MM. CH. MANNHEIM ET E. FÉRAL, EXPERTS
41, 12, 29, 93, 29 et 30 mars.
En trois ventes distinctes, l’une réservée aux tableaux et aquarelles, les deux autres aux objets d’art, cette double collection qui avait une renommée justement méritée a passé au feu des enchères. On sait avec quel soin elle avait été formée, à la bonne époque, par ses créateurs, M. Achille Jubinal, ancien député au Corps législatif sous l'empire, et M. Philippe de Saint-Albin, son beau-frère, ancien bibliothécaire de l'impératrice. Madame Achille Jubinal, née de Saint-Albin, sœur du comte Hortensius de Saint-Albin, à la fois poète et magistrat et du vicomte Philippe de Saint-Albiu, dont nous venons d'évoquer le nom, était elle-même une femme de goût qui avait présidé à la formation de la collection de son frère et de son mari.
Cruellement éprouvée par les morts successives de ses frères, de son mari et enfin de son fils, elle ne put survivre à ces pertes. Elle laisse une fille unique mariée à un jeune roman- cier plein de talent, M. George Duruy, fils cadet du célèbre historien qui fut ministre de l'instruction publique.
Qui, des Parisiens du vieux temps, ne se rappelle la physionomie curieuse de M. Jubinal, député sous le gouvernement impérial? Court et trapu avec la barbe et les yeux très noirs qui décelaient son origine méridionale, le collectionneur-député était un érudit très réel. Sa réimpression des œuvres de Rutebœuf, trouvère du xue siècle, l’a classé avec maints autres ouvrages parmi les savants acceptés par l'opinion publique. L'aimable érudition et l’aménité proverbiale de M. Philippe de Saint-Albin, assidu des fêtes de l'empire, sant également restées dans le souvenir de tous ses contemporains.