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Le catalogue de cette vente qui a eu lieu à la galerie Georges Petit, rue de Sèze, a été imprimé avec luxe et en grand format par l'imprimerie del’'Art. Il est accompagné de 43 planches hors texte et de nombreuses illustrations dans le texte reproduites par le procédé de l’héliogravure. Toutes, sauf deux, sont dues à la maison Boussod, Valadon et Cie.
Un avant-propos de M. Charles Mannheim et une préface dans laquelle M. Charles Yriarte passe en revue les pièces principales de la collection précèdent le catalogue proprement dit. Tous deux rappellent que dans les revues spéciales des études importantes ont été consacrées à la remarquable réunion d'objets d'art à laquelle M. Charles Stein s’est attaché depuis de longues années. Daus l'Art, M. Noël Geliuzac, dans la Gazette des Beaux- Arts, M. Alfred Darcel pour le moÿen àge et la renaissance, M. Paul Mantz pour les époques de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, ont analysé les principales richesses de la galerie de M. Stein.
M. Mannheiri a dépeint ainsi le collectionneur et sa collection :
« Fils et gendre de deux hommes qui ont laissé dans le commerce des objets d'art le renom d'une probité sans tache, M. Charles Stein a su conquérir l'estime et l'amitié de tous et se faire une place des plus honorables dans le monde des amateurs. Il fut l'élève et parfois l’'émule du regretté baron Charles Davillier; à ses côtés, pendant de fréquentes excursions en Italie et en Espagne, il s'est assimilé peu à peu les connaissances variées du maître amateur et du critique sagace, La tenue de la collection qui va se disperser, le choix judicieux qui a présidé à sa formation, enfin les hautes particularités qui distinguent
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certaines pièces, où la valeur d'art s'ajoute à un intérêt historique : tout se réunit pour prouver que l'élève est devenu maître à son tour. »
De son côté, M. Charles Yriarte a écrit cette vue d'ensemble :
« Pour résumer l'impression qu’on emporte au sortir d’une visite à la collection, on voudrait s'en aller butinant sur chaque objet comme un dilettante, qui n’a pas charge d’âmes, voltiger sur les séries, prendre en main les pièces rares, les respirer, faire une débauche de patire, de saveur et de caractère, sans chronologie, sans divisions, sans respect des genres, sans scrupule surtout en face d'une date douteuse et d’une forme de transition. Au cabinet de l'amateur, tout est confondu dans le plus attrayant des pèle-mèêle ; mais que faire? Le catalogue sérieux, médité, d'une sécheresse voulue, qui décolore les objets comme ces fleurs qu'un savant colle dans son herbier, vous impose sa chronologie ; et, d’ailleurs, les sériés deviennent à la mode. Donc le byzantin chimérique et le roman trapu précéderont le moyen age élancé, grimacant et candide; la Proto-Renaissance noble, fervente, naïve et convaincue, ouvrira la voie au seizième, lumineux, épanoui, galant, un peu fanfaron et toujours cavalier, cachant sa force sous sa gräce et sa logique sous sa prodigalité. Nous suivrons ainsi la succession des temps; et, parti dès l'aurore; après la nuit des premiers âges, nous arriverons au grand siècle, aux petits maitres exquis; jusqu'à ce que Lépine, horloger du roy, sur le même cadran où Coteau à peint à l'émail un « Phœæbus sur un char lumineux », sonne à la fois l'heure de l'abandon des privilèges au seuil de la Révolution, et la clôture définitive de toute série pour les amateurs de l’art rétrospectif, »