I. — IHTRODUCnON
publiée. Mais ce n'était qu^une esquisse» ce n^était pas un tableau ^ Uhistoire de PHôtel-Dieu de Paris restait toujours à faire; Pesé* cution, du reste, en demeurait impossible : M. Husson savait bien apprécier la valeur des archives anciennes de son administration, mais il entendait n^autoriser personne à les consulter et se réserver Thonneur de les foire connaître.
Peu d'années devaient s'écouler avant qu'on fût amené à constater les conséquences désastreuses d'un pareir système. En 1870 la guerre éclata; les troupes allemandes ne tardèrent pas à investir la capitale, qu'elles menacèrent d^un bombardement. Devant ce danger, PAssistance publique, comme la plupart des administrations de Paris, prit certaines mesures de préservation, noumment à Pégard de ses archives ; ces précautions ne sMtendirent malheureusement pas à l'ensemble du dépôt. On crut poavcMr faire un choix parmi les documents : les uns furent descendus dans les caves, les autres furent laissés dans le local des archives et abandonnés au hasard des événements. On sait œ qu'il en advint : les Allemands laissèrent intact Thôtel de Tavenue Victoria; mais le gouvernement de la Commune n^hésita pas à le livrer aux flammes, quand, au mois de mai 1871, Parmée nationale eut pénétré dans Penceinte de Paris.
Cet incendie fit subir aux archives de PAssistance publique des pertes importantes, et dont beaucoup sont irréparables. Que ne descendit-on dans les caves, qui pouvaient les contenir, toutes les archives de l'administration ? Que ne préféra-t-on, au moins, à certains fonds, jugés plus utiles, tels autres, comme celui de PHôpital-Général, dont la valeur et l'intérêt étaient plus considérables ? * Tous les regrets sont inutiles, toutes les récriminations seraient vaines; considérons seulement que grâce aux mesures prises, quelque incomplètes qu^elles aient été, beaucoup de documents ont échappé aux flammes, et que PAssistance publique possède encore des archives nombreuses'.
1. Armand Husson^ Étude sur les hôpitaux, Paris, 1863, in-4*, plans et gravures. — » Voir l'art. Hôtel-Dieu à la Table des matières.
Notons, pour mémoire, les Notices sur les hôpitaux et hospices de Paris. Hôtel-'DieUf a. 1. n. d., in-4* ^® ^^ p&ges. Paris, 1822 environ d'après le catalogue de la bibliothèque Carnavalet, n* 14304.
En iSbb, M. F. de Guilhermy donna, dans son Itinéraire archéologique de Paris (p. 366-372), une notice archéologique sur l'Hôtel-Dieu, presque exclusivement consacrée à l'Oise Saint-Julien-le-Pauvre.
2. Bibliothèque de l'École des chartes, XXXII, 223, 226. — Les- archives
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Le fonds le plus important qu^on y conserve est celui de l'Hôtel-Dieu ; on peut répartir en cinq groupes les documents qui le constituent.
Premier groupe : Collection des dons et legs.
L*Hôtel*Dieu de Paris fut maintes fois, au cours du xvii* et du xvni* siècle, Tobjet de legs universels, et souvent l'hôpital devint légataire de personnages dont le nom n'était pas moins illustre que la fortune était importante; or, il était d^usage, dans ces conditions, à la mort du testateur, de transporter aux archives de la rue Saint-Pierre-aux*Bœuis^ avec le testament et Tinventaire des biens du défunt, tous les papiers trouvés chez lui. Telle est l'origine de la collection dite des Dons et legs ; les documents qui la composent ne sont autre chose que les archives personnelles des divers bienfaiteurs de Phôpital, et parfois celles de leur famille; on voit de suite quels en doivent être la variété et l'intérêt, quand on parcoun la liste des personnages qui laissèrent à r Hôtel-Dieu la plus grande ponion de leur fortune; citons, au hasard. M"* de Guise, Hugues de Lionne, le petit-fils du ministre, Lemâle des Roches, l'intendant du cardinal de Richelieu, le cardinal de Noailles, Jean Ballesdens^ François de Caillières, tous deux de PAcadémie firançaise, Tabbé Arnaud de Pomponne, etc.
Le tome IV de la Collection de documents pour servir à Phistoire des hôpitaux de Paris, publiée par TAssistance publique et rédigée par Tarchiviste-bibliothécaire de Padministfation, notre confrère, M. Léon Brièle,est presque entièrement rempli de documents provenant de cette collection ^
Deuxième groupe : Collection des DÉLiBéRATiONS du Bureau de THôtel-Dieu, années i53i à 1792, 161 volumes.
Les délibérations du Bureau de PHôtel-Dieu constituent la source par excellence de Phistoire de Phôpital pour la période mod«*ne, depuis le xvi* siècle jusqu^à la Révolution.
Des extraits de cette collection occupent les deux premiers volumes des Documents hospitaliers^; on ne saurait trop regret-
kospitalières de Paris, par H. Bordier et L. Brîèle. Paris, 1877, in-8*. — Première partie. Récolement général des archives historiques des hospices et hôpitaux de Paris, par L. Brtèle. 160 pages in-8*.
1. Imprimerie nationale, 1885-1887, in-4*. — Voir Une bienfait fice de l'HôteUDieu de Paris : la dernière marquise dé Lionne, par L. Brièle. Impr. nat.', 1886, 64 pages in-8*.
2. Cest sous ce titre que nous désignerons désormais la Collection de