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V. — Production fruitière

D'après les encouragements du Conseil d'agriculture, l'industrie laitière a été vivement développée, au point que la province de Québec — que nous traitons ici plus spécialement — compte huit cents manufactures de beurre ou de fromages et deux écoles de laiterie. Il en résulte une extension sensible des pâturages, d'où l'augmentation des plantations fruitières.

Actuellement, les produits des jardins et des vergers canadiens sont évalués à huit millions de francs.

L'exportation des Pommes, en 1892, ayant atteint deux millions de francs, le planteur a tourné ses regards vers ce genre fruitier robuste et fécond. L'Angleterre est le principal débouché offert au cultivateur.

Dès 1890, le Gouvernement a provoqué rétablissement d'une Convention fédérale d'arboriculture « pour aider à l'extension et au développement de la culture fruitière sur le sol du Canada ».

Huit années plus tôt, il déléguait un de ses pomologues, Charles Gibb, d'Abbotsford, pour étudier, en pleine zone boréale, les arbres fruitiers qui supportent la rude température et peuvent y fructifier. Ils ont été promptement propagés au Canada ; déjà les Pommes russes Arabka, Anisovka, Antonovka, Babuschkino,Titovka figurent aux concours de vergers ; elles ne sauraient tarder à composer les futailles de Pommes expédiées à Liverpool.

Les anciennes variétés du Pommier, plus répandues, sont d'abord :

Fameuse, parfaite dans l'île de Montréal et près de la montagne de Belœil ;

Les Pommes Wealthy et Saint-Laurent, expédiées en caisses de seize douzaines, comme la précédente ;

Duchesse d'Oldenbourg, une base de l'exportation des 3oo,ooo barels de la Nouvelle-Ecosse, provenant en partie de l'Annapolis.

Parmi les variétés qui supportent les régions les plus froides du Canada, nous signalerons :

La Pomme Scotts Winter, bonne jusqu'en juin, originaire de Vermont ; elle se répand, et se prête à l'exportation en tonnelets ;

La féconde Wolf River, recherchée pour sa bonne mine et son bon goût, ainsi que sa rivale en abondance « Longfield » ;

Canada Red, populaire dans les grands vergers de l'Ontario, comme Greening dans le Wisconsin.

Ajoutons quelques Pommes précoces :

Yellow Transparent et Peach, consommées vers la fin de l'été ;

La belle Astrakan rouge, agréable au goût, de culture profitable par sa vente assurée en première saison.

Le type sibérien « à bouquets » a donné naissance à quelques bonnes sortes de Pommes à deux fins : Cirée de Montréal, Excelsior, Fraise hâtive, Gideon, Hyslop, Martha, Rose de Stansead, Sibérie rouge, Transcendant, Whitney, constituant les vergers plus récents des comtés de l'Islet, de Gaspé, de Bonaventure.

Les Pommiers qui ont le mieux bravé le froid dans les pépinières renommées Dupuis aux Aulnaies et Fish, d'Abbotsford, sont : Fameuse, Oldenburg (Borovitsky), Saint - Laurent, Titowka, Wealthy, la tardive Golden Russet, la précoce Astrakan, la Peach d'été ou Pêche de Montréal, et la superbe « Alexandre ». C'est la tribu « Iron Clad » cuirassée contre le froid.

D'origine moins septentrionale, le Poirier se rencontre plus

rarement au Canada.

Les localités favorisées par le climat voient mûrir nos Poires européennes : Duchesse, Beurré d'Amanlis, Doyenné blanc, Ananas, Fondante des Bois, avec les américaines: Blodgood, Glapp's Favorite, Eastern Belle, Lawrence, Osband's Summer, Sterling-, Tyson. La Williams dite« Bartlett » réussit à l'abri des vents de mer.

Le Pécher est moins heureux. La serre vitrée lui est nécessaire, et l'élevage en pot est favorable aux variétés américaines ou anglaises : Barrington, Crawford Early, Nobless, Royal George. Toutefois, la Pêche jaune accepte le district Victoria, de la Colombie anglaise. Ici, la Ferme expérimentale d'Agassiz a réuni des collections importantes d'arbres et d'arbustes fruitiers.

D'un bon revenu, le Prunier est recherché par les planteurs. Des vergers de cette nature rapportent cent dollars dans les comtés de Montmagny et de Kramouraska. Les Prunes Jaune hâtive, Reine- Claude, Shropshire Dawson y sont exportées depuis longtemps.

Partout, les formes de Reine-Claude : Green Gage, Blecker's Gage, Impérial Gage, Yellow Gage ont les préférences du gourmet.

La province de Québec a des Pruneraies profitables de Damas et de Lombardes, races qui se propagent de pied franc.

Vers le marché, sont dirigées les variétés locales : Bradshaw, Forest Garden, Moore's Actic, Nota Bcne, Speer, Trabische, Wolf.

En général, la variété greffée Early Orléans mûrit la première ; Coe's Golden drop, la dernière; cependant la Reine-Claude verte tient la tête du choix, et les Prunes : Pêche, Smith's Orléans, Pond's Seedling vont à l'office ou aux desserts de luxe.

Les Pruniers du district de Niagara, de l'île d'Orléans et de la côte de Beaupré sont en réputation.

La Prune indigène De Soto, rouge, est expédiée à pleins wagons.

Le Cerisier franc, dit « de France », drageonne sur les rives du Saint-Laurent. Il est acclimaté aux îles Saint-Pierre et Miquelon.

Ailleurs, où les hivers sont moins rudes, les Guigniers et les Bigarreautiers prospèrent, ainsi que les Cerises Belle de Choisy et Reine Hortense ; mais à l'est de Québec, ils sont tués par l'hiver.

La May Duke, notre Anglaise, est déjà plus robuste ; elle relie les chairs douces aux chairs acidulées des Griottes et Amarelles, parmi lesquelles Bessarabian, Lutovka, Montmorency, Richmond, Vladimir, Windsor sont utilisées à la confection de liqueurs.

Les peuplades des contrées arctiques se délectent forcément avec les grappes du Padus « Choke Cherries », les fruits du Ragouminier « Sand Cherry », petit Cerisier des îlots sablonneux, les baies de l'Airelle Canneberge « Cranberry », du Minnesota, et celles de l'Amélanchier nain «Dwarf Juneberry », importé de l'Alaska.

La Ronce du Canada « Blackberry » est encore une ressource pour ces régions aux longs hivers. Des gens récoltent la Ronce dans les bois et y gagnent leur vie. Bien cultivées, les variétés Agawam, Bangor, Kittatiny, Lawton, Newman's, New Rochelle, Seneca, Snyder, Stone's Hardy, Thornless, Taylor's Prolific sont productives.

La Framboise « Blackcap », produite par la Ronce d'Occident, utilisée en sirops, se concentre en partie sur les bonnes variétés American Black, Davidson, Doolittle, la fertile Mac Gormick, et la tardive Gregg résistant aux grands hivers.

Notre Framboise « Raspberry » est populaire avec les fruits rouges Guthbert « Reine du marché », Turner, hâtive, Heebner, tardive, la pourpre Philadclphia, la jaune Golden Queen, excellente, les aurores Orange de Brinckle ou d'Ontario, agréables à tous usages.

La Groseille à grappes « Gadelle » et le Cassis « Aurône » sont vendus pour les liqueurs, les gelées, les confitures.

Les Groseilles à maquereau les plus recherchées sont celles qui paraissent indemnes du mildew, par exemple :

Downing, blanc verdâtre ; Industry, rouge foncé ;

Houghton Seedling, rose ; Smith's Improved, verte.

Elles sont cultivées dans le Muskoka, de la province d'Ontario»

La Vigne ne trouve pas toutes ses conditions vitales auprès de Québec, la saison d'été est trop courte ; mais le Raisin mûrit assez bien, du côté sud du fleuve, aux environs de Montréal et dans les bonnes situations d'Ontario. L'espalier lui est toujours réservé.

On adopte les cépages Adirondac, Allen, Champion, Concord, Croton blanc, Delaware, El Dorado, Hartfbrd's Prolific, Jessica, rustiques en bois, précoces en maturité du fruit.

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