‹ L'hygiène dans les salons de coiffure de la province de Québec [microforme]Chapitre 2 sur 4 · HYGIÈNE DES SALONS DE COIFFURE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DES SALONS DE COIFFURE

Il est aujourd'hui hors de doute que quiconque se fait le client d'un barbier ou coiffeur, dont l'établissement est ouvert à tout venant, risque d'y contracter une maladie déposée sur le rasoir, le pinceau à savonner (blaireau), les ciseaux, la tondeuse, le peigne ou la brosse ayant servi auparavant à un malade, voire même à un cadavre.

Que les chances de contagion soient d'autant plus rares que le salon du barbier, du coiffeur est mieux tenu, nous l'admettons volontiers: que le danger réel de contagion puisse atteindre le minimum dans les salons de toilette de première classe, nous l'accordons encore; mais la vérité nous oblige à dire ceci:

À l'heure présente, dans toute la province de Québec, il n'y a pas un seul barbier, un seul coiffeur qui peut affirmer que son outillage professionnel soit absolument, complètement, scientifiquement exempt de transmission morbide.

Maintenant, se trouvera-t-il un jour un barbier, un coiffeur qui, ayant compris le danger de la transmission, par les instruments de l'arsenal capillaire, de maladies infectieuses ou parasitaires. entr'autres de la plus facheuse, de la plus terrible et peut-être de la plus fréquente maladie qui afflige l'humanité: la syphilis, saura prendre les mesures voulues, et pré senter à sa clientèle toutes les garanties d'une propreté raffinée? Nous pourrons alors dire à cet intelligent barbier et coiffeur qu'il peut compter sur bon nombre de clients, car ceux qui craignent la contagion des mala dies sont aujourd'hui légion dans la province de Québec.

Que faut-il faire pour mettre ces salons de toilette dans les conditions hygiéniques voulues ?

Le Conseil d'Hygiène de la Province de Québec, préposé à la surveillance sanitaire et la conservation de la santé publique dans cette province, croit le temps opportun de rendre publiques les conclusions d'un rapport voté par le dit Conseil. formulant les moyens d'éviter les dangers que présente la prosmicuité du rasoir, du blaireau ou pinceau à savonner, des ciseaux, de la tondeuse, des peignes, des brosses.

Considérant que la syphilis, les teignes ct autres affections de la peau peu vent se propager par les instruments et les mains des barbiers et des coiffeurs, le Conseil d'hygiène, après avoir fait son profit des études faites jusqu'à ce jour sur les moyens de prévenir ce danger, ainsi que la critique qui en a été faite, recommande les mesures suivantes :

L—Engager les clients à posséder leur matériel particulier, et Vl'exgiger des clients que l'on sait malades. Il vaut mieux. dans l'intérêt mème du coiffeur, aller au domicile des clients malades

Il—Désinfechion des rasoirs, peignes ct tondeuses.

Les plonger immédiatement après s'en être servi dans un vase émaillé ou en tôle galvanisée contenant, ou:

1° Une solution de carbonate de soude (un pour cent) qui n'altère en rien le fil des rasoirs, on:

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