‹ L'hygiène du neurasthéniqueChapitre 48 sur 76 · CLIMATOTHÉRAPIE. — CHOIX D’UNE STATION · texte numérisé non relu

CLIMATOTHÉRAPIE. — CHOIX D’UNE STATION

On sait que la plupart des neurasthéniques sont extrêmement sensibles aux influences atmosphériques. Les froids rigoureux comme las chaleurs excessives les impressionnent désagréablement et leur sont également défavorables. 11 est certain en effet que beaucoup de ces malades voient leur état s’améliorer pendant les saisons intermédiaires et leurs symptômes s’aggraver au contraire pendant l'hiver et pendant l'été. Ce sont donc les climats tempérés qui leur conviennent le mieux. 11 faut toujours conseiller aux neurasthéniques qui sont à même d’abandonner leur domicile pendant plusieurs mois consécutifs, de séjourner durant les saisons extrêmes dans une station convenablement choisie. En les éloignant ainsi des lieux où ils ont déjà plus ou moins longtemps souffert et où se trouvent généralement réunies les causes diverses qui ont provoqué le développement de leur névrose, on les soustrait aux impulsions suggestives si nui-

l’hygiène du neurasthénique

sibles de leur entourage et de leurs habitudes* en même temps qu'on les fait bénéficier de l'influence bienfaisante que le séjour en un site agréable et sous un climat plus doux peut exercer sur leur état mental et sur leur condition physique. Mais nous nous sommes proposé d'étudier plus particulièrement dans ce chapitre l’action hygiénique des différents climats sur les diverses catégories de neurasthéniques. Cette étude nous conduira naturellement à préciser les règles qui doivent guider le médecin dans le choix d’une station climatérique. Nous examinerons successivement les eflels physiologiques :

1° Des climats de montagne:

2° Des climats de plaine;

3° Des climats maritimes.

Climats de montagne. — Le séjour à la montagne jouit d'une vogue méritée dans le traitement des étals névropathiques et de la neurasthénie en particulier. C’est, pendant l’été, durant les mois de juillet eL août, que les climats d’altitude sont particulièrement recommandables. Cette cure climatérique est à coup sûr préférable, au moins pour le plus grand nombre des neurasthéniques, aux cures thermales ainsi qu’au séjour dans les stations maritimes.

CLIMATOTHÉRAPIE. choix d’une station 361

Les caractères climatériques des stations d’altitude sont multiples : la pression atmosphérique y est relativement basse; la température moins élevée et l’écart entre les moyennes thermiques du jour et de la nuit plus accusé; le ciel y est moins nuageux que dans les plaines et les basses vallées; l’air y est plus sec et plus pur; la radiation solaire y est plus vive et si la station est convenablement exposée, les grands courants atmosphériques n’y arrivent que coupés et affaiblis par les chaînes voisines. La station choisie ne doit pas être trop élevée ; on sait que le passage direct des lieux bas à une altitude suffisamment élevée (de 1 600 à 2 000 mètres et au-dessus par exemple) produit chez les sujets normaux des effets physiologiques particuliers : ce sont des modifications de la respiration, du rythme cardiaque, de la température centrale, etc. Dans son Traité de climatothérapie , Weber rapporte que sur quarante-quatre individus observés par lui dans les conditions précitées, il a constaté que la fréquence du pouls était à peine modifiée chez trentedeux sujets, qu’elle était augmentée chez dix d’entre eux, dans la proportion de 5 à 18 p. 100 et légèrement atténuée chez deux personnes. Sur quarante sujets qui venaient de passer des basses plaines à des hauteurs varia n I entre 1 200 mètres et 2 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, il observa égale-

ment, clans les premiers jours cpji suivirent le* changement d'altitude, que le nombre des respirations s’était accru de deux à cinq inspirations par minute. Sur quatre-vingt-dix personnes observées après un séjour de deux à vingt semaines dans les stations élevées, il trouva que chez le plus grand nombre de ces sujets le chiffre de ces inspirations n’avait pas varié, que chez les autres il était soit diminué, soit augmenté de deux à quatre par minute. Mais d’autres observateurs sont arrivés à des résultats tout différents.

C’esi qu'en effet l'étatpsychiquedusujelobservé, son alimentation, la température extérieure et d’autres influences encore peuvent modifier le rythme de la respiration et du pouls. Ces recherches, malgré leur apparente précision, sont entourées de bien des causes d’erreur; on ne saurait donc en tirer de conclusions fermes en ce qui concerne faction du changement et du degré d'altitude sur les mouvements du cœur et de l'appareil respiratoire. 11 n’en est pas de même des modifications qui ont été notées dans la composition du sang. Viault (1) a constaté une augmentation des globules rouges chez cinq personnes séjournant depuis peu de jours à une altitude de 4 000 mètres. Ses recher-

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