‹ L'horticulteur français deChapitre 88 sur 132 · PRUNIER · texte numérisé non relu

PRUNIER

Royale de Tours, étiquetée Bleue de Belgique, etc. Et malheureusement plusieurs fois, etc.^ etc.

Je ne crois pas devoir vous citer les erreurs produites lors de rétiquetage ou de remballage des arbi-es. Ainsi on nous a envoyé Zéphirin Grégoire sous le nom de Rousselet Yanderweken, et M. de Jonghe nous affirme que cette dernière existe réellement.

Nous livrons ces quelques observations à nos amis du Congrès pomologique. Probablement qu*il en sortira de nouveaux synonymes qui viendront en grossir la Uste déjà trop chargée.

Votre dévoué serviteur, Charles Baltet,

Horticultear à Troyes.

LES CONIFÈRES DANS LES JARDINS D'HIVER (suife).

Sapin Epicéa f connu aussi sous les noms de Pesse, Epicéa, Sapin

élevé, en latin Abies excelsa.

Le Sapin Epicéa est un arbre magnifique, s^élevant jusqu'à quarante mètres; sur trois ou quatre mètres de circonférence^ parfaitement droit, garni de branches régulièrement disposées, horizontales dans la jeunesse, et devenant pleureuses à Tâge de quarante ans, ce qui lui donne la forme d'une immense pyramide à Faspect mélancolique et sévère. Quant Tarbre est isolé, ses branches se conservent depuis le sol jusqu'au som-

met, et, dans ce cas» il faut bien se garder de Télaguer ; qoand il est planté en massif, les branches inférieures se dessècbent et on peut sans inconvénient les enlever. Getarbrç est rustique au-^elà de toute expression : les chaleurs les plus intenses, comme les froids les plus rigoureux, le trouvent insensible ; il s'accommode des sols les plus arides comme des plus ricbes, seulement sa végétation est plus belle, son accroissement plus rapide dans un sol un peu frais, sans être humide.

Pendant les deux années cpû suivent la transplaotatjk)n« l'Epicéa soufTie et croit peu ; ses feuilles sont jaunes, et Tarbre languijt; mais après la troisième année^ il n'est pas rare da le voir s'élever d'un mètre dans une saison. Dans mes plantations, sur un sol maigre et sec, des Epicéas de ({quinze ans d'âge^ ont dix à douze mètres d'élévation,

D'après mes expériences nombreuses et toujours heureuses, l'Epicéa est le premier des Conifères pour nos contrées. Beauté du port, rapidité delà croissance, richesse delavégétatioui il réunit tout à la fois ; son bois toujours droit, solide et fort, est le plus employé à tous les usages. Les luthiers .en foijit des jlistruments de musique à cordes et les tables d'harmonie des pianos ; toute la boissellerie légère fabriquée dans les Vosges, toutes les boites de confiseurs de TEurope sont de bois d'Epicéa Les plus vastes charpentes, les plus hautes mâtures des vaisseaux sont encore de bois d'Epicéa ; c'est Vapta fretis Albies des Romains.

Les Pins.

Les Kns forment un genre très-nombrmix dans la IsimUe des Conifères : leur caractère distinctif consiste dans les feuilles qui, au lieu d'être solitaires, c'est-à^-dise ^paraes une à une sur les rameaux, comme dans le genre S«pin, iàrment tODjows un bouquet, enveloppé, dans (k sème ,galaa,.ddiii0ttj^ trois, quatre et cinq feuilles»

Pi» du lord W^ipwuith (Piws Ste)t)iii).

la féuSIage d'un 'veiA gai, les f ftuiUei longnAt et Ticorce verte et lisse de eetie espàoe, en £ih]A un en pk» ehannants arhces d'ornement ûp lafainJUe des Ckniièoa :: U est jodif ène dans TÂiaéri^pie eeptentiioii^e^ où il acquiert des |iro(iortioQS <x)lûSMlea« On assoie y avoir ttnoontré des Pins du Loffd de soixante «nètiies d'élévation, et de six mètres 4e «circonférence : cenx qui sont ^plsAt^s dans le jacdin de Tiûuwi, à Versailles, il y a iUoîns d'un siècle, oni déjà près d^nn nètre de diamèt^ sur vn^t mètres de hanteur. Le I^ An Lord est d'une croissance rapide dans un terrain frais et profond ; il ne craint pas un peu d'bujsiidiié ; malhetiffeuaem^, son i)ois tendre et spongieux petmet aux insectes de l'attaquer^ même à r%e de 1^ à 20 «n^^ à tel point que l^juèise pémt .^ lipnt d'un an ou 4eu7, et dans sa plus hàHè végétatian. (Le Scoly* tus typographus, le Sccdylus caleogKaphiiS et le Seolytus U« gui perda» soiA jles plus idévasiateurs de ces insectes.) Les chenilles (du 8oinbyx pini, causent aussi ide 0Daiids dégâts aus feuilles et aux jeunes rameaux.

te Pm Larioio^ ou Eb de Cocse, est nn arbse d'un bel aspect, qui peut acquérir 50 à 40 mètres de hauteur, dont la croissance est fort rapide, et dont la tige se maintient toujours droite et rigide^ lors même qu^il est isolé ; aussi rustique que le Pin Sylvestre^ il lui est préférable par sa belle vernie^ .son beau feuillage et ses plus hautes dimensions^

Pin Silvestre, aussi Pin sauvage. Pin de [Genève, Pin d'Ecosse.

Le Pin Sylvestre est le seul Gonifère qui soit à peu près indigène dans nos contrées : il est commun en France, dans les

Alpes, dans les Pyrénées ; il peut s'élever à quinze mètres, quand il ctoU pressé en massifs ;'quand, au contraire, il est isolé» il devient rameux, diffus et s'élève peu. Mais il a Ta* vantge de vivre un peu malingre et rabougri, il est vrai, dans les terrains les plus arides, les plus secs, les plus brûlants, et il est précieux pour boiser des pentes nues et désolées, dont le 8<d, sans terre végétale^ refuse toute autre production : son feuil* lage abondant, un peu glauque, forme de belles masses, et sa croissance est fort rapide dans un terrain un peu substantiel ; en somme, c^est ime médiocre espèce.

Nous ne parlerons du Pin maritime que pour le proscrire de toute plantation dans nos climats : il n'y atteint que de ché* tives proportions, supporte mal nos hivers rigoureux, et ne rachète ni par son port, ni par sou aspect, tous ces inconvénients. Nous ne dirons rien des Genévriers (luniperusj, dont la plupart sont sensibles au froid, et dont la beauté est pour nous au moins problématique. Nous passerons également sous silence Flf ( Tawus baccata). dont foutes les variétés ont une croissante fort lente, et n'arrivent pas à faire un bel arbre ; leur seul mérite étant de se prêter à tous les caprices de la taille la plus bizarre.

Nous recommanderons cependant une espèce de Sapin (Sapin du Canada), plus connu sous le nom anglais de Hemlock- Spruce, non que ce soit un bel arbre, car il n'acquiert guère qu'une hauteur de cinq à dix mètres , mais parce que c'est la seule espèce de Conifères dont les rameaux soient flexibles et pleureurs, et qu'il peut servir à décorer agréablement le bord des eaux et l'extrémité des grands massifs ; son feuillage est analogue à celui de l'If.

H. G. deLAPLANCHE.

PuU. — Inp. hortieole Je E. Dokhaiu, rae CasMU^, 9.

CHRONIQUE

Persistance da mauvais temps. — Son influence sur la maturité des fruits et sur la TÎgne . — Encore le soufre. — La vaccine végétale pour guérir la vigne nulade. — Fleuraison de la plante qui ne fleurit que tous les cent ans^ TAgave. — Fusion des congrès pomologiques de Lyon et Belges.— Valeur du travail du congrès de Lyon. — Les pommes nouvelles du Siéde. — Fête de saint Fiacre. Saint Fiacre supplanté par Fiore^ Pomone et Gérés, etc.

Le mauvais temps se continue avec une persistance qui fait craindre pour les fruits. Partout il y a abondance , mais la maturité se fait lentement et souvent inparfait^ment. Les cerises cependant ont été d'excellente qualité. Les groseilles à grappes sont, dans certaines localités , d'une acidité qui réjouit les marchands de sucre. Les prunes se fendent d'un côté comme des fruits parfaitement mûrs et sont malgré cela vertes, acides et croquantes. Les pèches commencent à donner^ mais elles sont aqueuses et sans sucre; les abricots ont belle appareuce, mais quand mùriront-ilâ? Dans certaines localités ils pourrissent, en compagnie des poires, et les pommes sont toutes véreuses.

Le raisin, outre le retard et la difficulté de maturation que nous venons de signaler pour d'autres fruits, est, de plus, victime du cruel fléau, l'Oïdium. Nous avons encore constaté cette fois que partout où le soufrage a été fait avec soin et avec de bonne et vraie fleur de soufre le fléau disparaît malgré Thumidité qui est peu favorable à Tévaporation sulfureuse. Le soufre est, je le répète le remède par excellence : il est à Toïdium, ce que le quinquina est à la fièvre.

Cependant, malgré les faits constatés et signalés^ certaines personnes persistent encore à dire que le soufre ne guérit pas la vigne ; il fait disparaître momentanément le mal, disent-elles, mais il ne guérit pas complètement, puisque Tannée suivante, souvent la même année, Toïdium reparaît sur les sujets guéris.

Il est vrai que la maladie reparaît sur les vignes ; car le soufre

4 lir. 1860.

n^a pas la propriété d^^empècher certains phénomènes de se produire dans la nature et qui sont les bauses déterminantes des diverses maladies, dont les hommes, les animaux et les végétaux sont atteints. Mais à ce compte, aucun médicament de là nlédecîne humaine ne devrait être appliqué. Le quinquina si fameux pour combattre les fièvres, ne détruit pas, que je sache, le prin« dpe de la fièvre ; et le malade qu'il a guéri, n'est pas garanti qu'il ne sera plus jamais fiévreux. La saignée qui rappelle à la vie, un homme frappé d'apoplexie, assure-t-elle que ce même homtoe n'a plus à craindre le même accident î Assurément non ! Et pourtant on ne dédaigne pas le quiquina ; on n'hésite pas à pratiquer la saignée dans les cas d'apoplexie. Pourquoi vouloir exiger plus des médicaments et des remèdes appliqués aux végétaux que de ceux employés dans la médecine humaine?

Ce que nous devons exigea de la médecine végétale, qu'on me passe le mot, c'est qu'elle nous donne le moyen de conserver la vie des plantes et qu'elle nous assure la récolte de leurs produits. Or! le soufre satisfait pleinement à celte exigence : il nous conserve la vigne, et nous permet de récolter le raisin, même celui qui a été atteint du mal. — Demander davantage, c'est vouloir l'impossible.

Quelques cultivateurs ont la prétention, je le sais, de préserver la vigne de la maladie, comme on préserve l'homme de la petite vérole. Ils vaccwent cette plante^ en inoculant lejtis du grain malade sur les souches et les sarments!! — Mais est-ce sérieusement qu'on nous propose un pareil remède? Je veux en douter; car, avec un peu de jugement, on reconnaît de suite l'absurdité de cette vaccine végétale.

En effet, il n'y a pas le moindre rapport entre l'inoculaticm du vaccin, qni nous préserve de la petite vérole, et l'inoculation du jus de la vigne malade.

Dans la terrible maladie de l'homme, ce n'est pas le virus de la petite vérole particulière à notre espèce qu'on inocule dans

Ift vaccination ; car, le viras, loin de préserver du mal^ nwÉ le donnerait à Tin^f ant, comme le viras de Ist gale, nous comitio^ qnerait la gaie si on nous rinoculait. — Pour nous préserver de la petite vérole, on nous inocule un virus, contenu dans les . boutons qui se développent au pis des vaches affectées d'une maladie qui leur est particulière, le cowpox^ c'est-à-dire petite vérole des vaches. Mais ce coicpow est très-différent de notre petite vérole^ et par sa nature et par ses effets. Le virus variolique delà vache, c'est-à-dire le vaccin inoculé snr l'homme, détertermine chez l'individu vacciné une l(%ère indisposition , tm peu de fièvre, la supuration pendant quelques jours d'une humeur limpide par l'ouverture de la piqûre faite pour l'inoculation^ et amène, en fin de compte, la formation, à Tendroit picpié^ d'une pustule semblable à celles qui ont fourni le virus qui constitue la maladie propre à la vache, le cowpox : elle diffère, comme on voit, du terrible mal que nous redoutons. C'est donc ce bouton pustulaire, maladie de la vache qui, communiqué à l'homme par l'inoculation, le préserve de notre petite vérole.

Pour la maladie et la vaccination de la vigne, opère-t-on de même? Non! C'est \ oïdium^ c'est le mal nCième qu'on inocule arux sujets déjà ravagés par la maladie ; c'est le grain malade ou le jus de ce grain qui, introduit dans la souche, opère, dit*on, cette admirable cure de la guérison complète de la vigne, et de sa préservation du mal !

Ce n'est pas sérieusement que les auteurs de la vaccine végétale ont publié des résultats satisfaisants deleur découverte. Car ils savent tout aussi bien que nous, que l'inoculation de V oïdium ne peut que produire V oïdium et non le détruire^ puisque, pour qu'il y ait inoculation il faut qu'il y ait reproduction de la chose inoculée.

Tl serait aussi absurde de soutenir qu'on guérit la maladie de la vigne en inoculant le mal au sujet malade, qu'il le serait de

prétendre qu'on peut guérir une personne de la petite vérole, en inoculant, au pied du malade, le liquide séreux oonienu dans les boutons qui se développent sur la figure. La vaccination de • la vigne n'est donc pas une chose sérieuse. Elle peut aller de paire avec la plante qui ne fleurit que tous les cent ans, et dont répanouissement de chaque fleur s'annonce par une détonation aussi forte que celle d'un canon rayé.

Si pareille phénomène se produisait réeUement, les habitants du quartier du Jardin des plantes seraient menacés de la plus affreuse canonnade, car la plante en question est sur le point de fleurir.

Depuis plus d'un mois, en effet, un des deux gros Agave, qui ornent la terrasse des grandes serres du Muséum, développe sa hampe florale, qui a atteint 4 mètres de hauteur. Cette floraison est curieuse. Dans :les premiers jours, on vit sortir du centre de ses longues et épaisses feuilles piquantes, une grosse tige garnie d'écaillés, qui ressembleait à une asperge gigantesque, vue au microscope. Plus tard, alors que cette tige eut atteint à peu près son accroissement en hauteur, apparurent les ramifications sur lesquelles naissent les fleurs, Dans quelques jours les fleurs de l'Agave du Jardin des plantes de Paris seront épanouies, et après, ce sera fini de la plante. De ce magnifique pied qui a peut-être 80 à 100 ans, et qui mesure 2 mètres de diamètre, il n'en restera que la souche souterraine, de laquelle naîtront des petits rejetons, que la génération actuelle ne verra sans doute pas fleurir; car, il leur faudra au moins 60 à 80 ans pour qu'ils atteignent la force de la fleuraison. Ainsi finissent ces plantes qui ne fleiuîssent, dit-on, que tous les cent ans.

Ce qui a donné naissance à celte croyance populaire, c'est que les Ajaves ont une croissance très-lonte dans nos cultures, et qu'ils ne parviennent à Tâge viril, à l'âge de fleuraison, que vers leur 30% 60* et même 100* année. De plus, comme la

plaute meurt aussitôt après sa fleuraison, on ne la voit jamais fleurir ime seconde fois.

Les Yucca présentent le même phénomène ; aussitôt qu'un individu fleurit, son bouquet de feuilles meurt, et c'est sa souche souterraine ou sa tige qui produit des rejetons pour perpétuer l'espèce.

Dans notre dernière chronique, nous disions, au sujet du Congrès pomologique de Lyon, et de celui qui devait se constituer en Belgique, qu'il y aurait avantage, pour la science, à fusionner. M. Charles Ballet nous apprend que la Belgique n'aura pas de congrès pomologique cette année. Il s'est entendu avec M. Royer, président de la fédération des sociétés d'horticulture belges pour qu'une session du Congrès de Lyon soit organisée à Namur en 4862, à l'époque de la grande exposition provinciale. Nos voisins assisteraient à la session de 1861 qui aura probablement lieu à Troyes, ou dans une ville horticole. L'union, ainsi cimentée, sera d'une grande portée pour l'avenir et l'importance du congrès pomologique.

Mais nous répéterons toujours, tant que le travail de ce congrès ne sera que le résultat de discussions, on ne pourra pas le considérer comme sérieux. Pour établir une bonne synonymie, il faut faire une étude approfondie de chaque espèce, sur des types ou individus officiels, et comparer attentivement, et toujours sur les types, tous les individus qui sont présumés appartenir à la même espèce. Construire un tableau synonymique d'après les idées de monsieur k. ou de monsieur B*, c'est, je le répète, un travail à peu près nul; c'est une plus ou moins bonne compilation, ce n'est pas un travail original. Les Allemands critiquent beaucoup les résultats obtenus jusqu'ici parle Congrès de Lyon. Nous ne dirons pas qu'ils ont raison; mais nous croyons qu'il n'ont pas toujours tort. Pour ériger un édifice , il faut établir d'abord sohdement les fondations ; celui qu'on se propose d'élever à Pomone pèche précisé-

ment par la base ; tout ce qui a été fedt jusqu'à ce jour ne repose sur rien de solide. Nous engageons donc les membres influents du Congrès à reprendre en sous-œuvre cet important travail et à rasseoir , cette fois , sur des matériaux officiels , c'est-àdire d'après les types des producteurs. Ce n'est pas facile pour les vieilles variétés, nous le savons ; c'est là précisément ce qui soulève et qui soulèvera toujours les difficultés. Le travail que peut faire avec sûreté le congrès pomologique, c'est la synonymie des fruits nouveaux. Pour ceux-là, il est possible d'avoir les types en s'adressant directement aux obtenteurs. Alors on peut affirmer ou infirmer, par la comparaison, la nouveauté du fruit. Quant à la qualité, si le congrès craint de s'attirer les reproches des fabricants, il peut très-bien laisser à d'autres le soin de la constater. La chose importante, pour le moment, est de déterminer, type en main, si le fruit est ou n'est pas nouveau. Attendre plus tard, on se trouvera en face des mêmes difficultés que pour les anciepncs variétés ; les types seront perdus, et Tobtenteur pourra contester TidepUté des surjets qui lui seront présentés, conmie appartenant au gai|i qu'il a livré au commerce, si ce gain est reconnu n'être qu-une variété ancienne.

En i^it de fruits nouveaux, on vient de découvrir des Pommes, qui certainement doivent être pourpnnées par toutes les sociétés d'horticulture de France à cause de leur précocité. ]^les mûrissent à l'époque de la fleuraison de l'aubépine! et c'est M. Pierre Talrich, rédacteur du Siècle, qui en a fait la découverte récente dans Ipç PyréujSes}, entre Prades et Molitg. Voici conunent cet habile écrivain nous signale son importante trouvaille, dans le n. 9276 du journsil i^us-cité :

« La route, ditril, était littéralement éclairée par des myriades de Lucioles^ qui avaient converti en buissons ardents les Aubépines en fleur 1...

» L^ vûiwrp suivait la riye drç>\\e d'une petite rivière bai-

gnant çà et là des prairies ombragées» ou plu{6t éniailléca de gros Pommiers qui reposaient fareueusemetil dans Fherbi, comme en nne corbeille de verdure, leurs rameaux surchargés de fruits rouges, jaunes, roses, ou blancs t^UI

N^est-ce pas charmant des Pommes en môme temps que de TAubépine I et surtout quand ces Pommes surchargent des rameaux de Pommiers qui émaillent paresseusement des prairies ! Franchement je n'ai pas encore rencontré aussi fort. Je connais des auteurs qui ne craignent pas de dénaturer Thistoire pour faire naître des situations dramatiques ; mais je n'ai vu aucun 1 oëte forcer la nature aussi niaisement, c'est le mot, pour arri* ver au vaporeux de la phiase insipide. Et on appelle cela écrire pour instruire le peuple ? Pauvre peuple l...

Bienheureux Scudéri^ dont la fertile plume

Peut tous les mois sans peine enfanter un volume !

Tes écrits, il est vrai> sans art et languissans^

Semblent erre formés en dépit du bon sens ;

Mais ils trouvent pourtant, quoi qu'on en puisse dire.

Un marchand pour les vendre^ et des sots pour les lire.

Mais ne nous égarons pas en de vaines digressions; le Français, quoi qu'en dise Boileau, sera toujours le peuple le plus spirituel du monde. Suivons-le donc un instant au milieu de ses plaisirs folâtres.

I^ Saint-Fiacre a été fêté cette année, à Paris, d'une manière inaccoutumée. Elle a fourni, à quelques célébrités, l'occasion de développer toutes les richesses de leur imagination. Autrefois les horticulteurs parisiens fêtaient modestement leur patron. Chaque quartier avait sa confrérie. Les membres se rendaient à l'église derrière la bannière de saint Fiacre pour entendre la piesse, et après cette cérémonie on se livrait au plaisir de la table en petit comité. Cette fête avait un certain cachet religieux ; c'était bien saint Fiacre qui était fêté toute la jourpée.

depuis V introït delà messe jusqu'au dernier refrain du souper, c Nous quitterons*nous sans boire un coup ! »

Aujourd'hui, les choses sont changées ; autre temps, autres mœurs. Saint Fiacre n*aété qu'un prétexte; ce sont des déesses du paganisme qui ont été les héroïnes de la fêle. Les jardiniers du Bois-de-Boulogne se sont rendus cette année à Téglise de Passy, derrière un c char allégorique, richement décoré, représentant l'horticulture parisienne, sur lequel seront (je copie ici textuellement le programme) groupées toutes les nouvelles introductions, représentées par des personnages animées, sous la haute présidence de Flore, Pomone et Cérès. » (!!!)

Mais il parait que le bouquet monumental, formé par ces nouvelles introductions, a dû rester à la porte de l'église; quelques personnes disent que c'est parce qu'il était trop monumental, d'autres prétendent que c'est parce que la conscience du curé a été effarouchée, à la vue des charmantes drôlesses qui, usurpant le trône de saint Fiacre, représentaient les déesses sous la haute présidence desquelles ce bouquet était placé. Le fait est que ce cortège devait plutôt ressembler à une mascarade qu'à une corporation rehgieuse. Amusons-nous, faisons nos folies, trës-bien ; je ne suis pas plus ennemi du plaisir que les organisateurs de cette nouvelle fête; mais ne profanons j)as les choses saintes en les mêlant à nos grotesques bouffonneries. Respectons la religion, quelle qu'elle soit. Si nous voulons célébrer religieusement saint Fiacre, allons respectueusement invoquer notre patron dans une église; si nous voulons jouer un instant au payen , élevons un autel à Flore et Pomone, et, nous travestissant alors en Caladium Belleymei^ en Dianthus giganteus en Turners Scarlet gein melon ou autres nouveautés, allons 'présenter à ces chastes déesses nos burlesques hommages, et fêtons-les avec cet entrain, cette gaieté qu'on ne rencontre, dit-on , que chez les descendants des Gaulois.

Du reste, à part cette malheureuse idée de remplacer partout saint Fiacre par Flore et compagnie, la grande fête du Boîs-de- Boulogne a eu un succès complet ; tout le programme a pu être exécuté, malgré la pluie qui a contrarié un peu la promenade du bouquet sur les lacs et dans les lies.

 cinq heures a eu lieu im grand banquet de trois cents couverts.

A sept heures et demie, illumination générale et féerique des lies.

De huit à neuf heures, ouvertures successives de trois bals, annoncées par des détonations de bombes et marrons.

 neuf heures et demie, grand bal comique d'individus qui n'étaient ni homme ni femme !

Ce bal qui a été annoncé par un embrasement en flammes de Bengale, avait pour musique^ une vraie musique d'Auvergnats.

A onze heures grand feu d'artifice allégorique, terminé par la /!n du monde^ mais qui n'a pas été la fin de la fête; car le lendemain à sept heures on dansait encore ; ce qui est la meilleure preuve que les jardiniers prennent goût aux plaisirs du grand monde. F. Herincq.

CHASSELAS GOLDEN HAMBRO.

(Pl* VI.)

Nous n'essaierons pas de donner ici la description de ce rai sin, mis au commerce par l'Angleterre. La grosseur du grain et l'ampleur de la grappe en font évidemment le roi des raisins. n suffit, en effet, de jeter les yeux sur le dessin qui accompagne ce numéro, et que nous avons emprunté aux publications anglaises, pour voir qu'il laisse bien loin derrière lui tous les Ri- Mer du Maroc ^ et les Grommier du Cantal. Quant à sa qualité»

elle e3t> dit-on, supérieure à ces deux variétés qui, il est vrai, n'acquièrent pas toujoiirs une complète maturité sous notre climat.

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