‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 201 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

3i mars i3i6.

Seotence du Prévdt de Paris mettant à la charge de la paroisse Saint-Christophe l'entretien d'un eniant exposé près des murs de l'Hdtel-Dieu, mais sur le territoire de cette paroisse.

Archives de l'Assistance publique, liasse 866, cote C, n* 4124 de 17iiv€ntaire'Scmmaire, expédition, parchemin.

A touz ceus qui ces lettres verront, Guillaume de la Magdalaine, clerc, procureur nostre seigneur le Roy et garde de la Prevosté de Paris, salut.

Sachent tuit que plet meu pardevant noz devanciers prevoz de Paris entre le procureur dou mestre, des frères et des suers de la Meson- Dieu de Paris, tant ou non d'yceus mestre^ frères et suers comme ou non de la dite meson, d'une part, et les marregliers de Teglise de Saint-Xristofle en la Cité de Paris, tant ou non d'yceus marregliers comme ou non des parroissiens de la dite église, d'autre part, sur le débat et pour reson de la nourreture d'un enfant que ycelui procureur, es nons dessus diz, disoit que avoit esté getez nouvellement dedenz les mettes de la paroisse de la dite église de Saint-Xristofle^ tout hors des murs de la dite Meson-Dieu et hors d'ycelle, et ylleques trouvé et receu, et disoit que la dite Meson-Dieu et les diz frères et suers estoient touz hors des metes de la dite paroisse Saint-Xristofle ; par quoy, es nons dessus diz, il disoit que, tant par droit comç par la coustume toute notoire approuvée en France et à Paris, la quelle, si comme il disoit, est telle que, se aucun en£uit est geté dedenz les metes d'aucune paroisse, les parroissiens d'ycelle sont tenuz à le nourrir, la nourreture de l'enfant dessus dit estoit et appartenoit aus diz marregliers de l'église Saint-Xristofle et aus parroissiens d'ycelle, meesmement, si comme il disoit, que autre foiz les diz parroissiens de la dite église avoient nourriz enfanz qui getez avoient esté en la dite parroisse, et pour la nourreture d'yceu3 avoient esté talliez, si comme il disoit ; et disoit que de ce et sus ces choses estoit commune renom** mée contre les diz parroissiens en la ville de Parts : si requeroit ycelui procureur, es nons dessus diz, que par nous ou nos devanciers il fiist dit et par droit que les diz marregUers et parroissiens de la dite église Saint-Xristofle fussent tenuz à nourrir l'enfant dessus dit et que à yceus en appartenist et deust appartenir la nourreture, et que à ce fere les condampnissions et contrainsissions pour tant comme à nous appartenoit et povoit appartenir, ou à noz devanciers dessus DocDMBim IX 19

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diz, et ofifroit, es nons dessus diz, de ces choses aprouver ce tant seulement qui li soufiiroit à s'entencion avoir ;

Les àxz marregliers, tant pour eus comme pour les parroissiens de la dite église, disanz à leur deffensse que le dit enfiint dont contenz estoit entre eus, avoit esté nouvellement trouvé dedenz les appartenances, metes et termes de la dite Meson-Dieu de Paris, laquelle, si comme il disoient, estoit et est meson d'église et en lieu exempt, hors des metes et termes de la dite parroisse Saint-Xristofle et en tel lieu ou quel le curé de la dite église Saint -Xristoâe ne pourroit ne n'oseroit de droit ne de reson, tant comme curé d'ycelle église, administrer à personne, quelle que elle fust, les sacremenz de sainte Eglise, se ce n'estoit dou congié et à la requeste des diz frères et suers et tant comme personne singulière ; par quoy il disoient que ainssi la nourreture dou dit en£sint appartenoit aus diz frères et suers de la dite Meson-Dieu tant seulement et non aus diz marregliers et parroissiens de la dite église Saint-Xristoâe, selonc droit et reson et selon Tus et la coustume de Paris et de toute la visconté communelment gardez et approuvez en tel cas, si comme il disoient, meesmement que les diz frères et suers, en a£fermant les choses dessus dites estre vraies, avoient levé et prins le dît enfiEmt ou dit lieu et tourné pardevers eus et Tavoient fet et encore fesoient nourrir aus propres couz et despens de eus et de leur dite Meson-Dieu, si comme les diz mar* regliers, es nons dessus diz, disoient : si requeroient, tant en leur non comme ou non des diz parroissiens de la dite église Saint-Xristofle, que par nous ou par noz devanciers prevoz de Paris, il fussent absûuls de la requeste ou demande des diz frères et suers de la dite Meson** Dieu ou de leur procureur pour eus, et que à yceus frères et suers et à leuf dite Meson-Dieu tant seulement appartenist à nourrir Tenfant dessus dit ; et o£froient yceus marregliers, es nons dessus diz, aprouver des choses dessus dites ce qui leur souffiroit à leur entencion avoir.

Sur les quelles choses ainssi proposées et alléguées de bouche des dites parties, es nons dessus diz, chascune d'icelles parties bailla par escript son fet et intendit pardevers la court pour enfourmer sur ce le juge des coustumes et des choses dessus alléguées.

Et sur ce furent pluseurs tesmoinz trez et amenez d'une partie et d'autre, qui jurèrent en la cause et furent oiz et examinez bien et diligaument et tenuz pour publiez ; et après furent pluseurs resons et replicadons bailiiées par escript des dites parties, tant sur 1^ principal Q^mme contre tesmoinz d'une partie et d'autre ;

A la parfin, après muit d'attercations eues entre ycelles parties, fu conclus en la cause, et leur fii, de leur assentement, jour assegné à oir droit sur les choses dessus dites au merquedi avant Pasques Flouries en l'an mil CGC et XV, continué de pluseurs autres journées precedenz.

DOCUHBNTs. agi

Au qud jour les dites parties, présentes pardevant nous, c'est assavoir le dit procureur de la dite Meson-Dieu et es nons dessus diz, d'une part, et Jehannot Brunete, procureur des diz marr^liers et parroissiens, d'autre, requeranz o instance leur droit à avoir, pour quoy nous, diligaument veu tout leur procès, oyes toutes leur bonnes resons, veues les deposicions de touz leurs tesmoinz et nous enfourniez soufBsaument de toutes les coustumes alléguées de par eus, regardé et considéré tout ce qui de reson nous povoit et devoit mouvoir, eu conseil sur tout de preudesommes et sages en droit et en coustume, deimes et disons par nostre sentence et par droit que li parroissien de la dite parroisse de Saint-Xristofle sont tenuz à nourrir l'enfant dont contenz est.

En tesmoing de ce, nous avons mis en ces lettres le seel de la Prevosté de Paris, l'an et le merquedi dessus diz.

Double... fait... Passée et prononcie par maistre Guillaume de la Magdalaine, clerc et procureur nostre seigneur le Roy, garde de la Prevosté de Paris. Signée par mestre J. Paquot.

25 juin 1337.

Ordonnance du chapitre de Notre-Dame portant^ en raison du legs du chanoine Eudes de Sens, augmentation de la ration de vin des soeurs chargées du service de nuit.

Archives de l'Assistance publique, liasse 866, cote D, n* 4126 de VInventairt'Sommaire^ original, parchemin, deux exemplaires.

Universis présentes litteras inspecturis decanus et capitulum eccle* sie Parisiensis salutem in Domino sempiternam.

Gum bone memorie defunctus dominus Odo de Senonis, nuper concanonicus noster Parisiensis, compaciens sororibus et servitricibus Domus Dei Parisiensis, nobis inmediate subjecte, vigilantibus de nocte super curam et custodiam înfîrmorum dicte Domus Dei, non habentibus de nocte qualibet, dum vigilarent et laborarent circa dictos infirmos, congruentem refeccionem, cum eis non liberarentur de nocte qualibet in vigilando et laborando, licet essent plures, pro potaciofte sua nisi très pinte vini dumtaxat et de ita insuflôcienti vino quod non poterant ipsum potare, legasset in suo testamento dicte Domui Dei ducentas libras parisiensium convertendas in empcionem reddituum ad opus majoris quantitatis et de bono et suffîcienti vino eisdem sororibus et servitricibus vigilantibus nocte qualibet super hoc ùciende, dicteque ducente libre parisiensium ad hoc soluté per exequtores dicti defuncti fuissent jam converse in neccessitatibus

292 DBUXliOCB PAKTIB.

eridentibus dicte Domus de nostris auctoritate) voluntate, licencia et assensu :

Notum fiicimus uniyenis quod nos, nolentes dictas vigilatrices et laboratrices de ipso legato ad eanim utilitatem taliter fecto defraudari, sed pocius affectantes quod ipse habeant refeccionem congruen* tem cum in magnis pénis et laboribus noctes ducant insompnes, de consensu magistri, fratnim et sororum dicte Domus, provida deliberacione et diligenti tractatu super hoc prehabitis^ ordinavimus et obsenrandum imposterum decreyimus in hune modum, videlicet quod de cetera, qualibet nocte, sorores et senritrices vigilantes et laborantes super cura et custodia infirmorum in dicta Domo, habeant in sic yigiiando intègre et absque diminucione quacumque quinque pintas vini ad mensuram Parisiensem, de bono, sano et bene sufficiend ac competenti vino ; et si contingat aliquando quod non sit ibi ad hoc bonum et sufficiens vinum, ipsi magister et fratres dicte Domus Dei ipsum fadent veniri de extra in sumptibus dicte Domus ad opus predictum et facient tradi et deliberari dictis vigila tricibus pacifiée et quiète et absque contradicione quacumque ; et quia, consideratis considerandis, in premissis nobis constitit hoc debere fieri et imposterum obserrari in dicta Domo Dei, nos ad hoc faciendum et obsenrandum oneramus magistrum et fratres dicte Domus et bona quecumque ejusdem, nostram in hoc ex certa sciencia auctoritatem interponentes et decretum.

In cujus rei testimonium sigiUum nostrum presentibus litteris duxi* mus apponendum.

Datum et actum in nostro capitulo generali, de nostro unanimi assensu et eciam voluntate et consensu dictorum magistri, fratrum et sort>rum dicte Domus, anno Domini millesimo trecentesimo tricesimo septimo, die mercurii in crastino festi Ntitivitatis Beati Johannis Baptiste.

Sur le pli : Pro Domo Dei. — Yvo.

17 février i363.

L'évêque de Paris autorise la constitution à Paris d'une confrérie destinée & secourir les femmes et les enfisints sans asile.

Archives de l'Assistance publique, liasse 866, cote G, n* 4128 de V Inventaire-sommaire, copie de la fin du zv siècle, 2 feuillets papier.

Universis Xristi fidelibus présentes litteras inspecturis Johannes, Dei gratia, Parisiensis episcopus, salutem in filio Virginis gloriose.

Qui, ut ait Apostolus^, omnes stabimus aute tribunal Xristi, reoepturi prout in corpore geaserimus, sive bonum fuerit sîye malum,

opportet diem illum issionis extrême, dum in came vivimus, nos

misericordie actibus prevenire et ita copiose seminare in terris ut frttctum centesimum tandem recoligere yai(l)eamus in celis, in hoc firme spei anchoram jacientes, juxta Apostolum^ qui parce seminat, parce et mettet^, et qui seminat in benedictionibus, de benedictionibus et mettet vitam etemam.

Cum igîtur, prout est nobis a fidedignis personis intimatum, per ▼icos et plateas ville Parisiensis innumerabilium pauperum calamitas ab anno quam maxime Xristi sexagesimo tantum invaluerit quod utriusque sexus parvuli ac juvenes, orphani et al(l)ii, puelle, mulieres, cujuslibet etatis, hospicio carentes, in platea communi nec sub tecto morabantur, ex hoc sunt sequuti, sicut intelleximus, casus nedum mirabiles, imo etiam miserabiles, quos non sine gemitu pii cordis auribus attenti referimus : nam passim juvencule mulieres, alte rapte per discurrentes et vioiate, exinde lupanaris maculantur in£Eimia ; preter[e]a, tempore hiemali, frigoris torpore interempti plurimi reperti sunt pueri et puelle; alii frigore extincti, alii adhuc palpitantes, a mortuis juxta se querentes auxilium et non invenientes, simul moriebantur; multi vero pueri, si mortis tam horrende evaserint gladium, inpetigine tamen seu scabie capitum putrescentes, ut abominabiies a cunctis hominibus repulsam patiebantur, quibus inîfortuniis seu calamitatibus tam lamentabilibus in dicta civitate ante de remedio non erat provisum. Nam, etsi Domus Dei recipiat infirmos et in hospitalibus aliis viri sani vagabundi pemoctent, attamen communiter et antea non fiierant mulieres, puelle, pueri seu orphani recepti hospiciis seu de neccessitatibus erepti prelibatis, cum tamen magis pium sit et neccessarium mulieres quam viros, parvulos quam grandevos, orphanos sub tecto pemoctare et eis subvenire.

Has ergo tam graves penurias pauperum atque calamitates quam plurime persone fidèles et dévote oculo pii cordis intuentes, incepe« runt ab anno quo supra et deinbeps predictis impendere pueris et orphanis remedium salutis corporalis pro posse ; et primo in domibus suis recoligentes quotquot quisque poterat, in ipsos pietatis opéra excercebant ; tandem in una domo pro eis comparata grandem multitudinem, quandoque quingentos, quadringentos, trecentos recipere curarunt et cum sumptibus suis eos pane reficere, igné calefacere et capita curare,>matre8 cum decesserunt, sepelire, parvulos enutrire, et postquam sanati sunt aut nutriti, alicui servicio seu artificio mancipare, unde plusquam ducenti, prout intelleximus, jam sunt in una

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