‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 154 sur 208 · Réponses à mon questionnaire · texte numérisé non relu

Réponses à mon questionnaire

DISCUSSIONS UT OPINIONS PERSONNELLES

IIenrik Petersen (de liostou). « Jusqu’à présent mes expériences restent sans l'ésultat définitif. »

Beaunis (de Paris). « Je n’ai jamais pu la constater. »

JoiRE (de Lille). « Je n’admets pas l’extériorisation de la sensibilité, mais j’explique les expériences de Rochas par le phénomène de sensibilité à distance que j’ai prouvé [Neurohijpiwlogie, p. 119. — Voir la discussion et l’application de ce fait aux expériences de de Rochas, Revue de L’ Hypnotisme, déc. 1893, p. 172. »

Rrémaud (de Brest). « Je serais très désireux de voir des expériences sincères, j’ai recherché, je n’ai rien trouvé. Quand j’ai VOULU extérioriser la sensibilité, chez un certain nombre j’ai réussi en quelques minutes; un hystérique hypnotisé est suggestible à 1 infini ; un geste, un froncement de sourcil lui indiquent ce qu’il faut qu’il fasse ou qu’il dise. »

Re Jong (de la Haye). « Je n ai pu constater l’extériorisation de la sensibilité. »

Lajoie (de Nashua-New-IIamspire). « ? »

Déjerine (de Paris). « L’extériorisation de la sensibilité est uniquement due à la suggestion. »

G. Ballet (de Paris). « Rien ne l’établit. Les expériences de de Rochas sont des plus défectueuses. »

Voici ce que j’ai dit, eu juillet 1893, dans la Revue de l’hypnotisme (p. 36 à 38).

« 1" Pseudo-extériorisation spontanée. — Collette II... présentait, rfes la première séance, les phénomènes suivants : la sensibilité était complètement absente ; si au lieu de piquer dans la peau, on piquait à plusieurs reprises dans l’atmosphère, a une distance de un à deux centimètres, la malade, interrogée, indiquait parfaitement l’endroit exact où l’on

opérait; si l’on piquait à une distance plus grande, elle ne ressentait rien.

yant constaté ce premier point, j’ai voulu essayer de c larger une statuette de cire ou un verre d’eau de cette sensiJihte : une statuette de cire étant placée dans la main de l^ollette, je pique cette statuette à l’aide d’une épingle, la

CITAriTnK VI.

malade ne ressent l’ien ; si je praticjue la môme expérience en plaçant la poupée sur la poitrine de la malade, elle ne ressent pas davantage la pi(]ûre ; si je picpie la lignrine après l’avoir enlevée du contact de Collette, aucune sensation n’est non plus perçue.

Avec des plaques photographiques je n’ai rien obtenu ; celles-ci, étant appliquées au contact du sujet extériorisé, et reproduisant ensuite l’image de ce dernier, n’ont pas présenté les particularités qu’ont observées de Rochas et Luys.

Ces expériences, faites sans parti pris, car j’avoue n’avoir pas cru jusqu’ici à ces phénomènes, prouvent que, chez certains sujets spéciaux, il y a un semblant d’extériorisation de la sensibilité, existant spontanément pendant le sommeil hypnotique.

Je ne puis être aussi affirmatif que de Rochas, qui semble dire que l’extériorisation de la sensibilité est la règle chez les sujets en état somnambulique. Quant à la possibilité de charger un corps de la sensibilité de la personne exteriorisee, je ne pourrai l’admettre que lorsque je serai parvenu à le reproduire chez un sujet non habitué aux manœuvres hypnotiques. Le doute persiste en mon esprit à cet égard, mais j espère, si le fait existe réellement, pouvoir bientôt m’en assurer d une manière indéniable.

2° Pseudo-extériorisation artificielle. — J’ai appelé pseudoextériorisation spontanée celle qui se manifeste d’elle-mème, sans suggestion ancune ; pour mettre les expérimentateurs à l’abri de toute cause d’erreur, je vais montrer que l’on peut produire par suggestion une pseudo-extériorisation artificielle absolument semblable à la précédente.

La première fois que j'ai hypnotisé Joséphine, elle ne présentait aucun phénomène d’ extériorisation de la sensibilité ; comme elle est très intelligente, je lui dis : « Ecoutez bien : votre sensibilité, au lieu d’ètre sur votre peau, sera maintenant au-dessus de votre peau, de telle sorte que, quand je piquerai la peau, vous continuerez à ne rien sentir, et quand, au contraire, je piquerai dans l’air qui se trouve au-dessus de la peau, vous sentirez. Est-ce bien compris »? La malade répond affirmativement et aussitôt elle présente une extéiioii

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES

sation de la sensibilité aussi développée que celle de Colette.

Si je lui place la figurine de cire en mains, elle ne sent pas quand je pique dans la cire ; à la poitrine, les résultats sont les mêmes; avec un verre d’eau, les phénomènes sont semblables. Comme précédemment aussi, si j’enlève l’objet de la zone sensible, le sujet ne ressent pas les piqûres.

Avec des plaques photographiques sensibilisées, les résultats ont été aussi négatifs.

Ces phénomènes se sont reproduits chaque fois que j’ai hypnotisé la malade sans nouvelle suggestion. Cette pseudoe.Ktériorisation artificielle de la sensibilité n’a pu être reproduite chez aucun autre sujet; il faut donc admettre une particularité individuelle, comme pour la pseudo-extériorisation spontanée.

Je concluerai donc que chez certains sujets spéciaux^ on peut produire par suggestion une pseudo-extériorisation artifieielle de la sensibilité, en tout semblable à la pseudo-extériorisation spontanée.

J ai appelé à psciido-extériorisation ce que de Rochas

appelle extériorisation, parce que je crois que ces phénomènes oivent être expliqués tout autrement qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. Ce qui parait surnaturel pourrait bien n’être qu’un phénomène physique très simple tel que : vibration de l’air température de l’objet approché du corps, etc. Ceci ne peut encore être expliqué scientifiquement, ce n’est pas une raison pour croire aussitôt au surnaturel h

Cette première publication fut mal comprise par Ma vroukakis qui me prit pour un chaud partisan de la théorie de de Rochas’ Voici ce que je répondis" :

« Dans une communication à ia Société d'hypnoloffie ,

I 1 rapporté quelques expériences faites dans

le but de s assurer de la réalité de l’extériorisation de la sen-

W/ypnolû-L ‘ P^eudo-extéviovisalion de la sensibilité {Revue de

CnAIMTRU VI.

sil)ilU6 : « En clicrcliani, A. vériliei* co phénomène, a-t-il dit, j’ai remarqué que celte sensibilité extériorisée était nu phéno- > mène produit par la suggestion... J’ai conclu (pie ce n’était pas le Iluide magnérupic qui provocpiait cette prétendue extériorisation de la sensibilité, mais (]ue c’était tout simplement la suggestion. »

Pour prouver ce l’ait, l’auteur se place à quatre mètres d’une somnambule, il lui dit ; « Madame, je vais vous picpiei’ A la maiu gauche où vous ressentirez une très forte douleur ; » dans une autre expérience, l’auteur place un verre d’eau dans la main du sujet, il lui dit : « Une partie de votre sensibilité va passer dans le verre; chaque fois que je le piquerai, c’est vous qui sentirez la douleur; » s’il piquait le verre sans bruit, il n’y avait aucune sensation ; s’il touchait le verre en produisant un son, le sujet ressentait la piqûre.

Les expériences rapportées par M. Mavroukakis sont probablement réalisables chez toutes les somnambules ; elles sont d’une simplicité extraordinaire et l’on s’étonne réellement de voir citer des expériences de suggestion aussi élémentaires pour arriver A conclure que Textériorisation de la sensibilité n’est que de la suggestion.

M. Mavroukakis cite « Grocq (de Bruxelles) et de Rochas » comme s’étant occupés de l’extériorisation de la sensibilité; il ajoute : « Ces expériences m’ont convaincu que ce n’est pas le fluide magnétique qui agit dans ees cas, mais tout simplement la suggestion, et que, probablement, les auteurs de la pseudoextériorisation de la sensibilité ont été trompés par les faits. » 11 ressort clairement de la communication de M. Mavroukakis qu’il me considère comme partisan de l’extériorisation de la sensibilité, telle que de Rochas l’a décrite et que, par conséquent, il a mal compris mon récent article sur la pseudoextériorisation de la sensibilité.

Je dois d’abord faire remarquer que j’ai été le premier A appeler pseudo-extériorisation de la sensibilité le phénomène décrit par Rochas et Luys sous le nom d’extériorisation de la sensibilité. Je voulais par cette dénomination indiquer nettement que le phénomène considéré par son inventeur connue

DISCUSSIONS ET OPINIONS PEDSONNELLES

une manifestation tliiidique et surnaturelle, je le considérais au contraire comme purement physique.

Il y a six mois déjà, j’ai pu ])roduire une pseudo-extériorisation artificielle bien plus caractéristique ([ue celle que rapporte M. Mavroukakis, je n’ai cependant pas conclu à la non-existence de la pseudo-extériorisation spontanée de la sensibilité. Je le répète, mes vues diffèrent totalement de celles de M. de Rochas; tandis que ce dernier auteur considère le phénomène qui nous occupe comme fréquent, je le erois d’une rareté exceptionnelle ; au lieu de considérer cette extériorisation ■. comme due à des émanations fluidiques, je crois qu’elle dépend I tout simplement de phénomènes physic|ues inconnus; enfin je ' . n’ai pu réaliser la pseudo-extériorisation qu’en expérimentant ; à une distanee de un centimètre de la peau du sujet, toutes ' , les autres expériences rapportées par de Rochas n’ont pu être réalisées; jamais le verre d’eau ou la statuette de cire, ni les J plaques photographiques ne se sont chargées de la sensibilité I du sujet, ce qui tend à prouver qu'il s’agit simplement de I ' phénomènes physiques ressentis par un sujet hypnotisé. »

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