‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 158 sur 208 · Dujardin-Beaumrtz, Comptes rendus, Acad, méd., août · texte numérisé non relu

Dujardin-Beaumrtz, Comptes rendus, Acad, méd., août

3. Voisin, Action des médic. à distance (Soc. méd.-psych., octobre 1887).

4. Bernheim, De l'action médicamenteuse à distance (Rev. de l’IIypnot., 1888,

ClIAPITRl!: VI.

Mon sujet, Léon, réalise parl’aiteinent raeliun des niédieameiils à distauce : voici (jnatre tubes contenant des sulistances ■ diverses; j’en ai jiris un au hasard, je l’ai placé dans le cou de mon sujet et vous avez vu qu’il a manifesté une agitation extrême sans que j’aie prononcé une parole ; c’est de l’ammouiaijue.

Avec cet autre tube, j’ai obtenu encore une agitation très grande : c’est du chloroforme.

Avec celui-ci, j’ai obtenu le calme et le sommeil ; c est de l’éther.

Avec le dernier, j’ai obtenu du malaise, des maux de tète : c’est une solution de morphine.

Recommençons cette série d’expériences.

.j’ai pris un tube quelconque, il y a eu sommeil protond ; c’est du chloroforme.

Avec un second tube j’ai obtenu de 1 agitation ; c’est 1 ammoniaque.

Avec un troisième tube, il s’est manilesté de 1 agitation encore ; c’est l’éther.

Enfin, avec le quatrième tube s’est produit le sommeil.

Vous voyez. Messieurs, que mon sujet essaie inconsciemment de me contenter ; il manifeste certains symptômes particuliers lorsque j’approche un tube, mais ces symptômes ne sont nullement constants, ils varient pour une même substance, d une expérience à l’autre.

Quelquefois le sujet devine juste, et si ou annonce ce qui doit se produire, il réussit toujours. J ai essayé avec d autres substances, avec de l’eau, avec un tube vide, et toujours il a manifesté certains phénomènes vagues pouvant être interprétés diüeremment, suivant l’idée préconçue de 1 expérimentateur.

Ici encore je crois qu’il s’agit de suggestion inconsciente , je crois que le sujet tâche de se guider par ce llair si caractéristique que présentent les somnambules hyperesthésiques. »

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES

Des suggestions hypnotiques.

Que faut-il entendre par suggestion?

Consiste-t-elle, comme Gilles de la Tourette le croit, en ce fait que, pendant les états hypnotiques, l’expérimentateur peut, dans certaines conditions, faire accepter au sujet d’expériences' des idées capables de se traduire par des actes qui, non seulement pourront être effectués pendant le sommeil, mais encore s’accompliront fatalement au réveil?

Consiste-t-elle, selon la définition de Binet et Féré, à introduire, cultiver et renforcer, dans l’esprit du sujet en expérience, une idée ?

Ou bien est-ce, comme Bernheim l’affirme, l’acte par lequel une idée est introduite dans le cerveau et acceptée par lui?

D’une part, la définition de Gilles de la Tourette parait, à première vue, trop exclusive, elle indique que la suggestion ne peut se faire que pendant un état hypnotique ; d’autre part, celle de Binet et Féré et de Bernheim parait trop large. On pourrait croire, en effet, que la suggestion à l’état de veille ne peut être comprise dans la première définition et l’on pourrait reprocher à la seconde d’embrasser une foule d’actes de la vie usuelle, tels que les conseils, les leçons etc...

Cependant, en examinant cette question de plus près, on s’aperçoit que la définition de Gilles de la Tourette n’est pas si incomplète qu’elle le parait à priori ; elle contient la suggestion hypnotique à l’état de veille qui, ainsi que j’essaierai de le prouver plus loin, ne peut se produire que grâce à un étal d’hypnose spécial, intermédiaire entre la veille et le sommeil, état dénommé par Beaunis, veille somnambulique. La suggestion hypnotique faite à l’état de veille ne peut, comme je le dirai bientôt, se manifester que chez des sujets hypnotisables; les suggestions faites chez des personnes non hypnotisables

CITAPITIIE VI.

ne clépciulent pas de riiypnoUsnie, |)hénüiiiène |)liysiologi(jue, mais bien de l’iiystérie, phénomène paUiologicpie.

La définition de Beridieim est trop vague, à mon avis; si je donne un conseil à un ami et (]ue cet ami suit mon conseil, lui ai je fait une suggestion? Oui, mais pas une suggestion hypnotique. Il y a entre la sugyeslion de la vie courante et la suggestion hypnotigue , la différence gu' il y a. entre le sommeil ordinaire et le sommeil hypnotigue ; tous deux sont physiologiques, mais chacun a ses caractères propres. Si je conseille à quelqu’un de se coucher, son sommeil sera-t-il l’hypnose? Nullement. De même si je conseille à un ami de commettre un acte, ce sera bien une suggestion, mais pas une suggestion hypnotique, de même que le sommeil de tantôt était lûen du sommeil, mais non pas un sommeil hypnotique.

Il y a certes une série de transitions insensibles entre la suggestion de la vie courante et la suggestion hypnotique. Mais je crois que, dans l’intêrét même de la compréhension du sujet, il faut bien différencier la suggestion journalière de la suggestion hypnotique.

Ma manière de voir ne peut être complètement comprise qu’en lisant ce que je pense de la suggestion à l’état de veille, je renvoie donc au chapitre qui en traite et je conclus que la définition de Gilles de la Tourette me parait suffire pour expliquer ce qu’est la suggestion hypnotigue.

Ceci étant posé, j’admets avec Bernheim que la suggestion implique deux facteurs : la sensation et l’impression, le germe et le terrain psychique. Il ne suffit pas que la sensation soit déposée dans le cerveau pour qu’il y ait suggestion, il faut que cette sensation soit acceptée.

Or, pour que la sensation soit acceptée, il faut, généralement, que le sujet soit jeté dans un état de réceptivité spéciale dont l’hypnotisme est le facteur principal, mais dont l’hystérie peut aussi être cause.

La suggestion hypnotigue (la seule dont nous ayons à nous occuper) me parait due au monoïdéisme, à la concentration de la pensée qui a pour effet très probable de paralyser certains centres nihilitoires.

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES

Pour étudier les suggestions hypnotiques j’adopterai la classification de Hicher :

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