‹ L'HotellerieChapitre 18 sur 112 · SERA · texte numérisé non relu

SERA

On constate d’abord, même si les chiffres donnés ne sont qu’approximatifs, que la France est le pays où le profit net tiré du tourisme serait le plus élevé. Pour les trois années 1926, 1927, 1928, il aurait atteint le chiffre formidable de 951 millions de dollars, environ, soit 8 milliards de francs actuels en moyenne par année. Tandis qu’aux Etats-Unis, où l’étude de la question a été la plus poussée, où partant les chiffres indiqués sont les plus dignes de foi, la perte de substance qu'entraîne le poste débiteur du tourisme a atteint, au cours des troïs mêmes années, 1.622 millions de dollars, soit en francs une moyenne de 14 milliards par an ! On conçoit la peine que prennent les autorités américaines pour évaluer ce facteur d’appauvrissement de l’économie nationale et pour en chercher les conditions d'amélioration. Mais ce que l’on comprend moins, c’est l’indifférence manifestée trop souvent jusqu’à ce jour par les pouvoirs et le public fran-

çais à l’égard d’une source pareille de richesses.

Pour résumer, nous dirons que le tourisme est une nécessité vitale pour notre pays. On s’accorde à reconnaître que, si notre balance du commerce est régulièrement déficitaire depuis 1927 (1), la stabilité de notre change, en dehors des éléments psychologiques dont l'influence a été récemment décrite (2),.est due aux facteurs qui interviennent dans notre situation au point de vue de nos règlements extérieurs. Ce sont : les placements de capitaux à l’étranger, les envois de fonds par les nationaux émigrés, les bénéfices résultant du transport des marchandises étrangère, les dépenses faites dans le pays par les voyageurs étrangers au cours de leurs voyages. Toutes ces causes et d’autres, encore mal connues, peuvent neutraliser, contrarier même les effets de la balance du commerce et faire qu’un pays soit, en définitive, créancier de l’étranger pour une somme plus ou

différents pays compris dans ce tableau auraient atteint un total de 1.150 millions de $ en 1927, mais le Royaume-Uni n’est pas compris dans ce tableau. Ainsi la dépense mondiale totale dépasse considérablement ce total. Les recettes des pays ci-dessus afférentes à 1927 ont atteint 1.100 millions de $, mais cette somme ne comprend pas les versements aux compagnies de navigation en paiement de billets de voyage qui sont classés par les pays bénéficiaires dans les recettes provenant de fréts. c (1) Voir la France Economique 1929. « La balance des comptes » par

P. Meynial, p. 33.

(2) A. Aftalion. Monnaie, Prix et change, 1927. Recueil Sirey.

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