M. GEORGES PETIT, EXPERT
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Le catalogue est accompagné de quarante photo-aquatintes reproduisant les tableaux et de onze typogravures reproduisant les pastels, aquarelles et dessins. Toutes sont dues à la maison Boussod, Valadon et Cie.
M. Defoer, richissine amateur, qui joue un grand rôle dans le monde financier, avait réuni depuis ces dernières années cette précieuse collection qui résume l’histoire de la peinture francaise, depuis 1830 jusqu’à nos jours.
Le catalogue ne contient pas de préface, mais M. Albert Wolff a remédié, dans un article du Figaro, à cette lacune, en présentant au public la collection Defoer:
« J'ai, dit-il, assisté à l’origine de la collection; j'ai vu peu à peu l'amateur se dégager de l’homme simplement riche; j'ai vu naîtrè sa passion pour la peinture; j'en ai suivi les développements dans les entretiens quotidiens que nous eûmes à notre cercle. La galerie de M. Defoer a suivi la marche ordinaire, elle a été transformée et surtout améliorée d'année en année, si bien qu'à la fin elle se composait de quarante tableaux et de ouze pastels, tous œuvres de choix, de tout premier ordre,
« Parmi les six Corot se trouvent les deux toiles marquantes du maître : le Pont de Mantes, un chef-d'œuvre de vérité, et la Danse des Nymphes, un autre chef-d'œuvre de la plus belle poésie et d’une imagination merveilleuse. Deux perles de l'œuvre de Daubigny; un seul Decamp, mais c'est le Garde-chasse, un de ses plus célèbres tableaux2De Delacroix, une toile de fauves, plus le Christ sur la croix, qu’on a vu à l'exposition des Cent chefsd'œuvre. Trois merveilles de Diaz : la Chätelaine, qu'on cite toujours quand on parle de cet enchanteur, est là, à côté des confidences de l'amour; trois étourdissantes pages de Jules Dupré; un seul Fromentin, mais c'est sa toile capitale : la Fantasia. Un
trompette de hussards affirme le génie de Géricault; une réduc-
tion de la Justice divine résume l'œuvre de Prudhon.
« Qui lit ces noms glorieux et la nomenclature des tableaux peut déjà se faire une idée de cette collection. Mais ce n’est pas tont … encore : parmi les quatre Rousseau, deux, pour le moins, le Soir et les Bords de la Loire, sont des toiles de premier plan dans l'œuvre de ce grand paysagiste. Enfin Millet est là avec onze pastels et avec quatre tableaux de derrière les fagots. Il y a le fameux Homme à la houe, page sévère de la vie du laboureur à côté de la Brüleuse d’herbes et des Glaneuses, qui montrent ce grand maître dans une note poétique d’une grace achevée. Jamais Troyon n'a signé deux tableaux plus complets que ceux qui figurent dans la collection Defoer.
« M. Meissonier est représenté par quatre tableaux. Il y a là le fameux Napoléon sur son cheval blanc qui à été pendant de longues années en Angleterre, les minuscules Joueurs de boule, un tour de force de précision, ainsi que le Voyageur, que j'ai salué à une exposition des Mirlitons comme un des plus beaux tableaux du maître, et que je persiste à considérer comme tel. Ricard est là avec une page charmante. Isabey, mort récemment, a fourni le Festin champétre à cette collection ; Marilhat,un faysage du Berry.L'Entrée du grand canal à Venise peut se mettre à côté des remarquables morceaux que le musée du Luxembourg possède de M. Ziem et, enfin, il y a l’Aflente, une de ces pages exquises où M. Alfred Stevens met son incomparable science au service d'une idée empoignante. »
Coror (Camille). Le Pont de Mantes. Des peupliers … et des saules bordent la rivière. Un pêcheur en bonnet rouge est assis dans une barque au pied de la berge; au fond du tableau apparaît la silhouette du vieux pont de Mantes avec une petite construction sur la dernière arche et un vieux moulin au centre. : Haut. 0",38, larg. 0®,56 (Collection Faure. Exposition des cent chefs-d'œuvre en 1883) : 13,000 francs.
— Nymphes et Faunes, Au déclin du jour, des nymphes et des faunes dansent dans une prairie, au bord d'un étang ombragé par de grands arbres. Au fond soleil couchant. Toile. Haut. 0,96, larg. 4",25. Salon de 1869 (vente Laurent Richard, en 1873. Expo- . sition des eent chefs-d'œuvre en 1883) : 65,100 francs.
— Les Saules. Prairie plantée régulièrement de ran-
gées de saules. Sur le premier plan, un grand tronc d'arbre abattu et des branches coupées. Plus loin, sur la droite, une maisonnette couverte d’un toit rouge, et, tout auprès, deux bücherons faisant du bois. Au fond, à travers le feuillage léger des saules, apparaît la campagne avec ses champs brûlés par le soleil, et les maisons du village, vivement éclairées par un ciel pur. Toile. Haut. 0,32, larg. 0,44 (Collection Grabbe, de Bruxelles. Exposition des cent chefs-d'œuvre en 1883) : 8,300 francs.
— Le Village de Marcoussis. Une grande prairie con-
La
duit au village de Marcoussis dont le clocher se découpe sur le soleil. A gauche un arbre, une paysanne fait paitre sa vache près d'elle, une autre
aysanne coupe de l'herbe. Plus loin, un grand mur blanc, et, tout au fond, les coteaux dans la brume, Au premier plan, une femme suit un sentier, une charge d'herbes sur les épaules. Toile. Haut. 0.4, larg. 0®,61 (Exposition universelle de 1855. Collection Faure, Collection Warnier, de Reims) : 8,100 fr.
— La Danse des Nymphes. Des nymphes et des
faunes accourent au milieu d’une prairie éclairée par le soleil du matin. Toile, Haut, 0,65, larg. 0",81 (Collections Gavet, Clapisson, Warnier, de Reims) : 15,500 francs.
— Le Château de Pierrefonds. Une grande prairie,
peuplée d'un troupeau de vaches et couverte de massifs de verdure et de bouquets d'arbres, s'étend jusqu'au bord d’un lac; au delà s'élève un coteau surmonté du château de Pierrefonds, dont les tourelles se détachent sur le fond gris du ciel. Bois. Haut. 0%,25, larg. 0",49 (Collection de Sarlat): 10,000 francs.
DauBiGNY (Charles). Bords de l'Oise. Le snte:. au m?in. La rivière est séparée en deux bras par un peut ilot boisé; la berge de gauche est couverte de saules et d’oseraies qui se reflètent dans l’eau. Au fond, sur celle de droite, le clocher d’une église et Jes maisons d'un village. Une péniche descend le fleuve. Bois. Haut. 0,926, larg. 0,43 (collection du baron Ury de Gümzburg) : 14,250 francs.
— Vue de Conflans (fin d'Oise). La Seine et l'Oise ne sont plus séparées à cet endroit que par une berge verdoyante sur laquelle une paysanne fait paître ses otes. À gauche, de nombreux bateaux sont amarrés à la rive bordée de peupliers. Au loïn, sur le coteau qui descend au bord de la Seine, on apercoit le joli village de Conflans avec son église et ses maïsonnettes blanches vivement éclairées. Bois. Haut. 0%,38, larg. 0®,66 (collection de Sarlat) : 16,500 franes.
Decamrs (Alexandre-Gabriel). Ze Garde-chasse. L'orage est passé, de gros nuages roulent dans le ciel et le vent souffle encore avec violence : un rayon de soleil éclaire la plaine. Un vieux garde, le dos voûté, suivi de quatre petits chiens bassets qu'il tient en laisse, marche à grandes enjambées dans un chemin détrempé par la pluie. Deux autres chasseurs, accompagnés d'un chien courant, marchent devant lui; plus loin, sur la route un cabriolet se détache sur le fond clair du ciel. Toile. Haut. 0",35, larg. 0,55 (vente Larrieu, février 1850. Collections de M. Adolphe Moreau, du baron Ury de Günzburg) : 46,000 francs.
DeLacroix (Eugène). Le Christ sur la croix. Le Christ, les bras étendus sur la croix, vient de rendre le dernier soupir. Sa tête, chargée de la couronne «
d'épines, retombe sur son épaule, et le sang s'échappe de ses plaies béantes. Sur la gauche, deux personnages à mi-corps, dont l’un lève le bras dans la direction du Christ. A droite, au second plan, deux cavaliers tiennent chacun un étendard déployé l’un rouge, l’autre jaune. Tout au fond, apparaît la ville de Jérusalem, noyée dans l'ombre du crépuscule, sous un ciel sombre troué par places de lueurs rougeûtres et sinistres. Toile. Haut. 0",81, larg. 0",64. (Salon de 1847, Exposition universelle de 1855, Collections Bonnet, Fanien, Exposition des cent chefs-d'œuvre en 1883) : 29,500 francs.
— Lion et lionne dans leur antre. — La lionne est accroupie sur les pattes de derrière, l'œil étincelant, les oreilles droites, et pousse un gémissement sourd et prolongé, comme si elle flairait quelque danger.
» Plus loin, le lion apparait en pleine lumière dans une autre cavité de l’antre. Haut. 0,38, larg. 0,45 (collections de MM. Henri Hecht, Warnier de Reims): 7,500 francs.
Diaz (Narcisse). Za Chätelaine. Une jeune femme blonde, vêtue d’un riche et élégant costume louis-treize en soie rose, se promène dans un pare, accompagnée de ses lévriers. Un petit garcon blond et joufflu se serre contre elle d’un mouvement craintif, tout en cherchant à voir l’un des chiens qui lève la tête sous la main caressante de sa jeune maitresse. Daté, 1848. Peint sur carton. Haut. 0",41, larg. 0,25 (collection Gavet). 15,500 francs.
— Les Confidences de l'Amour. Une jeune nymphe vêtue d’une tunique bleue qu'elle à laissé tomber sur ses genoux est assise demi-nue sur un tertre ombragé. D'un geste gracieux, elle retient l'Amour près
d'elle. Au fond, le soleil couchant. Daté, 1851. Bois. Haut. 0,45, larg. 0,28 (collection Arthur Stevens) : 12,700 francs.
— Petite Fille au chien. Une petite fille blonde est assise au pied d'un arbre, un petit chien sur les genoux. Elle est vêtue d’une jupe bleue et porte dans ses cheveux et sur ses épaules des nœuds de soie rose. Haul. 0,18, larg. 0,14 (collection du baron Herman) : 3,600 francs.
Durré (Jules). L'Étang. De grands arbres se dressent au bord d'un étang, au milieu d’une prairie parsemée de buissons et d’arbustes en fleurs; sur la droite, un massif d'arbres touffus se reflète dans l’eau. Au premier plan, un paysan est couché dans l'herbe en plein soleil. Toile. Haut. 0,31, larg. 0,93 (collection Michel de Trétaigne) : 9,400 francs.
— Coucher desoleil. Les nuages se séparent comme après un orage, et le soleil, déjà caché derrière l'horizon, éclaire le haut du ciel d'un vaste rayonnement. La campagne est semée d'arbres qui se détachent sur le fond clair et lumineux. Au premier plan un paysan à cheval, suivi de son chien qui se désaltère dans une flaque d’eau, ramène à la ferme un troupeau de vaches. Toile. Haut. 0",35, larg. 0",60 (collection du baron Ury de Günzburg) : 15,000 francs.
— Le Troupeau de moutons. Debout devant la porte d’une chaumière, un berger, appuyé sur son bâton, veille sur son troupeau couché autour de lui. A gauche, une mare entourée d'arbres; plus loin, derrière une haie, une hulte de charbonmniers, et, au loin, dans Ja plaine, une église de campagne, dont le clocher se découpe sur les nuages gris du ciel.
Lé
Toile. Haut. 0",98, larg, 0,22 {collection Tabourin) : 3,750 francs.
FROMENTIN (Eugène). Za Fantasia. Des cavaliers arabes parcourent une immense plaine à toute bride, agitant les bras, poussant des clameurs, et déchargeant leurs fusils. L'un ‘d'eux, le plus rapproché, roule à terre avec sa monture; d’autres, vêtus de riches et brillants costumes, arrivent au grand galop, burnous au vent. À gauche, un tertre d’où l’émir, escorté de ses principaux chefs, assiste à leurs exercices. Toile. Haut. 1",02, larg. 1,43 (Salon de 1869, vente Laurent Richard en 1873, collection Grabbe de Bruxelles, Exposition des cent chefs-d'œuvre en 1883) : 68,000 francs.
— L'Abreuvoir. Le soir, après une chaude journée de .chasse, des cavaliers arabes rencontrent une source dans une oasis. Le chef, enveloppé dans son burnous, la carabine au dos, fait entrer son cheval dans le ruisseau. Un Arabe, au premier plan, a mis pied à terre et, agenouillé au bord de l’eau, boit dans le creux de sa main; un autre sur la droite, dans l’eau jusqu'à la cheville, s'apprête à remonter sur le cheval blanc qu'il tient par la bride, pour faire place aux autres chasseurs. Haut. 0%,35, larg. 0%,27 (collection du baron Ury de Günzburg) : 16,200 francs.
GÉRICAULT (Jean-Louis-André-Théodore). 7rompette de hussards. I est coiffé d’un grand shako rouge à plumet et vêtu d’un dolman bleu, sur lequel retombe un manteau blanc bordé de fourrure. Toile. Haut. 0%,95, larg. 0%,70 (collections Monjean, Crabbe, Ury de Günzburg. Exposition des cent chefs-d'œuvre en 1883) : 19,500 francs.
IsABEY (Eugène). Le Festin champêtre. À gauche,
40% L'HOTEL DROUOT ET LA CURIOSITE EN 188à-1886.
plus de cent convives, seigneurs et dames de la cour, sont réunis à un grand festin champêtre; un orchestre accompagne la fête. Sur la droite, tous les gens de l’escorte, hommes d'armes et cavaliers, les uns debout, les autres assis, choquent bruyamment leurs verres. Bois. Haut, 0",21, larg. 1, 69 (collection Saucède) : 7,300 francs.
MaricuAT (Prosper). Paysage du Berry. Un grand pâturage, coupé par un ruisseau, s'étend en plein soleil jusqu'à un monticule boisé. Quelques vaches paissent sous les ombrages, gardées par un berger, assis près d'un pont rustique. À gauche, apparaît le fond de la vallée, noyée dans la verdure. Bois. Haut. 0,34, larg. 0,51 (collection Ury de Günzburg) : 3,000 francs. |
MEissoniER (Jean-Louis-Ernest). 814. Monté sur un cheval blanc, sa redingote grise entr'ouverte sur son uniforme, ayant laissé derrière lui son escorte, Napoléon s'est avancé sur un tertre élevé d'où 1l peut observer le champ de bataille du lendemain. Son front est soucieux, ses regards portent au delà du terrain sur lequel va se jouer sa destinée, cherchant à lire dans l'avenir. Le ciel est chargé de nuages sombres, et le pâle soleil qui léclaire n'est plus le soleil d'Austerlitz. Daté 1863. Bois. Haut. 0,32; larg. 0,24 (galerie du prince Napoléon, collection Bouruet-Aubertot, vente Ruskin, Londres 1881, exposition Meissonier en 1884) : 128,000 francs.
— Les Joueurs de boules, à Antibes. — Sur la route de la Salice, près d'un mur dont l'ombre se projette sur la route, sont réunis les joueurs en bras de chemise, le tricorne sur la tête. L'un d'eux, tourné vers la muraille, bourre sa pipe; les autres, dans des poses
diverses, assemblés autour des boules, regardent avec attention celui qui, dans le lointain, joue son dernier coup, probablement celui qui va décider de la partie. Deux soldats de la garnison s'intéressent au jeu. 1869. Bois. Haut. 0",12, larg. 0,19 (collecüon A. Roux, de Marseille, Exposition universelle de 1878, exposition des cent chefs-d'œuvre de 1883; exposition Meissonier en 188%) : 46.700 francs.
— Le Voyageur. Un cavalier suit un chemin dans une plaine dénudée et sans abri. Les rafales soulèvent les plis du large manteau dans lequel il est enve- Joppé, et dont il a relevé le collet pour se protéger contre l'ouragan. Il marche droit sur le spectateur. Daté, 1880. Bois. Haut. 0",39, larg. 0",29 (collection Ury de Günzburg, exposition Messonier en 1884) :
. 90,900 francs.
— Le Rieur. I rit d'un propos de corps de garde, la tête en arrière, coiffée d'un large chapeau gris, la cravache dans la main droite appuyée sur la hanche et l’autre sur la garde de son épée, il se tient les
jambes écartées, de l'air un peu lourdaud d’un soldat habitué à la grosse plaisanterie. [Il est vêtu d’un pourpoint gris et porte des bottes à revers rouges; près de lui, à terre, un tambour et un drapeau ; derrière, une chaise sur laquelle est un manteau rouge. Date, 1865. Bois. Haut. 0",20, larg. 0",12 (vente Milton, Lakam, de New-York, en 1880, exposition Meissonier en 188%) : 25,000 francs.
Muret (Jean-Francois). L'homme à la houe. Au mi- | lieu de la grande chaleur d'un jour d'été, un paysan défriche un terrain couvert de chardons et d'herbes sauvages ; appuyé sur sa houe, il s'arrête dans son rude labeur pour respirer et prendre un instant de
repos. Il est nu-tête, en bras de chemise et vêtu d’un pantalon de toile bleue. A droite, sa blouse et son chapeau sont déposés au milieu d’un champ. Plus loin, une femme brûlant des herbes et un lahoureur avec sa charrue attelée de deux chevaux blancs. Gravé à l’eau-forte par Bracquemond. Haut. 0",30, larg. 1 mètre (Salon de 1863, collections Blanc, Crabe, de Bruxelles, galerie Secrétan, exposition des cent chefs-d'œuvre en 1883) : 57,100 francs.
— La Lessiveuse. Dans une salle rustique, à haute cheminée, une paysanne verse une cruche d'eau bouillante dans une large cuve. La buée monte lentement dans la pièce en répandant un brouillard fin et humide qui emplit l'atmosphère. Bois. Haut. 0",44, larg. 0,34 (collection Cachardy, ventes Marmontel, Laurent Richard, en 1873, collections Monjean, Clapisson, Ury de Günzburg, exposition des cent chefs-d'œuvre, en 1883): 25,100 francs.
— Les Glaneuses. Chaude journée d'été. Trois pauvres femmes, une vieille et deux jeunes, ramassent les épis perdus dans un champ qu'on vient de moissonner. Au loin, les moissonneurs sont occupés à décharger les charrettes pour élever des meules. Toile. Haut. 0,36, larg. 0%,98 (collection Hoschedé, Lutz, Trétiakoff) : 24,100 francs.
— La Brûleuse d'herbes. Par une chaude journée d'été, une paysanne vêtue d’un corsage rouge, d'une jupe de bure grise, la tête préservée de l’ardeur du soleil par un foulard d'un rouge fané, regarde brûler un tas d'herbes desséchées, les mains appuyées sur sa fourche. A travers la fumée qui monte en longues spirales, apparaissent des faneuses au milieu de la campagne. Toile. Haut. 0,37, larg. 0,98 (galerie
J. Van Praet, exposition des cent chefs-d'œuvre, en 1883) : 25,000 francs.
Prupmon (Pierre-Paul). La Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime. Dans un lieu désert, hérissé de rochers et éclairé par la lune, un homme, un poignard à la main, vêtu d'une tunique et d’un manteau, s'éloigne rapidement. A droite, est étendu par terre le corps nu d'un jeune homme assassiné. Au-dessus de la victime volent dans les airs la Vengeance tenant une torche, prête à saisir le meurtrier, etla Justice, personnifiée par les balances et le glaive. Variante en réduction du tableau du musée du Louvre. Toile. Haut. 0",46, larg. 0,65 (collection Monjean) : 8,200 francs.
Ricarp (Gustave). Le Joueur de flûte. Le peintre a
* donné à ce portrait de jeune garcon une expression charmante, pleine de douceur et de distinction. Ses yeux d'un bleu profond, sa chevelure blonde, la ligne de son nez et de sa bouche, l’arrangement si simple du costume et de la main qui tient la flûte, tout concourt à faire de ce portrait une peinture pleine de charme. Toile. Haut. 0,48, larg. 0",34 (cabinet de M. de Calonne) : 6,709 francs.
Rousseau (Théodore). — Bords de la Loire. Le fleuve a débordé et forme dans la campagne de grandes flaques d’eau qui laissent voir par places des monticules de sable. A gauche, une paysanne vêtue de rouge est assise sous un groupe d'arbres dont la silhouette se détache sur le ciel; plus près, un pêcheur, dans un bateau, retire ses filets. Au fond, l’autre rive, semée de maisonneltes et de bouquets d'arbres s'aperCcoit dans la brume. Ce tableau, dans le seniment des beaux Van-Goyen, est un tour de force
“de coloris blond et délicat. Bois. Haut. 07,43, larg. | 0%,63 (collection Fanien, exposition des cent chefsd'œuvre en 1883) : 55,000 francs.
— Le Soir. Le soleil a disparu derrière l'horizon tout empourpré. Le ciel couvert de gros nuages et toute la campagne sont enveloppés d’une lumière chaude et dorée. Un pêcheur, au bord d'un ruisseau qui traverse le paysage, s’appréte à jeter ses filets. Toile. Haut. 0,43, larg. 0",63 (collection Fanien, exposition des cent chefs-d'œuvre, en 1883) : 27,500 francs.
— Monticule du Jean de Paris, effet du matin. C'est :
après la journée de juin 1848 que Rousseau, retiré à Barbizon, exécuta ce petit tableau. M. Sensier, dans son ouvrage sur Th. Rousseau, s'exprime en termes chaleureux sur cette belle étude d'automne. Des bouleaux agités par la brise du matin ombragent de douces vapeurs. Une femme en robe bleue (celle du peintre) est assise, travaillant au pied d’un arbre. Bois. Haut. 0",31, long: 0% 22 (collection Laurent Richard) : 12,500 francs.
— Le petit Pécheur. Le ciel, parsemé de nuages sombres, indique une journée d'orage. Un rayon de soleil éclaire la prairie traversée par un sentier qui conduit à une métairie, située au milieu d’un bouquet d'arbres. Au premier plan, un pécheur cherche une place pour jeter ses filets. Bois. Haut. 0,14, larg. 0%,21 (galerie Wilson): 11,250 francs.
STEVENS (Alfred). L’Atténte. La mer est haute; les vagues déferlent avec violence sur la côte, où elles viennent retomber en pluie fine. Une jeune femme, appuyée contre la balustrade d’une terrasse, observe la mer avec anxiélé, dans l’espoir d'y découvrir le bateau qu’elle voudrait voir rentrer au port. Près
d'elle, un canot à sec, avec ses avirons. Le ciel est chargé de nuages sombres poussés par un vent de tempête. Toile. Haut. 0,81, larg. 1 mêtre (Exposition universelle d'Anvers, en 1885): 7,200 francs.
Troyon (Constant). Pâturage. Une belle vache normande se tient debout, au bord d’un ruisseau, la tête tournée vers la plaine; près d'elle, un veau blanc, éclairé en pleine lumière, et plus loin, le reste du troupeau, disséminé dans le pâturage, sous un ciel chargé de vapeurs. Bois. Haut. 0°,53, larg. 0,71 (collections Schulte, Ury de Günzburg) : 33,000 francs.
— Bœuf allant au pâturage. Un bœuf blanc, taché de roux sur la tête et l’encolure, arrive presque de face dans un sentier en pleine campagne. Une vache noire enfoncée dans l'herbe jusqu'au poitrail le suit à travers champs. Au loin, quelques moissonneurs
- travaillent dans la plaine, sous un ciel bleu, légèrement voilé par les vapeurs du matin. Bois. Haut. 02,26, larg. 0,34 (collection Ury de Günzburg) : 17,200 francs.
Zaex (Félix). Æntrée du grand canal à Venise, Sur la droite, le long des quais, une rangée de navires ; un peu plus au centre, un gros bateau vu par l’arrière est à l’ancre, dans les eaux du canal. A travers sa mâture élégante, on aperçoit, éclairés en pleine lumière, les palais, les dômes et les églises. Au fond, noyés dans la brume, l’église de Notre- Dame de la Salette, et de gros voiliers, prêts à prendre le large. Au premier plan, une gondole chargée de promeneurs traverse le Canal. Toile. Haut. 1",08, larg. 1,62 (galerie Van Walchren) : 24,000 francs.