XVI RAPPORT
mois de mai 1893, la sixième était formulée dans les termes suivants i Étude comparative entre V Horticulture française et V Horticulture étrangère. Cette question a été traitée dans un manuscrit considérable dont l'auteur avait d'abord gardé l'anonyme, mais s'est fait connaître ensuite comme étant notre collègue de Troyes, M. Charles Baltet. Ce travail a été tellement apprécié par la Commission chargée d'examiner les mémoires relatifs au programme du Congrès que, sur sa proposition, il a été accordé à l'auteur une médaille d'or qui avait été mise à la disposition du Congrès par la Société nationale d'Horticulture. La Société devant à feu le Dr Joubert de l'Hyberderie un legs considérable, qui lui a été fait pour que les revenus en fussent employés en un prix destiné à l'auteur d'une œuvre importante au point de vue horticole, et un concours pour ce prix étant ouvert devant elle, l'ouvrage de M. Baltet a été présenté à ce concours. Il a été examiné très attentivement par une Commission dont l'organe a été notre honorable collègue M. Hariot qui, dans un rapport spécial, a conclu à ce qu'une somme de 10,000 francs, constituant cette fois le Prix Joubert de l'Hyberderie, soit donnée à M. Charles Baltet. Ce Bapport a été lu aujourd'hui même au Conseil d'Administration qui, à l'unanimité, en a adopté la conclusion. M. le Président avertit que l'avis ainsi formulé par le Conseil est soumis maintenant à la Société réunie en séance. Il met donc aux voix cette attribution du Prix Joubert de l'Hyberderie qui est approuvée, sans opposition, par les Membres présents. Après ce vote, M. le Président prononce le renvoi du Bapport à la Commission de Bédaction.
M. Charles Baltet, se trouvant présent à la séance, adresse à la Société ses plus chaleureux remerciements pour la haute distinction qu'elle vient de lui accorder.
Rapport sur l'ouvrage de M. Charles Baltet intitulé : Etude comparative entre V Horticulture française et V Horticulture étrangère ; M. Paul Hariot, Bapporteur.
Messieurs,
Le Congrès horticole de 1893 avait inscrit à son programme la question suivante : « Étude comparative entre V Horticulture française et V Horticulture étrangère. »
Le sujet était bien fait pour tenter ; il demandait de nombreuses recherches, un esprit méthodique et sagace, une plume capable de faire passer l'aridité des détails statistiques sous l'élégance delà forme»
RAPPORT XVIÎ
Un seul mémoire a été présenté. La Commission du Congrès l'a jugé digne d'une haute récompense et a demandé que la Société nationale d'Horticulture de France voulût bien lui attribuer une allocation importante, prélevée sur le reliquat du legs Joubert de l'Hyberderie. Dans sa séance du 27 juillet dernier, le Bureau de la Société nommait une Commission chargée d'examiner le travail de M. Charles Baltet et de lui présenter un Rapport à ce sujet. Cette Commission, composée de MM. Vitry, Président, Defresne (Honoré), Truffaut, Bergman, Delessart et Hariot, m'a confié les fonctions ardues de Rapporteur.
L'Horticulture française, par laquelle le sujet devait naturellement être abordé, ne comprend pas moins de 200 pages : mais il faut dire qu'il reste, après cela, bien peu de chose à glaner. A titre de document, j'indiquerai la manière dont le sujet a été traité. Il est envisagé sous trois grandes lignes principales : Horticulture d'enseignement, Horticulture de produit, Horticulture d'agrément. L'action exercée par l'État est soigneusement étudiée, aussi bien que le rôle joué par les Sociétés, par les écoles et les orphelinats, les cours et les conférences, les jardins d'études. Les centres de production et de commerce y sont relevés avec une minutieuse exactitude ; les cultures industrielles indiquées avec chiffres à l'appui ; la bibliographie et la biographie horticoles, les services rendus par la presse spéciale ne sont pas non plus oubliés.
En bon patriote, M. Charles Baltet se préoccupe vivement de l'avenir de nos colonies ; il montre le peu de profits qu'elles nous ont procurés jusqu'à ce jour et tous ceux que nous sommes appelés à en retirer, si nous savons nous y prendre. Prenons par exemple l'Angleterre et la Hollande dont les colonies constituent la plus grande part de la richesse, et ne souffrons plus qu'on dise encore que la France ne sait pas coloniser ! Pourquoi l'Algérie ne nous fournirait-elle pas les productions de la région méditerranéenne, aussi bien que l'Espagne, le Portugal et l'Italie ? Pourquoi les ports d'Alger, d'Oran, de Philippeville ne remplaceraient-ils pas pour nous ceux de Salonique ou de Corinthe ? Ne pourrions-nous enfin retirer des Antilles françaises , de la Péninsule Indo - chinoise, de nos possessions d'Océanie ces masses de produits textiles, tinctoriaux, pharmaceutiques ou alimentaires que nous sommes obligés de demander à des nations rivales et jalouses, au plus grand détriment de notre fortune nationale?
Tout autant de questions sur lesquelles M. Charles Baltet a insisté en y appelant notre attention, et que nous ne pouvons que lui être reconnaissants d'avoir encore une fois soulevées.