre qui atteint souvent 40 millimètre?. Très-belle plante.
Nardy frères (fig. 2). Fleur très-pleine ; calice rouge trèsvif, à tube allongé ; corolle d'un beau blanc de neige à pétales parfaitement imbriqués. Plante vigoureuse et florifère.
Président Boisduval (fig. 3). Fleur très-pleine, atteignant
50 milUinètres de diamètre ; talice rouge éoarlate ; eoroUeUanc par, à pétales légèrement veinée de eannm, obovales spatolis échancrés en cœur. Planf e vigoureuse et naine*
Auguste Zambitz (fig. 1). Fleur pleine ; calice à tube court, sépales rouge écarlate, de 40 millimètres de longueur, redressé; corolle blanche, à pétales longs de 25 millimètres, spstulés, légèrement veinés de carmin à leur base. C'est par erreur que notre planche porte Gustave Zembit.
Ces quatre nouveaux gains seront livrés, au 1*^ janvier prochain^ par M. Lhuillier, horticulteur, faubourg Saint-Pierre à Nancy (Meurthe), au prix de 10 francs l'un.
On pourra trouver certainement im grande différence de grandeur entre les fleurs de notre planche et les fleurs d'autres variétés de Fuchna, figurées dans les journaux anglais. Cette différence ne prouve pas que les variétés anglaises ont les fleurs plus grandes que les variétés françaises. En] Angleterre on élève des Fuchsia pour obtenir des fleurs à faire figurer. La plante n'est élevée que sur un jet^ qui se développe vigoureusement et auquel on ne laisse que 4 fleurs à son extrémité^ où elles acquièrent alors une dimension extraordinaire. En France nous ne possédons pas encore ce raffinement , et nous en féU citons nos horticulteurs. 0. Lesguybr.
ZINNIA A FLEURS DOUBLES (Pl. XXIV).
Les Zirmia sont des plantes annuelles de la famille des Composées^ toutes originaires de T Amérique méridionale , le plus grand nombre d'espèces appartenant au Mexique * Le nom de Zinnia est une dédicace de Linné en Thoqueur de John Gottfried Zinn, professeur de botanique à Gottingue, mort en 1759. Le port de ces plantes est un peu roide; les tiges sont dressées simples ou rameuses^ à rameaux redressés, presque appUquéSf et les feuilles sont opposéesi simples^ entières. Les
fleni^s forment des ôapitules radiées, ou eu soleil ; le calice oomaïun ou iiiTolucre, est composé de plusieurs écailles ovales, bordées de noir, et imbriquées. Les fleurs de la circonférence sont ligulées nombreuses, étalées, formant les rayons du disque central composé de petites fleurs tubuleuses, iusérées sur un réceptacle très*saillant^ conique et quelquefois même cylindrique; ces petites fleurs sont invariablement jaunes, tandis que celles de la circonférence offrent des variations dans leur couleur. Elles sont rouges dans le tenuiflora et le mrticillala; pourpre obscur dans Vhyfyii.da ou grandi flora /jaune canari dans lepowciflùi^a ou lutea; jaune " orange dans le Ghiesbreghtiy ou Meancanay espèce nouvelle, très-différente de ses congénères. Le mutiflora les a rouge écarlate dans la variété rvbra, et jaune plus ou moins foncé dans la variété ftava ; mais c'est dans le violacea de Cavanilles, que Jacquin a appelé elegans, que se trouvent les plus beaux coloris et la plus belle forme ; aussi est-ce sur cette espèce que les horticulteurs ont porté leur altenti(H3,et de laquelle ils ont obtenu le plus de variétés.
Le Zinnia violacea ou elegans est d\>rigine mexicaine ; il a été introduit dans la culture européenne vers 1799 ou 1800; la couleur de ses fleurs rayonnantes était d'un violet clair; c'est en 1 829 que la variété coccinée ou rouge écarlate parut dans le journal anglais, Botanicalregister^ sous le nom de coccinea ; la culture produisit ensuite les purpurascens ou pourprée et Yalba^ à ligules jaune paille, à bout blanc. Toutes ces variétés étaient à capitule simple, c'est-à-dire qu'il n'avait qu'une rangée de fleurs ligulées ; les capitules ou vulgairement fleurs doubles, sont des découvertes récentes •
Les premiers Zinnia doubles f urent obtenus en Angleterre, vers 1 855, de graines reçues, dit^on, d(ï l'Inde ; il est certain que les essais tentés on Europe pour les obtenir n'ont jamais abouti qu'à des capitules qui avaient une double rangée de ligules ; il se peut donc qu'ils aient été obtenus dans les Indes. Ce n'est
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que vers ! 860 que nous les avons vus en France; nos premiers semis de 186 i n'ont pas été heureux ; presque toutes les fleurs étaient simples, une sur 15 environ étaient doubles ; c^est ce qui nous a fait garder le silence à leur égard : cette année la race parait mieux fixée; il y a toujours des simples, mais en minorité.
Les fleurs de Zinnia doubles ont^ en général, de 5 à 6 cent, debanteur sur 6 à 8 de diamètre; quelques-unes atteignent le décimètre, mais c'est l'exception. Le nombre de variétés est déjà très-considérable; un amateur anglais en possède et en a décrit "24. La différence réside dans le coloris; on a le violet, le lilas, le mauve^le pourprei Técarlate, le rose, le jaune, Tisabelle, le brique, le saumoné et d'antres teintes intermédiaires.
Les Zinnia doubles sont des plantes très-remarquables et trèsornementales, qui fleurissent de juin à octobre ; chaque fleur a souvent une durée de près d'un mois, ce qui lui assure une place dans les bouquets. Il faut à ces plantes une bonne terre meuble, un peu fraîche, et une exposition bien aérée. Les semis se font vers la fin d'avril au commencement de mai, en terre légère ou sur couche; on repique le plant en pépinière, ou en place, selon les besoins ; les arrosements ne doivent pas manquer pendant les grandes sécheresses, bien que, cependant, ces plantes supportent la sécheresse sans trop souffrir.
A. DE Talou.