L'HYGIE DANS LES SALONS DE COIFFURE
gème. Eviter de passer le blaireau sur une plaie béante ou:saignante.
gème. Toutes choses servant à étancher le sang, tels que Alun pulvérisé (non en cristaux), plasters, cendres de papier ponceaux, etc., etc., ne devront servir qu’une seule fois pour chaque client.
oème. Le pot à savonner ainsi que le blaireau doivent être lavés et rincés à
ehaque opération.
1ème. La poudre à figure devra être la Magnésie, solide, parfumée ou non, et devra être détaché à l'aide d’une serviette et appliqué par la même, pour chaque client.
12ème. Les peignes et les brosses devront être lavés souvent et avec soin, à la discrétion de l'opérateur, et suivant les instructions des Inspecteurs.
Je vous ai suffisamment montré le côté pratique de la loi dite: “loi d'association des Barbiers de la Province de Québec.” Sa mise en exécution n'est qu'une question de temps, et j'en appelle à la sagesse de nos députés à Québec pour qu'ils confirment au lieu de détruire ce qu'is ont si bien édifié.
Cette question de l'hygiène des salons de coiffure a déjà fait le sujet de plusieurs projets de lois, en France notamment. \insi dans l'armée française, le soldat perruquier de chaque
compagnie reçoit à l'infirmerie régimentaire une instruction sur l'hygiène et les soins de la tête et de la barbe. Ces soins Se résument dans le maintien d'une parfaite propreté, chez tous les hommes, du euir chevelu et de la face. dans la prohibition des cosmétiques et des graisses de mauvaises qualité, dans la propreté rigoureuse des perruquiers et des instruments de ces derniers, dans l'obligation qu'on leur impose de signaler les soldats atteints d'éruptions où maladies que!conques du cuir chevelu ou de la face. On n'oubliera pas que l'herpès tonsurans, l'impétigo contagiosa, l'acné varioliforme, la tricorrhexie noueuse, certaines formes d'eczéma et de dermite aiguë, les teignes et même la syphilis peuvent étre contractés chez le barbier, ce dernier ou ses instruments servant d'agent de contamination. Le médecin chef de service a. d'après le décret du 20 octobre 1892. art. 91. toute autorité en ces matières. La désinfection des ciseaux, tondeuses, ra: soirs, brosses. blaireaux, se fait à l'aide de solutions désinfectantes ou de la stérilisation à l'eau bouillante pour £eux des ins truments qui supportent la température de 100 ou par Îles autres moyens usités par les chirurgiens.
rh
“jonsieur Drouineau, dans son excel'ente monographie sur l'hygiène rurale (tome IV de l'encyclopédie d'Hygiène) dit à propos des barbiers: "Les dangers de cette pratique sont connus, et bien des dartres ont passé, grâce à l'intermédiaire des doigts où du rasoir du‘barbier, d'un menton villageois à un autre. La contagion de certaines maïadies ne fait pas de doute, pas plus que l'existence du parasite végétal (tricophyton) qui en est la cause. La tricophyti st fréquente à la campagne et en outre elle sévit sur les animaux.
Dans la barbe, le tricophyton, se localise surtout dans la récion du maxillaire fatérieur Le sont des paques rouges avec une petite desquamation blanchatre avec où sans démangeaison. On nv prend point garde: mais l'affection est tenace et Surtout contagieuse, le rasoir du barbier la promène aisément : elle peut devenir parfois, grace à lui, épilémique, ct grave en ce qu'elle entraine avec cîle la perte des poils.
La svphilis peut aussi s'inoculer dans des conditions semb'ahles.
Le docteur Cacrim a rapporté à la société médica’e des hôpitaux de Paris. un cas de contagion de la syphilis au moyen d'un rasoir contaminé, Un jeune homme contracte la svphilis en septembre 18C4: un traitement classique et bien institué n'empéche pas le développement d'accidents secondaires, en particulier la réspparition de plaques muqueuses dès que le malade susperu le traiterent.
En juillet 1895. le père du jeune homme, vieillard de 71 ans,
. sert des rasoirs de son fils se coupe plusieurs fois le menton et irrite 1a plaie qui devient ulcéreuse et prend tous les caracières d'un chancre, suivi de roséole, et de polyadénite. Plus tard, iritis graves, etc.
M. ie docteur Fr, Missaglia (Gi « della R Società italiana d'Igiene, i5 fev. 1897, p. 65, appelle le danger de la transmission des maladies virulentes et parasitaires par les coiffeurs: teignes, pelades, alopectes parasitaires, herpès circiné, ete. I reconnait que beaucoup de coiffeurs sont disposés à prendre des mesures prophylactiques, mais ils sont mal éclairés et mal renseignés. L'auteur prétend que pour exercer la
profession de coiffeur, il faudrait avoir suivi quelques confé rences élémentaires d'hygiène sur ce sujet, comme l'on instruit les infirmiers avant de leur confier des pansements!
Un des hygiénistes les plus marquants de France, M. le docteur E. Vailin, dans un rapport lu au Conseil d'hygiène de la Seine, dans la séance du 23 juin :897, cite l'a: inion de plu sieurs confrères qui rapportent des cas de contagions chez les coiffeurs. I rappelle que M. Lancereaux, sur l'invitation du Préfet de police, fit un rapport à l'académie de médecine de Paris, sur le danger que présente le commun usage des objets de toilette dans les salons de coiffure et les éco'es au point de vue de la transmission des teignes et de la syphilis.
[ cite plusieurs cas de svphilis transmis par les instruments et les mains des coiffeurs rapportés par M. le docteur Blaise. agrégé de la Faculté de Montpellier, dans les -hinales d'hxgiène et de médecine égale. M. le docteur Loeb!, de Vienne, le docteur Osterreicher, de Berlin, et M. le professeur .\. Fournier, de Paris, ont rapporté plusieurs cas analogues.
Les plaques muqueuses et les rhagades svphilitiques ne sont pas rares aux commissures des lèvres, et l'on comprend que les doigts d'un artiste coiffeur, le rasoir, le pinceau à barbe, la houppe à poudrer, ete. puissent facilement transporter le Virus sur une excoriation, même non seignante, résultant du raclage un peu rude de la peau
En dehors des teignes, dit M. Valin, des travaux très sc ri ux, quoique encore discutés, tendent en ces derniers temps a rattacher aux parasites contenus dans les pellicules sébar rhéiques les calvities banales qui sont si communes chez des hommes jeunes, par ailleurs très bien portants. D'après MAL Malassez. Unna, Sabouraud, presque toutes les alopécies seraient d'origine parasitaire et transmissibles. La contagion chez les coiffeurs serait ainsi la cause principa'e de l'extension toujours croissante de cette infirmité précoce.
Sans doute ajoute M. Vallin, il ne suffit pas qu'un seul client déjà malade vienne se faire tailler les cheveux chez un coiffeur pour contaminer tous ceux qui, dans la même journée, subiront la communauté du peigne, de la brosse et de la tondeuse: la question de terrain joue heureusement ici un role considérable,
mais comme on s'expose au moins tous les mois, quelque fois tous les jours, il est rare que ceux qui fréquentent les salons de coiffure n'aient pas commencé avant l’âge de 45 ans à payer leur tribut à la calvitie. Celle-ci est beaucoup plus rare et tardive chez les femmes, qui se coiffent elles-mêmes ou se font coiffer chez elles avec les objets de toilette qui leur sont personnels.
Les principaux agents de transmission dit M. Vallin, sont les peignes, les ciseaux, les tondeuses, les rasoirs, les brosses, les pinceaux à barne, la houppe à poudrer, les linges et les peignoirs, les mains des coiffeurs. les débris de cheveux et les poussières du sol.
Je vous demande permission de puiser largement dans ce travail de M. Valin, qui est des plus intéressant et des plus complet.
Cet auteur conseille la méthode suivante pour la désinfection des objets métalliques: Dans un ou plusieurs points du salon, on dispose à poste fixe un cylindre métallique d'un décimètre cube au moins de capacité, qu'on tient rempli d'eau savonneuse ; «u-dessous brüle un bec de gaz ou une veilleuse, qui maintiendra le liquide en ébullition. Dans l'un de ces récipients, on projettera les ustensiles métalliques (peignes, tondeuses, ciseaux, rasoirs,) au moment même où ils ont cessé de servir pour un client; dans l’autre on prendra au fur et à mesure :lt besoin les ustensiles désinfectés par une ébullition qui aura duré au moins dix minutes.
Non seulement ceite solution alcaline bouillante n'altère en rien le tranchant d'acier, comme on le croit trop souvent, mais encore elle les préserve de la rouille, pourvu qu'ils soient complètement immergés. En vue de cette opération, on ne fera usage que de rasoir à chässis nickeiés et de peignes en métal. Le nombre accru des jeux d'instruments permettrait de puiser successivement dans l’un ou l’autre des récipients, dont le liquide ne serait changé qu'à la fin de la journée.
La désinfection des brosses est beaucoup plus difficile: le danger de transmission par cette voie ect tel qu'il faudrait presque :. noncer à leur usage, ou les remplacer par des objets
-de netto: age très facile. Leur immersion quotidienne dans
des solutions alcalines ou antiseptiques amènerait rapidement leur destruction: l'exposition à l'air, chauffé à 100 centig., est un bon procédé, mais elle nécessite une étuve et un règlage de la température. Il nous semble plus avantageux de les disposer, après chaque emploi, sur les étagères grillagées d'un tiroir où d'un bahut en bois ou en métal. à fermeture hermétique. sur le fond duquel on abandonnerait à l'évaporation dans un vase plat la solution commerciale d'aldéhyde formique * ‘di tionnée de 130 à 200 grammes de sel marin par litre. Le for mol se dissout dans les corps gras et la présence de ceux-ci n'empéchent nullement l'action désinfectante sur le crin des brosses. En multipliant le nombre de jeux, on ne mettrait en usage que la rangée qui serait restée au moins deux heures ex posée aux vapeurs de formol: ce gaz ne les altère en aucune façon, même après une exposition indéfiniment prolongée. Il va sans dire qu'à la fin de la journée les brosses seraient dégraissées avec une poudre absorbante (son, talc ou terre de pipe), comme on le fait actueilement dans toutes les maisons soigneuses.
Le danger provenant de la communauté de pinceau est en principe assez grand, puisque le blaireau peut se souiller au contact des plaques muqueuses et des ulcères des lèvres, de l'orifice nasal et des germes parasites de la barbe; l'action désinfectante du savon, le lavage incessant et facile atténuent notablement ce danger: néanmoins, il est prudent «le maintenir la partie poilue dans l'eau bouillante pendant quelques minutes avant d'en faire usage.
Il n'est pas d'ustensile qui doivent inspirer plus de répuenance que la houppe à poudrer; elle est en contact avec les lèvres, le nez, elle pénètre en quelque sorte dans ces cavités, elle sert presque indéfiniment, et on ne supporte l'usage en commun d'un objet de toilette aussi intime que parce que la poudre lui donne une blancheur trompeuse. Il faut y renoncer, la remplacer par des boulettes d'ouate qui seront jetées immédiatement après l'emploi, ou bient lui substituer un pulvérisa teur à sec lançant un jet de poudre sur les parties où l'on vent éteindre le feu du rasoir. Ce dernier moyen est le plus pratique Pour M. Valin, la propreté des mains est la condition absolue
de la sécurité. Les pellicules, les poussières parasitaires, les débris menus de cheveux y restent fixés par la matière grasse : les doigts passent incessamment de la chevelure de l'un dans la chevelure de l'autre: c'est assurément l'agent de transmission qu'il faut le plus redouter.
Avant d'aborder un nouveau client, il est indispensabie que l'artiste se lave les mains à l'eau chaude, au savon et à la brosse. dans un lavabo spécial disposé à cet effet: on ne peut nier que cette mesure n'est pour ainsi dire jamais prise, mème dans les maisons les mieux tenues. Un simple lavage suffit: sil'on de mande trop, on obtiendra rien.
Un autre soin, trop souvent négligé. consiste à enlever im médiatement les chezeux coupés, en répandant sur Île plancher de la sciure de bois humide, et en relevant le tout avec le balai mécanique, la boite de celui-ci est vidé dans un seau couvert contenant du sable ou de la sciure mouillés, dont le contenu sera brü'é tous les soirs.
[1 est inutile d'insister sur la nécessité de fournir du linge frais à chaque client nouveau.
Ces procédés de désinfection pour tous Îles .stensiles en usage chez les coiffeurs sont si simples et si faciles dans leur application que j'ai cru bon de les donner ici dans tous leurs détails. Pour que tous les coiffeurs prennent dans leurs salons ces soins hygiéniques, il est important qu'une loi, telle que celle que nous avons actuellement leur force la main, mais i est non moins important de faire là-dessus l'éducation du pu blic.
Le jour, dit Vallin. où le client saura que certains établissements lui offrent des garanties formulées par les pouvoirs pu blics, c'est à ces établissements qu'il donnera la préférence. et le succès appartiendra à ceux qui se conformeront le plus rigoureusement atiX préceptes de l'hygiène.
Souhaitons. messieurs, que noire législature provinciale saura trouver un moyen efficace pour concilier les intérêts des barbiers récalcitrants avec ceux de la majorité qui désirent l'application de leurs règlements et qu'elle nous CONSer vera intacte la partie de cette loi qui a rapport à l'hygiène des salons de
coiffure.