PARTIE SPÉCIALE
soit le cas, sous anesthésie générale ou avec anesthésie locale de Schleich 1 si c'est nécessaire. Si la radiographie, faite immédiatement, montre que les extrémités osseuses ne sont pas encore exactement en rapport, on continue la réduction jusqu’à ce que la reposition exacte soit obtenue. On ne maintient pas la fracture du radius avec des attelles, mais on place simplement un bandage d’après le procédé de F. Petersen. Les extrémités osseuses bien réduites s’engrènent de telle façon qu’un bandage plus solide est ordinairement superflu. On introduit, déjà le premier jour, la main et l’avant-bras dans une caisse à air chaud pendant une heure et on répète cette manœuvre tous les jours. Ce traitement est extraordinairement efficace. Il apaise très rapidement les douleurs et permet au malade d’effectuer bientôt, sans souffrance, des mouvements du poignet et des doigts.
La fracture malléolaire est également réduite, quel que soit le cas, sous narcose ou après anesthésie lombaire, toujours sous le contrôle de la radiographie, jusqu’à ce que les extrémités fracturées soient en rapport. Puis on applique un bandage plâtré d’après le procédé de Krause. On le laisse pendant dix jours ; on le coupe ensuite en deux, de façon à former une gouttière antérieure et une postérieure ; le pied et la jambe sont traités chaque jour par l'air chaud. Dix jours après, en effet, la consolidation de la fracture est assez avancée pour qu’un déplacement des extrémités fracturées ne soit plus à craindre. Dans les cas rares, où la position du pied sur les coussins rembourrés de notre appareil provoque encore de la douleur, on installe le membre blessé dans l’appareil avec toutes les précautions nécessaires. Pendant le traitement, le malade fait des mouvements actifs avec l’articulation du pied ; l’effet calmant de l'air chaud le permet en effet. Les demi-gouttières plâtrés sont replacées après chaque séance et maintenues avec une bande.
On traite de la même manière, avec d’excellents résultats, les blessures des parties molles qui provoquent des épanchements sanguins importants : je cite, avant out, les distorsions articulaires récentes.
Dans tous ces traumatismes, l’air chaud agit principalement en produisant une dissolution et une résorption rapide des tissus
1 La fracture du radius peut très bien être réduite sans douleurs avec l’anesthésie locale de Schleich, si l’infiltration a été bien faite dans les tissus qui entourent immédiatement l’os et le périoste.
EFFET DE L’HYPERÉMIE SUR LA RÉSORPTION
détruits et surtout des épanchements sanguins qui. comme je l’ai déjà expliqué dans la partie générale, sont nuisibles dans les fractures épiphysaires et dans les blessures des parties molles. A mon avis, 1 hyperémie active produite par l'air chaud est, dans ce cas, un procédé au moins équivalent, si ce n’est supérieur au massage. Elle a, en outre, l’avantage sur ce dernier, d’être beaucoup plus douce et plus agréable pour le blessé, en même temps qu’elle est beaucoup plus facile à appliquer au point de vue technique. Je recommande donc fortement le traitement par l’air chaud pour ces sortes d’affections.
J’ai pratiqué aussi et, à mon avis, avec des résultats très satisfaisants, le traitement par la stase hyperémique prolongée, combinée avec le massage, dans les épanchements sanguins des parties molles. Le sang stasé dissout les épanchements et le massage amène leur résorption. Mais le traitement à l’air chaud est préférable, parce qu’il est beaucoup plus simple.
EFFET DE L’HYPERÉMIE SUR LA RÉSORPTION
11 est difficile de dire, dans la plupart des cas, quelle est la propriété de l’hyperémie qui produit la guérison ou l’amélioration. Il semblerait, la plupart du temps, qu’elle doit agir par les diverses influences dont nous avons parlé dans les généralités. Cependant, dans les affections suivantes, l’augmentation de la résorption joue bien le rôle principal. Il est évident, d’après les explications données dans la partie générale, que c’est uniquement à l’hyperémie active que nous devons recourir pour favoriser la résorption.
Traitement des Oedèmes
Dans mes premiers essais j’ai traité par l’air chaud, à côté des raideurs articulaires, des œdèmes d’origines très diverses et j’ai obtenu de bons résultats dans ces cas. J’ai d’abord observé que le gonflement œdémateux, produit artificiellement par l’hyperémie par stase, disparaissait rapidement sous l’influence de l'air chaud appliqué à temps. Je me suis surtout servi de ce dernier procédé pour amener la disparition des œdèmes qui