L'Ipnotismo
2. Voir les tableaux de la suggestibilité comparative des sujets dressés par MM. Bérnheim, Liébeault, Beauuis, etc.
tes, il faudra d'autres arguments. Il est vrai qu'ils ne manquent pas, à ce qu'il paraît. En voici un troisième, dans lequel le R. P. Franco n'a pas moins de confiance que dans les précédents ; car il va, nous assure-t-il, fournir une ce marque flagrante, marchio flagrantissimo » que la suggestion n'est pas une cause naturelle.
Une cause naturelle, n'est-il pas vrai, opère son effet nécessairement et infailliblement, quel que soit celui qui l'emploie; ainsi un morceau de fer rougi au feu brûle, un morceau de glace refroidit quelle que soit la main qui les applique. Or, la suggestion échappe à cette loi. Si elle est donnée par rhv[Dnotiseur, ordinairement il est obéi; si elle est donnée par un autre, elle demeure sans effet. La suggestion n'est donc pas une cause naturelh.
Ce qu'il y a de plus « flagrant » dans ce raisonnement, ce n'est assurément pas la « marque -^ qu'il devait mettre en évidence. M. l'abbé Lelong en fait justice sans peine, ce La réponse est facile, dit-il. C'est vrai, la suggestion, cause naturelle, doit produire ses effets, quel que soit l'agent qui la provoque, si elle est imposée dans les mêmes conditions ; mais, si ces conditions sont différentes, il est clair que l'effet peut l'être aussi. C'est justement ce qui a lieu dans le cas présent : la situation est tout à fait autre. Seul, de tous les spectateurs, l'hypnotiseur s'est mis en rapport avec le sujet par le sommeil provoqué et par la puissance absolue que ce sommeil procure sur la volonté et l'organisme; seul, par conséquent, il est en mesure de se faire écouter et obéir.
192 L'HYPXOTISME FRAXC.
Pour qu'une autre personne pût jouir du même avantage, il faudrait qu'elle fût dans la même situation, qu'elle se fût mise en communication avec le sujet. Le contraire a eu lieu : elle s'est laissé devancer par l'hypnotiseur, qui s'est emparé de la volonté de ce sujet ; il n'y a donc plus de place pour elle. Est-il étonnant que sa tentative demeure infructueuse ? La dissemblance des situations explique celle de l'effet ^ . »
Argumenter a iJari de l'une à l'autre est un vrai paralogisme.
Évidemment, M. l'abbé Lelong ne dit pas sur ce raisonnement tout ce qu'il y aurait à dire ; mais il en montre bien le vice essentiel et (<. flagrant ». Cela lui suflit, et à nous aussi, pour le moment.
Le R. P. Franco est bien convaincu que les raisons dont nous venons de faire l'examen doivent entraîner l'assentiment de tout esprit sage et non prévenu ; cependant, comme abondance ne nuit point, il continue son argumentation ; et pour porter à l'hypnotisme un dernier coup, il nous demande malicieusement de lui expliquer trois phénomènes : le phénomène de l'hallucination négative, celui de la suggestion dite à longue échéance, enfin, l'apparition des marques sanglantes, véritables stigmates, sur le corps de certains hypnotisés'.
Voilà un médecin, nous dit-il en substance, qui affirme à une de ses malades, après l'avoir endormie, qu'une fois réveillée elle ne le verra plus ; à une autre,