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B) Considérations thérapeutiques
Avant de passer à la forme actuelle de traitement, nous allons jeter un rapide coup d'œil sur quelques-uns des moyens curatifs qui ont été les plus employés.
CARR préconise l'emploi de l'acide amino-acétique. Il rapporte dans son étude une observation concernant une jeune femme de 28 ans chez laquelle le traitement aurait régularisé à nouveau les troubles génitaux et tout spécialement les menstruations. L'amélioration obtenue s'est maintenue 18 mois après le traitement. SAINTON de son côté estime qu'il faille adjoindre à une thérapeutique antisyphilitique, une administration d'extraits endocriniens et une radiothérapie de l'hypophyse.
ROSSIER et SECRETAN, partant d'un autre principe pathogénique, ont appliqué des préparations anté-hypophysaires. La maison HOFFMANN- ROCHE avait mis à leur disposition un nouvel extrait anté-hypophysaire en suspension huileuse, le Préglandol et qui a été utilisé à plusieurs reprises. Les auteurs ont pratiqué des injections intra-musculaires en commençant par 0,2 et 0,3cm°, et quand celles-ci ont bien été supportées, ils ont appliqué des doses de 1 et même de Z cm. Si quelques cas n'ont pas été suivis de succès, d’autres par contre ont montré une nette amélioration. La thérapeutique a eu une sorte d'action régularisatrice sur les menstruations des femmes non encore ménopausées.
Cependant chez des malades, surtout chez ceux qui présentaient des troubles psychiques, il semble que l'imagination a joué un rôle un peu plus important que la thérapeutique. Ainsi chez une des malades des mêmes auteurs, les injections d'extraits hypophysaires avaient provoqué une nette amélioration du moins subjectivement, mais comme la courbe d'action spécifique des aliments restait semblable à elle-même, les auteurs se sont demandés si l'action n'était pas uniquement imaginaire. Le fait de remplacer alors l'extrait endocrinien par de l’eau distillée, a confirmé la supposition.
Contre les céphalées tenaces et rebelles à toute thérapeutique médicale, l'éventualité d'une décompression à l’aide d'un large volet frontal a été envisagée. MOREL déjà estime que dans certains cas, autrement irréductibles, c'est la seule solution. P. MOLLARET, Madame MOLLARET, et LE BEAU, rapportent précisément un cas de syndrome de MORGAGNI où une telle intervention chirurgicale avait été pratiquée du côté droit. La malade semblai, avoir tiré de l'opération un profit assez modeste.
PETIT-DUTAILLIS, MESSIMY, RIBADEAU-DUMAS, XAMBEU, rapportent eux aussi une observation avec traitement chirurgical par trépanation frontale, chez un homme atteint de syndrome de MORGAGNI, et qui avait déjà subi une première intervention, du même genre. dix ans auparavant. Si cette thérapeutique a eu, comme le disent ces auteurs, des suites assez heureuses, il convient toutefois de faire remarquer que les succès n'ont pas été durables, puisque, dix ans avant, la même opération avait été pratiquée.
RADEMAKER rapporte lui aussi un cas de syndrome de MORGAGNI, traité chirurgicalement par décompression frontale.
Ce mode de thérapeutique est d’ailleurs encore préconisé par CHAVANY,. dans les cas rebelles.
Une thérapeutique toute différente est appliquée par GIROIRE, qui a administré à ses malades du glycocolle à raison de 6gr. par jour. L'auteur estime avoir ainsi obtenu une atténuation des troubles, surtout subjectifs.
Certains auteurs comme SAINTON, ROGER, SCHACHTER, BOUDOU- RESQUES, ont surtout insisté sur une radiothérapie de l'hypophyse. Ils se sont basé sur l’hyperpituitarisme. Cette thérapeutique reprise par WARTER, Mile FITZENKAM et ROUILLARD avait été appliquée d’une façon plus rationelle par ces auteurs. Ces derniers rapportent le cas d’une femme de 56 ans qui leur avait été adressée pour troubles vestibulaires et manifestations de neurasthénie. Ils diagnostiquèrent un syndrome de MORGAGNI et ce diagnostic fut confirmé par la radiographie. Les clichés (P. WARTER) avaient montré une hyperostose frontale interne ainsi d'ailleurs qu'une calcification de la faux du cerveau et un épaississement assez considérable de la paroi crânienne. Les clichés montraient encore une calcification rétrosellaire très marquée sous forme de prolongement ostéophytique. Cette calcification (comme le précisaient les tomographies de la selle turcique) était strictement médiane, elle s’insérait sur le rebord postérieur et se prolongeait vers l'arrière sur une longueur de plus d'un centimètre. ÿ
La malade a donc été soumise à la radiothérapie, comme dans les syndromes de Cushing et dans l’acromégalie.
C'est ainsi que deux séries d’irradiations profondes de 2000r chacune ont été pratiquées sur la région hypophysaire. Le radiothérapeute (M. GROS) prit comme zône d'entrée la région sous-mentionnière et les régions temporales droite et gauche. I'amélioration fonctionelle a surtout été nette lors de la deuxième série d'irradiations. Cette amélioration s’est présentée de la façon suivante : Les vertiges dont la malade était atteinte ont totalement disparu au repos et se sont dans l’ensemble beaucoup atténués lors du mouvement. Dans les semaines qui suivirent la dernière séance de radiothérapie, il ne s’est produit qu’une seule crise de déséquilibre accentué, alors qu'auparavant, elles se produisaient au moindre changement de position de la tête. Quant aux céphalées qui étaient si intenses et si rebelles, elles se sont atténuées et ne sont plus quotidiennes ni généralisées à tout le crâne. La douleur cervicale dont se plaignait la malade a elle aussi rétrocèdé : l’asthénie est moins profonde et la dépression a diminué. Le sommeil toutefois reste assez léger mais les rêves sont moins pénibles. La malade a tiré en somme un grand profit de la radiothérapie (J. WARTER, FITZENKAM, ROUILLARD).
D'autres auteurs ont essayé de réduire l'hyperhypophysisme antérieur en donnant des oestrogènes, qui comme on le sait ont à faible dose, une action freinatrice sur l'hypophyse. Toutefois cette thérapeutique a de nombreux inconvénients, et souvent elle semble mal supportée.
Il convient encore de citer la thérapeutique qui a été préconisée par l'anatomo-pathologiste de ROME, N. PENDE. Cet auteur recommande un *
traitement par la méthode dite de BOURGUIGNON. Cette « Jontoforesi calcica transoculoccipitale » comme la nomme PENDE (ionisation calcique) a été pratiquée par périodes de 13 applications successives séparées par 15 jours de repos, puis reprise 2 à 4 fois. Nous utilisons, écrit PENDE dans un petit opuscule paru en 1948, une solution de chlorure de calcium à 1 %, pour une durée de 20 à 30 minutes. L'auteur estime avoir pu observer radiologiquement, dans quelques cas, une nette diminution de l'épaisseur de la zône hyperostosique de l'os frontal.
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Traitement par l’hormone mâle
L'étude de quelques malades atteintes de syndrome de MORGAGNI avait montré de très nets signes d'hyperfolliculinie. Les examens de laboratoire (tests de PAPANICOLAOU, dosage des 17-cétostéroïdes qui se sont montrés en défaut) ont d'ailleurs confirmé ces constatations. WARTER et ses collaborateurs, en se basant sur ces données cliniques, biologiques et chimiques, ont été amenés, comme nous l'avons vu précédemment, à émettre la théorie dite de l’hyperfolliculinie. Cette théorie, si elle permet ainsi de donner pathogéniquement une explication cohérente de ces ensembles assez complexes, réclame de plus, une thérapeutique rationnelle. Cette thérapeutique, comme nous allons le voir, consiste essentiellement en une administration d'hormones mâles.
Ge traitement a d'autant plus été indiqué, que chez ces malades le taux des 17-cétostéroïdes urinaires était nettement abaissé. Dans un cas (Observation IT vue précédemment), le taux urinaire de ces substances a été de 3,3 Mgr en 24 h. ce qui est beaucoup trop bas. Les mêmes résultats ont été trouvés chez d'autres malades atteintes de syndrome de MORGAGNI.
WARTER, MOISE et SCHWARTZ ont rencontré cet abaissement 5 fois sur 6, et les 5 fois les valeurs nettement basses variaient entre 3 et 4 mgr/24 h. Dans un travail antérieur ils ont encore rencontré des valeurs inférieures dans 8 cas (2,5 - 3,8 - 3,5 - 7,0 mgr p. 24 h.), (le taux normal chez la femme étant entre 6—7 mgr/24 heures). Ces considérations sur les 17-cétostéroïdes présentent un très grand intérêt tant au point de vue pathogénique que dans l'application d’une thérapeutique : ils montrent en effet une nette participation glandulaire. Leur coïncidence avec des signes d'antéhypophysisme, d’hyperfolliculinie oriente immédiatement le thérapeute vers l’'hormonothérapie mâle.