MM. OHBVALLIBR ET L. LÉMON, COMMIS8AIRE8-PRI8EUR
MM. Gllf MANNIIKIM RT A. BLOGIIB, EXPERTS.
21, 22, 23, 24 mars.
Né à Blanmont (Menrihe), Édoaard LièTre avait été placé tout onfaDt dans une Imprimerie litbographlqae de Nancy. Il prit le goût dot images en eMnltlaot aux premiers éléments da dessin ; pais, quittant cette proresslon, entra dans une fonderie voisine de Vaaeonlenrs, apprit comment se travalllo le métal et s*étudla k reproduire avec la plnme ou le crayon les pièces d'art décoratif qui sortaient de cette usine. Il arriva enfln à Paris, le cœur rempli d'espérance et la bourse presque vide. Pour vivre, Il At alors des portraits à des prix infiniment modiques, des modèles destinés aux fabricants de brontes, et des éventails, car 11 était devenu aquarelliste. La gouacbe et la peinture K Toau lui avaient été enseignées par Théodore Valério.
En 18G4, on pouvait voir au Salon, sous forme de gravures, V Aiguière de Briot et FF lie Françoie /•', signés do lui. Dès lors, sa réputation 8*acheva d'elle-même. L'artiste voyagea, visita les musées, recueillant partout des éléments utiles; puis, s'adonnant à rétudo des procédés de reproduction, il s*éprit d'une vive admiration pour les œuvres d'Holbeln et de Rembrandt, dont 11 se proposait de publier les fac-similo. La mort Ta surpris dans ce projet
Travaillant dans la mesure do ses forces au renouvellement du mobilier, Lièvre fit exécuter, d'après des modèles composés par lui, des broDxes, des faïences, des tissus et des meubles.
« Un mot résumera son effort, dit H. Paul Mantx, dans la préface du catalogue de cotte vente; Edouard Lièvre n*a Jamais voulu croire que les exigences de la forme et do la couleur fussent fatalement condamnées à obéir k la loi d'un type unique ; très touché et très instruit dos grandes créations d'autrefois. Infiniment respectueux pour les maltros éternels, Il n'admettait pas que le présent dût être le captif du passé, et, à la suite de longues recherches, il est parvenu k donner k sa pensée des séductions nouvelles, n
M. Paul Manu ajoato encore:
c Dans la eompoeition dn nenble. Il eniminte le point de départ anz modèles consacrés. Il songe à Tart oriental, à la Renaissance, au stjle Louis XVI; nais il ne les répète point. 8*il reste Adèle ans grandes lignes csracléristiqms de chaque idéal, il arrive, par un trsTall d'esprit qni se refnse à Tanalyse, à varier le système de romessentation ; il ajoute sa pensée à celle des créateurs primltirs, et, de pins en plus soucieux de la grâce sévère ou souriante, il parvient à exécuter des ouvres d*art qui ont un ca chet nouveau. Un meuble d*Édouard Uèvre est toujours conçu eu raison de rnsage auquel II est deetiné et du rdie qu'il doit Jouer dans le milieu environnent. Rien qu'il soit d*un très ricbe travail, il ne reçoit que romemrnt qu'il comporte. Je veux dire romemeot qui, loin de caclier la matière employée, la revêt d'une décoration rationnelle et appropriée à sa nature. Le bois y est sculpté par des mains savantes, le brome s'eoBbelllt de ciselures délicates ou Rères et, si soigné qu'il soit* le détsR ne parie Jamais trop bsut dans l'ensemble. Bnin, rexéculion toujours surveillée avec un soin Jaloux, a cette loyauté qu*on réclamait autrefois du cbeM*0ttvro que devait accomplir le cnmpeg u o n ambitieux d'obtenir son brovei de maîtrise. •
MEUBLBS, STTUS XVI* SIÈCLE.
Meuble en noyer sculpté s'ouvrent à trois battants, style Renaissance. U est sup|K>rté par des consoles posant sur des galeries à jour. Le couronnement présente une suite de coquilles et de légères dentelures. Sur les portes latérales, trophées à attributs guerriers et à attribuU de musique. Haut. 2",7â; larg. 2",i5 : 6,100 fr.
Meuble à deux corps en bois de noyer ciré et sculpté. Il est orné d'encadrements dessinant un portreit en bronze repercé. Les montants en bronze ciselé représentent une suite de trophées de musique, de tètes de chérubins et de médaillons; ils sont surmontés de chapiteaux à feuilles d'acanthe et consoles enroulées, avec tètes de chérubins se détachant en haut relief. L'intérieur est disposé en cabinet avec réserve au centre. La
L*I10TEL DROUOT ET LA CURIOSITÉ EN 1886-1887. il9
porte principale est marquetée de bois de luxe. Haut. 2",28; larg. i mètre : 3,000 francs.
Meuble formant cabinet, en noyer, supporté par quatre colonnes en marbre rouge campan antique. Le corps principal s'ouvre h deux battants décorés d'appliques en bronze repercé. Réserve au centre s'ouvrant à un battant couvert d'un bas-relief en bronze. Les côtés forment des niches abritant des statuettes. Haut. 2«,40 ; larg. i-,28 : 3,000 francs.
Meuble dit cabinet de mariage en bois de noyer orné de bronzes ciselés, repercés et patines au vieux ton d'or, supporté par des colonnes accouplées. La partie supérieure représente un portail ; autour se détachent des frises ajourées. Ije fronton offre au centre un buste d'homme en haut-relief. Haut. i"*,65; larg. 75 cent. : 2,700 francs.
Fontaine en noyer supportée par deux colonnes en marbre rouge campan avec chapiteaux embases, têtes de lions et guirlandes en bronze ciselé. Le fond du meuble est formé par une plaque de marbre fleur de pécher où sont fixées des agrafes fleurdelisées. Au-dessus est appendue la fontaine avec robinet h tète de dauphin. Le fronton présente une tète de femme en hautrelief. Haut. 2«,95; larg. i»,67 : 3,400 francs.
Meuble en noyer ciré et sculpté s'ouvrant à deux portes. L^ haut forme vitrine avec encadrement en bronze repercé. De chaque côté se détachent des colonnes ornées de chapiteaux en bronze. Les côtés sont garnis de glaces, et le meuble est couronné par un fronton. Haut. 2»,48; larg. 1»,18 : 1,250 francs.
i Petite armoire en noyer ornée de quatre colonnettcs,
120 tUOTEL DROUOT ET LA CURIOSITÉ EN 1886-1887.
8*ouvranl&un ballanl el divisée en trois compartîmenls. Elle esl couronnée par un fronton avec têtes de femmes. Style lienaissance. Haut. 2",05 ; larg. 95 cent. : 1,220 fr.
Meuble en noyer sculpté, formant armoire à glace, orné de colonnes détacliées avec trophées et feuilles d*acanlhe. De chaque côté s'élève un vase décoré de guirlandes et de tètes de satyres. Le fronton est orné d*une frise avec feuille d'acanthe. Haut. â",70; larg. 2 mètres : 1,450 francs.
Petit meuble crédence en noyer sculpté s'ouvrant à deux portes. Le bas, formant niche, est orné de colonnettes sculptées. Le couronnement offre une suite de coquilles et est surmonté d'une corniche à An denticule. Haut 1",63: larg. 83 cent. : 1,380 francs.
Bibliothèque Renaissance en noyer garnie de bronzes ciselés lu patine vieil or. Deux colonnes couronnées de pinacles se dressent sur les côtés du meuble. La porte est surmontée d'un chérubin. Deux médaillons bustes occupent les tympans. Au-dessous de la corniche esl disposé un socle à cartouche et consoles pouvant recevoir une slaluellc. Haut. 2",25; larg. 1»,70 : 4,000 fr.
Crédence en noyer enrichie de bronzes. Un attiquc couronne l'entablement supporté par des pilastres. Un avant-corps sépare les deux vanlaux. Au milieu, une niche contient une statuette en bronze d'AntinoQs. Le corps inférieur se compose d'une arcature dont les ceintres sont surmontés de cartels. Haut. 1*",90 ; larg. 1",50 : 3,500 francs.
Cabinet ou meuble à bijoux, en noyer d'Amérique, incrusté de plaquettes de marbre rouge campan et enrichi de statuettes et d'appliques en bronze. Ce meuble
se compose d'un corps supérieur à fronton et d*une table à piliers carrés. La porte est ornée d'un émail en grisaille, représentant un combat de cavaliers, d'après Léonard de Vinci. La façade de chacune des ailes d*a« vant-corps oiïre des colonnettes encadrant une niche flans laquelle se voit une statuette de déesse en bronze» d'après Benvenuto Gellini. Haut. l",80;larg.00cent. : 2,500 francs.
Meuble Renaissance & deux corps en noyer, enrichi de bronzes ciselés. Le corps supérieur forme vitrine h trois portes encadrées de chapiteaux. Des vases et des motifs & rinceaux feuillages, en bronze, surmontent la corniche. Le corps inférieur consiste en une suite d*ar-* cades géminées; quatre colonnes en marbre rouge campan supportent son entablement. Haut. 2",92; larg. 2»,32 : 2,700 francs.
Dressoir-vitrine Renaissance à deux corps, en noyer, garni do bronzes ciselés. Le corps inférieur s'ouvre h quatre vantaux garnis d*apprK|ues à facettes de diamant. Quatre pilastres séparent ces vantaux. Le corps supérieur est h porte vitrée avec colonnes d'ordre corinthien; les côtés, garnis d'une double balustrade de cuivre, présentent deux colonnes d'angle, pareilles aux précédentes. Haut, 2",58 ; larg. 2",70 : 2,350 francs.
Horloge de milieu, style Renaissance, en poirier noirci, enrichie de bronzes ciselés. Elle a la forme d'un petit temple h dôme supporté par huit colonnettes. Le cadran, en bronze, est décoré de mascarons et de fleu-^ rons. Haut. 72 cent. larg. 40 cent. : 520 francs.
Miroir à glace biseautée avec encadrement de bois noir & angles coupés, garni de bronzes ciselés et dorés. Haut. 1"',20 ; larg. 80 cent. : 430 francs.
122 L'DOTEL DROUOT ET LA GUaiOSlTfi EN 1886-1887. STYLE XVllP SIÈCLE.
Meuble en bois d'acajou, en forme de cabinet, s'ouvrant à une seule porle, offrant au centre un bas-relief en bronze ciselé et doré. Un écusson est figuré sur le couronnement. Le meuble est supporté par une console à quatre pieds ralliés par un croisillon avec vase, en bronze massif et doré. Style Marie-Antoinette. Haut. 1",88 ; larg. 90 cent. : 3,200 francs.
Vitrine en acajou massif, garnie de glaces biseautées, à fond de glaces, ornée de bronzes ciselés et dorés. Les montants sont formés de quatre consoles avec guirlandes. Des chapiteaux supportent le fronton qui offre un bas-relief. Sur les côtés sont des masques de femmes. Haut.2-,50; larg. 1»,70 : 6,450 francs.
Meuble-dressoir en acajou orné de bronzes avec dessus en marbre brèche d*Alep, style Louis XYL H s'ouvre à un battant. Sur les côtés sont deux colonnes en bronze ciselé. Le fronton cintré, avec tablette, offre au centre un bas-relief. Haut. 2 mètres, larg. 1"',20 : 3,100 francs.
Vitrine en acajou massif garnie de glaces biseautées, avec fronton orné de guirlandes. Elle est supportée par quatre pieds avec croisillon, en bronze ciselé et doré. Style Louis XVI. HauL 1»,80; larg. 85 cent. : 3,100 fr.
Armoire en acajou massif et moucheté, ornée de bronzes ciselés et dorés. Chaque battant offre un médaillon en bas-relief. Haut. 1»,90; larg. 1",05 : 3,000 francs.
Meuble à deux portes en acajou massif et moucheté.
L*nOTEL DROUOT ET LA CURIOSITÉ EN 1886-1887. 12;!
orné de bronzes ciselés et dorés. Chaque battant oiïre un médaillon en bas-relier, bustes de femmes; allégories du Printemps et de l'Été. Haut. 2",10 ; larg. 1 métré : 2,200 francs.
Commode en acajou massif et moucheté, à trois tiroirs, ornée sur la façade d'un grand motif h encadrements de moulures avec frises. Haut. 1 mètre; larg. i",35 : 3,000 francs.