‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 68 sur 208 · Coste, loc. cil., p · texte numérisé non relu

Coste, loc. cil., p

CHAIMTIIE II.

Procès-verbal des expériences collectives instituées pour le contrôle des mouvements d’objets sans contact.

« Les soussignés :

« D’’ Barbillon, de la Faculté de Paris, ancien interne en i, médecine des hôpitaux, demeurant IG, (juai d’Orléans, j à Paris;

« Bessombes (Paul), employé des ponts et chaussées, demeurant à Paris, 7, rue Boutarel;

« D'’ Méneault (Joanne), de la Faculté de Paris, ancien mterne de l’hôpital maritime de Berck-sur-Mer , demeurant à,; Paris, rue Monge, 51 ;

« Morin (Louis), pharmacien de 1" classe, demeurant rue du Pont-Louis-Philippe, 9;

« Certifient l’exactitude des faits suivants :

« Le D*” Dariex, demeurant à Paris, rue Du Bellay, n“ 6, ayant à plusieurs reprises et notamment le 25 janvier 1889, cru constater que des phénomènes étranges se produisaient, la nuit, dans son cabinet de travail, pria les personnes ci-dessus désignées de contrôler les observations qu’il avait déjà faites sur l’existence de ces phénomènes.

« Il s’agissait, au dire du D’' Dariex, de chaises qui avaient été trouvées renversées dans son cabinet, et cela, à plusieurs reprises, alors que, d’après les précautions prises en vue d’éviter toute supercherie, il paraissait impossible qu’aucun être vivant ait pu s’introduire dans le cabinet, dont les portes et les fenêtres avaient été méthodiquement closes et mises sous scellés.

« Pendant dix jours, du 27 janvier au 4 février, les soussignés se sont régulièrement réunis chez le D'' Dariex, le soir à huit heures, le matin à huit heures et demie; tantôt ils étaient tous présents, tantôt il manquait une ou plusieurs personnes. Le D" Barbillon et le D^ Dariex n’ont pas manqué à un seul rendez-vous et ont pu assiter à toute la série des expériences.

« Le cabinet du D’’ Dariex occupe, au premier étage de la maison portant le n" 6 de la rue Du Bellay, la partie de l’appartcmenl qui forme le coin de cette rue et de la rue Saint- Louis-eu-l’Ile. Il prend jour par deux fenêtres donnant sur cette rue et communique avec les autres pièces de l’appartcinent par deux portes, l’iine s’ouvrant vers le salon; l’autre donnant sur la salle à manger et s’ouvrant vers le cabinet.

« Les meubles qui la garnissent sont : une bibliothèque, un secrétaire, une table, un divan, un fauteuil, quatre chaises; il n'existe aucun placard. Après avoir scrupuleusement examiné les fenêtres et les portes, ainsi que les différents meubles, les murs et le parquet, les soussignés, ayant acquis la conviction que rien ne pouvait amener la chute ou le déplacement d’aucun meuble ou d’aucun objet, à l’aide de mécanisme, de fils, etc., ou de tout autre moyen; qu’il était également impossible à quelqu’un de se cacher dans le cabinet ou de s’y introduire après la fermeture et la mise sous scellés des fenêtres et des portes; dans ces conditions chaque soir, à huit heures, les précautions suivantes furent minutieusement prises ; les volets en fer sont fermés, les fenêtres sont closes et des scellés sont apposés sur les montants, près de l’espagnolette. La porte de communication avec le salon est fermée à clef du côté du cabinet, la clef restant emprisonnée dans la serrure, par une bande d’étoffe scellée à ses deux extrémités.

« Des scellés sont posés sur cette porte et une bande d’étoffe est fixée par des cachets de cire, d’une part sur la porte ellemême, et d’autre part, sur le mur voisin. Pendant tout le cours de nos expériences, cette porte du salon est demeurée condamnée.

« Restait comme unique ouverture, la porte faisant communiquer le cabinet avec la salle à manger. Les chaises du cabinet étaient alors disposées suivant un ordre convenu, mais non toujours exactement à la même place. On sortait du cabinet, le Dariex, le premier, et chacun, de la salle à manger, jetait un dernier regard dans le cabinet, afin de s’assurer, une dernière fois, que les chaises étaient debout et bien en place.

CIUI'ITUK 11.

Alors le 1)'' Jlaibillioii rerinait ;V ciel la porli* du cabinet et gai'dait sur lui cette ciel ’, les scellés étaient posés et la bande d’étoffe était appliquée sur le trou de la serrure. Sept on huit cachets étaient posés, à l’aide d’un cachet appaidenant à M. Morin, lequel le gardait et l’emportait chez lui. La forme et la disposition des scellés étaient notées avec soin.

U Ces précautions ayant été régulièrement et rigoureusement prises, chaque jour, à huit heures du soir, nous nous réunissions le lendemain matin, à buit heures et demie, pour la levée des scellés, laquelle était toujours précédée d’un examen minutieux de la clef et de la serrure. Pendant les dix jours qu’a duré l’observation, voici ce qui a été constaté .

« En présence de ces faits, des précautions prises par nous pou.' éviter toute supercherie, <lu soin que nous avons apporte à la pose des scellés et it l'examen des mêmes scellés, nous

sommes convaincus ;

« 1''“ Nuit, du samedi 26 janvier au dimanche 27. — Néant.

« 2“ Nuit, du 27 au lundi 28 janvier. — Néant.

« 3“ Nuit, du 28 janvier au mardi 29 janvier. — Deux chaises sont renversées; l’une, placée près de la bibliothèque, estj tombée sur son côté gauche; l’autre, placée près du fauteuil, est renversée, sur le dossier, dans la direction de la fenêtre et,

de la table. ^ iv ' i

(f 4‘* Nuit, du mardi 29 janvier au mercredi ^0. — Néant.

« 6“ Nuit, du 30 janvier au jeudi 31 janvier. Néant.

« 6“ Nuit, du 31 janvier au vendredi 1“" février. — Néant.

<( 7“ Nuit, du 1“” février au samedi 2 février. Néant.

« 8“ Nuit' du 2 février au dimanche 3 février. — Néant.

(c 9“ Nuit,’ du dimanche 3 février au lundi 4 février. — Néant. j « 10‘‘ Nuit, du lundi 4 février au mardi 5 février. -— Deux/ chaises sont’ renversées : l’iiiie, placée vers la table, a été renversée sur le côté gauche vers le divan; l’autre placée près du^ fauteuil, est tombée sur le dossier, dans la direction de la

fenêtre.

DÜCTUINKS DIC L’ÉCOIÆ DE l'AIUS.

« 1“ Que personne n’u pu demeurer dans le cabinet, aprc^s que nous étions sortis;

« 2“ Que personne n’a pu s’y introduire pendant la nuit, avant notre arrivée, le lendemain matin.

« Et nous sommes amenés à conclure que, pendant la nuit, à deux reprises, dans l’espace de dix jours, au milieu d’une chambre parfaitement close et sans qu’aucun être vivant ait pu s’y introduire, des chaises ont été renversées, contrairement A notre attente et à nos prévisions; que cette manifestation d’une force, en apparence mystérieuse, se produisant en dehors des conditions habituelles, ne 'nous parait pas reconnaître une explication ordinaire, et que, sans vouloir préjuger en rien de la nature intime de cette force et tirer des conclusions positives, nous inclinons à penser qu’il s’agit de phénomènes d’ordre psychique, analogues à ceux qui ont été décrits et contrôlés par un certain nombre d’observateurs.

« D'' Barbillion; P. Besombes; D’' Méneault;

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