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être que le produit de ces deux espèces ; il y en aurait d'autres au Musée National.
On voit par ce qui précède que presque tous les exemples de croisements chez les Passereaux (exemples plus ou moins hypothétiques, souvent entre variétés et non entre espèces) se sont rencontrés, sauf pour les trois derniers exemples, chez les Passereaux déodacti yles, aucun chez les Dysodes, les Perroquets et les Colibris
D'un autre côté, les grands groupes de la division des déodactyles sont tous représentés, puisque nous avons mentionné des croisements chez les Fissirostres (1), les Dentirostres (2) les Ténuirostres(3) et notamment chez les Conirostres (4).
Palmipèdes.
Dans cet ordre, la famille des Anatidés, dont la plupart des espèces sont comestibles, est à peu près la seule où l’on rencontre des hybrides. Le plus intéressant à mentionner est le WMerqus anatarius d'Eimbeck, ou le Clangula angustirostris du pasteur Brehm, appelé encore par M. von Kjabolling Clangula mergoides. Eïmbeck, le premier, en fit connaître un exemplaire mâle tué sur l’Ocker, près Brunswick, en 1825 ; la forme de cet oiseau rappelle celle de lAnas clanqula et du Merqus albellus (5). Un second spécimen femelle, tué quatre ans plus tard sur un marais, est mentionné dans l'ouvrage de Brehm (6). Enfin un troisième, mâle jeune, a été trouvé par M. Kjabolling
. (1) Un chez les Hirundinés.
(2) Un chez les Laniens, deux chez les Méruliens.
(3) Un chez les Paradiséidés.
(4) Deux chez les Corvidés, cinq ou six Les les Fringillés, un chez les Motacilliens, un chez les Cinclinés, et plusieurs enfin chez les Paridés. Nous apprenons, grâce encore à l’obligeance de M. Berlepsch, que l’on connait des hybrides parmi quelques espèces du genre Helmin-tho-phaga de la famille des Mniotiltidae, oiseaux propres aux États-Unis d'Amérique. Voy. aussi Ze0Fo Il.
(5) Isis, Heft I, XII, Leipzig, 1831.
(6) Handbuch der Dnrdeschioite aller Vügel Deutschlands, ht 1831.
dans une collection d'oiseaux achetés par lui à Copenhague (1). Doit-on considérer ces trois oiseaux comme provenant des deux espèces que l’on vient de mentionner, ou plutôt comme appartenant à une espèce régulière et bien définie? Plusieurs ornithologistes, auxquels Eimbeck montra le premier exemplaire mentionné dans l’Ibis, le prirent pour une production hybride (2); le pasteur Brehm l'a au contraire considéré comme une véritable espèce, ainsi que la femelle qu'il décrit (3). Naumann (4), tout en faisant des réserves, penche à croire que ces deux premiers individus, qu'il a examinés, sont hybrides des deux oiseaux en question, c’est-à-dire de l’A. c/angula et du M. albellus; M. Kjabolling fait des trois une même espèce (5); Gloger (6), en parlant de l’exemplaire de Copenhague et de celui de Brunswick, dit qu'il croit reconnaître à leurs caractères l’origine indiquée par Eimbeck et Naumann. Degland et Gerbe sont de cet avis (7) ; enfin, M. de Selys-Lonchamps, pour expliquer les légères différences qui existent entre l’oiseau d’'Eimbeck et celui de Brehm, a proposé cette conjecture que l’anatarius pourrait être le produit du Merqus albellus mâle et de la Fuligula clangula femelle, tandis que l'angustirostris serait le produit du clangula mâle et de l’albellus femelle, ou vice versa. (8)
Il y eut à cette oecasion, lors de la réunion des ornithologistes allemands tenue à Halbertstadt en 1855, une discussion très intéressante ; la majorité des membres qui y prirent part se prononcèrent dans le sens de lhybridité (9). Is. Geoffroy Saint-Hilaire s’est rangé à cette opi-
(1) Naumannia, pp. 327 et suiv. Stuttgart, 1853. (2) P. 300. 1831. k
(3) Op. cit., pp. 930, 931 et 932.
(4) Cité. par Kjabolling.
(5) Naumannia, pp. 237 et suiv.
(6) Journal für Ornithologie, novembre 1853.
(7) Op. cit., p. 471.
(8) Mémoires de l’Acad., XXIII.
(9) Voy. Selys, mém.