‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 14 sur 65 · ACCOUPLEMENT ET MOEURS DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

ACCOUPLEMENT ET MOEURS DES ANIMAUX

que lui un matériel destiné à améliorer nos races. Chez les animaux sauvages, la nature a employé différents moyens qui mettent obstacle d'eux-mêmes à leur accouplement trop précoce. D'une part la nécessité constante de rechercher leur nourriture et de se défendre contre leurs ennemis, fait que, chez les animaux sauvages, l'instinct génital se

développe beaucoup plus tard que chez nos animaux domestiques. D'autre part, les mâles sont obligés de consacrer une partie de leur énergie aux luttes qu'ils se livrent entre eux pour la possession des femelles, ou bien ils n'arrivent que lentement au degré de développement qui leur donne les attraits ou les facultés nécessaires pour les rendre dignes des grâces de leurs compagnes. L'instinct génital est puissant, dit-on, et on cite maint exemple qui prouve que la vie des individus est estimée à bien peu de chose comparativement à la conservation de l'espèce; c'est pourquoi un amour naturel invincible force les êtres organisés à remplir ses exigences même au prix du danger de leur propre destruction.

On répète avec Schiller :

« Et pendant que de la machine universelle Le philosophe pensif cherche à faire le tour, Le monde est rajeuni dans sa course éternelle Par rinstinct de la faim et les lois de l'amour. »

fi

Je n'ai rien à objecter à ces vers : Je me permettrai seulement de faire observer que cet instinct

génital, si puissant qu'il paraisse, n'est pas invincible même chez nos animaux domestiques.

J'ai en vue en ce moment Tanimal que je connais le mieux : le cheval.

Je puis affirmer (ce que chacun de vous pourra d'ailleurs facilement contrôler) que Ton peut priver rétalon comme la jument, pendant toute leur existence, de rapports sexuels; et je ne parle pas

seulement des chevaux de trait plus ou moins fourbus, mais des animaux parfaitement constitués que les gens du monde soignent dans leurs écuries pour en faire des chevaux de luxe. Le moyen d'atteindre ce but est de leur donner une nourriture convenable, ni trop maigre ni trop abondante, un travail modéré et régulier, de façon que leur

imagination, si je puis m'exprimer ainsi, ne soit pas trop influencée par l'instinct génital. On remarquera bien de temps en temps un peu d'agitation ou quelques caprices chez les animaux astreints à ce régime, mais ces petits écarts sont facilement réprimés par de la douceur et de la fermeté. C'est tout au plus si le besoin d'une légère

correction se fera quelquefois sentir. On arrive

toujours au but que Ton s'est proposé, et le résultat cherché est d'autant plus étonnant que l'on se

VIE SEXUELLE ET JOUISSANCES GÉNITALES DE L*HOMME 3a

rappelle la puissance de l'obstacle qui était à surmonter.

Vie sexuelle et jouissances génitales de Thomme.

La nature a été plus généreuse envers la race humaine; elle n'a pas limité ses instincts génitaux et la faculté de les satisfaire à une époque déterminée de l'année. L'homme et la femme peuvent s unir en tout temps. Si les statistiques annoncent deux maxima dans le chiffre des naissances dont

les époques de conception correspondantes se trouvent l'un au printemps et l'autre à la Noël, ces chiffres n'impliquent nullement une exaltation de l'instinct génital ni de plus fréquents rapports sexuels à ces deux époques de l'année. Cela prouve simplement que le repos que prennent les femmes à l'occasion des fêtes de Noël et l'influence

vivifiante du printemps favorisent leur fécondation.

Cependant la nature n'a pas voulu faire de la vie sexuelle une source de bonheur à laquelle les êtres vivants viendraient puiser librement leurs jouissances sans rien donner en retour. Loin de là, chez Thomme comme chez les animaux, elle a lié la

reproduction de Tespèce et le devoir de soigner et

d'élever leurs descendants. Le développement de

l'humanité et la civilisation ont envisagé de plus

près ces rapports indissolubles de raccouplement et

d e la reproduction des êtres organisés.

Age auquel on se marie. — Statistiques. Avec les difficultés croissantes de l'existence et la

recherche incessante du bien-être, l'âge auquel on se

marie généralement s'est trouvé tout naturellement reculé. Les affaires d'Église et de loi, les frais de noce, la dot, les démarches pour obtenir le consentement des parents, toutes ces circonstances accessoires contribuent également à retarder les mariages.

Tant que tous ces détails ne font pas perdre trop de temps, il ne faut pas s'en plaindre. L'homme civilisé ne doit pas entrer dans le mariage comme un sauvage. La société tout entière serait mise en péril. L'homme et la femme ont besoin d'attendre un certain temps pour laisser mûrir leurs qualités intellectuelles et morales.

Beaucoup de gens ignorent, messieurs, à quel âge se font ordinairement les mariages; je me vois

donc forcé d'énumérer une série de chiffres arides sans lesquels nos arguments seraient sans fondements. Je sais qu'on n'accorde souvent qu'une

confiance relative aux statistiques, mais sur une

question aussi simple, aussi claire que celle du dénombrement de la population, il n'est guère possible de se tromper.

On croit généralement que 1 âge auquel on se marie recule tous les ans; celte opinion est loin

d'être exacte. Il est vrai que, depuis 1830, le nombre des mariages jeunes, c'est-à-dire ceux qui sont célébrés avant la vingt-cinquième année, a un peu

Jlmlnué. Néanmoins ces unions précoces constituent toujours, en Suède, 36 p. 100 du nombre total des mariages, tandis qu'elles atteignent en Angleterre et en Sardaigne une proportion supérieure à 50 p. 100; on ne les voit figurer dans les statistiques bavaroises que pour 21 p. 100.

Voici quel a été dans ces vingt-cinq dernières années l'âge moyen * des nouveaux mariés :

En 1861.

En 1802.

En 18G3.

En 1864.

En 186o.

En 1866.

En 1867.

En 1808.

En 1869% En 1870.

En 1871.

En 1872.

En 1873.

En 1874.

Hommes

Page 1