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IV. — Végétaux économiques ou industriels

Les reliefs du terrain adoucissent les excès de la zone torride et varient la nature des produits du sol.

Nous avons cité les États producteurs du Café. Cette denrée précieuse est tellement répandue que le pays en exporte aux États-Unis, au Havre et à Hambourg plus de 4° millions de kilogr.

Les Cacaoyères rapportent douze millions de francs d'amandes de Cacao. La majeure partie vient en France.

La Canne à sucre, transformée dans l'hacienda même, en papelon ou sucre brut, occupe 4°>°00 hectares qui ont rapporté 80 millions de kilogrammes de sucre.

Le Maïs, qui couvre 20,000 hectares, semble adopter la région montagneuse. Ici, il est coupé en vert pour la nourriture du bétail et des chevaux. Ailleurs, plutôt en plaine, il sera récolté en grain lequel, pilé, trituré et pétri, fournira la nourriture populaire aux habitants.

Le Manioc donne du pain et de l'amidon.

La Pomme de terre rend 3o,ooo kilogrammes à l'hectare.

La valeur de la récolte du Tabac dépasse cinq millions de francs. Les Tabacs renommés proviennent de Varinas (Zamora) et de Cumanacoa (Bermudez).

Des Palmiers, l'indigène tire de la boisson, du vinaigre, de l'huile, de l'amidon, du savon et confectionne des nattes, des hamacs, des paniers. Le Raphia tœdigera, un des plus utiles, et le « Yuri » qui fournit une huile aromatique, existent dans les Palmeraies vénézuéliennes.

Les Bois de service destinés au génie civil ou maritime, à l'ameublement, à la tabletterie, à la tournerie, représentent une valeur considérable.

Leur exportation dépasse le poids de 7 millions de kilogrammes.

En plaine ou en montagne, dans les terres ou sur le littoral, croissent de nombreuses essences industrielles ; par exemple :

L'Astronium graveolens « gateado », dont le bois, poli, a l'aspect de l'écaillé ;

Le Brya Ebenus « granadillo », veiné de noir, à l'intérieur, dur et compact, pour belle charpenterie et solide ébénisterie ;

Le Galophyllum Calaba, le cœur rougeâtre est considéré comme étant incorruptible, il est recherché pour les travaux maritimes ;

Le Gedrela odorata, Faux Acajou, pour meubles et boîtes à cigares;

Le Centrolobium robustum « balaustre »; au débit, il rappelle l'acajou par sa couleur et par ses qualités ;

Le Gordia Gerascanthus « pardillo », dit bois de rose ;

Le Dicorynia, propre au bordé sous blindages des navires de guerre, et aux travaux sous-marins ;

L'Enterolobium cyclocarpum « caro », pour charpente et meubles;

L'Eperua falcata, au bois rouge, de longue conservation, pour menuiserie d'intérieur ou d'extérieur ;

Lé Guaiacum officinale « Gaiac », dont la râpure du bois, jaune et acre, et l'écorce lourde, compacte et résineuse, complètent la valeur ;

Le Hura crepitans « javillo », arbre très répandu, de longue garde ;

Les Jacaranda, Dalbergia et autres espèces à palissandre ;

Le Laetia hirtella « trompillo », à grand développement ;

Le Myrospermum frutescens « cereipo », tissus au coloris brun, veiné, ponctué, pour boiseries fines et objets mobiliers, de bon goût ;

Le Nectandra porphiria « laurel », Laurier ; arbre superbe, cœur résistant dans la terre ou dans l'eau de mer, dur à l'outil ;

Le Peltogyne floribunda « zapatero », aubier ferme et jaunâtre, précieux dans l'ébénisterie ;

Le Piscidia « barbasco », dit Bois de Ghien, pour la carrosserie ;

Le Porliera hygrometica, bois dur, employé encore à la confection d'ustensiles de ménage ;

Le Tabebuya « apamate », de charpente et de menuiserie ;

Le Tapinoham, bois ferme, affecté aux constructions navales ;

Le Tecoma serratifolia « puy », utilisé pour les bois d'arcs ;

Le Thespesia populnea, ou Faux bois de rose, précieux pour la tabletterie, la marqueterie, l'ébénisterie de luxe ;

Le Vallea stipularis « roso », arbre de belle envergure ;

Le Wacapoua, résistant, spécial aux travaux hydrauliques.

Et de vigoureuses espèces des genres Andiva, Byrsonima, Icica,

Lonchocarpus, Pircunia, Loxopterygium, Machserium, Prosopis

et tant d'autres déjà citées à l'occa'sion de nos colonies françaises ou des autres Etats de l'Amérique du Sud.

Mais, auprès de ces richesses sérieuses, combien de troncs branchus et moussus disparaissent sous une brillante illustration d'Orchidées, de Broméliacées, etc., qui attirent et séduisent nos explorateurs au profit des serres et des jardins d'hiver dans les Deux-Mondes ?

Les Matières résineuses et balsamiques proviennent de sources multiples.

L'HymeneaCourbaril alimente de vernis copalle port de Hambourg.

Le Myrocarpus fastigiatus donne, à la distillation, 40 centigrammes d'huile essentielle aromatique par kilogramme de sciure.

Le Myroxylon toluiferum exsude le baume de Tolu, tandis que le Gopahu provient du Gopaifera ofïicinalis. Plus de 35, 000 kilogr. d'huile de Gopahu sont expédiés à l'étranger, dans l'année.

L'Enterolobium Timbouva a l'écorce et les fruits saponifères.

Des Protium, des Glusia, des Larrea, etc., à baume ou à résine.

Les Matières tannantes sont extraites ;

Des noyaux d'Avocats « Persea gratissima » ;

De l'enveloppe fibreuse des noix de Gocos ; celles-ci figurent pour i5o,ooo kilogr. au tableau des exportations ;

De l'écorce de différents arbres : Le Mangle Colorado, Rhizophora Mangle, contenant 20 0/0 de tannin ; certains Acacias, Mimosas ; l'Aspidosperma aux écorces amères et fébrifuges ; les Astronium, Avicenia, Byrsonima, Guratella, Malpighia, Mangifera, Punica, Spondias

Des feuilles du Ximenia « alvarillo», l'arbre portant un fruit qui ressemble à une Prune.

Les gousses du populaire Cœsalpinia coriaria « dividivi », titrant jusqu'à 40 0/0 de tannin, fournissent une exportation annuelle qui dépasse 3 millions de kilogrammes.

Les Matières colorantes ont pour origine :

Les écorces de Baccharis, de Centrolobium, d'Eugenia, de Galipea, de Maclura (Ghlorophora tinctoria), de Tecoma, de Zanthoxylon;

Les racines des Rhizophora, dites Barbes de Mangle;

Les fruits de Miconia, de Parinarium, de Renlalmia, etc.;

Les bois de l'Hœmatoxylon ou « Gampêche » et une foule d'essences tinctoriales.

L'Indigo, Indigofera Anil, est un produit d'exportation qui ne chôme jamais.

Les Matières odorantes ont une cote commerciale, par exemple :

Le Musc, tiré de l'Abelmoschus moschatus ;

L'Anisillo, trouvée dans les semences du Tagetes pusilla ;

La Fève Tonka ou de Goumarou « sarrapia », cueillie sur le Dipteryx odorata, Légumineuse répandue partout, abondante dans les forêts de l'Orénoque et de Caura, où elle est le motif d'un transit important ; près de 100,000 kilogr. en sont exportés annuellement.

Les Matières oléagineuses sont l'objet d'un grand commerce, particulièrement les huiles résultant de la pressée des semences :

Du Carapa guianensis, riches à 70 0/0 d'huile à savon ;

Du Fevillea scandens « secua », pour graissage de l'acier ;

De végétaux tels que Argemone, Anacardium ou pomme d'Acajou, Melia, Cocos, Jubeea, Myristica ou arbre à cire, Nectandra« Laurel», Terminalia Gatappa ou Badamier.

Au total, plus de 600 espèces arborescentes appropriées à l'économie domestique ou industrielle.

Quant aux Plantes aromatiques et médicinales destinées à la parfumerie, à la pharmacie, à la distillation, spontanées ou cultivées, le colon fauche et livre au commerce ou à l'usine :

Absinthe, Angélique, Anis, Basilic, Bourrache, Camomille, Cassie, Fenouil, Guimauve, Hellébore, la Mélisse recherchée des apiculteurs pour parfumer les ruches d'abeilles ;

Puis la Menthe, l'Origan, le Polypode, la Réglisse, la Rhubarbe, le Ricin, le Romarin, la Sauge, le Séné, la Valériane ; enfin la Verveine odorante « Lippia », recueillie par les paysans en quête de médicaments toniques, et l'amer. Simaruba à l'écorce pharmaceutique, et la Coca, feuille de l'Erythroxylon Coca.

Une Société française, dans le Haut-Orénoque, exploite à profit les écorces fortifiantes Salomon « Guibourtia », et la liane « Salsepareille » Smilax.

D'autres compagnies s'attachent au Quinquina, fourni par les Cinchonas, ou seulement aux Caoutchoucs, de l'Hevea brésilien.

Enfin les Textiles; après le Coton, fournissant i5o,ooo kilogr., et la Laine, d'abord une Soie végétale, filée avec le duvet du fruit des Asclépiadées, puis les « malva, cadillo », fibres de Malvacées et de Tiliacées ; les fines « escoba, yuquilla » ; les « cabuna, sibucara », spéciales au calfatage des navires.

Citons le Lecythes « marima », que l'on étale en larges couvertures comme une pièce d'étoffe.

Le Couratari Tauari « tavari » du même groupe, destiné au papier à cigarettes ;

Les Sapindus, Musa, Hibiscus, Tournefortia, etc., prêtent leurs fibres ou leur liber filamenteux aux sacs, aux agrès de navires, aux nattes, aux tapis, aux filets de pêche.

La corderie emprunte encore à la Flore indigène : Coco de Mono, Rosa de Montana, Erizo, Niguo, Misigua, Usopa ;

Des Graminées provenant en partie de la Pampa — repaire de Boas et de Jaguars — approvisionnant la cuve des papeteries ;

Des feuilles et des fibres de Palmiers, de Bananiers, de Broméliacées — qui vivent avec les oiseaux du Paradis, les Cacatoès et les Colibris — entrant dans la confection des tissus, de la chapellerie légère et du crin végétal.

En général, ces marchandises sont dirigées vers les ports des États-Unis ou d'Europe, sur des bâtiments déjà lestés de bétail entier ou par quartiers recueillis dans la zone des pâturages.

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