IV. — Production maraîchère
Il est à peu près impossible de déterminer l'importance de la culture potagère et la valeur de ses produits aux États-Unis.
Les grandes cités y sont entourées de « marais » et de jardins bien tenus, consacrés aux légumes, aux fruits, aux primeurs et aux fleurs. La plupart des occupants ont appris leur profession en Europe; mais l'extension des villes et des établissements industriels, la création de voies de communication repoussent les jardins vers la campagne.
A son tour, en plein champ et à la ferme, la culture légumière envahit chaque année le domaine agricole au profit des marchés urbains, des ports d'embarquement et de l'industrie des conserves» Aussi la statistique culturale et commerciale règle difficilement se«s tables, malgré son personnel considérable.
Les méthodes de culture visent à l'économie du temps et de l'argent. Leur auxiliaire principal est un outillage perfectionné et simplifié, suppléant à l'insuffisance des bras.
Le jardinier n'a pas le temps de chercher des espèces ou variétés nouvelles ; l'Européen plus patient, son aîné dans la carrière, lui envoie ses sélections et ses découvertes.
Examinons superficiellement les genres principaux : La Pomme de terre, classée immédiatement après les céréales* vient partout, mais mieux dans la région septentrionale, pour le rendement et la qualité; les autres contrées vont s'y approvisionner des éléments de plantation. La ville de Cambridge, État de New-York, est un centre pour cette sorte d'affaires.
La température chaude des États du Sud et du Centre nuit au développement complet du tubercule; il atteint, au contraire, de belles proportions dans les sols irrigués des Montagnes Rocheuses.
La -production annuelle est évaluée cinq cent millions de francs. Les Etats supérieurement cotés sont New-York, Pensylvanie, Ohio, Michigan, Iowa, Illinois, Wisconsin, Indiana, Minnesota, Missouri, Kansas, Nebraska, Californie, Dakota, Orégon, Montmedy, Washington. La variété dominante est Early rose. Le rendement moyen peut atteindre 5oo boisseaux de 36 litres par acre de 41 ares.
Sont également propagées partout les précoces Early Ohio, Early Maine et Lee's Favorite ; puis Gem, Surprise, Beauty of Hebron, Parmi les tardives, White Star est à grand rendement et plus fine en qualité que les bonnes Mammoth Pearl, Saint Patrick, Grange»
La Patate prospère dans les États du Centre et du Sud : Géorgie, Mississipi, Caroline du Nord et du Sud, Alabama, Kentucky, Louisiane, New-Jersey, Tennessee, Virginie, Floride, Arkansas, etc.
Les Navets ont une grande importance culturale. Le Nord-Ouest exporte le trop plein de sa récolte. La consommation accepte les variétés hâtives Extra Ëarly Purplc-top Munich, violet, Rcd-top Strap Leaf, rouge, White Strap Leaf, blanc.
Les Radis, voisins des précédents, ont Ne Plus Ultra, le plus hàtif, puis Ëarly Round, Dark Red, Philadelphia White Rox, excellent à manger comme le Scarlet Turnip. Pour l'hiver, California Mammoth et White Wintcr. A grand rendement, White Vienna, Ghartiers.
En petite ou en grande culture, le Chou, destiné à la cuisine, à Pétable ou à l'usine, a pris possession de surfaces immenses; les variétés populaires ont été répandues par les soins dit Gouvernement et par des cultivateurs intelligents,
Toutes les races de Choux verts on rouges ont entrée à la Ferme et au jardin. Les Choux pommés sont très répandus.
Au Minnesota, on préfère les variétés Early Wymanet Wakefleid. L'Est adopte Early Jersey, Henderson's Early Summer.
Au Kansas, le plus hâtif est Henderson's Premier Pour l'hiver, Ëxcelsior, Foster's Brunswick. Le Chou-fleur Snowball est le plus apprécié.
Non moins répandue pour tous Usages est la Carotte. Les premières à la vente sont Scarlet Short Horn, Halfdong Stump Rooter, Oxheart; puis Henderson ; et à l'arrière-saison, Danvers, Long Orange.
Au Kansas, le Panais hâtif est Early Tnrnip, et pour grande production, Long Smooth, Hollow Grown.
Les Harieots hâtifs Golden Wax, ftlack Wax, Wardweirs Kidney Wax sont répandus dans le Kansas; ensuite le Haricot de Lima.
Un Haricot blanc, spécialement cultivé pour les conserves, occupe la région nord et les points culminants des monts Alleghanys. Sa production s'élève à 800,000 hectolitres ; l'État de New- York entre pour moitié dans ce chiffre*
Le « Gow Pea » habite les États du Sud, à titre fourrager; ii y produit ï,5oo,ooo hectolitres»
Le Pois, ravagé par le charançon, sauf dans le voisinage des Lacs du Nord, donne encore 500,000 hectolitres. Les États de Pensyl- Vanie, de New* York, de la Nouvelle*Àngleterrc et du Maine, ces derniers, pour l'approvisionnement des fabriques de conserves, emmagasinent de fructueuses récoltes de Pois.
Les grandes villes commerçantes et les ports d'embarquement, comme San-Francisco, reçoivent des petits Pois toute l'année*
Parmi les variétés hâtives : Alaska, Rural Ncw-Yorker, American Wonder ; parmi les tardives : Yorkshire Hero et Pride of the Market sont bien connues au marché.
Le Céleri occasionne un revenu de millions de francs pour plusieurs villes du Michigan où se préparent, entre autres, les plants de Céleri White Plume, à blanchir, le nain Half Dwarf, le Giant White Solid, plus élevé. Les voiliers de la côte Ouest les recueillent et les transportent dans les champs de grande culture.
L'Ognon affecte la région Nord, le territoire des Lacs, le Haut Missouri. Les villes de Wetherfield (Connecticut), de Ghester (New- York), de Davenport (ïowa) ont acquis par cette plante une réputation justifiée.
Le commerce réclame les variétés White Globe, blanc, Red Globe, rouge, Dawners Yellow, jaune.
L'exportation vers l'Amérique du Sud en est considérable, La marchandise est embarquée à la Nouvelle-Orléans, arrivant du Nord^ Ouest par le Mississipi,
Au Minnesota, l'Ognon Globe rend beaucoup plus que tout autre, A surface égaie, le Kansas donne ses préférences à The Queen, Globe, Early Red, Early Yellow Cracker, de première saison.
Sous le climat floridien, l'Ognon semé en octobre, repiqué en janvier, donne au mois de mai suivant de 4<*> à 55o hectolitres à l'hectare.
Les États de New- York et d'Ohio ont des champs d'élevage consacrés aux semis d'Ognons.
La Betterave, confinée sur la rive Atlantique, a gagné le versant du Pacifique, et les types saccharifères sont en pleine prospérité dans La Nouvelle- Angleterre et les États du Nord-Ouest. La variété Egyptian Turnip est assez précoce; puis Eclipse, Deming's Improved.
Les Maïs sucrés, de première saison, mets populaire — l'épi tendre cuit — Corn's Sweet, Narragansett, suivis par Triumph et Amber Cream, sont admis dans les climats tempérés ; les tardifs Stowell's Evergreen et Egyptian mftrissent sous une latitude plus élevée.
Le Maïs doux occupe 3s millions d'hectares ; le type Sweet Corn est recherché pour la consommation directe et l'industrie des conserves.
La production du Maïs aux États-Unis s'est élevée, en 1890, à 7S0 millions d'hectolitres dont un vingtième a été exporté.
Le rendement de 20 hectolitres à l'hectare est constaté dans la Floride, où le Cotonnier fournit à l'hectare jusqu'à 5oo kilogr. de coton, et la Canne à sucre 1,260 kilogr. de sucre.
Le Concombre gagne du terrain, libre ou abrité. On adopte datts leur ordre de maturité Extra Early Green Prolific, Improved White
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Spine, Early Frame, Tailby's Hybrid; et pour leur généreuse production, White Spine, English Frame, Chicago White.
Les Pastèques sont expédiées par centaines de wagons provenant des îles Bermudes, de la Floride, de la Louisiane, et dirigées vers l'Ouest et le Nord. Sont recommandables : Icing, précoce, les productives Kolb's Gem, Scaly Bark, Caban Queen, Gipsy.
La Courge, un des principaux aliments d'hiver, croît au milieu des céréales. Les Etats exposés aux pluies printanières, lors de la floraison des Courges, en récoltent moins; mais le prix de vente se maintient bien. Sont recommandées les hâtives White, Yellow, Scalloped Bush; demi -saison, Crookneck ; d'automne, Butmann, Boston Marrow ; d'hiver, la Hubbard.
Les régions centrales sont favorables à la végétation normale du Melon, puisque 5,ooo hectares lui appartiennent. Le Michigan, l'Illinois et le Nebraska deviennent ses Etats favoris.
Les Melons musqués : précoce New Early Hackensack, tardif Montréal Market, sont appréciés du producteur et du consommateur.
La Tomate prend une importance croissante. Les usines à conserves accaparent tout. La fertile Champion, la Beauté, la précoce Perfection et Livingston's Favorite ont les préférences des connaisseurs.
La Floride produit 36o hectolitres de Tomates à l'hectare.
Les contrées chaudes cultivent les Piments Ruby King, Golden Dawn à saveur douce, et Cayenne à saveur forte.
Nous avons cité la majeure partie des bonnes variétés admises au Kansas ; cet Etat, étant situé au centre de l'Union, démontre l'influence des milieux et le bénéfice des relations commerciales.
La différence qui existe entre le Sud et le Nord est difficilement appréciable.
La production potagère, en Californie, est d'une importance considérable pour la consommation et pour l'exportation vers les Etats de l'Est ou les côtes du Pacifique.
Le marché de San-Francisco est achalandé en toute saison ; depuis les arrivages de Los-Angélès et San Diego, en janvier et février, jusqu'à l'arrière-saison, où l'Orégon entre en ligne.
La Floride a de grandes cultures maraîchères bien irriguées; Asperges, Betteraves, Carottes, Céleris, Choux-fleurs, Choux-Brocolis, Haricots, Ognons, Pommes de terre, Patates, Pois, Tomates, Ananas sont expédiés vers le Nord à la morte saison. C'est la contrée naturelle des primeurs à la façon de notre Provence et de l'Algérie.
La Patate y produit 620 hectolitres et la Tomate se chiffre à l'exportation pour deux millions de francs.
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Des cultivateurs floridiens ont des fermes de 4 hectares d'Ananas, variété Rouge espagnole. Au mois de janvier 1893, les fruits étaient vendus 1 dollar la pièce sur le marché de New-York.
La latitude tropicale des États méridionaux, en relation directe et prompte avec les principales villes du Nord — par trains rapides, — leur a permis d'inonder de leurs produits les régions situées audessus de l'Ohio et de la baie de Ghesapeake, avant que celles-ci soient arrivées à point de maturité ou de récolte.
Population blanche ou de couleur, chacun fait de la primeur extensive, en plein soleil, avec d'autant plus de succès que la terre et la main-d'œuvre sont relativement à bon compte.
Le maraîcher du Nord n'est pas ruiné, tant s'en faut, par cette concurrence. Les cultures intensives, forcing pit, des grandes villes restent volontiers prospères ; elles peuvent être très progressives, associées à des industries de conserves, en communication téléphonique avec le marché et les grands commissionnaires. La statistique de la production légumière nous montre que, pour les principales races de légumes, le Market Gardener du Nord récolte des produits pour une valeur supérieure à celle réalisée dans le Sud, et parfois avec une marge plus grande de bénéfices.
Les cultivateurs des Etats du golfe du Mexique : Louisiane, Alabama, Mississipi, Floride, et ceux des États Sud- Atlantique : Géorgie, Caroline du Sud, Caroline du Nord, récoltent donc en plein champ des produits de primeurs destinés aux marchés du Nord.
Entre les deux industries, il s'en est créé une troisième qui a très vite progressé, c'est l'installation en plein champ de cultures printanières, le Truck-Farming, la grande industrie maraîchère de la Virginie : la ville de Norfolk en est devenue le grand port d'embarquement.
La culture légumière en plein champ occasionne un mouvement de fonds annuel de plus de 5oo millions de francs, sur lesquels il faut déduire un cinquième pour droits de commission et frais de transport.
La superficie des terres affectées à cette entreprise est établie de la façon suivante pour l'année 1892, en chiffres ronds :
Etats du Sud et du golfe du Mexique 55. 600 hectares.
Environs de New- York et de Philadelphie . /J3 . 3oo — États du Centre : Ohio, Michigan, Illinois. . 43. 000 — Banlieue de Norfolk- Virginie 18.200 —
Les deux districts principaux de la culture des primeurs pour le Nord sont Mobile (Alabama) et Jacksonville (Floride) ; celui-ci y joint les envois de fraises et de fruits tropicaux.
Mobile est le centre et le point d'embarquement d'une zone assez limitée comme superficie, mais qui, par suite du prolongement vers la mer de l'Etat du Mississipi, se trouve répartie sur trois Etats: Louisiane, Mississipi, Alabama ; un peu plus à l'est commence un district moins important situé en Floride, ses expéditions se font par Pensaeola.
Les cultivateurs de la région de Mobile ont généralement des fermes à légumes d'une contenance de i5 à 20 hectares entiers, à surface sableuse, meuble, mais conservant un peu de fraîcheur, à cause du voisinage de la nappe d'eau. Le prix de l'hectare, dans ce district, oscille de 1,200 à 1,800 francs.
La production des légumes de primeurs dure, dans les Etats du Golfe, de décembre à mars et parfois un peu plus ; elle cesse alors presque complètement, sauf pour un article, la Pastèque, qui arrive à maturité sous cette latitude au commencement de l'été et donne, presque sans soin, une récolte d'une certaine valeur.
En général, le terrain ne porte qu'une récolte par an, bien qu'il ne doive pas être difficile d'en faire deux successives ; certaines parcelles de la ferme restent de six à huit mois en jachères.
L'Asperge occupe une superficie assez importante dans les fermes. Elle y est cultivée en ados, engraissée au guano, et reste en place quatre ans en général. Cette culture est presque la seule qui demande encore de la main-d'œuvre, après la récolte, car il faut « débutter » et tenir le terrain propre. On récolte l'Asperge en février et on la met en paquets de deux livres ; ces bottes, réunies par deux ou trois douzaines, font une boîte. Les premières arrivant au marché sont vendues un prix élevé, parfois 10 francs la bot^e; le prix baisse ensuite beaucoup. Somme toute, l'hectare a dû rapporter, en fin de saison, de 6oo à 800 francs de bénéfices nets.
Le Haricot vert est l'objet d'une culture analogue, comme date de récolte et d'expédition. Les variétés Early red Yalentin et Newhawk, semées en novembre ou décembre, donnent en février ou mars des « filets » dont les uns, les tout premiers, gagnent le marché par voie ferrée, et les autres prennent la voie d'eau, plus économique. Les frais de récolte sont assez élevés, si ceux de culture le sont peu ; le bénéfice par hectare est moindre que pour l'Asperge, et on l'estime à5oofr.
Les Choux sont de culture facile et très rémunératrice ; ils se distinguent en deux sortes, les Choux pommés hâtifs et les Choux frisés, dont les jeunes pousses non pommées sont acceptées avec une certaine faveur par l'acheteur du Nord qui le consomme.
Repiqués en hiver, les Choux donnent un bénéfice net de près de 1,000 francs à l'hectare, et leur produit figure au second rang, comme valeur, dans les expéditions de Mobile,
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D'une flacon générale, la plus grosse récolte ost celle de la Pomme de terre. Une moitié de la superficie des fermes à légumes est consacrée à cette plante, dont les tubercules de semences sont souvent récoltés dans les Etats du Nord, spécialement celui de New- York. Ces tubercules, qui arrivent à une bonne maturité en août, peuvent être replantés en octobre ou novembre par le cultivateur du Sud ; la garde des tubercules de mai jusqu'à cette dato serait diffioile dans le climat du Golfe.
La Pomme de terre universellement cultivée est l'Early rose, très appréciée aux États-Unis comme Pomme de terre potagère. Lo sol qui la produit est fortement fumé et le produit net à l'heotare est de 700 à 800 francs. Depuis 1880, la valeur de la production a doublé.
Les cultures de Norfolk sont prescjue toujours citées en première ligne, lorsqu'aux Etats-Unis on parle des fermes à légumes. Les mille fermes environ qui occupent le district de la Virginie maritime, sont, en effet, des modèles d'exploitation de ce genre, et leur produit annuel n'est pas inférieur à vingt-cinq millions de francs, d'après M. Maurice de Vilmorin, qui a fait une étude spéciale des fermes potagères, lors de son voyage à l'Exposition universelle de Chicago. Voici quelques chiffres indiquant l'importance et la valeur des expéditions faites en 1893 par le port de Norfolk :
Choux pommés 34? , i3o barils. Valeur a . 169 . 000 francs.
Choux non pommés . 177. ?o? — ■ « 888.000 —•
Épinards iaa . 829 — — 1 . aa8 . 000 ««■
Pommes de terre . . . 3a5 . 000 *-« —> -. 5 . 000 . 000 ^—
Laitues 8. i?4 paniers, ■*« 143.000 —
Melons 856 . i5a mannes. — 5aa . ooo *—
Tomates 35o.ooo boîtes. «-» 1 ,a5o.ooo .—
Haricots verts 80.935 — « «-» 607.000 «•»
Pois verts i85. 4^5 paniers. -~ i.6ia.ooo — *
Fraises 9 . 465 , 3o6 boîtes de 1 litre. 4 • 7^a . 000 -~
Aux premiers jours de juillet 1893, le total des expéditions était évalué à a3, 608, 000 francs. Il y a des journées inscrites pour un million de francs environ.
Norfolk, situé sur l'Elisabeth-River, à quelques lieues de TAtlan« tique, devient actuellement un grand centre expéditeur.
Les fermes à légumes sont situées presque toutes à moins de deux lieues de la mer, qui les rejoint par des chenaux ramifiés, navigables à marée haute ; une innombrable flotille charge, le long des berges, les produits de la ferme et les concentre au port de Norfolk. De là, les navires légumiers se rendent à Baltimore, à Philadelphie, à New-York, à Boston; alors les lignes de chemins de fer qui ont
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recueilli ce que les bateaux n'ont pu prendre, mettent Norfolk à vingt-quatre heures de Cincinnati, et à trente-cinq heures de Chicago.
Cette région est consacrée à la Pomme de terre Early rose ; plantée en janvier, elle sera récoltée en mai-juin.
Les Choux pommés sont repiqués dans le courant de l'hiver ; ce sont les variétés Express, d'Étampes, Early Jersey, Wakefield, etc.
Les Asperges, de race hollandaise, et la Conover's Colossal sont envoyées Cn bottes de une ou deux livres. On les désigne sous le nom abrégé de Grass, et la Fraise sous celui de Berry.
Les Fraises sont souvent exclues de la rotation des fermes ; certaines terres en font une spécialité, leur consacrant de vastes superficies. Un champ de Fraises, près de Portsmouth, occupe une étendue de 80 hectares. On donne la préférence à la Fraise Hoffman ou à la Sharpless, bien supérieure, mais moins bonne voyageuse. L'emblave dure deux années.
Pour avancer la récolte des Tomates, les fermiers virginiens ont adopté le semis en hiver sous verre, suivi du repiquage.
Les Pois sont expédiés en cosses; les Laitues, Haricots verts, Tomates et Fraises sont mis en paniers ou boîtes à claire-voie, bien agencés.
Le mois de juin, qui marque la fin des grosses expéditions du port de Norfolk, est, au contraire, celui qui voit débuter la grande production légumière dans les districts de Pensylvanie et de l'Etat de New- York, et aussi dans lTllinois méridional et le sud-ouest du Michigan.
Les deux premiers centres travaillent surtout en vue de Philadelphie ou de New-York, le second pour l'approvisionnement de Saint- Louis, le troisième pour Chicago et Détroit.
Les cultures de Pensylvanie et de l'État de New- York, qui ne sont pas au voisinage immédiat des villes, comptent comme produits principaux : l'Asperge, le Céleri, le Chou, le Concombre, le Haricot, les Melons, les Pois et les Tomates.
Les États du centre, de l'Ohio à l'est, jusqu'au Nebraska à l'ouest, en comprenant le Michigan comme extrême nord, ont de vastes exploitations potagères, puisque la superficie de ces cultures le cède à peine à celles des États de New-York et Pensylvanie. Là, le Céleri et le Melon y ont une importance exceptionnelle.
Aux portes de Chicago, la ferme potagère de Summerdal, reliée à la ville par le téléphone, exploite 200 hectares de Légumes et 5o hectares de prairies pour la nourriture du bétail et des chevaux.
Les 200 hectares de potager sont ainsi répartis :
Concombres 60 hectares. Choux . 20 hectares.
Ognons 4° — Maïs sucré 20 —
Pois hâtifs 20 — Divers 4° — '
D'avril en octobre, 25o à 3oo ouvriers et ouvrières, groupés par équipes de 5o personnes, travaillent à la culture et à l'expédition des produits au marché ; une cinquantaine reste aux travaux d'hiver et à la préparation des pickles et des conserves ordinaires de Légumes.
Enfin, les États-Unis possèdent plus de 600 fermes destinées à produire des semences légumières représentant un revenu annuel d'un million de francs, au bas mot.
La Fraise. — La Fraise, classée légume ici, fruit ailleurs, mérite un paragraphe spécial.
La Fraise est la primeur de l'agriculteur.
On la trouve dans les jardins de presque tous les États et les Territoires, sauf l'Alaska septentrional.
Le Fraisier réclamant une certaine dose d'humidité, nécessite des irrigations en Californie et partout où il ne pleut guère. Dans la vallée du Mississipi, et plus à l'est, il est cultivé avec beaucoup de soin. Il n'y a pas de fruit analogue qui soit aussi répandu et dont les marchés soient aussi abondamment approvisionnés. Les producteurs floridiens envoient leurs premiers navires en janvier, et alimentent les quartiers mondains des Villes du Nord de leurs coûteuses primeurs.
La Louisiane tient ensuite la saison jusqu'en mars.
La Géorgie, l'Alabama, le Mississipi, le Tennessee, l'Arkansas et le Texas viennent ensuite vers le mois d'avril et vendent leurs produits beaucoup moins cher, en raison de la moindre distance et de la bien plus grande surface cultivée. Au moyen de wagons frigorifiques à grande vitesse, les villes du Nord les plus éloignées sont rapidement servies.
Le Delaware, le Missouri, le Michigan, l'Ohio, le Gonnecticut et l'État de New- York envoient leur production auprès des centres de population.
La saison s'avançant, l'époque de maturité se présente pour d'autres régions, de sorte que les Fraises du Minnesota et de la partie orientale du Maine prolongent la vente jusqu'au mois de juillet.
Le Kentucky, le sud de l'Illinois, l'est de l'Ohio et la Pensylvanie fournissent alors un fort contingent de grosses fraises.
A l'occasion de l'Exposition de Chicago, dès la fin de mai, vingt wagons arrivaient chaque jour au marché. Cette quantité, doublée au commencement de juin, partant du Caire, au sud de l'Etat, était transportée par des trains spécialement réservés aux Fraises et ne s'arrêtant en route que pour remorquer les chargements tout enwagonnés.
Un train de trente wagons déposait 324,000 quarts de Fraises,
A l'arrivée du Strawberry-Express, une armée d'employés était occupée à décharger les fruits cueillis et empaquetés quelques heures auparavant.
Précédemment, on a cité des journées où le marché de New* York recevait près de 4,000 hectolitres de Fraises ; les trois-quarts provenaient du port de Norfolk, par bateaux à vapeur.
Les fermiers cultivent le Fraisier sur billons, accompagnant les plants de première année avec une emblave de Maïs ou de petits légumes cultivés à la houe à cheval.
La deuxième année, la production est abondante. Une fois la récolte faite, la charrue détruit la fraiseraie ; la rotation y introduit un autre assolement.
Les principales variétés les plus répandues sont Wilson, Crescent, Charles Downing, Sharpless, Guniberland, Triomphe de Gand, Kentucky, Miner, Monarch ; enfin et surtout dans la région du nord : Warfield, Haverland, Gandy, Jucunda, Hovey, Wilder. Ce sont toutes des fraises de race américaine.
On rencontre aussi des champs de Fraisiers du Chili, de l'Ananas, et, parmi les petits fruits, la Rouge alpine de Suisse et la Fraise des bois, rouge ou blanche, prolongeant ainsi les approvisionnements du marché.
La valeur annuelle des Fraises de l'Union a été fixée h trente millions de francs.