À DE NEUVILLE
(APRÈS DÉCES).
TABLEAUX, AQUARELLE ET DESSINS, ARMES DE GUERRE, COIFFURES MILITAIRES ET PIÈCES D'ARMEMENT.
MM. P. CHEVALLIER ET E. ROUSSEAU, COMMISSAIRES-PRISEURS. MM. GEORGES PETIT ET CH. MANNHEIM, EXPERTS.
5 et 6 mai.
Imprimé avec soin sur papier teinté de format gr. in-80, par Renou et Maulde, le catalogue des œuvres d’art et des objets d'équipement militaire provenant de l'atelier du regretté Alphouse de Neuville est orné du portrait de ce maître, par P. Mathey et de cinq planches d’après ses principales œuvres, reproduites par le procédé de l’héliogravure. Bien que forcément de proportions trop réduites, à l'exception du portrait, ces reproductions donnent une idée juste de l’œuvre de ce grand peintre militaire.
Une préface de M. Gustave Goetschy, pleine d'émotion et de sincérité, retrace la vie du peintre des Dernières cartouches depuis sa sortie de l'atelier Picot jusqu’à sa mort, survenue il y a déjà un an passé.
C'est dans ces pages si vivantes qu'il faut retrouver la trace du courageux élan de Neuville pour le travail, de la facilité avec laquelle il s’assimilait les épisodes de la vie militaire, de l'influence que de grands artistes tels que Delacroix et Detaille eurent sur sa production, et de la tendre amitié qu’il ne cessa de porter à celle qui est aujourd'hui sa veuve,
« L'artiste en de Neuville, dit M. Goetschy, se doublait d'un poète. Il n'était pas seulement un peintre puissant et sincère, un dessinateur savant, habile jusqu'au prodige; il était encore et par-dessus tout, un émouvant conteur. Je ne crois pas qu'aucun écrivain, chez nous, ait publié jusqu'ici, sur la lutte franco-allemande, un ensemble de récits égal en intérêt et en importance à la belle série de ses tableaux militaires. Ils sont, à la fois, d'irréprochables œuvres d'art et de précieux documents. En même temps qu'ils content la guerre et sa stupide horreur, —
les troupiers enguenillés suant la fièvre et crevant la faim, les blessés hurlant d'angoisse et suppliant qu'on les achève, et les morts qui fixent le ciel de leurs yeux éteints — ils font aussi l'histoire de ja bataille, avec plans, enquêtes et tout le reste à l'appui. » Las
Le Parlementaire. — Un officier de uhlans, un bandeau sur les yeux. est introduit comme parlementaire dans une ville assiégée; 11 marche la tête haute, suivi d'un trompette et du drapeau parlementaire fixé à une lance que porte un ubhlan. Un groupe d'habitants se forme sur son passage ; une femme en deuil, son enfant dans les bras, se précipite à la rencontre de l'officier, l'insulte et le menace du poing. Haut. 1,40, larg. 2,10 : 27,800 francs, à M. Humbert.
Héricourt. — L'ennemi occupe le village où les obus ont mis le feu. Une batterie d'artillerie francaise se porte sur une éminence où elle va prendre ses nouvelles positions. Debout sur ses étriers, un officier s'arrête au milieu de la fusillade, et, le bras levé, donne l’ordre de se mettre en batterie. Au fond du tableau, le village, avec ses toilures couvertes de neige, sous un Ciel sillonné d'obus. Haut. 1218, larg. 0",82 : 9,800 francs.
La batterie en danger. — Attaque d’une batterie d’artillerie francaise par un escadron de dragons allemands, ie revolver au poing, l'officier tire à bout portant sur un cavalier qui tombe à la renverse. Mêlée générale, combat à la baïonnette ; écrasés par le nombre, les artilleurs vont succomber, quand arrive à leur secours un escadron de cuirassiers qui débouche au galop sur la droite du champ de bataille. Haut. 1",20, larg. 0%,83 : 6,600 francs, à M. Georges Petit.
Une embuscade. — Une reconnaissance de hussards allemands estsurprise par unecompagnie de chasseurs à pied masquée dans un bois ; la fusillade éclate ; les cavaliers pouvant à peine riposter se débandent plusieurs tombent frappés à mort; et leurs chevaux affolés s'enfuient dans toutes les directions. Haut. 0",83, larg. 4%,20 : 5,000 francs, à M. Boussod.
Charge de cavalerie à Gravelotte. — Charge à fond de train d'un régiment de dragons sur un régiment d'infanterie prussienne. En tête de l’escadron, tombe à la renverse un officier frappé d'une balle ; à droite, le village ; à gauche, débouche le gros de l'infanterie allemande. Haut. 0,36, larg. 0°,40 : 11,600 francs, à M. Guiard.
La Passerelle de la gare de Styring. — Les Allemands se sont emparés de la gare, défendue par quelques chasseurs du 3° bataillon. Un combat acharné a pour théâtre les quais et la passerelle jetée sur la tranchée du chemin de fer de Sarreback; l'arrivée d’un renfort du 74° de ligne permet aux Francais
| de reprendre l'offensive, mais accablés par de nouvelles masses prussiennes, bientôt ils sont forcés
. de battre en retraite. Haut. 0,68, larg. 1 mètre : 7,200 francs, à M. Knædler, de New-York.
Episode de la bataille de Rézonville. — Le 16 août, sur la route de Rézonville à Villiers, après un brillant combat livré dans la journée, la brigade Murat se reforme, la droite appuyée au bois de Villiers. Le 7° cuirassiers et le 16° ulhans prussiens se brisent sous le cho: des dragons et des cuirassiers du général de Forton dont la division occupe l'angle du bois de Villiers. À gauche du tableau, le général prince Murat examine le terrain de la charge; au
premier plan, un officier de chasseurs à pied, blessé, serre la main d'un officier de dragons. Haut. 1,98, larg. 2,10 : 8,600 francs, à M. Bernheim jeune.
Le départ du bataillon. — Dans un village d'Alsace. Un clairon de chasseurs à pied parcourt les places, sonnant le ralliement pour le départ. Un paysan offre à un soldat le coup de l’étrier, tandis qu'un sergent tient par la taille une jolie Alsacienne qu’il embrasse à pleines joues. Au second plan, apparaît le gros du bataillon et un officier qui presse les retardataires. Haut. 4, larg. 0,73 : 9,100 francs, à M. Bartholdi.
Mobiles réfugiés dans une grange à Bapaume, — Une compagnie de mobiles s'est réfugiée dans une grange. Debout contre la porte, l'œil au guet, un officier observe les abords du village et les maisons voisines ; l'ennemi reste invisible; d’un geste énergique, l'officier recommande le silence à ses hommes. Haut. 0,75, larg. 0",92 : 8,020 francs, à M. Lange.
Surprise au petit jour. — Haut. 0,37; larg. 053 : 6,200 francs, à M. Barthélemy.
Le Bourget (30 octobre 1870). — Criblé d'obus et assailli par üne division prussienne, le Bourget venait de retomber au pouvoir de l'ennemi. Tout semblait fini, mais dans l'église du village, huit officiers francais et une vingtaine d'hommes résistèrent jusqu'à la dernière extrémité. (Réduction du célèbre tableau le Bourget.) Haut. 0,50, larg. 0,75 : 15,000 francs, à M. Turquet, au nom de l'État.
Attaque par le feu d’une maison barricadée et crénélée (armée de l'Est, Villersexel, 9 janvier 1871). — Après une lutte sanglante, Villersexel était repris définitivement par nos soldats. Les Allemands conti-
nuant leur feu meurtrier, les Francais, n'ayant pu parvenir à enfoncer les portes barricadées, amoncelèrent contre elles paille et fagots auxquels ils mirent le feu. Tout ce qui restait d’Allemands fut pris, tué ou brûlé. (Première pensée du tableau exposé au Salon de 1875.) Haut. 0,62, larg. 0" 82 : 10,000 francs, à M. Turquet, au nom de l'État.
Attaque des redoutes de Tel-el-Kébir. — Les troupes écossaises arrivent dans les derniers retranchements de l'ennemi et essuient un feu de mousqueterie. Haut. 0,83, larg. 1%,20 : 1,850 francs, à M. Georges Petit.
Sous-officier de Hussards. — Haut. 0,49, larg. 0,39 : 4,600 francs, à M. Bernheim jeune.
Turco sur un champ de bataille. — Haut. 0,51, larg. 0,29 : 3,100 francs, à M. Georges Petit.
Poste de vedettes de hussards. — L'une des vedettes, sur un petit pont, surveille la vallée, tandis que l’autre, sur une hauteur, observe l'horizon. Haut, 0,60, larg. 0,92 : 2,950 francs.
* Prise de Tel-el-Kébir. — Les troupés écossaises arrivent dans les derniers retranchements de l'ennemi et essuient un feu de mousqueterie. Haut. 0,83, larg. 1,20 : 3,000 francs. M. Petit.
Défense de la porte de Longbhoyau. L’ennemi occupe le pare de la Malmaison et cherche à enfoncer la porte de Longboyau. Une poignée d’artilleurs et de gardes mobiles se rue contre la porte pour empêcher qu'elle ne cède avant que l'artillerie n'ait eu le temps d'abandonner la place et de se porter hors d’atteinte. Haut. 0%,59, larg. 0%,80 : 5,000 francs.
En Avant ! — Un commandant de mobiles, à la tête de son bataillon, entraine ses hommes à l’ennemi, d’un geste énergique. Devant eux, déployés en üirailleurs, les Allemands soutiennent un feu nourri, en se repliant sur le village qui occupe le fond du tableau. Au premier plan, sur le flanc de la colonne, éclate un obus. Haut. 0,83, larg. 1%,20 : 5,600 francs.
Combat sur une voie ferrée (armée de la Loire, 1870-71). —- Des mobiles viennent soutenir une attaque engagée par des chasseurs à pied. (Réduction du tableau exposé au Salon de 1874.) Haut. 0",35, larg. 0,52 : 2,000 francs, à M. Brame.
Poste de fantassins en observation. — Haut. 0,93, larg. 0,14 : 1,400 france, à M. Barthélemy.
Halte d'un escadron de cuirassiers. — Haut. 0,26, larg. 0%,30 : 1,650 francs, à M. Laurent.
Artilleur porte-fanion. — Haut. 0",32, larg. 0",24 : 2,100 francs, à M° Rambourg.
La vente de l'atelier de feu Alphonse de Neuville, en y comprenant les armes, coiffures militaires et pièces d'armement, a produit la somme de 304,575 francs.