COLLECTION DE M. D. C
31 mai 1882
Cela est rare de soigner ainsi ces brochures éphémères. L’idée nouvelle est excellente. Relié d’avance, ce catalogue, — et il en vaut la peine, — restera ainsi sûrement sur les rayons de toutes les bibliothèques ; c’est celui de M. Delbergue-Cormont, un vaillant commissaire-priseur, qui fut longtemps sur la brèche. Il a chargé ses amis Delestre, Georges et Clément, de réaliser les œuvres des vieux maîtres : Lancret, Mallet, Saint- Aubin, Oudry, Cochin, Freudenberg, Boilly et Antoine Borel, recueillies par lui avec constance pendant de longues années d’exercice. Aimant la peinture, retenu à l’hôtel par ses devoirs professionnels, il était, du reste,
à la première place pour acheter les toiles et les dessins qui défilaient devant lui. Il pouvait les trier sur son bureau comme sur un volet; et, sans cesse à l’affût des belles occasions, choisir pendant les ventes le bon moment des hésitations ou des heures de fatigue des amateurs.
Après avoir joui longtemps de ses tableaux, comme ils avaientleur destinée, ainsi que les livres d’Horace, il les vend ! Autrefois, on ne se séparait de ses collections qu’avec la vie. Aujourd’hui, on en voit très peu mourir ainsi de leur belle mort. Il en est d’elles maintenant comme des fragments de verre colorés qui servent à animer les kaléidoscopes ; chaque secousse les détruit, chaque mouvement les fait renaître.
La collection de M. Delbergue se composait de 32 dessins et aquarelles et de 28 tableaux, pour la plupart de dimensions modestes, comme il convient à un amateur qui n’a que l’espace restreint d’un cabinet et ne dispose pas d’un palais. Peu et bien : telle était la devise de cet amateur. Aussi avait-il su réunir certaines œuvres d’élite qui permettent de classer très haut cette galerie dans l’estime des délicats. Nous parlerons seulement de celles-là.
Parmi elles se voyait, aux trois crayons, le portrait d’une jeune fille éveillée et mutine exécuté par ce maître de la grâce féminine, François Boucher. En haut, il avait tracé de sa main, cette note que nous transcrivons sans y rien modifier.
Madame de Pris , fille de M. de Pleneufe estent jeune lorce que f ay jpeint tout la famille de M. Depleneufe.
Très rares les autographes de Boucher; mais il était décidément plus habile à tenir un pinceau qu’une plume. Acheté 895 francs.
Ils ne sont pas communs non plus les dessins de
Debucourt avant le Directoire et l’Empire, ont dit les deux frères de Goncourt, surtout lorsqu’ils sorM bien purs et assez signés pour ne pas être confondus avec des Greuze et des Fragonard.
Rien d’extraordinaire, alors, que l’on ait payé 3,050 fr. une aquarelle gouachée avec verve, et malheureusement inachevée, représentant les Travaux 'pour la Fédération au Champ-de-Mars , montrant les Parisiens allant en compagnie joyeuse dresser les buttes pour la fête. On sait qu’ils finirent par appeler ces promenades où ils s’amusaient beaucoup les Journées des Brouettes. Chaque section était tenue d’envoyer des travailleurs. Précédés d’un tambour, commandés par un officier, les citoyens, sous la conduite de deux grenadiers delà garde civique, marchaient à peu près en ordre, avec leurs outils sur l’épaule; mais, arrivés au Champ-de-Mars, la troupe se débandait, et chacun de courir, de s’amuser, de se faire brouetter ou de se laisser traîner dans un tombereau. Ce sont ces scènes très gaies que Debucourt a représentées.
Comment, petit-maître à l’esprit si délié, artiste au burin fin et si délicat, Debucourt a-t-il été oublié et dédaigné pendant la première moitié de ce siècle? La biographie de Didot n’inscrit pas son nom, le dictionnaire de Bouillet ne le nomme pas ; Larousse, en son supplément, lui consacre à peine quelques lignes. Il n’est question de lui que depuis quelque temps. Jal, dans son Dictio7inaire critique de biographie et d'histoire , a fait un peu connaître sa vie, et MM. Roger de Portalis et Henri Beraldi, dans leur ouvrage sur les graveurs du xviii0 siècle, lui ont enfin rendu, avec MM. de Goncourt dans l 'Art au xviii0 siècle , la justice qui lui était due.
Philippe Debucourt naquit dans le quartier de la place Maubert, et fut baptisé à Saint-Nicolas du Char-
donnet le 13 février 1755. Son père, simple huissier à cheval au Châtelet, avait détaché la première des deux dernières syllabes de son nom. Il signait de Bucourt. Son fils l’imita quelquefois ; mais il n’était pas noble.
Fort jeune, il entra à l’atelier de Vien où travaillait Louis David. II eut quelques succès, exposa des tableaux de genre aux salons de 1781, 1783 et 1785, et, dès le 28 juillet 1781, fut reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture, ce qui démontre qu’il n’était pas considéré à cette époque déjà comme le premier venu.
Ce fut en 1789, sur les essais arrivant d’Angleterre, qu’il prit goût à la gravure, à celle qui imite le lavis en couleur, et qui s’exécute au moyen de plusieurs planches. « Ces gravures sont tirées, a dit M. Duplessis, avec « une habileté dont le secret semble se perdre aujour- » d’hui; le graveur obtient des demi-teintes qui amènent » naturellement les transitions entre les différents » tons. »
En 1782, Debucourt s’était marié, en premières noces, avec Marie-Élisabeth-Sophie Mouchy , âgée de dix-neuf ans, fille de Philippe Mouchy, sculpteur du roi, et d’Élisabeth-Rosalie Pigalle, la fille du grand statuaire.
Comme on le voit, l’habile graveur comptait, pour alliés dans sa famille, de grands artistes du xviii6 siècle.
Vers 1803, Debucourt devint veuf et perdit presque en même temps son fils unique. Il se remaria et vint habiter Passy, puis, peu de temps après. La Chapelle- Saint-Denis. Il exposa au salon de 1804, et pour la dernière fois en 1824.
Enfin, après avoir tenu le crayon jusqu’à la dernière heure, il mourut à Belleville, chez son neveu, le graveur Jazet, le 22 septembre 1832, à l’âge de 77 ans.
A Bordeaux, le 28 février 1882, à la vente Lelong, sa gravure principale en couleur, œuvre curieuse et
spirituelle : la Promenade publique , d’un ton très doux, d’une bonne conservation, en belles marges et avant le titre, mise sur table à 500 francs, a été adjugée 1,850 francs à un libraire bordelais, M. Charles Lefebvre.
En 1876, à la vente Herzog, elle avait valu 1,200 fr. A celle de M. de Behague, en 1877, 900 francs, et en 1878, à celle de M. Roth, 985 francs. L’année dernière, à la vente Muhlbacher, on l’a adjugée 1,380 francs.
Il y a vingt-cinq ans, une belle épreuve ne coûtait que 300 francs. Nous avons marché depuis ! Collectionneurs pauvres qui , lespremiers, en pionniers intelligents, avez su apprécier et trouver les belles choses, qu’allezvous devenir?
M. Delbergue-Cormont possédait encore la Partie de campagne de Debucourt, à la plume et lavée en couleur, provenant de la vente Van den Zande. Ce beau dessin a été payé 1,405 francs.
Un dessin à la plume, lavé à l’encre de Chine par Duplessis-Bertaux, et gravé dans les Tableaux de la Révolution française , a été adjugé 180 francs. Il vaut bien quelques lignes :
Le comité révolutionnaire siège. On amène une famille de ci-devant. Plusieurs sans-culotte accusent ces malheureux. Dans un coin, des patriotes armés boivent, fument et jouent aux cartes. Sur la porte d’entrée, on lit :
Ici on se tutoyé. Fermez la porte, s'il vous plaît.
Le choix des tableaux de cette collection était bon, comme nous l’avons déjà dit. M. Delbergue entourait ses trésors des plus grands soins. Il fallait voir de quel regard d’amoureux il les contemplait lorsqu'il se promenait au milieu de sa galerie.
Deux spirituels de Marne, fort regardés par les amis qui allaient lui rendre visite, ont fait deux heureux : la Foire au village , 1,400 fr. ; la Fête de campagne , 1,120 francs.
On devait trouver Honoré Fragonard dans cette réunion intelligente. Il y était, en effet, et représenté par un joli tableau intitulé Y Amour. Le petit dieu, en embuscade dans un buisson de roses, un doigt sur la bouche, recommande le silence, tandis que des colombes planent audessus de sa tête. Impossible de ne pas deviner aisément l’allusion. L’acheteur qui a obtenu cette charmante composition pour 4,350 francs n’a pas fait une mauvaise affaire. Nous lui adressons, sans le connaître, nos sincères félicitations.
Un portrait de Marie Leczinska était attribué à Nattier. Près d’une colonne cannelée, sur une draperie blanche, se détache la reine, de grandeur naturelle. Elle est assise dans un fauteuil fleurdelisé, la tête coiffée d’un bonnet recouvert par une pointe de dentelles et noué sous le menton. Majestueuse ainsi, Marie Leczinska, dans sa robe de velours rouge, agrémentée de rubans cramoisis et de manchettes de dentelles blanches à triple rang de volants.
Derrière cette toile se trouvait collée cette note manuscrite jaunie par le temps.
« Je certifie que ce tableau de la reine Marie Leczinska a été donné par mesdames de France, Sophie, Adélaïde, Victoire, à Monsieur le comte de la Rivière, page de Louis XV, colonel des chevau-légers , écuyer de mains des princesses. Ce tableau n’est jamais sorti de la famille, resté en héritage à Mmc la comtesse de la Rivière qui me l’a laissé en toute propriété. ( Il est de Vanloo).
Sophie Hardouin.
Ce portrait est-il une copie, faite par Nattier, de l’original de Vanloo, gravé par Tardieu ? M. Georges, un
expert des plus compétents, ne le pense pas. Nous sommes de son avis. L’auteur de la note s’est trompé sur le nom de l’auteur. Ce tableau ne doit être qu’une répétition originale de Nattier par lui-même. Cette incertitude a dû arrêter bien des amateurs parmi ceux qui ne sont pas assez sûrs d’eux, et qu’un rien effarouche. Aussi n’a-t-il trouvé preneur qu’à 2,000 francs.
Les ventes sont remplies de surprses. L’un des étonnements de celle dont nous parlons a été le Portrait 'présumé de Louis XVII , dont voici la description. Le soi-disant dauphin, coiffé d’un chapeau noir, habillé d’un petit costume de satin gorge de pigeon, à manches courtes, serré à la taille par une ceinture de soie blanche, tient un fouet à la main et traîne un chariot rempli de fleurs.
Cefte toile, provenant de la collection de M. de Saint- Germain, de Caen, était signée Wertmuller à Paris, 1789, un artiste suédois connu par un portrait de Marie-Antoinette et de ses enfants, exposé au salon de 1785.
Portrait douteux, ce Louis XVII, et en tous cas facture inférieure. Mais où peut aller chez les fidèles la religion des souvenirs? Ce tableau est monté à 8,000 francs! C’est acheter cher une indécision. Une certitude aurait valu alors un zéro de plus.
Ce n’était certainement pas un grand artiste , Adalbert de Beaumont, mais bien plutôt un dessinateur habile produisant avec une grande facilité. Il était surtout une physionomie sympathique , une intelligence cultivée, un esprit observateur et un intrépide voyageur.
Né en 1810, fils du général de Beaumont, il fut de bonne heure épris du désir de l’inconnu. Il visita d’abord, avec ardeur, toute l’Europe, l’Allemagne savante, l’Italie artistique, la Suisse agreste. Il alla jusqu’aux sites
sauvages et pittoresques de la Scandinavie. Dessinant, croquant partout où il se trouvait, il rapportait de ses voyages des suites d’études d’un attrait saisissant. Il y a de lui des aquarelles qui marquent son passage dans tous les pays, depuis le vieux Pont de Florence, jusqu’au Pont des Soupirs du Grand Canal de Venise ; depuis le château de Frederiksborg dans le Danemark, jusqu’aux bords de la mer Glaciale ou du golfe de Bothnie. J’ai vu l’une de ses plus curieuses aquarelles intitulée : le Soleil de minuit au cap nord. Tout le monde ne va pas chez les Lapons.
Mais ce n’était là qu’une première étape dans ses pérégrinations lointaines. L’orient, qui séduit tous les voyageurs, ne tarda pas à l’attirer. Il s’y rendit à diverses reprises et se livra avec passion à une étude approfondie et sans parti pris de l’art monumental et décoratif. Pendant ses tournées, ses cartons continuèrent à se remplir de souvenirs artistiques, fixés par le pinceau sur le papier : les merveilles architecturaiesde Sainte- Sophie, les dentelles des kiosques et des fontaines de Constantinople, les arabesques du tombeau des califes au Caire, les mosaïques des portes qui décorent les mosquées de Brousse et les maisons de Trébizonde.
De Beaumont recueillit aussi de précieux renseignements qu’il utilisa plus tard, et rapporta à Paris les secrets de cette poterie persane que produisait autrefois Schiraz, célèbre par ses vins et chantée par le poète Sâdi. Il avait pu étudier de près la céramique dans les anciennes constructions de Damas et du Caire où elle arrivait, jadis, par le canal du Nil à la mer Rouge, ouvert avant M. de Lesseps, pendant une partie du moyen âge.
Peut-être serait-il bon de consigner ici, avant d’aller plus loin, quelques détails sur cette fabrication, aujourd’hui en partie abandonnée, depuis que, détruite en
1750 par le farouche Mahomet-Khan, la capitale de la Perside n’est plus qu’un repaire de brigands.
C’est de la Perse que nous est venue la faïence. On le sait, les Persans, continuateurs des Assyriens , ont ensuite appris à faire ce produit aux Hollandais, établis dans le golfe persique. Leurs palais sont encore, malgré des destructions terribles, revêtus de briques émaillées dont l’assemblage forme de vastes compositions semblables à des peintures murales. Tavernier, au xvn° siècle, Chardin au xvme, ces deux hardis explorateurs, ont décrit les nombreuses fabriques qu’ils avaient rencontrées à Metchel, capitale de la Bactriane, à Yezed. à Kirman, et particulièrement àZormandt, un bourg perdu de la Carmanie.
Lorsque de Beaumont revint à Paris, le vent soufflait du côté de la céramique. La majolique était fort estimée, Avisseau de Tours cherchait à ressusciter Bernard Palissy. Deck réussissait à merveille dans ses premiers essais de reproductions chinoises, et dans ses belles imitations de faïence italiennes ; grâce à ses excellents collaborateurs, Anker, Collin, Bracquemond, Gluck, et Ehrmann, on se disputait ses créations artistiques. 11 y avait là des résultats considérales. Ces succès rendirent jaloux M. de Beaumont. Désireux d’initier le public à ses découvertes, il fonda alors, avec M. Collinot, un novateur, une importante fabrique de cette poterie persane qu’il connaissait si bien et dont la nature intermédiaire participe de la faïence par sa pâte et de la porcelaine par son aspect transparent.
Il fit grand et le succès répondit vite à ses efforts. Ses carreaux émaillés furent tout de suite très estimés. Beaucoup d’architectes bien avisés voulurent, pour la décoration intérieure de leurs maisons, ces beaux revêtements si remarquables par l’éclat de la couverte, parle brillant des coloris et par la splendeur des bleus célestes et des
bleus turquoises. Nous nous souvenons tous du pavillon qu’il installa au Champ-de-Mars, en 1877, pour exhiber ses produits aussi parfaits et dans certains cas aussi beaux que ceux de la porcelaine de Chine.
A cette époque, Adalbert de Beaumont commença la publication d’un recueil de dessins pour l’art et pour l’industrie. Toujours sur la brèche, il devint le collaborateur assidu delà Revue des Deux- Mondes, de Y Illustration et du Voyage autour du Monde dans lequel plusieurs des ses aquarelles furent reproduites en gravures.
A plusieurs reprises, sa notoriété, son goût éclairé, son intelligence d’élite le firent choisir comme membre des jurys d’exposition.
Lorsqu’il mourut, il légua à son viel ami, Collinot,son fidèle collaborateur, la continuation de sa fabrique et tout son œuvre. Amateur éclairé des beaux-arts, il laissait une collection contenant de précieuses indications pour le peintre, l’architecte, le céramiste, en un mot pour quiconque vit pour et par l’art dans quelque forme que ce soit.
C’est celle qui a été dispersée les 2 et 3 juin. Me Paul Girard tenait le marteau du commissaire-priseur, aidé dans sa tâche par les experts Charles Georges et Henri Devynck qui avaient été chargés de dresser le catalogue et de rédiger la préface, dans laquelle nous avons trouvé quelques-uns des renseignements qui précèdent.
Lundi je pris des actions, Mardi je gagnai des millions.
Mercredi je pris équipage, Jeudi j’arrangeai mon ménage, Vendredi je m’en fus au bal, Et samedi à l’hôpital.
Les choses se passaient d ans ce temps-là absolument
comme dans le nôtre; cependant nous n’avons pas vu, ainsi qu’à cette époque, un laquais monter dans le carrosse de son maître ruiné et le prendre pour valet de pied.
Qui parle donc encore aujourd’hui du krach ? Il est aussi oublié que le système de Law. Paris, plus brillant que jamais, a repris son train de plaisir, sa vie sceptique et brûlée. C’est à peine si l’on se souvient de la vente de Mlle Heilbronn et des grosses pertes chiffrées de tous côtés. Il n’est plus question de Capoul aux trois quarts ruiné ni de la débâcle de M. Rouzeaux-Nilsson qui a perdu la tête. On a déjà oublié que les frères Coquelin ont été légèrement écornés et que MmeEngalli, désespérée, a dû conduire son mari chez le docteur Blanche. A Paris, comme dans la ballade, les morts vont vite. Au milieu de l’égoïsme général, les décavés de la veille sont vite oubliés, mais la roue tourne sans cesse Qui sait? Après avoir réparé dans l’ombre et dans lé silence par le travail et par l’économie les brèches de leurs fortunes, les ruinés d’hier seront peut-être les nababs de demain.
Et cependant la tempête du krach continue à déposer ses épaves sur les rives de la maison des ventes. Cette fois, c est le mobilier de celui qui a accumulé tant de colères sur sa tête, semblable au bouc de l’Écriture chargé des péchés d’Israël. Le service de saxe, les tapisseries et les émaux cloisonnés de M. Bontoux ont été offerts en pâture au Minotaure de la rue Drouot. Le monstre a toujours faim; il a tout dévoré, il n’en a fait qu une bouchée : une seule vacation s’élevant à 110,000 lrancs ! Tapisseries de Beauvais sans personnages (1), sujets bibliques d’Aubusson (2), meuble orné
. 0) Quatre tapisseries, avec oiseaux, vendues 14,200 francs, prix inusité jusqu a ce jour pour des tapisseries sans personnages.
(2] Sept tapisseries LouisXVI, quelques-unes un peu rognées, n,800 fr.
des fables de La Fontaine (1), tentures armoriées du temps de Louis XV (2), tout a été payé un prix fou, et ainsi du reste.
A qui le tour parmi les victimes du craquement financier de janvier? Nous le saurons maintenant au commencement de la saison prochaine.
(1) Deux canapés, une ottomane et douze fauteuils bois sculpté laqué gris, vendus 27,500 fr.
(2) Deux tentures avec la devise : libertas, époque Louis XIV, 7,600 fr.
La Chine est un pays charmant. — La céramique du Céleste- Empire. — L’arc-en-ciel inspirant les Chinois. — L 'ancien la Chine.
— Le vieux céladon. — M. 0. du Sartel, un lettré chinois. — Connaissez-vous Laplace ? — Le relevé des Nien-Hao. — Les dynasties des empereurs. — L’art de vérifier les dates chinoises.
— Le jargon des catalogues. — Un voyage de quatre mille lieues en deux heures. — Liste des principales adjudications de la vente du Sartel.
Paris, 5 juin.
La Chine! — et tout de suite l’imagination s’éveille. Dans un lointain vaporeux apparaît involontairement cet étrange pays. A travers un mirage tout un monde fantaisiste se dresse devant nous : dragons menaçants, chats hérissés de verrues, oiseaux imaginaires, monstres chimériques, poussahs dont le crâne s’élève en pain de sucre, dragons terribles allongeant les griffes, ouvrant les mâchoires et recourbant la queue,
. en replis tortueux.
On songe tout de suite à ces légendes fantastiques qui nous ramènent aux contes des fées, à cet arbre fabuleux de Fan-Tao qui fleurit tous les trois mille ans et ne fournit ses pêches que trois mille ans plus tard.
Dans cette patrie du thé, des paravents et des éventails, la convention règne en souveraine. De la lumière
partout, de l’ombre nulle part. Des plans, pas de perspective. La terre est verte, le ciel est rose. Les arbres sont en burgau, les plantes en jade, les rochers en biscuit, les eaux en argent, les édifices en laque, avec des clochetons ornés de sonnettes aux quatre coins.
Oiseaux d’azur, poissons de flamme,
Insectes d’éméraude et d’or,
Monde prestigieux où t’âme Libre du ciel prend son essor...
a dit un poète charmant.
Ils étaient bien derrière leur rempart infranchissable, ces Chinois patients et persévérants. Ils ont su, pendant quatre mille ans, se défendre contre tout envahissement et ne rien changer à leur langue monosyllabique. Ils se sont acheminés, à travers les siècles, en conservant intactes leurs mœurs et leurs habitudes, sans couper leur longue chevelure tombant en nattes derrière leurs épaules.
Et cependant ils sont ainsi, immobiles dans leur civilisation, cinq cent millions d’habitants qui n’ont, jamais eu besoin de nous. Convenons-en, cette race jaune de l’extrême Orient a conservé sur les visages pâles de l’Occident, en beaucoup de points, une antique supériorité. Elle a eu, avant nous, la boussole, l’écriture, l’imprimerie et la poudre à canon. Tous les efforts de l’industrie européenne n’ont jamais pu dépasser les Chinois en bien des choses. De bonne heure, la soie a pris, grâce à leurs recherches, toutes les façons imaginables, et nos fabriques de Lyon n’ont fait ensuite que copier leurs procédés. Nous nous servions encore de grossières poteries tout à fait primitives que, depuis bien des années déjà, le Céleste-Empire connaissait le secret de la fabrication de la porcelaine.
Quelle merveille, cette porcelaine! Elle brille comme
un miroir, elle est souvent mince comme du papier, elle est toujours sonore comme une table d’harmonie ! Comme ils ont su, en outre, merveilleusement l’enjoliver, ces premiers ornemanistes du monde! Pour cela, il leur a suffi de regarder la nature et d’emprunter à l’arc-en-ciel sa palette étincelante; aux ailes des papillons, leurs couleurs diaprées; aux fleurs et aux fruits, leurs formes et leurs tons harmonieux ! Quels admirables coloristes ! Quelle fidélité dans leurs reproductions variées des teintes les plus délicates, aux dénominations les plus subtiles : les jaunes d’anguille, les violets d’aubergine, les verts de serpent ou de feuille de camélia, les bleus du ciel après la pluie !
Aussi, comme il était recherché au xvii0 et au xvm° siècle ce produit longtemps inconnu de la collaboration indispensable du feldspath et du kaolin ! La chinoiserie faisait fureur alors. Boucher l’avait mise à la mode. Rouen copiait sur ses assiettes les paysages du Céleste-Empire ; les magots ventripotents, les mandarins vêtus de robes éclatantes et les femmes fluettes, aux pieds imperceptibles, à la chevelure rejetée en arrière et aux yeux retroussés vers les tempes. Les petits-maîtres faisaient de longues stations chez le célèbre marchand Lazare Duvaux, pour acheter tout ce qu’il recevait de l’extrême Orient. Tous voulaient, pour orner leurs cabinets, de Vcincie7i la Chine , des pagodes 'plaisantes représentant des faunes, des pots pourris truités et des cornets de belle forme , avec leur monture en bronze doré à l’or moulu. Louis XV commandait à la Compagnie des Indes un service à ses armes. Mme de Pompadour faisait peindre comme accessoire dans son portrait par La Tour, une belle potiche des mandarins, entre les pieds d’une console. Tous les catalogues de vente du temps célébraient à l’envi les merveilles du bleu céleste , de X ancien blanc et du vieux céladon. La
comtesse de Verrue, le prince de Carignan, le duc de Tallard, le comte de Fontenay, M. de Fontpertuis, passaient pour de grands connaisseurs en porcelaines. A la vente de la duchesse de Mazarin, faite le 10 décembre 1781, par le peintre Lebrun, « deux magots de couleur brune, à vêtements d’ancien céladon, de Imit pouces de proportion, » étaient adjugés douze cents livres au comte de Merle, — un beau prix pour l’époque !
Je l’avoue humblement, je voulais faire preuve d’érudition sur cette céramique, écrire au moins une fois un article savant. C’était ma plus chère et ma plus douce espérance ; je m’étais mis pour cela à bûcher les bons auteurs ayant écrit sur la matière; je voulais démontrer que les Romains avaient dû recevoir des porcelaines par les caravanes qui venaient de^Tartarie, établir qu’au moyen âge les riches musulmans envoyaient des belles pièces de la Chine en cadeau.
Mais j’ai dû bien promptement renoncer à ma tâche. Comment voulez-vous s’y reconnaître? Pas deux écrivains qui soient d’accord! Rien que des contradictions dans tous leurs li\res: noms, dates, lieux de fabrication, modifiés, transformés suivant le bon plaisir de chacun. Il faut bien en convenir, du reste, ce n’est pas une chose facile de suivre les produits d’un millier de fabriques innovant peu, se copiant au contraire sans cesse depuis bientôt cinq cents ans.
Aussi, devant ce sujet aussi vaste que l’océan, j’ai pensé que le plus sage était de s’en tenir au dernier ouvrage paru, à X Histoire de laporcelaine de Chine , par M. 0. du Sartel, avec des sous-titres qui en indiquent l’intérêt varié : origine, fabrication, décors et marques, introductions en Europe, classement chronologique, imitations et contrefaçons.
Et, simplifiant les choses, je suis allé trouver l’auteur,
afin de puiser auprès de lui les renseignements dont j’avais besoin pour faire cette chronique. C’est avec une bonne grâce parfaite que ma démarché a été accueillie.
Issu d’une famille noble qui joua un rôle important au siècle dernier, l’auteur de V Histoire de la porcelaine , après avoir perdu sa fortune et lutté longtemps contre l’adversité, se trouve maintenant à la tête d’une grande situation conquise par un travail persévérant. Il se délasse aujourd’hui de ses fatigues par les douces satisfactions des beaux-arts. Ce savant, cet écrivain distingué n’est certainement pas moins intéressant en racontant ses débuts dans la vie comme officier de marine, qu’en parlant de ses chères porcelaines.
J’ai même retenu de lui un mot que je veux citer. C’était à l’époque où, en partie ruiné, il dut se mettre courageusement au travail. Il opta pour les affaires et vint offrir ses services à un grand industriel. Pour briguer de très modestes fonctions, il expliqua qu’il avait fait beaucoup d’# et d’y, et il ajouta qu’il pensait que ce modeste bagage scientifique pouvait lui être de quelque utilité.
— « Connaissez-vous la place? lui demanda le chef de la maisoa.
— » Laplace? répondit-il humblement, pensant, après ce qu’il venait de dire, au grand mathématicien, je l’ai peut-être un peu perdu de vue, je m’y remettrai. »
M. du Sartel est né collectionneur comme on naît poète. Il a patiemment réuni tout d’abord des morceaux de première qualité. Mais, après le plaisir de posséder, il a voulu la satisfaction de savoir. Alors, étudiant ses pièces une à une, il a cherché à les classer, à connaître leur date, à pénétrer leurs inscriptions.
C’était l’époque de l’exposition rétrospective de
l’Extrême-Orient au Trocadéro. M. de Longperrier avait demandé à chacun des exposants une notice pour publier de cette section un catalogue général qui, entre parenthèses, n’a jamais paru. M. du Sartel se mit à l’œuvre, cherchant à s’y reconnaître au milieu de ce labyrinthe de marques. Son ardeur au travail l’entraîna plus loin qu’il ne l’avait pensé tout d’abord et le conduisit à écrire peu à peu une histoire très complète de la porcelaine de Chine. Avec une patience de bénédictin, il releva tous les Nien-Hao qu’il put trouver. Ces Nien-Hao, qui sont les armoiries des empereurs de leur vivant, lui donnèrent des dates certaines. Il demanda ensuite à un missionnaire revenu de Pékin la traduction de quelques-uns des ouvrages chinois de notre Bibliothèque nationale, écrivit en Chine pour éclairer certains faits restés obscurs dans son esprit, vit toutes les collections de Paris et de l’étranger et finit par mettre la dernière main à un ouvrage qui est un monument.
C’est la première fois qu’on arrive à reconstituer dans l’ordre chronologique, d’une manière précise, les inventions et les progrès de la fabrication chinoise; car Jacquemart, dans son ouvrage, s’est borné à classer les porcelaines en familles sur les apparences extérieures du décor. A l’aide des documents qu’il avait amassés, le savant M. du Sartel fit table rase de bien des erreurs qui s’étaient perpétuées jusqu’à nos jours. Stanislas Julien estimait que l’invention de la porcelaine remontait à peu près au commencement de l’ère chrétienne. M. du Sartel apprécie qu’elle ne doit pas être antérieure à la dynastie des Souy, 581 à 618. Avant, les Chinois ne faisaient que de la poterie ou des grès. Or, ce sont pour lui des temps préhistoriques, et il les laisse dans l’obscurité.
J’ai suivi, avec lui, chacune des étapes de cette fabri-
cation. Je veux faire profiter mes lecteurs de mes observations par un résumé très rapide.
De l’année 618 à 1426 de notre ère, les qualités se sont affirmées avec plus de précision. Sous la dynastie des Tang (618 à 907) apparaissent les bleus cobalt sous couverte, ainsi que les décors en relief et les émaux en teinte plate posés sur un biscuit presque rugueux.
De 1426 à 1465, au commencement de la dynastie des Ming, vient l’époque de Siouen-te et de ses continuateurs. Le rouge de fer se montre et avec lui les peintures Tien-Pé , émaux appliqués sur biscuit et fixés à une deuxième cuisson.
De 1465 à 1567, époque de Tching-Hoa{ 1465 àl488) et de ses successeurs, surgit la famille verte, peinture en émaux sur couverte.
De 1567 à 1644, époque de Wan-li (1573 à 1620) jusqu’à la dynastie des Thsing , reproduction des anciens Tien-Pé, peintures vieille famille verte et des Outsaï , décors famille verte proprement dite, de l’époque de Tching-Hoa , mais dont les bleus sont posés à l’avance sur cru et cuits au grand feu.
De 1662 à 1723, époque de Khang-liy et de son prédécesseur, arrivent les bleus fouettés et à la fin de son règne les roses tirés de l’or. C’est la période des belles choses, des flambés merveilleux, des pâtes à ton d’ivoire, des craquelés rappelant la peau de la truite; c’est le grand siècle en Chine, comme celui de Louis XIV en France.
De 1723 à 1796, époque de Kieng-long , le sentiment européen surgit; le travail devient plus délicat, la forme des vases s’assouplit, les couleurs s’adoucissent en teintes plus harmonieuses. La famille rose triomphe.
De 1796 à nos jours. Copie et décadence complète.
Formée à l’aide de ces connaissances sérieuses et profondes, la collection de M. du Sartel prenait place à côté de celle de M. Salting, de Londres, qui possède les plus beaux vases de Khang-hy. Elle n’aurait pas certainement pâli près de celle de M. Franck, donnée par lui au British Muséum. Elle n’avait pas sans doute les deux vases roses de M. Grandidier, ancien conseiller d’État, ni autant de bouteilles monochromes, de flambés et de céladons que celle de M. Cernuschi, mais elle possédait une théière en forme de lettre en tout point semblable à celle qui fait l’ornement du cabinet de M. Gentien. La série de morceaux de la famille verte luttait avec les pièces de même sorte de M. Frédéric Poiret. Reconnaissons cependant la supériorité de la réunion si extraordinaire d’assiettes à revers rouge de Mme la baronne Salomon de Rothschild et des charmantes tasses coquilles d’œuf, aux délicates miniatures, possédées par M. Fournier père, l’un des doyens de la curiosité.
Toutes ces belles choses recueillies de tous côtés, à l’hôtel Drouot et chez les marchands de curiosités, poursuivies dans les vitrines des amateurs, enlevées dans de lointains voyages en Hollande, en Belgique, en Angleterre, M. du Sartel s’en est récemment séparé, et comme les belles ventes de porcelaines de Chine sont rares et qu’on les compte depuis le commencement du siècle, il a fait imprimer un beau catalogue, complément indispensable de son Histoire delà porcelaine. Accompagné de belles illustrations dans le texte, il restera non dans la mémoire, mais sur les rayons de toutes les bibliothèques des lettrés parisiens.
J’approuve fort la manière dont a été rédigé ce catalogue. C’est un progrès réel. Jacquemart avait horreur du langage ordinaire. Il faisait un abus de termes et de mots trop savants qui n’en finissaient plus.
Je hais fort, en ce qui me concerne, ce langage emprunté aux Précieuses ridicules qu’il employait. Il disait chrysanthème) pœonienne pour chrysanthème et pivoine. Avec lui, les dessins étaient chatironnés, les décors hiératiques , la mosaïque chlatrée , les potiches turUnées. Les tasses avaient la forme de l'hibiscus, les bols se qualifiaient subhémisphériques , le bleu, célanodoïde ; la bouteille s’appelait lagène et la coupe devenait libatoire.
Ces dénominations, à l’usage des raffinés, ont toutes disparu dans le catalogue de M. du Sartel ; mais, à sa place, j’aurais même supprimé encore les ornements archaïques, les bleus agatisés , les bouteilles piriformes, les coupes campanulées et les cornets à anneau, médian. Je suis pour les termes intelligibles pour tous, excepté pour les auteurs savants qui font des dictionnaires. Les catalogues d’autrefois étaient des modèles de clarté et de simplicité.
Les ventes de Chine sont rares depuis le commencement du siècle. On les compte. Avant celle de M. Barbet de Jouy, faite le 24 mars 1879, par les soins de Mannheim, où de simples assiettes dépassèrent cinq cents francs, et de toutes petites tasses plusieurs milliers de francs, nous ne connaissons que la vente de la duchesse de Montebello, qui dura près d’un mois, et celle de M. Sechan, en mars 1875, ne comprenant pas moins de 375 numéros.
L’exposition de cette collection, choisie avec autant de goût que de bonheur, a mis en émoi tout le monde de la curiosité. Elle a été un événement, une fête, un réveil pour l’émulation des amateurs.
Pendant quelques jours, en tournant doucement autour de la salle n° 8 de l’hôtel Drouot, on pouvait, contemplant ces merveilleuses porcelaines, faire sans
faligue et sans danger, en deux heures, un voyage de quatre mille lieues, du plus haut intérêt.
Impossible de rester froid devant ces formes bizarres et ces éclatantes couleurs. Je les vois encore, ces belles potiches où sur l’azur se jouaient, à travers de folles arabesques, des enfants, des dragons, des chimères, toutes les créations de ces étranges fantaisistes.
Quelle couleur! ce cornet bleu turquoise finement truité, à décor en relief imitant les bronzes antiques. Quel éclat! cette bouteille élégante de profil, riche d’émail, couverte de rouge profond dont les reliefs laissaient entrevoir la pâte d’un beau ton d’ivoire. Bonnat n’est pas plus coloriste.
Que signaler ensuite de préférence ? Tout était rare et curieux.
Une merveille ! cette jarre à vin à décor bleu turquoise avec son paysage où se rencontrent deux philosophes ! Véronèse n’eût pas mieux fait. — Unique, ce vase rouleau, au fond bleu fouetté imitant les ondulations des flots ! — Cette théière ayant la forme d’une lettre d’écriture, composée de Fo et de Cheou (bonheur et longévité), avec son bec en argent et son anse en ivoire gravé, avait dû appartenir à quelque gros mandarin à plusieurs boutons. — Ce grand plateau, drageoir à neuf compartiments mobiles qui, réunis, forment une fleur de nelumbo épanouie, provenait sans doute du Palais d’Eté.— Ces assiettes, décorées au marli d’un damassé blanc, avec un écu d’azur portant le chiffre D. B. en or, avaient été fabriquées certainement par ordre de la comtesse du Barry.
C’était inouï d'inouïsme , aurait écrit un romantique.
Qu’ajouterons-nous pour finir?
A la vente qui a duré trois jours et qui a produit 130,000 francs, cette collection superbe, estimée,
enviée, & été chaudement disputée par de nombreux amateurs.
Tout ce qui était décoratif a été acheté par MmG Delacour, M. Édouard André, M. Léon Fould, par l’habile et aimable M. Auguste Sichel, qui connait le chine à merveille et par M. Durlacher, un des plus riches marchands de Londres.
Le musée de Sèvres, restant dans son rôle, a poursuivi tout ce qui touchait à la partie scientifique. Bon nombre d’objets sont allés également dans la collection particulière de M. Lauth, le savant administrateur de notre manufacture.
Quelques pièces enfin, objets d’étude, sont rentrés joyeusement au logis. Ce n’était pas les plus séduisantes à l’œil, mais c’étaient les plus anciennes. Ne seront-elles pas de nouveau le noyau d’une nouvelle série? « Qui a bu boira, » dit un vieux proverbe. M. du Sartel, nous le croyons, n’a pas dit un dernier adieu aux satisfactions du collectionneur. Il sait trop de choses maintenant pour s’en tenir là.