DE DÉVELOPPEMENT
Première mention de l'hydroquinone.
Dans le courant du mois de décembre il
nous
avons eu l'attention attirée sur l'emploi que l'on pouvait faire en Photographie de l'hydroquinone pour révéler les images données par la chambre noire. Un photographe américain disait, dans lin journal de New- York, que ce produit pouvait rendre des services, qu'il avait obtenu pour son compte des résultats excellents, mais que le développementétaitlent, très lent même. Il ajoutait que les blancs se conservaient merveilleusement, que l'emploi de l'hydroquinone serait tout indiqué pour les positifs par transparence, pour les projections, pour les reproductions, enfin dans tous les cas où de grandes oppo-
2 L IlYDltOQU INONE.
sitions de noirs et de blancs seraient nécessaires.
Malheureusement il ne parlait pas de clichés instantanés et, de formules, il n'en donnait poinl.
D'ailleurs, l'hydroquinone n'était pas nouvelle pour nous. Depuis plusieurs années déjà ce produit avait occupé les recherches de plusieurs habiles photographes . Mais nous devons dire en même temps qu'en général les essais de ces praticiens n'ont pas été suivis d'un succès réel, car ils ne les ont pas continués. Les uns se sont servis de l'hydroquinone comme on se sert de l'acide pyrogallique, en mettant une petite dose de sulfite : les clichés venaient jaunes, voilés, etc. , etc. D'autres ont mêlé l'hydroquinone à l'acide pyrogallique; une décomposition a eu lieu encore : la couleur du bain qui en est résulté n'a pas été enchanteresse et l'on a tout laissé là.
Il y avait pourtant quelque chose à faire, beaucoup à faire même, et nous avons droit de nous étonner que les recherches n'aient pas été poussées plus loin. Nous n'avons donc aucune prétention à la découverte, mais nous ne croyons pas être exagéré en affirmant que nous avons été le premier à donner une formule pour développer les images photographiques à l'aide de l'hydroquinOne , formule marchant régulièrement, tant pour les instantanés que pour les clichés posés.
L II V D R 0 Q TJ I N 0 N E .
Préparation de l'hydroquinone.
L'hydroquinone (G,2H60') se prépare par la distillation sèche de l'acide quinique, ou par l'action des agents réducteurs sur la quinone, par exemple, en dirigeant un courant d'acide sulfureux sur de la quinone mise en suspension dans de l'eau chaude.
En évaporant à une douce chaleur, l'hydroquinone cristallise.
L'hydroquinone fait partie de la série des phénols, ainsi d'ailleurs que l'acide pyrogallique, la pyrocatéchine, Porcine, etc., et possède comme tous ces corps un grand pouvoir réducteur des sels d'argent.
Ce produit fut très cher dans les commencements. Maintenant il est de même prix que l'acide pyrogallique. On le prépare en grand en France, en Angleterre et en Allemagne, et les laboratoires de Photographie en sont maintenant .pourvus d'une façon régulière.
Premiers essais.
Au début de nos expériences, pour composer notre formule de développement à l'aide de l'hydroquinone, nous avons pensé qu'étant en présence d'un corps qui avait une aussi grande analogie
avec l'acide pyrogallique, il fallait faire noire premier essai en ajoutant à de l'hydroquinone pur un alcali.
L'alcalin que nous avions sous la main était le carbonate de soude, soit pur, soit en cristaux du commerce.
Une plaque ayant été exposée au jour douteux d'un mois de décembre, pendant quelques secondes, fut révélée par nous en faisant notre bain de la manière suivante :
i° Hydroquinone iosr
Alcool à 4o° ioocc
2° Carbonate de soude 25osr
Eau ordinaire i''t
Nous prîmes pour développer notre plaque
Solution de carbonate de soude 5o S'-
Solution alcoolique d'hydroquinone. . 5CC
Le cliché arriva vite mais absolument jaune brun. Les blancs étaient purs; il n'y avait pas de voile. Notez bien que nous étions au mois de décembre; si nous avions fait notre première expérience au mois de mai, dans les mêmes conditions, nous aurions infailliblement voilé. Mais le lecteur comprendra facilement que nous ne pouvions pas être, dès le principe, au courant de la situation qui serait faite à notre révélateur par les grandes lumières de l'été.
Nous fîmes une seconde expérience dans laquelle
l/llYDROQU INONE. 5
nous employâmes le même révélateur en l'additionnant d'une petite quantité de sulfite de soude dissous préalablement dans l'eau. La couleur jaune du cliché disparut, le développement se fit assez, vite, en 5 minutes tout au plus. Mais le bain se colora vite ; au troisième cliché, nous obtenions un cliché jaune, en continuant à nous servir du même bain.
Il résultait pour nous de tout cela que l'hydroquinone, en présence du carbonate, constituait un développement énergique et que la couleur du cliché, ainsi que la conservation du bain, dépendaient uniquement de la quantité de sulfite employée.
Restait à déternfiner cette quantité, puisque l'expérience nous avait démontré déjà que notre solution de carbonate de soude, qui était à i5 pour 100, additionnée de i pour 100 de son volume de la solution alcoolique d'hydroquinone, développait énergiquement les clichés qui lui étaient soumis.
Nous commençâmes à ajouter 2gr pour 100, soit 20gr de sulfite pour i litre de carbonate. Le développement était beau, mais le bain jaunissait vite et ne se conservait pas. Une addition de 4 pour 100 produisait encore le même effet. A 5 pour ioo le bain se tenait mieux ; mais, peu de jours après, il se décomposait encore.
Formule définitive du bain développateur.
Avec r pour too en poids, ou y5gr en chiffres ronds, de sulfite ajoutés à la solution de carbonate, nous obtenions un bain développant bien et vite et donnant aux clichés cette teinte ardoise si favorable à l'impression des positifs.
No us avons cru utile de donner des détails sur la façon dont nous avons arrêté notre formule, afin que les lecteurs ne croient pas un instant que c'est le hasard seul qui nous avait fait prendre un chiffre plutôt qu'un autre.
Inaltérabilité de l'hydroquinone.
L'hydroquinone se distingue, en effet, par cette particularité que le bain se conserve quand les produits sont bons; c'est là le résultat que nous voulions atteindre et que nous avons tellement atteint que le bain que nous avons déposé sur le bureau de la Société française de Photographie, dans la séance du mois de janvier dernier, est toujours aussi limpide à l'heure où nous écrivons et aussi énergique que le jour même où le dépôt fut effectué. C'est là un résultat indiscutable et qui prouve combien la formule que nous préconisons est juste. Gel a dit, nous allons indiquer comment on doit développer à l'hydroquinone.
L HYDROQUIN'OXIÏ.