OBSERVATION II
(Personnelle)
Rétention d'urine par hypertrophie de la prostate. — Fièvre urineuse. -- Mort. Fongus de la vessie. — Abcès périvésical et périnéphrétique.
Teu, 71 ans.— Entré le 22 octobre 1886, mortle 1° novembre. Le malade est employé à fabriquer des paniers au bagne:; il exerce donc une profession sédentaire. Pas de maladies vénériennes,pasd'exagérationautrefoisdanslafréquence desrelations sexuelles. Depuis une quinzaine d’années,Teu serelève au moins 2 fois par nuit pour uriner; depuis un peu moins d’un an, il se lève 8 ou 10 fois. Dans la journée, surtout le matin, il se trouve beaucoup mieux. La miction depuis longtemps déjà n’est plus suivie d’un soulagement complet et l’impulsion du jet est diminuée ; dans les derniers mois, l’urine sortait d’abord en bavant, puis goutte à goutte. Depuis six semaines, les mictions durent dix minutes, exigent des efforts violents, s’accompagnent souvent de l’expulsion des matières fécales. La verge, pendant ces efforts, devient turgide. Depuis trois semaines, il ya de l’incon-
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tinence nocturne ; le même accident se produit dans la journée depuis 8 ou 10 jours. Il y a 4 ou 5 jours, le malade n'urine plus que par regorgement. La rétention n’ajamais été complète. L'appétit est médiocre, il n'existe ni gastralgie, ni vomissements, ni diarrhée, ni constipation.
Le 22 octobre, à l’examen du malade, on note les symptômes suivants : facies grippé, tension pénible dans le bas-ventre, douleur occupant l’hypogastre et de là s’irradiant en suivant le trajet des uretères jusque dans la région lombaire ; cette douleur s’exaspère au moment de la miction, se propage du côté des testicules et le scrotum se rétracte fortement. La vessie remonte jusqu'à l’ombilic. Langue blanchâtre, un peu collante. Rien au cœur. On introduit une sonde à béquille en gomme, et l'on retire environ 400 grammes d'urine claire et acide. Le malade est sondé 3 fois dans la journée, mais la vessie n’est Jamais entièrement vidée.— Julepavec rhum et extrait de quinquina.
24. — Lavage de la vessie, sonde à demeure, 4 capsules de térébenthine. Frisson. Le thermomètre monte à 40°.
À partir de ce jour la température ne descend pus au-dessous de 38 ; la langue devient rouge, sèche.
Le 29, rs diarrhée est abondante, l’urine fétide.
Le 30, l’état est déplorable.
Le 31, langue fuligineuse, délire. Urine infecte, noire, gaz dans la vessie. La sonde joue comme si la cloison recto-vésicale était perforée. Bourses œdémateuses, luisantes. Bas-ventre très douloureux, empâtement au-dessus du pubis. Il est pro- . bable que l'urine s'est infiltrée dans le tissu cellulaire du petit bassin.
1* novembre. — Mort à 7 heures du soir.
Autopsie pratiquée le 2 novembre. — On constate une infil-
tration d'urine dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, princi-
ou née . palement en Hat Il y a à gauche de la symphyse pubienne un abcès p périvésical communiquant avec la vessie et ouvert dans le péritoine. La prostate est assez volumineuse. La vessie nn de moyenne grandeur, la paroi interne est tapissée dans | presque toute son étendue de houppes fongueuses, recouvertes d’une couche de détritus caséeux, GtIsare, semblable à du | mastie, d’odeur infecte.
Rein droit de volume normal, congestionné, renfermant 2 ou3 petits abcès.
Uretères et bassinets un peu dilatés.
Le rein gauche est FALL d’un vaste abcès périnéphrétique gangréneux.