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RER

De l’examen de ce qui précède, quels enseignements pouvons nous tirer de l’appréciation de la Bourse à l’égard des valeurs hôtelières, et cette appréciation est-elle le reflet de la vraie situation de l'hôtellerie au cours de ces dernières années ?

Plus étendue, c’est-à-dire portant sur un plus grand nombre de valeurs, il est certain que notre étude serait fertile en déductions d’un intérêt majeur. Mais nous devons rappeler que nous n’avons opéré que sur un montant restreint de valeurs de premier ordre — les seules dont les cotations puissent servir de base — sérieusement administrées et dont la clientèle est essentiellement cosmopolite.

Ces remarques faites, nous observons que le plafond est atteint en 1924 — cours moyen 1419 — puis, qu’une tendance marquée à la baïsse se fait sentir depuis cette époque. En 1929, nous atteignons le cours moyen de 527, soit une baisse de 65 %. Pour expliquer cette diminution rapide, nous proposons deux raisons:

1° A partir de 1923-1924 ont lieu, dans toutes les affaires anciennes des augmentations de capital ou des transformations d’actions d’un nominal élevé. Aïnsi, en 1923, une société augmente son capital de 25 % ; en 1924, 4 sociétés doublent leur capital; en 1925, une société transforme ses actions de 500 francs en actions de 100 francs; deux autres augmentent leur capital rsepectivement de 50 et de 20 %. En 1926, une société augmente encore son capital de 20 % ; en 1927, une société double son capital à nouveau; une autre l’augmente de 60 ,, et une troisième de 75 %. Enfin, en 1928, deux sociétés font un nouvel appel d’argent frais dans une proportion de 20 %. On comprend que le cours moyen des actions anciennes, qui se sont ainsi multipliées, soit décroissant. Il n’est pas facile de dire quels auraient été les cours moyens des actions à partir de 1924 si le nombre de celles-ci n’avait été augmenté dans les proportions énoncées. Le lecteur pourra théoriquement apprécier l’influence de ce facteur sur la baisse constatée. A notre sens, ls cours moyens se seraient maintenus étales jusqu’en 1927

environ.

2° Nous remarquions qu’à partir de 1923, les différents conseils d’administration des sociétés envisagées ont augmenté leur capital, par mesure de prudence ou même de nécessité, la hausse des prix rendant l’exploitation beaucoup plus coûteuse, les aménagements n’ayant, d’autre

part, pu être remplacés au cours de la crise qu'ont traversée les grands hôtels pendant la guerre. Enfin, on peut signaler la prescience qu'ont eue nos grands hôteliers, de la situation très active que l’hôtellerie allait traverser, puisqu'ils se sont ingeniés de bonne heure à développer, étendre et perfectionner leur outillage, donnant l’exemple à leurs collègues, de telle façon que l’industrie hôtelière française est actuellement l’une des plus développées qui soient.

Les années 1925, 1926, et 1927, et dans une mesure moindre 1928, seront particulièrement remarquables, et si les cours de Bourse, corrigés par la pensée comme nous l’avons fait, ne se sont maintenus étales, c’est qu’on peut constater par ailleurs que les capitalistes ont subi l'attrait spéculatif d’autres groupes tels que les valeurs foncières pures, les valeurs étrangères, et celles dont l’exploitation n’était pas soumise aussi durement aux exigences du fisc. La prospérité de l’hôtellerie française se révèle donc de l’examen raisonné des cours de ses meilleurs titres en Bourse: dès 1922 commence la période d’activité intense qui se continue jusqu’en 1927 environ, époque à partir de laquelle s’annonce le ralentissement des affaires par suite d’une concurrence de plus en plus vive, d’une baisse dans le pourcentage d'occupation des chambres, et dans une augmentation constante des charges de toutes sortes. L’année 1930, au cours de laquelle nous écrivons ces lignes, révèlerait que la situation de l’hôtellerie est entièrement transformée, et à son désavantage, et qu'il est urgent de faire connaître aux pouvoirs publics les difficultés qu’elle traverse (1). La diminution des cours moyens indiqués sur le graphique trouve encore là une explication.

En 1929, l’indice moyen s'établit à 527, soit 5,27 fois le taux nominal qui correspond, de façon curieuse, à la valeur moyenne du dollar par rapport au franc au cours de la même année. Simple coïncidence ou corrélation que nous laissons au lecteur le soin d’apprécier:

Pour en terminer avec cet aperçu, recherchons quel est le

(à) Les débuts de l’année 1931 sont désastreux pour notre industrie et sa situation, de prospère, est devenue critique.

dividende moyen de ces 12 valeurs en 1929 pour un nominal de 100 franes. Le calcul s'établit comme suit:

Dividende Dividende calculé Sociétés - distribué en 1929 sur un nominal de 100 francs B 45 45 C 45 45 D 30 30 E 40 40 F 90 90 G 5 5 H 65.34 65.34 I 209.70 41.90 J 80 : 16 K 11.40 11.40 L 22 22

Total: 421.64

rapportés par 12 valeurs dont le cours moyen, en 1929, était de 527 frs, soit par un capital de 527 X 12 — 6324 frs. Le rapport moyen s'établit ainsi à

qui est simplement satisfaisant, surtout si l’on tient compte du fait qu’il s’agit là des meiïlleures affaires d'hôtels, d’une année de prospérité, et que le capitaliste voit encore le taux de rendement diminuer par l’application des lourdes charges fiscales qui frappent les valeurs mobilières (19 à 23 , à l’heure actuelle).

c)Faillites et liquidations judiciaires

Le nombre des faillites déclarées devrait fournir de précieux indices sur la situation économique d’une industrie. Un rapport entre le nombre des dissolutions avec celui des entreprises ferait ressortir les périodes de crise et de propérité. Nous n’avons pu trouver les renseignements complets que nous cherchions par suite d’un manque de

concordance dans l'établissement des recensements (1) (les restaurants, hôtels, logeurs sont réunis). Nous souhaitons que nos syndicats se préoccupent de relever dans l’avenir, les informations de ce genre. Bien entendu, intéressent seuls les chiffres relatifs aux faillites ouvertes, les renseignements sur les faillites terminées, qui sont portés à la connaissance du public par les jugements des tribunaux de commerce, ne renseignant que sur l’activité déployée par la justice. En outre, il y aurait 1ieu de tenir compte du fait qu’une entreprise est déclarée en faillite ou se liquide après une période de temps plus ou moins longue pendant laquelle, à défaut de moyens de trésorerie, il est fait appel au crédit. La correction qui s'impose est certainement déterminable.

d) Les statistiques du service des garnis

On sait que le service des garnis (celui du département de la Seine dépend de la préfecture de Police) a pour attribution de recevoir les déclarations d'ouverture des meublés. Sous ce titre, sont groupés indistinctement les hôtels de toute classe, les maisons meublées, et même les locaux garnis loués par des particuliers. On voit combien large est l’interprétation administrative! Le service des garnis relève et contrôle en outre les arrivées et les départs de voyageurs, d’après les inscriptions que les hôteliers et logeurs sont tenus de faire dans le « Livre de Police ». La réunion de ces renseignements permet aux autorités d’exercer une surveillance constante sur le mouvement des voyageurs; il offre aussi une réelle utilité d'ordre statistique. Le même travail est effectué dans toutes les préfectures de France, mais les renseignements obtenus par cette voie ne. sont pas, à notre Connaissance, communiqués régulièrement au Ministère de l'Intérieur où ils pourraient être collationnés, et c’est dommage.

Quoiqu'il en soit, nous reproduisons ci-après à titre d'exemple deux états du service des garnis du département de la Seine.

QG) Voir: Statistique Générale de la France, tome XIII, fascicule. I*", octobre 1923, p. 90 et suiv. Voir: Bulletins, avril-juin 1928, p. 289, etc.

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