L. VOLDERS FECIT
C'était une œuvre rarissime de ce maître.
Depuis, l’un des rédacteurs les plus savants du Courrier de l'Art a retrouvé ce tableau dans un cu-
MT
rieux Catalogue d'une vente de tableaux authentiques de maîtres anciens faile à l'hôtel de Bullion les 28, 29 et 50 mars 1814, à six heures de relevée, dirigée par M. Delaroche, sur lequel se trouve la mention suivante : M. Lebrun, le fameux peintre expert et collectionneur, mari de M" Vigée-Lebrun, a vérifié le manuscrit, la presque totalité des tableaux sous les yeux.
Et plus loin ces curieuses indications :
« Après beaucoup de recherches, nous n’avons pu » rien découvrir sur Volders, quiparait avoir réuni à la » force et au plus haut degré les talents des Téniers, » des Gonzalès Coques et des Van Dyck. Nous avons » seulement trouvé qu’il a dû naître à Bruxelles et que » sa famille compte encore quelques descendants dans » cette ville. Le peintre s’est représenté dans le fond du » tableau, venant prendre part à ce concert. On recon- » naît sa noble origine à la manière dont il est vêtu » (sic). Il est probable que son pays appartenait alors » aux Espagnols ; il se sera retiré en Espagne, où il » aura fait peu de tableaux. De là provient sans doute » l'ignorance où l’on est sur son compte dans son pays. » Nos plus habiles artistes et les plus grands connais- » seurs se sont tous accordés pour dire qu'ils n'avaient » jamais vu de tableau aussi capital dans ce genre et » aussi satisfaisant. En effet, il estimpossible de porter » plus loin l'illusion en petit. La couleur, l'exécution, » la vérité y sont au-dessus de tout éloge. »
Une mention du catalogue indique, en outre, le prix de 3,000 francs obtenu pour ce tableau.
Revenons à la vente.
Cette belle toile faisait envie à la fois au musée de Francfort et à celui de Bruxelles. Leurs représentants le poussent vigoureusement jusqu’à 6,500 francs, mais s'arrêtent là, et le cableau est adjugé à un amateur an-