F. BONVIN
TABLBAUX, AQUAEBIXBS, DB88Ilf8, 8CULPTUBB8.
0PFBaT8 PAR LB8 ARTI8TB8 A F. BOMYIMi LBU& GOBFBiBB,
FRAPPÉ BB QÈQVtà BT BB PARALY8IB.
M. LÉON TUAL, G0MtfI884IRB-PRI8BUR.
M. OBOROBS PBTIT, BXPBRT.
et 10 mai.
Dans la préface du catalogue, M. Bousaatoa a rappelé dans quelles conditions les artistes, coutumiers de ces élans généreux, avaient tenu à secourir, par le don de leurs œuTres, un des plus méritants et des plus distingués des leurs.
Le nom de BonTin, profondément estimé des amateurs, osi, ou plutét était asses peu connu du grand public. Le grand artiste qui semblait avoir retrouvé la palette et les pinceaux de Cbardin, a, en effet, toute sa vie lutté péniblement et obscurément contre le mauvais sort. Il vivait presque on reclus à Saint-Germain en Layo, no voyant que quelques rares amis et, pondant quarante ans, il a lutté, avec ses seuls pincesux, contre les diCflcultés de la vie matériello. Si parfois ses œuvres ont atteint des prix honorables, ce n*était pas lui qui on profluit, mais la spéculation, car Jamais une doses œuvres n'est sortie do son atelier à un prix suffisamment rémunérateur. Aussi quand la paralysie accompagnée de la cécité vint frapper le pauvre artiste, elle le surprit sans rossources. Hais le cœur des artistes est toujours prêt à secourir les infortunes imméritées de leurs camarades. Un comité d'organisation, soua la présidence de M3I. Meissonier et Bouguerean, s'empressa de recueillir les dons d'œuvres d'srt et de préparor la vente dont M. Boussaton voulut bien s'occuper.
Malgré le soulagement que le produit de cotte vonto a pu apporter à la situation du peintre Doovin, elle aura ou un triste épilogue que nous trouvons dans cette lettre de l'artiste lui-même» publiée le 19 mai par le Ft^aro :
« Mon cher ami, « Le Figaro^ auquel Je dois tant, veut-il avoir la bonté, de votre « part, de prier les chers confrères qui ont coopéré 4 nu vente « de voulohr bien agréer oses vifs remerciementSi ce que Je ne pals
« faire indiflduellement, empêché que Je sois en ce moment par « une crise grave et peni^tre décJsiTe.
« Adieu* mon cher ami I
« BONTIlf. »
A partir de ce moment son mal redonbla et la vie dn pauvre et grand artiste ne fut plus qa*nne longne agonie. 11 moamt le 15 décembre 1887.
BoRifAT. — - Èinde. Jeune Italienne: 9,000 francs.
BouGUEREAU. — Diane : 5,300 francs.
YanMarcke (Emile). — Un matin en ati/omne; 5,100 fr.
Lefebvre (Jules). — Sarah: 2,550 francs.
MoNBT (Claude). — Le Printemps : 1,800 francs.
Breton (Jules). — Côte$ de Bretagne : 600 francs.
Béraud (Jean). — A la brasserie: 1,8S0 francs.
AuBBRT (Jean). — Dans les bois : 1,650 francs.
Berne-Bellecour. — Au fourrage : 900 francs.
Bernier (GamUle). — Bords de tAvon : 900 francs.
Gérome (Léon). — r^î^e de Juif d'Alger: 12,000 francs
Hébert (E.) — Pressentiments : 650 francs.
liAHBERT (Eugène). — Chats : 1,750 francs.
Pasini (Aberl). — Porte de mosquée. Souvenir d'Orient (cette aquarelle a été envoyée h la vente Bonvin en même temps que le précédent tableau par H. Eugène Lambert) : 2,980 francs.
^GHRBYER (Adolphe). — Arabe à la fontaine^ à Bouchagroun (Algérie) : 1,380 francs.
Stevens (Alfred). — Une Parisienne : 800 francs.
Ybtrassat (Jules-Jacques). — Chemin de halage : 800 francs.
VoLLON (Antoine). — Coin de fe^me : 1,200 francs.
GuiLLAuuET. — Rivière d'El-Kaniara (tableau envoyé par Tarliste la veille de sa mort) : 620 francs.
BoNViN (François). — Religieuse à Thôpilal (don de Madame Jacquemard-André) : 1,100 francs.
— Religieuses, scène de vestibule d'hôpital (don de M"« la baronne Nathanicl de Rothschild) ; 2,000 fr.
Meissonier. — Mousquetaire. Élude à l'aquarelle ; 5,300 francs.
Détaille (Edouard). — Maréchal des logis du 2* hussards, 1835, aquarelle : 1,020 francs.
Bonheur (M"« Rosa). — Lions dam la forêt, dessin : 1,260 francs.
Cabanel (Alexandre). — Rachel, dessin : 590 francs.
Lambert (Eugène). — Chats, aquarelle : «0 francs.
Leloir (Maurice). — Chasse aux papillons, aquarelle : 425 francs.
LuERMiTTB (Léon). — Inténeur, dessin :350 francs. MoREAU (Gustave). — Le Soir, aquarelle ; 1,200 francs.
LMIOTEL DROUOT ET LA CURIOSITÉ KN 1886-1887. 249
Meissonier fils, (Charles). — Une étude, aquarelle : 050 francs.
RoToscniLD (M""* la baronne Nalhâniel de), aquarelle. Marée ba$se, Adriatique : 800 francs.
Mathilde (!«■• la Princesse). — Tête d'étude, aquarelle : 120 francs.
Le total des deux vacations de la vente Bonvin a produit une somme de 84,007 francs ; ajoutons que, dans celte vente si intéressante pour tant de causes, M. Tuai, commissaire-priseur, avait fait, en faveur de Bonvin, abandon de ses honoraires.
Le résultat de tous les témoignagnes de sympathie assurait à M. François Bonvin une rente perpétuelle de 3,500 fr. Malheureusement la fatalité semblait vouloir s'attacher à cet artiste, et il ne put profiter longtemps du service que venaient de lui offrir ses amis.
250 L'HOTEL DROUOT ET LA CURIOSITS EN i88(hl887«
H. SENNEGON
l{A»1^iM DÉCàs)
OBJETS D*ABT ET D*AMEUBLBUEliT, TABLEAUX, ET€.
M. PAUL GHEVALLIEB» G01IMI88AIBE-PBI8EUB.
U. CHABLES MAMNHEIlf, EZPEBT.
9, 10 et 11 mai.
Ce qu'on peut dire de U collection rênnie par M. II. Sennegon, c*ett qu'elle manquait d'unité. Elle avait été formée à diversea époques, par cet amateur avisé et souvent beureni, mais elle se ressentait un peu de certaines ventes successives. Ce n'était donc pas à proprement parler une collection, mais bion, plusieurs embryons de collections. De belles pièces du xvui* siècle à c6t6 d'objets du m; et au milieu de tout cola un lot de tableaui modernes n'attiraient pas suffisamment les collectionneurs spéciaux de chacun de ces groupes, pour que les enchères ne s'en soient pas ressenties. Le résultat a donc été médiocre, même pour les plue bellos pièces de la collection, si on le compare au résultat généralement produit par les belles ventes d'un caractère plus homogène.
Dix planches, reproduisant par la photogravure les meilleurs objets de la collection, ornent le catalogue illustré, imprimé avec soin par l'imprimerie de VArt ^
TABLEAUX
Boucher (François). — Naïades surprises par un Faune ^ accompagné des Amours. Toile. Haut. 0",05; larg. 0",77 : 1,020 francs.
Corot. — Lisière de bois à ViUe-d'Away, Haut. 0",41; larg. 0",3â : 4,600 francs.
JoNGKiND (1866). — Moulin et canal de Hollande. Effet t de nuit. Haut. 0-,3â; larg. O",^ : 1,650 francs.
NATTiER(Jean-»BapU8le). — Le jugement de Paris. Peint sur cuivre, et portant au revers Tinscription suivante en lettres gravées : Ce tableau a été vendu 1,200 Uvre$ en 1776, à la vente Blondel de Gagny, puis 1,076 /tvres à la vente Blondel d^Azincourt en 1783. Cadre en bois sculpté et doré. Haut. 0",33; larg. 0«,43 :
TouRNiÈRE. — Jeune femme. En robe blanche accoudée sur un balcon recouvert d'un lapis drapé. Portrait signé en toutes lettres et daté 1744. Haut. 0",49 ; larg. 0",36 : 1,020 francs.
École française (xvin* siècle). — La Bergère effrayée par lé loup et la fef^mière qui choit de son dne, deux pendants forme ovale. Haut, de chaque : 0",-4S; larg. 0",54 : 3,500 francs.
BIJOUX et boites.
Petit étui Louis XVI en or émaillé à médaillons de femmes et d*enfants : 405 francs.
Boite en écaille blonde, étoilée et cerclée d'or, avec portrait d*homme, signé : Hall : 405 francs.
armes et objets d'art variés.
Paire d*éperons en fer, décorés d'arabesques en damasquine d'or. Travail milanais de l'époque Louis XIH : 580 francs.
Plaque de poudrière en cuivre repoussé, ciselé. et doré du xvi* siècle, avec une plaque en ivoire à deux faces sculptées en bas-relief : 880 francs h M. Lowengard.
Aiguière et son bassin oblong, en argent ciselé et gravé, de l'époque Louis XYI. Le col du vase présente un médaillon ovale suspendu à un nœud de rubans d'où partent deux guirlandes de laurier rejoignant Tanse. Le couvercle est surmonté de deux colombes. Travail français : 3,550 francs.
Autre aiguière et bassin oblong en argent ciselé de Tépoque Louis XVI, à ornements en relief. L'aiguière est décorée, sous le déversoir, d'un mascaron, tète de fleuve auquel estappenduun médaillon armdrié. Guirlandes, cannelures en spirales, etc. Le couvercle est surmonté d'un cygne en ronde bosse. Travail français : 3,250 francs.
Aiguière et son bassin en argent gravé, à décor d'algues, de festons, de fleurs et de cartels, portant le chifl're G.-T. Bouton du couvercle formé d'un fruit. Bassin bordé de moulures. Époque Louis XYI :
850 francs.
Deux paires de flambeaux en argent, de l'époque Louis XV, de forme contournée ; douilles & canaux et godrons; tiges côtelées et à trois faces, décorées de feuilles d'acanthe et de guirlandes de laurier; pieds lobés creusés de cannelures, ornés de feuilles en relief et de médaillons gravés à armoiries : 1,420 francs.
Paire de petits flambeaux Louis XV, h décor de guirlandes, de tiges do roses, de coquilles et de feuilles ciselées en relief, de rinceaux et d'armoiries gravés : 2,500 francs.
Paire de flambeaux en argent ciselé du temps de
L'HOTEL OROUOT ET LA CURIOSITÉ EN 188(rl887« 253
Louis XV, à décor de moulures chargés de Glels par- . semés de feuilles isolées et en relief. La lige, en forme de gaine à pans, présente des cartels, des coquilles et des cordons de piécettes : 1,650 francs.
Paire de flambeaux Louis XIV, h décor d^oves et de moulures, en argent fondu et ciselé. Tige triangulairei ornée do coquilles et de rinceaux reposant sur une embase cannelée en spirale : 1,080 francs.
Paire de flambeaux Louis XIV, en argent fondu et ciselé, liges en forme de gaines h quatre faces, ornées de médaillons (télés de profil), placés sur de petites consoles. Pieds octogones ornés d'un lambrequin et d'une bordure èi palmeltes, cornes d'abondance et quadrillés :
Huilier ovale en argent repoussé et ciselé du temps de Louis XIV. 11 est bordé d*un rang de petits godrons, décoré au pourtour d'une manière de lambrequin et monté sur quatre pieds. Consoles renversées à mascarons télés de femmes. Deux autres mascarons sont placés sous les anses. Avec celte pièce, deux bouchons de burettes : 1,520 francs.
Boite à poudre h contours, en argent ciselé, époque Louis XV. Au pourtour, quatre consoles en ressaut sont reliées par des guirlandes. Couvercle plat bordé ainsi que le pied de moulures, et portant un cartel gravé d'armoiries : 1,720 francs.