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L'Ijmotismo tornatodi moda, p. 1.j

158 L'HYPNOTISilE FIIAXC.

Qu'après tous ces faits, et mille autres semblables, les conseils sanitaires de Milan, Turin, Xaples, Rome, etc., les gouvernements d'Autriche, d'Italie, de Hollande, de Belgique, etc., aient déclaré rhyimotisme une pratique dangereuse et en aient interdit les séances publiques, personne ne pourra s'en étonner ni s'en plaindre. Les pouvoirs publics ont le droit et le devoir de proscrire, à tout le moins des réunions populaires et des théâtres, une pratique qui est une menace, un attentat à la santé du peuple.

Si encore l'hypnotisme ne nuisait qu'à la santé, mais il est, de plus, comme nous Talions voir, profondément immoral.

(( La question de la moralité ou de l'immoralité de l'hypnotisme se résout substantiellement, en démontrant qu'il n'est pas permis de renoncer à sa propre liberté morale, comme il arrive dans les pratiques hypnotiques. Cette démonstration est faite depuis longtemps et passée en force de chose jugée dans les codes des nations civilisées. Tout esprit raisonnable sent avec une profonde conviction qu'il n'est pas permis d*éteindi*e la lumière de l'intelligence ni d'étouffer le jugement de la conscience, parce que l'homme resterait indifférent à vouloir le bien qu'il doit faire et indiffèrent à repousser le mal défendu. Autant l'obligation de faire le bien et d'éviter le mal est grave, autant est absolu le devoir de ne pas se rendre impuissant à l'un et à l'autre. De là la condamnation, admise par tous, de l'ivresse, de l'usage de fumer l'opium

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OU de boire le haschisch, efc de tout acte qui mette obstacle, même pour peu de temps, à la liberté morale. Il n'est pas d'homme si sauvage qui ne sente l'avilissement et la culpabilité de celui qui volontairement se dépouille de son libre arbitre, s'expose naturellement à mille périls matériels, et devient capable de toutes sortes de délits ; comme si pour lui n'existait plus de loi et qu'il fût changé en brute ' . »

En vain essaierait-on, pour défendre l'hypnotisme, d'en comparer l'usage à celui du chloroforme. « L'usage du chloroforme lui-même est illicite, hors le cas de grave nécessité, et toujours avec les précautions nécessaires. Et, dans ce cas, le bien durable qu'on obtient compense le mal momentané de la suspension de la liberté morale. Mais ce qui constitue une disparité absolue entre l'hypnotisme et le chloroforme, c'est que le chloroforme n'expose pas le patient à un millième des périls auxquels l'hypnotisme expose, parce qu'il ne produit d'autre effet qu'un sommeil tenace et une bienfaisante anesthésie, durant laquelle le malade est non seulement insensible à toute douleur, mais incapable de toute action mauvaise. C'est tout le contraire qui arrive à l'hypnotisé. Sous l'influence de l'hypnose, son activité croît démesurément, et, au milieu des hallucinations et du délire, il agit aveuglément, suivant la suggestion extérieure. Il n'y a pas de désordre personnel qu'on ne puisse lui imposer, il n'y a pas de délit auquel il ne prête la main, du moment qu'on le lui ordonne. L'hyp-

1. U Hypnotisme revenu à la mode. Traduction de M. Moreau, p. 160.

160 l'hypxotis:me franc.

notisé est un homme qui a signé une lettre de change eu blanc et l'a mise en mains inconnues : le fiduciaire peut y écrire tout mal, toute honte, tout méfait'. )>

Direz-vous qu'un sujet ne peut être endormi s'il n'y consent, et qu'il n'y consentira qu'après s'être assuré que le sommeil artificiel lui est nécessaire ou lui sera grandement utile, qu'après avoir pris toutes les garanties réclamées par la prudence ? L'on vous répondra que, fût-il vrai que personne ne peut être endormi sans le vouloir, la crainte, l'amour, la curiosité, suivant le cas, forceront le consentement ; que l'étourderie et l'insouciance feront négliger les précautions les plus élémentaires.

Direz-vous que la volonté et la conscience demeurent, même en hypnose ? Mais vous savez bien que le cas est rare, et que si, au commencement, le sujet oppose un simulacre de résistance, la lutte ne sera pas longue : l'on peut affirmer que sa défaite est certaine. « Sans doute, il y a des degi'és dans le sommeil, mais quand l'hypnotisation est parfaite, la conscience est abolie-. » ^i^/ow^^-^/ejVoilà le terme consacré pour désigner l'homme qui a été endormi : tous les savants l'emploient, et l'expérience leur donne raison. Eh bien! je fais appela votre simple morale d'honnête homme : trouvez-vous tolérable qu'un être intelligent descende, de sa propre volonté, à la condition d'un automate^ d'une nwchine? qu'il se rende l'esclave d'un autre ; qu'il se donne à un autre, comme l'exigeait Donato ; qu'il se fasse <c la proie

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