‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 51 sur 218 · Très bien décrit par Bremaud · texte numérisé non relu

Très bien décrit par Bremaud

4. L'état do cliarme, décrit par Likbeault (/.e sommeil et les états analogues, 18OO, p. 82), se rapproche beaucoup de

DEGRÉS ET VARIÉTÉS DE t/hYPINOSE l/jQ

une sorte de délire accompagné de mouvements, d'attitudes, de paroles en rapport avec les conceptions délirantes dn sujet ; Tétat onéiriqne diffère du précédent parce que le délire est purement et simplement un délire de paroles ; enfin Tétat de veille somnambulique est celui dans lequel les sujets, paraissant éveillés, accomplissent les suggestions qu'on leur donne.

(( Les états frustes de l'hypnotisme diffèrent à peine de l'état normal : le sujet est engourdi, somnolent, mais non complètement endormi. »

Cette classification marque un réel progrès sur celle de la Salpêtrière. Gomme le conclut très bien Crogq, (( le grand mérite des travaux de Pitres est d'avoij" montré que les phénomènes hypnotiques, loin de présenter une constance absolue, sont au contraire fort variables » .

Mais, quoique plus compréhensive et plus vraie, cette classification présente encore un vice fondamental grave, c'est de vouloir tout faire pivoter autour des trois états de la Salpêtrière.

Or, je crois avoir démontré (après beaucoup d'autres), dans le paragraphe précédent, que ces trois états sont caractérisés par des signes secondaires, accessoires, surajoutés, qui peuvent manquer, qui manquent le plus souvent, qui ne peuvent donc pas être considérés comme vraiment caractéristiques de l'hypnose et par suite ne peuvent nullement servir de base pour en classer les diverses variétés.

l'étal de fascination : ces sujets « sont de vrais automates placés sur la limite de la veille et du sommeil » (Cit. Pitres).

ibo iiYPxrnsMK et siggestio^

Il faut donc nettement changer de base et trouver ailleurs, dans d'autres conceptions, l'idée fondamentale d'une classification scientifique des diverses variétés d'hypnose.

3. Charles Richet^ introduit nettement le degré et la profondeur du sommeil comme base de classification.

« De même que pour le sommeil (naturel), dit-il, nous établirons trois degrés, trois périodes pour le somnambulisme. Ce sont des phases, des étapes, que parcourt successivement le somnambule pour arriver au sommeil profond, définitif. Selon qu'on prolonge plus ou moins de temps les pratiques du magnétisme, on obtient le somnambulisme du premier, du deuxième ou du troisième degré. »

Il appelle ces trois degrés : périodes de torpeur, d'excitation et de stupeur.

Au premier degré (torpeur), « la conservation de la conscience et de la mémoire est complète; tous les événements extérieurs sont nettement perçus ; il n'y a pas d'anesthésie ni de catalepsie. Si l'on dit au patient : voilà qui est fini, levez-vous ! il se lève, se frotte les yeux et assure n'avoir subi aucune influence » .

Il y a cependant bien eu une certaine influence sur les centres nerveux, puisque l'hypnotisation sera beaucoup plus facile et entraînera un sommeil plus profond à une seconde séance. Une séance de simple

I. Charles I\ichet. Lliomme et l'intelligence, i88'i, p. 170.

DEGRÉS ET VAIUÉTÉS DE l'hYPNOSE i5i

torpeur peut également rendre, la nuit suivante, le sommeil naturel plus calme et plus profond .

Le deuxième degré (excitation) est caractérisé par ce fait que « le patient ne peut plus ouvrir les yeux, ne répond plus aux questions qu'on lui adresse, ne cherche pas à se lever et demeure insensible aux excitations extérieures ».

L'hypnotiseur peut bientôt obtenir des réponses, provoquer des hallucinations, suggérer des idées par des mouvements ou des attitudes communiqués aux membres ou à la totalité du corps ; le sujet imitera des actes vus ou continuera automatiquement des actes commencés. On peut observer des dédoublements de la personnalité.

Le troisième degré (stupeur) est l'exagération du deuxième : « l'automatisme est ici beaucoup plus complet et les individus endormis, au lieu d'avoir facilement des hallucinations, sont plongés dans un état d'inertie mentale bien plus profonde... Rien ne peut éveiller le sujet du sommeil profond dans lequel il est plongé : c'est un parfait automate qui n'a plus aucune trace de spontanéité. » C'est à ce degré que l'on observe surtout la catalepsie, les contractures, l'anesthésie. En même temps, « les symptômes de suggestion sont plus marqués à la période de stupeur qu'à la période hallucinatoire ».

Voilà la première classification basée sur le degré et la profondeur du sommeil.

Bien plus complètes, tout en étant basées sur le même principe, sont les classifications de Liébeault et de Bernheim.

t52 hypnotisme et suggestion •

[\. Yoici d'abord la classification de Liébeault*

/ T . Sommeil

léger.

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