‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 22 sur 65 · INTERRUPTIONS NATURELLES · texte numérisé non relu

INTERRUPTIONS NATURELLES

Cette dernière se termine naturellement avec la

naissance de 1 enfant; maïs à l'accoucliemenl commence une période pendant laquelle la femme doit s'abstenir encore de tout rapprochement sexuel. Depuis une époque très reculée, les médecins ont fixé cette période d'abstinence à six semaines à la lin desquelles les femmes fêtaient leurs relevailles et recommençaient à accomplir leurs devoirs conjugaux. Ce temps d'arrêt vaut assurément mieux que

rien, mais il est malheureusement insuffisant. Une grande partie des maladies des femmes sont dues à ce qu*on n'a pas laissé reposer leurs organes génitaux assez longtemps.

Pendant l'allaitement, la femme ne devient généralement pas enceinte, mais on ne peut cependant pas affirmer qu'une grossesse soit impossible. Par

contre, l'expérience nous apprend tous les jours qu'un nouvel enfant conçu pendant l'allaitement exerce une influence défavorable sur la mère, l'enfant allaité et le fœtus. Je lisais récemment dans un journal de gynécologie un article dans lequel on calculait le temps pendant lequel une femme devait suspendre ses rapports pour cause d'enfantement :

tout d aoora neuf mois pour la grossesse, puis les douze ou quatorze mois que durent rallaitement, enfin, trois à six mois pour que les organes reviennent à leur état normal; soit en tout de deux ans à

il i :

deux ans et demi. Bien qu'une si longue pose ne soit que rarement observée et qu'elle ne soit pas toujours nécessaire, il n'en est pas moins vrai que dans bien des cas, elle est absolument indispensable, SI la femme veut rester en bonne santé.

Un médecin entend souvent dire par un mari que sa femme est trop faible pour nourrir son premier enfant, et ce même mari n'hésite pas à remettre sa femme enceinte deux mois après son premier accouchement. Gomme dans les classes aisées les femmes sont généralement trop faibles pour supporter tOUtCS ces fatigues, elles tombent souvent malades à leur deuxième enfant. Leur beauté

s'efface; elles éprouvent le besoin d'aller puiser de nouvelles forces aux sources thermales, soit pour se baigner, soit pour y boire des eaux; leur état nécessite un traitement médical long et coûteux, si bien que la famille en souffre, et finalement a en est fait du bonheur conjugal*. Si parfois la santé de la mère semble s'affermir sous l'influence de plusieurs grossesses successives, il ne faut cependant pas oublier que les enfants dont les naissances se sont suivies de près ont une santé moins sohde et présentent bien moins de résistance à la maladie que ceux qui sont nés longtemps les uns

(1) Kraft-Ebing. Ueber gesunde und hanke Nemn. Tubin-

gcn, 188o, p. 73.

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