MESSIEURS
Le Congrès horticole de 1893 avait inscrit à son programme la question suivante : « Étude comparative entre l’Horticulture française et l'Horticulture étrangère. »
Le sujet était bien fait pour tenter ; il demandait de nombreuses recherches, un esprit méthodique et sagace, une plume capable de faire passer l’aridité des détails statistiques sous l'élégance de ia forme,
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mes suivants :
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RAPPOR'"T XVII
Un seul mémoire a été présenté. La Commission du Congrès l’a jugé digne d’une haute récompense et a demandé que la Société nationale d'Horticulture de France voulût bien lui attribuer une allocation importante, prélevée sur le reliquat du legs Joubert de l'Hyberderie. Dans sa séance du 27 juillet dernier, le Bureau de la Société nommait une Commission chargée d'examiner le travail de M. Charles Baltet et de lui présenter un Rapport à ce sujet. Cette Commission, composée de MM. Vitry, Président, Defresne (Honoré), Truffaut, Bergman, Delessart et Hariot, m'a confié les fonctions ardues de Rapporteur.
L'Horticulture française, par laquelle le sujet devait naturellement être abordé, ne comprend pas moins de 200 pages : mais il faut dire qu’il reste, après cela, bien peu de chose à glaner. À titre de docunent, j'indiquerai la manière dont le sujet a été traité, Il est envisagé sous trois grandes lignes principales : Horticulture d'enseignement, Horticulture de produit, Horticulture d ‘agrément. L'action exercée par l'État est soigneusement étudiée, aussi bien que le rôle joué par les Sociétés, par les écoles et les orphelinats, les cours et les conférences, les jardins d’études. Les centres de production et de commerce y sont relevés avec une minutieuse exactitude ; les cultures industrielles indiquées avec chiffres à l'appui; la bibliographie et la biographie horticoles, les services rendus par la presse spéciale ne sont pas non plus oubliés.
En bon patriote, M. Charles Baltet se préoccupe vivement de l'avenir de nos colonies ; il montre le Peu de profits qu’elles nous ont procurés jusqu’à ce jour et tous ceux que nous sommes appelés à en retirer, si nous savons nous y prendre. Prenons par exemple l’Angleterre et la Hollande dont les colonies constituent la plus grande part de la richesse, et ne souffrons plus qu’on dise encore que la France ne sait pas coloniser ! Pourquoi l'Algérie ne nous fournirait-elle pas les productions de la région méditerranéenne, aussi bien que l'Espagne, le Portugal et l'Italie ? Pourquoi les ports d'Alger, d'Oran, de Philippeville ne remplaceraient-ils pas pour nous ceux de Salo: nique ou de Corinthe ? Ne pourrions-nous enfin retirer des Antilles françaises, de la Péninsule Indo - chinoise, de nos possessions d'Océanie ces masses de produits textiles, tinctoriaux, pharmaceu-
tiques ou alimentaires que nous sommes obligés de demander à des nations rivales et jalouses, au plus grand détriment de notre fortune nationale ?
Tout autant de questions sur lesquelles M. Charles Baltet a insisté en y appelant notre attention, et que nous ne pouvons que lui être reconnaissants d'avoir encore une fois soulevées,