‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 72 sur 218 · I. BiNET et Feré. Loco cit., p. 24"i · texte numérisé non relu

I. BiNET et Feré. Loco cit., p. 24"i

ETUDE ANALYTIQUE DES SUGGESTIOîNS 1 99

incapable de retrouver avec sa main libre la main de son bras paralysé ; pour y arriver elle est obligée de recourir à un expédient : c'est d'aller chercher son épaule et de descendre en tâtonnant tout le long du bras jusqu'à la main. Lorsqu'on ne lui permet pas d'user de ce moyen, elle met beaucoup de temps dans sa recherche ; et on peut même allonger ce temps d'une manière indéfinie en éloignant la main paralysée de la main libre qui la cherche. »

Le sujet peut même croire avoir rencontré sa main anesthésique, alors qu'il tient la main de l'opérateur.

Nous retrouverons toutes ces suggestions sensitives négatives dans le chapitre des suggestions posthypnotiques ; car c'est surtout au réveil qu'on les a bien étudiées.

3. Il n'est pas seulement intéressant de constater l'existence de ces suggestions sensitives ; il faut encore étudier leurs caractères curieux et les lois qui les régissent.

Pour les suggestions positives, les choses se passent physiologiquement comme si l'hallucination n'en était pas une et comme si l'objet suggéré existait réellement. Ce que Biînet et Féré expriment en disant que (( l'objet imaginaire qui figure dans riiallucination est perçu dans les mêmes conditions que s'il était réel ».

La chose est bien établie par une série d'expériences connues et classiques \

I. Voir, pour tout ce paragraptie, Biînet et Férk. I.oco cit., p. 168 à 194.

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Ce sont d'abord les modifications du diamètre de la pupille suivant la distance de Fobjet hallucinatoire.

Féré * observe d'abord la chose dans les hallucinations spontanées de la grande attaque d'hystérie et ensuite dans les hallucinations provoquées de Thypnose.

« Lorsque nous ordonnons (à ces sujets) de regarder un oiseau au sommet d'un clocher ou s'élevant tout en haut dans les airs, la pupille se dilate progressivement jusqu'à doubler, ou peu s'en faut, son diamètre primitif; si nous faisons redescendre l'oiseau, la pupille se rétrécit graduellement ; et on peut reproduire le même phénomène autant de fois que l'on évoque l'idée d'un objet quelconque qui se meut. »

L'état antérieur des sens a une certaine influence sur l'hallucination suggérée. Ainsi si un des deux yeux est achromatopsique (chez une hystérique), RiCHER' a démontré que (du moins dans la plupart des cas) on ne pourra pas suggérer d'hallucinations colorées dans cet œil. « Si l'on suggère Thallucination d'un arlequin, en fermant l'œil normal, le sujet le dépeint couvert de carreaux gris, blancs ou noirs ^. »

BoET * avait déjà montré la même particularité chez certains aliénés obsédés et achromatopsiques d'un côté : (( une hystérique aliénée était obsédée continuellement par l'image d'un homme habillé de rouge : cette femme était hémianesthésique et achromatopsique du côté gauche du corps ; lorsqu'on lui fermait

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