‹ L'Hôtel Drouot enChapitre 33 sur 141 · FOURDINOIS · texte numérisé non relu

FOURDINOIS

MBUDLfeS D*ART ANCIENS ET VODERNBS BN BOIS SCULPTA

ET MABQUBTBIIIB. TÀPI8SBRIB8, ETC.

M. PAUL GIIBVALLIBB, COMMISBAIRB-PRISEUII.

M. CnABLBS MANNIIBIM, EXPERT.

24 et 23 janvier.

Si le dix-huitième siècle t eu ses grands artistes dans Tart mobilier tTee les RIesenor, les Tenne, les Jacob, lo dix-neuvième siècle aura aussi les siens. Au premier rang brillera le nom des Fonrdlnois. M. Henri Fourdinois, digne ilis d*un père déjà célébré, a porté la gloire de ce nom moderne à son apogée.

Dans la belle préface du catalogue do la vente dont 11 s*agit, M. de Fourcaud, lo savant critique, a retracé l'histoire de la célèbre maison dont M. Henri Fourdinols était le continuateur. Il a en outre caractérisé TœuTro do ce Téritable artiste, remarquable émule des ébénistes d'autrerois :

« M. Fourdinols a lo sentiment d'un peintre, a écrit Vlollet-le- Duc, ar il pousse la recherche, jusqu'à obscrrer les effets d'opposition et d'harmonie qui résultent du mariage des couleurs.

« Où que le destin porte ses cabinets sculptés, ses riches erédences, ses délicieuses Tltrines à curiosités, ses sièges morreilleux, tous cos objets d'uno délicatesse si rare et d'un si grand prix frappés à sa marque, ils diront sa louange & Tégal dos chefs-d'œurre qoi, de longue date, représentent son talent aux musées des Arts décoratifs de Sout Khonslngton, à Londres, do Pesth en Hongrie^ de Hambourg en Allemagne, et de l'Union centrale à Paris. Quel que soit le sort des maîtres. Ils n'ont jamais produit en Tain. »

Grédence de style Renaissance» en bois de noyer sculpté, orné de plaquettes en pierres dures. Supportée sur le devant par deux chimères ailées placées au dessous de la ceinture et reposant sur une embase à moulures sculptées. Au centre du panneau du fond, bas-relief représentant l'Histoire, encadré de pilastres

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à deux faces, ornés de trophées et de mascarons. Le haut a quatre colonnes supportant la corniche ; elles sont cannelées et supportent une frise d'enroulements. Les deux portes du milieu sont ornées de basreliefs représentant la Mmiqtte et la Poétie.Be chaque côté entre les colonnes, autres portes avec niches, contenant les statues de Mars et de Minerve. Derrière ces portes, six tiroirs de chaque côté, avec incrustations d'ivoire gravé et petits motifs en argent. Le fronton forme cartouche avec deux statuettes : la Paix et l'Abondance assises sur des volutes. Les côtés sont ornés de panneaux et de moulures sculptés, formant cadre. Cette création de M. Fourdinois, qui, exposée k l'Exposition universelle de 1867, a obtenu la plus haute récompense, a été adjugée au prix de 12,0(90 francs à H. Iturbe.

Nous avons, avec intention, pour ce meuble, le plus remarqué dans la vente Fourdinois, donné une description détaillée, pour montrer la profusion de richesses que l'artiste a toujours appliquée à ses œuvres, sans, pour cela, en exclure le parfait bon goût.

Désormais, nous nous contenterons d'une analyse plus sommaire.

Meuble à deux corps, de style Renaissance, en bois de noyer orné de bas-reliefs représentant Jupitei' et Sémélé et Hercule aux pieds d'Ompliale; sur le corps du haut, composé de quatre colonnes cannelées & chapiteaux supportant l'entablement, deux portes avec médaillons sculptés représentant V Espérance et la CAarilé; écoinçons en lapis-lazuii : S»300 francs.

Table rectangulaire en chêne ciré de style lienaissance, avec statuettes placées aux angles, formant le piétement ; 2,600 francs.

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Meuble à bijoux de style néo-grec, orné de bronzes argentés et dorés et dont les ornements de la friseï des pilastres et des panneaux, sont en argent massif ciselé et incrusté, suivant un procédé de M. H. Fourdinois, pour lequel il a pris un brevet : 8,000 francs, h un amateur portugais.

Bibliothèque : vitrine en bois d'ébene, h deux corps et à trois portes, d'une forme très élégante ; le corps du bas est à portes pleines; les panneaux sont ornés au centre d*émaux grisaille de Gobert avec encadrements incrustés de cuivre et d'étain : 5,010 francs au musée des Arts Décoratifs.

Commode de style Louis XIY, dite Mazarine, en bois noiravecincruslationsde cuivre gravé, ornée de bronzes ciselés ci dorés. Reproduction de l'original existant à la Bibliothèque Mazarine : 3,500 francs.

Grand meuble d'appui en bois d*acajou et bronzes dorés, dessus de marbre blanc, style Louis XYI. Copie de l'original appartenant au mobilier national et provenant des appartements de Saint-Cloud ; meuble dit de Marie-Antoinette : 7,600 francs k M. Wertheimer.

Table de l'époque Louis XIV, en bois doré, dessus en marbre brèche, restaurée. La ceinture est ornée de rosaces sculptées dans la masse; les pieds sont à quatre faces sculptées et ajourées, ils sont reliés par un riche entrejambes : 3,320 francs.

Table de style Louis XIY, bois de tilleul, sculpté pour être doré, reproduction de la table provenant de l'ancien château de Bercy, appartenant au mobilier national : 3,000 francs.

Console de l'époque Louis XYI, en bois doré, dessus

de marbre blanc. Frise composée de branches de roses entrelacées, ressauts k rosaces, moulures & rais de cœur et perles; guirlandes de fleurs suspendues ornant toute la façade, quatre pieds à cannelures torses avec tigettes dans les canaux, etc., 4,010 francs.

Autre console de style Louis XVI, en bois sculpté et doré, à huit pieds reliés par des guirlandes de fleurs; dessus de marbre blanc statuaire (Exposition de 1878): 3,800 francs.

' Petite console à suspendre, de Tépoque Louis XV, sans marbre : 490 francs, au musée des Arts Décoratifs.

Petit dessus de porte Louis XV> peint gris et blanc : 101 francs, au même musée.

Panneau du temps de la Régence, en bois peint : 4G0 francs, au même musée.

Deux dessus de portes Louis XIV, bois doré sur fond peint en gris : 3G0 francs, au même musée.

Deux petits panneaux de Tépoque Louis XVI, à rinceaux finement sculptés, encadrés dans une moulure : 380 francs. Au même musée des Arts Décoratifs.

Riche fauteuil de style Louis XVI, en bois doré finement sculpté, couvert de satin brodé représentant des volatiles et autres animaux : 1,300 francs, au musée dos Arts Décoratifs.

Chaise du même style, dos à lyre, couverte de lampas : 300 frJancs, au même musée.

Paire d'appliques de style Louis XVI, & deux lumié-

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res, avec guirlandes de fleurs, en bronze ciselé et doré, d'après un modèle ancien : 1,300 francs.

Paire d'appliques de style Louis XVI; dans le liaul du cornet, un petit aigle: 1,080 francs.

Le total de cette vente, assez loin de celui que pouvait espérer l'auteur de ces meubles si bien conçus et si remarquablement exécutés, a été néanmoins de : 137,365 francs.

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MALINET

(▲pues Dicàs)

OBJETS D'aBT BT DB GUBIOSirtf. BBTiMPBS AMGIBNNB8.

MU. BSOBIBB BT MâUBIGB DBLBSTBB, C01IMI88A1BB8-PBI8BUBS

MM. 0HÂBLB8 MABNHBIM BT I. BOUILLON, BXPBBT8.

29 et 30 novembre 1886 et du 24 janvier au 2 février 1887

(en deux ventes distlncles l'une consacrée aux objets d'art, l'autre aux estampes)

M. Malinet éuitun do ces vétérans do la curiosité qui ont honoré la profession et dont la réputation, après un long négoco, reste pure de toute tache. En 1842, il vint s*établir au quai Voltaire; ce n*était plus précisément, dit M. PiUet dans la préface à l'un dos deux catalogues, un Jeune homme. 11 était né eu 180S, déjà même il était marié et, depuis cinq ou six ans, il s^occupait du commerce de la curiosité d*une façon intermittente, ii est vrai.

Ses débuts furent curieux : il avait commencé par ôtre tailleur, suivant le désir de son pèro, mais, ayant le goût de i*art, il ne craignait pas d'accepter parfois, en échange du prix d*un habit, quelque curiosité ou quelque tableau qui lui souriait ches son client. C'est alnai qu'un Jour, à Valenciennes, il prit, en règlement d'un solde de facture, cinq tableaux représentant des figures d'enfants ou de Jeunes filles, qui se trouvèrent avoir été peints par Grouse et qu'il revendit avec bénéfice. « 11 n'en faut pas tant, dit M. Charles Piilet, pour décider d'uno vocation. Joignes qu'à Paris le hasard lui avait fait connaître Pebvre, dont le nom comme expert n'est pas tout à fait oublié; François, un marchand de Ubleaux, expert aussi à l'occasion; Warneck le père; Meffre, qui devait plus tard le présenter au comte dp Moroy. »

C'est peut-être cette présentation qui décida le plus de l'avenir de Malinet, un des plus honorables membres de la corporation des mardiands de tableaux anciens et do curiosités. Son honnêteté, le savoir qu'une longue etpérience lui avait donné, le recommandaient tout spécialement aux gens du monde dont il fut très souvent lin-

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tennéditira, quand Ht TonUlent, dans qnelqne Tente célèbre, acheter nne pièce Importante, et que leur grandeur les attachait an ri • Tige.

Le nom de Malinet restera synonyme d'honnêteté, sans ponr cola exclure ridée d'une Térltable finesse artistique.

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